Discours du 1er mai 2011

/ 1 mai 2011 / Mots-clés : /

C’est devant une assistance venue nombreuse que Marine Le Pen tenait dimanche midi un discours à l’issue du traditionnel défilé du 1er mai, en l’honneur de Jeanne d’Arc et des travailleurs :

Mesdames, Messieurs, mes chers compatriotes,

Qu’il me soit permis de vous dire combien votre présence nombreuse, joyeuse et fraternelle me touche.

Merci à ceux qui accompagnent cette tradition, qui nous permet de nous retrouver tous les ans pour la commémoration d’une merveilleuse et incomparable figure de notre histoire nationale qu’est Jeanne d’Arc.

Bienvenue à tous ceux, très nombreux je le sais, qui nous rejoignent pour la première fois à ce rendez-vous printanier et qui je l’espère auront constaté la chaleur de l’amitié qui nous unit. Un salut amical à tous les téléspectateurs et tout particulièrement nos sympathisants qui, grâce aux bienfaits de la retransmission télévisée de ce discours, nous font l’honneur de nous écouter.

Une pensée pour nos compatriotes d’outre-mer, et particulièrement pour nos amis martiniquais éprouvés par de graves inondations, qu’ils sachent que loin de nos yeux ils restent toujours près de nos cœurs.

Je ne voudrais pas oublier dans le témoignage public de ma gratitude, les bénévoles dévoués et admirables, dