Tournée de refondation : discours de Marine Le Pen dans le Puy-de-Dôme

/ 8 février 2018 / /

Retrouvez le discours de Marine Le Pen dans le Puy-de-Dôme le dimanche 4 février 2018 :

Mesdames, Messieurs, chers amis des départements d’Auvergne, dans ce pays des volcans, cette douce région riche de ces villages si pittoresques et des ses innombrables châteaux, ici non loin de Gergovie, lieu mythique de notre histoire, au cœur de la France.

A vous tous, je dis merci, merci pour votre présence, merci pour votre engagement, merci pour votre participation à l’œuvre de refondation du mouvement national que nous avons entrepris.

Un grand merci aussi aux organisateurs et tout particulièrement à Stanislas Chavelet, secrétaire départemental du Puy-de-Dôme, pour nous avoir permis de nous réunir dans cet endroit enchanteur du Val d’Auzon.

Je souhaite que ce moment soit un moment amical bien sûr, mais aussi un moment de partage et d’échanges.

Ce sera l’objet de la séance de questions auxquelles je répondrai, soit immédiatement, soit avec une réponse personnalisée par mail pour celles que je n’aurais pas eu le temps d’évoquer.

Je voudrais en début de ce repas que nous nous levions pour observer une minute de silence pour notre ami, notre camarade Edouard Ferrand, député européen du Front National et chef de la délégation française qui nous a quittés dans la nuit de jeudi à vendredi.

C’était un noble cœur, qui jusqu’à son ultime souffle a été le défenseur inlassable de la France et de son peuple, de ses valeurs chrétiennes et de la cause nationale.

En ce moment, nous, ses amis éplorés, avons une pensée affectueuse pour son épouse Alexandrine et ses cinq enfants.

Nous avons le sentiment que depuis la rentrée de janvier, le pays émerge progressivement d’une sorte de léthargie politique, d’une période d’attentisme.

On eût dit que l’élection d’Emmanuel Macron avait suffi par elle-même à régler tous les problèmes de la France.

M.. Macron a certainement beaucoup de talent, mais pas celui d’un magicien qui résoudrait les problèmes de la France d’un seul coup de baguette ou par sa seule présence : le seul lapin que l’on ait vu n’est pas celui qu’il aurait sorti du chapeau, mais celui qu’il a posé aux Français.

Beaucoup de promesses et rien au rendez-vous.

Beaucoup de portes ouvertes et peu qu’il ait su refermer.

Beaucoup de communication et bien peu d’action.

Les Français se réveillent après huit mois, ils ouvrent les yeux : ils ont vu nos protections sociales commencer à se détricoter, non pour les clandestins qui se voient reconnaître par les tribunaux le droit quasi inaliénable de bénéficier de réduction de transport au seul motif qu’ils sont illégaux, mais un détricotage social méthodique pour les Français de la classe moyenne comme pour les Français les plus modestes :

– diminution de remboursements avec comme corollaire la difficulté pour beaucoup de se soigner correctement,

– hausse du forfait hospitalier,

– hausse de la CSG,

– hausse généralisée des péages, des carburants, baisse des l’APL, … la listes est longue.

En matière sociale, la loi Macron 2 commence à produire ses effets avec les ruptures conventionnelles collectives qui permettent des plans sociaux en charrette sans les garanties qui allaient avec.

Ces RCC (à ne pas confondre avec les si populaires RTT) se multiplient comme chez PSA, au Figaro et commencent, à juste titre, à inquiéter nombre de salariés.

Par une analogie de raisonnement, le gouvernement ouvre ces jours –ci le concept d’une sorte de rupture conventionnelle collective pour les fonctionnaires.

L’objectif affiché est de diminuer le nombre des agents de l’Etat.

Bien sûr, la question de la réduction du nombre de postes de fonctionnaires n’est pas taboue.

Elle mériterait tout d’abord de se poser dans les collectivités locales où leur nombre a explosé.

De cela le gouvernement ne dit rien.

Mais surtout, le débat ne doit pas être pris avec une logique strictement comptable de réduction indifférenciée.

Il y a certainement des secteurs qui peuvent donner lieu à des économies et d’autres qu’il convient au contraire de renforcer.

Dans une entreprise, si la gestion des ressources humaines devait se faire avec une logique comptable, il n’y aurait plus de DRH, mais des machines.

On ne peut que s’étonner de voir cette idée surgir ainsi.

Un tel chantier ne peut être lancé sans une étude fine des besoins, secteur par secteur, administration par administration, et j’allais dire poste par poste.

La réduction du nombre des agents doit prendre en compte une étude sur la nature des emplois nécessaires ; la suppression de postes ne doit pas éluder la question des privilèges parfois exorbitants de la haute fonction publique qui est parfois plus payée et mieux traitée socialement (si vous me permettez l’expression)  que le président de la République lui-même.

Va-t-on réduire des postes de policiers, d’infirmiers dans les hôpitaux ou d’agents dans les HEPAD ?

Personne ne peut soutenir cela. En tout cas pas nous.

On voit avec cette proposition du gouvernement, pas seulement une maladresse dans la méthode et dans l’explication, mais la marque d’une logique technocratique de la part de dirigeants visiblement coupés des réalités et l’obsession d’obéir aux injonctions de la Commission européenne qui en avait fait un pivot de ses demandes à la France.

Le débat sur le nombre de fonctionnaires que l’on peut légitimement ouvrir, ne peut pas non plus se résumer à un chiffre sans prendre en compte ce que serait « les emplois publics indirects » que sont les emplois privés, mais financés par l’impôt.

Quel gain financier y aura- t-il à remplacer les policiers par des agents de sécurité privée ?

Nous ne gagnerions que la perte d’une certaine confiance. C’est pourtant cela la logique de M. Macron.

C’est cette logique qui est mise en place avec les PV de stationnement concédés à des sociétés privées qui font du chiffre avec des agents dont le recrutement semble déjà poser quelques questions.

Et puis pourquoi ne pas le cacher, le recours massif aux CDD dans la fonction publique ne vise-t-il pas à effondrer le statut de la fonction publique, à sortir de l’exigence des concours pour favoriser certains recrutements en dehors du mérite ou ouvrir notre fonction publique de manière détournée aux étrangers ?

Nous serons vigilants.

Les Français qui voient poindre une société de précarisation généralisée, n’ont pas encore vu et donc pas mesuré les effets dévastateurs au plan social des accords d’entreprise.

Or, cette pratique de la déréglementation du droit du travail va engager pour de nombreux salariés des réductions de salaires, des augmentations du temps de travail, des modifications substantielles des conditions d’emploi en violation des accords personnels conclus dans le cadre de leur contrat négocié avec l’employeur.

Conscient que sa politique d’insécurité sociale inquiète, M. Macron s’est cru obligé de montrer que sa politique portait ses fruits, que le monde entier plébiscitait sa politique économique.

Il y a quelques jours, il a donc invité les plus grands chefs d’entreprise au Château de Versailles pour des images de conte de fée diffusées en boucle sur toutes les chaînes.

Résultat de ce pince-fesses des plus grandes multinationales du monde : 2200 emplois promis…

Au même moment, Carrefour annonçait la suppression de plus de 2300 emplois !

La réalité, Mesdames et Messieurs, c’est la désertification de nos campagnes, vous en savez quelque chose, vous qui vivez ici où il vous faut des semaines voire des mois pour un rendez-vous chez un ophtalmo, un autre spécialiste ou même un médecin généraliste.

Que dire des services publics qui ferment les uns après les autres tout comme les mairies qui, par fusion forcée, sont l’objet d’une disparition programmée, silencieuse mais méthodique.

Les feuilles d’impôts arrivent dans les foyers et les promesses de modération fiscale ne s’avèrent exactes que pour les 5 % de la population la plus riche ; la disparition de la taxe d’habitation qui est censée incarner la mesure sociale du quinquennat, donne lieu à un cafouillage inénarrable.

On en conclut que le gouvernement et les services de Bercy ne savent pas comment tenir une promesse visiblement imaginée sur le coin d’une table au milieu de la campagne électorale et, déjà, l’on voit poindre un nouvel impôt de remplacement qui tuera net l’espoir de ceux qui espéraient voir s’alléger la charge fiscale qui pèse sur eux.

L’insécurité explose littéralement pas seulement dans les prisons où, comme dans la rue ou les transports, ce sont les voyous qui font la loi : l’insécurité atteint aujourd’hui les zones rurales d’autant que la couverture par les forces de police ou de gendarmerie y est réduite, de plus en plus réduite.

Le baromètre Fiducial montre que jamais les Français ne se sont sentis dans une telle insécurité ; l’observatoire de la délinquance vient de publier une étude selon laquelle 51 % des femmes ressentent de l’insécurité lorsqu’elles empruntent les transports et 45 % pour l’ensemble des usagers.

La procureur de Bobigny, dans un discours de l’audience solennelle de rentrée, s’est exprimée sur la situation en Seine-Saint-Denis.

Elle a décrit une situation d’effondrement de la justice, un système pénal qui se dissout littéralement sous l’inflation des crimes et délits dans un département, oublie-t-elle de dire, noyé sous l’immigration.

Elle a cité des chiffres hallucinants qui témoignent d’un laxisme généralisé.

Selon la magistrate, le taux national de poursuites est de 50 % des affaires poursuivables – c’est déjà peu- ;  il est de 31 % dans le 93.

En clair, 2/3 des actions pénales qui devraient être engagées en Seine-Saint-Denis ne le sont pas.

Pour la France, la moyenne des faits poursuivis est de 50 %. On est loin de la tolérance zéro.

Comment s’étonner dans ces conditions qu’une politique aussi laxiste n’alimente pas un sentiment d’impunité, d’invulnérabilité et même un sentiment de toute puissance chez les délinquants.

S’agissant des mesures alternatives, quand le taux est de 43 % au niveau national, il frise 50 % en Seine-Saint-Denis.

Si on résume : dans 2/3 des cas, un voyou n’est pas poursuivi.

Et quand il l’est, il a une chance sur deux de bénéficier d’une mesure alternative à la prison.

Je ne parle pas des délinquants étrangers qui ne sont jamais expulsés à l’issue de leur peine.

Le reproche ne doit pas être fait qu’à M. Macron puisque c’est un héritage de l’homme qui, rappelez-vous, avait oublié de brancher son kärcher.

Pas étonnant que le logeur de Daesch, le désormais fameux Jawad, se désolant de la médiatisation de son affaire,  puisse se croire fondé à s’inquiéter devant la justice de ne plus pouvoir monter un petit business de vente de cocaïne dans sa ville.

Personne ne s’indigne qu’une affaire de terrorisme qui a fait cent trente morts et des centaines de personnes marquées à vie, puisse donner lieu à un procès qui tourne à la pitrerie.

Or, l’administration de la justice, dans un Etat qui se respecte, c’est-à-dire un Etat de droit, c’est d’abord une fonction d’autorité, la capacité pour l’institution judiciaire de maîtriser une affaire dans le déroulement de l’instruction et du procès, cette capacité à aller vers une décision qui s’impose par son impartialité, la juste mais effective application des lois, la compréhension de la douleur des victimes et la prise en compte du dommage causé à la société.

Il y a aussi l’application de la peine dont les remises systématiques finissent par abaisser l’institution judiciaire, tout comme la non prise en compte de la récidive que l’on observe dans les faits avec des délinquants qui peuvent aligner sans s’inquiéter outre mesure des listes de condamnations successives longues comme un jour sans pain.

On pense évidemment au cas emblématique du terroriste de la gare St-Charles, mais combien d’autres ?

Enfin, il y a la prison, où la seule préoccupation de notre ministre est de doter les cellules des prisons de téléphones fixes, peut-être pour ne pas tuer « le petit commerce » qui permet d’acheter la paix civile dans certains quartiers.

D’un autre côté, les légitimes demandes de sécurisation des personnels de la pénitentiaire sont écrasées sous les sanctions administratives ou étouffées avec du gaz lacrymogène.

Le seul commentaire du Président, vous l’avez peut-être entendu, est d’affirmer que la grogne des surveillants serait liée à une action de destabilisation du Front National.

C’est là un bel hommage, et même un hommage présidentiel qui nous est fait, mais cette réflexion relève à l’évidence d’une confusion entre les causes et les conséquences de la part d’un Président visiblement, là aussi, coupé des réalités.

Et puis il y a l’immigration en France et en Europe où le couple infernal Macron/Merkel donne la mesure de sa nocivité.

L’Allemagne a pu par exemple s’inquiéter de l’attaque des Turcs contre les Kurdes dans le canton d’Afrine, non parce qu’il s’agissait d’une agression manifeste contre un peuple qui a participer à la destruction de Daesch, mais parce que ce conflit risquait d’ouvrir la voie à des affrontements entre les deux communautés sur le sol allemand.

Pourtant, depuis mai 2017, date de l’élection de M. Macron, ce sont des millions de migrants qui sont entrés en Europe et tous les jours des milliers qui continuent d’affluer.

On le voit, non seulement les problèmes n’ont pas été réglés avec l’élection de M. Macron, mais là encore, ils se sont aggravés.

Regardez ce qui s’est passé à Calais.

Il y a dix jours, M. Macron, chef de l’Etat, allait en grandes pompes médiatiques à Calais pour proclamer sa volonté de s’attaquer au problème de la jungle : quinze jours après, Calais est le théâtre de scènes de guerres tribales, de tir d’armes à feu, de rixes à coups de barres de fer.

Que s’est-il passé ?

La réalité, peu médiatisée, c’est que les propos irresponsables du chef de l’Etat en matière d’immigration ont eu pour conséquence, en quelques jours, un afflux massif de migrants notamment dans le Calaisis:

→  M. Macron a médiatisé ses négociations avec la Grande-Bretagne visant à faciliter le passage en Angleterre des migrants alors que rien de tel n’était décidé ; ce fut là un appel d’air important.

→ Il a promis l’ouverture du regroupement familial pour les migrants mineurs ;

Finalement, la seule mesure qu’il a pu afficher avec fermeté c’est la promesse de l’Etat de prendre en charge les repas des migrants.

Vous parlez d’un effet dissuasif.

Tout cela, comme l’action délétère des associations subventionnées, incitent les migrants à se sentir dans leur bon droit et être en état d’exiger.

Dans le département du nord, des migrants irakiens se sont attaqué à la police sur un parking.

Barres de fer, armes à feu, rixes, des dizaines de blessés, des attaques contre la police, des jeunes hommes qui déambulent en bande dans nos rues, on est loin des « gentils migrants », tous ingénieurs, tous médecins, récitant Victor Hugo, on est loin de ces petites familles paisibles mues par l’admiration pour notre pays, décrites par les immigrationnistes.

Vendredi, après les évènements qu’il a lui-même qualifiés de violences sans précédent, M. Collomb s’est rendu à Calais et a fièrement fait cette promesse :

« Dans les quinze prochains jours, nous serons capables de prendre en charge la distribution des repas. »

On est sauvé !

Mes amis, surtout ne dites pas à Gérard Collomb qu’il est ministre de l’Intérieur, il se croit commercial chez Sodexo.

Quant à Mme Françoise Nysen, l’inconnue qui officie comme ministre de la culture, sachez qu’elle a inauguré au Palais-Royal une exposition de migrants « artistes ».

Et elle assume et même revendique son acte :

« Certains y verront un acte militant. » dit-elle avec provocation pour ajouter

 « Mais ça devrait être un geste ordinaire ».

L’entrée de cette expo dans cet endroit prestigieux de Paris est gratuite, pardon elle est payante, c’est le contribuable qui paie.

Tout comme le contribuable paiera pour la subvention permanente que le ministère de la Culture s’est engagé à accorder à l’association en faveur de l’expression des migrants-artistes.

Lorsque Mme Nyssen parle de geste ordinaire, c’est effectivement un geste ordinaire pour le contribuable de payer pour des dépenses inutiles et s’agissant de la promotion de la submersion de la France, nuisibles.

Lorsqu’on nous parle de la jungle de Calais, je crois qu’il serait préférable de parler des jungles, celles que l’on voit naître ici et là : celles de Paris, de Nice, de tous ces bidonvilles qui apparaissent autour des grandes villes, dans les sous-bois des périphériques, sous les ponts des échangeurs autoroutiers, aux bords des voies rapides.

La loi sur l’immigration que M. Macron nous propose bientôt va entériner la complaisance de l’Etat face aux grandes migrations qui se pressent à nos frontières.

Tout ce que je vous ai décrit mesdames et messieurs est le signe d’un pays en chute libre.

  • Un pays dont la politique accroît sciemment le fossé entre les riches et les pauvres et organise une société minée par une fracture sociale, une société où l’on se bat dans les magasins pour une promotion de Nutella ou de couches pour bébé.
  • Un pays qui abandonne ses campagnes au profit de mégalopoles bondées, mondialisées et sales comme dans le Paris de Mme Hidalgo, souillé de détritus et infesté de rats.
  • Un pays où la précarité générale créé une situation d’insécurités (au pluriel) insécurité sociale, salariale, institutionnelle, sanitaire.
  • Un pays qui voit l’apparition de favelas aux abords des villes.
  • Un pays où des quartiers, devenus des ghettos, sont livrés à la loi des caïds et certaines de ses écoles aux fondamentalistes islamistes.
  • Un pays qui fait disparaître ses moyens d’Etat, qui liquide sa fonction publique au point de ne plus parvenir à assurer ses fonctions, même régaliennes, comme la police ou la justice ;

Toutes ces caractéristiques, mesdames et messieurs, sont la marque d’un pays qui se tiers-mondise.

C’est la pente sur laquelle notre pays est en train de glisser.

Une glissade inexorable que nous sommes les seuls à pouvoir éviter.

Jamais, mes amis, le Front National n’a été si nécessaire.

Jamais il n’a été si urgent pour le mouvement national d’exercer le pouvoir.

Nous savons que la route pour le pouvoir est longue, les plus anciens qui sont ici, savent que la progression n’est pas linéaire et combien il nous faut lever d’embuches pour progresser.

Quand on analysera la séquence électorale de 2017 avec un peu de recul, on s’apercevra que nous avons enregistré une triple victoire :

  • Le nombre de voix obtenues : 11 millions
  • La fin du tabou des alliances donc la rupture du cordon « sanitaire » qu’imposait nos adversaires, avec l’accord passé avec Nicolas Dupont Aignan
  • L’élection de huit députés au scrutin majoritaire en duel : ce n’était jamais arrivé.

Aujourd’hui, nous vivons une recomposition majeure de notre vie politique.

L’élection présidentielle dont on sait qu’elle constitue la clef de voûte de notre vie politique a vu « le grand basculement », c’est-à-dire l’émergence du clivage nationaux/mondialistes qui structure désormais la vie politique.

Dans ce contexte, le PS a sombré.

Le parti autrefois au pouvoir est écartelé entre Macron et la gauche de la gauche.

LR, quant à lui, est un bateau ivre ; la mayonnaise Wauquiez ne prend pas ; son parti est traversé en son sein par le nouveau clivage, plus il parle plus il met en lumière ses contradictions internes..

La situation n’a jamais été plus favorable pour nous.

Elle nous appelle à nous réorganiser, à adapter notre logiciel à la nouvelle donne politique pour incarner le cœur de cette recomposition politique.

C’est tout l’objet de la refondation que je vous propose de mener à bien.

Cette refondation doit être, en cette pause électorale, le moment d’un grand débat entre nous que je souhaite constructif.

Depuis septembre, nous travaillons, nous écoutons beaucoup, nous partageons énormément avec les cadres des fédérations.

Vous-mêmes serez appelés à rencontrer les ambassadeurs des refondations qui viendront dans vos fédérations pour échanger et nous faire part de vos idées.

Toutes ces idées complèteront le formidable outil de réflexion que constitue le questionnaire, qui se révèle être très riche d’enseignements.

Notre organisation doit devenir plus efficace.

C’est ce à quoi nous nous attelons par une réorganisation des services centraux.

Elle est en cours et se poursuivra.

C’est aussi l’objet des modifications statutaires qui visent à donner un rôle accru aux fédérations : nous allons aller vers davantage de décentralisation ou de déconcentration ; un effort de formation des militants, des cadres et des élus accompagnera un travail d’implantation, notamment en vue des municipales, des régionales ou des départementales.

Nous allons nous attacher à produire davantage de contenus tout particulièrement par la mise en œuvre de médias Front National : une revue de presse en ligne, un journal participatif qui permettra aux adhérents de publier des papiers, un journal intellectuel, un journal d’élus.

Nous avons entrepris de réactiver les collectifs qui seront désormais des forums thématiques sous la responsabilité de Franck Allisio : un forum éducation qui s’appelle « Ecole et nation »  a été lancé sous la responsabilité de Gilles Ardinat ; un forum usagers de la route (automobilistes et routiers) qui a pris le nom de « Route Nationale » a démarré ses activités avec une action sur les 80 km/h qui a permis de lancer une pétition qui en quelques jours à reçu 85 000 signataires et 300 contacts militants sur toute la France ; d’autres forums devraient être lancés prochainement : les animaux, la santé, les personnels de sécurité publique, l’écologie…

Des correspondants thématiques vont également être désignés pour s’occuper de micro thèmes : les autoentrepreneurs, les maladies Dys, les RSI etc…

Si vous-même avez des expertises particulières, nous sommes preneurs.

Je souhaite également que le fonctionnement du Front National dont les statuts sont « un peu anciens » (disons cela comme ça) aillent vers davantage de démocratie en vous donnant plus facilement la parole à vous adhérents, notamment en autorisant des votes par voie postale ou numérique.

Ce sera un des objets de la révision des statuts que je vous demanderai d’adopter au congrès, une révision qui a déjà été adoptée par le Bureau politique à la quasi-unanimité.

A côté de ce travail interne, nous devons également avoir à cœur de nous ouvrir sur l’extérieur.

Cela signifie de nous ouvrir à des logiques d’alliances, ici en France, mais aussi en Europe.

Dans le système de la cinquième République, on ne peut pas gagner sans alliance car, cela ne vous aura pas échappé, il y a deux tours.

Si au second tour on est seul, on perd. Et nous nous voulons gagner, nous devons gagner !

Se mettre en capacité de faire des alliances, cela signifie être capable de faire des compromis (et non des compromissions).

Le premier compromis qui me semble difficilement contournable pour nous ouvrir à des alliances c’est le changement de nom, afin de démontrer notre volonté de passer d’un mouvement d’opposition à un parti de gouvernement.

Ces alliances, ce sont les alliances que nous devons envisager dans le cadre des européennes -en France et en Europe-, ce sont aussi les alliances que vous pourrez nouer pour les municipales.

Je sais l’attachement que vous portez au nom historique du Front National.

C’est un nom que je défends depuis que je suis toute petite et je crois qu’il est mal venu de me faire le procès de ne pas y être attachée.

Pour autant, le réalisme dans le combat, l’impérieuse nécessité de la victoire, nous imposent ce débat.

Le sujet ne sera pas à l’ordre du jour du congrès, non pas que je veuille le cacher, je vous en parle de manière ouverte et en toute transparence, mais parce que je souhaite que cette question qui met en balance le sentiment et la raison soit tranchée par les adhérents, tous les adhérents, même ceux qui n’ont pas pu ou eu les moyens de se déplacer à Lille.

La question du changement de nom interviendra donc après le congrès.

Le congrès de mars prochain n’est qu’une étape d’un processus de rénovation du mouvement que nous avons engagé ensemble en 2011 quand vous m’avez fait l’honneur de me porter à la présidence du Front.

Cette lente construction qui doit nous conduire d’un parti d’opposition à un parti de gouvernement, se poursuivra tout au long de 2018.

Cette année sera une année de travail et d’organisation avant de nous lancer à l’assaut du nouveau cycle électoral 2019/2022.

Notre objectif doit être de nous présenter en pole position en 2022 et pour cela nous devons nous appuyer sur le cycle électoral complet.

Chaque scrutin doit être un rocher sur lequel nous sautons pour traverser la rivière.

Aux européenne en mai/juin 2019, nous devons non seulement arriver en tête en France, mais aussi avec nos alliés européens sortir majoritaires au Parlement européen.

  • Sortir en tête de l’élection européenne en France, cela signifie parachever la mise en place du clivage nationaux/mondialistes, effondrer LR et donc s’imposer comme la force autour de laquelle s’organisera l’alternance à Emmanuel Macron.
  • Etre majoritaire en Europe avec nos alliés européens, c’est pour les peuples d’Europe l’occasion d’en finir avec une organisation fédérale de l’Europe, c’est l’occasion de faire évoluer l’Union européenne vers l’Union des Nations Européennes, un projet de coopération européenne certes, mais qui préserve la liberté et la souveraineté de tous les peuples du continent.

Après les européennes, il y aura des élections plus locales comme les municipales, les régionales et les départementales.

Les fédérations, les groupes FN dans les régions et nos conseillers départementaux doivent s’y préparer.

L’objectif n’est pas seulement de faire entrer dans ces collectivités des groupes d’opposition, mais des groupes majoritaires qui nous permettront, comme nous le faisons avec bonheur dans onze villes, d’y exercer le pourvoir.

C’est sur cette implantation locale que nous nous appuierons pour construire la victoire à l’échelon national.

Vous l’avez constaté, nous avons gagné des députés partout où nous avions une implantation locale.

Ce constat nous indique la voie du succès.

Vous le voyez.

Nous avons ouvert un chantier important, un chantier décisif pour la victoire de nos idées.

Nous avons besoin de chacun d’entre vous pour réussir.

Parce qu’il y va du sort de la France, la défaite ou même la stagnation n’est pas une option.

Si ce n’est pas déjà fait, je vous demande de vous impliquer dans vos sections, d’aller chercher autour de vous des soutiens des adhérents des personnes qui seront avec nous dans cette grande et belle aventure qui s’appelle la France.

L’histoire nous n’allons pas la subir, nous allons l’écrire.

En avant !
Vive la France.

Vous le voyez mesdames et messieurs,

Mesdames, Messieurs, mes amis au travail.

En avant pour la victoire.

Vive la France !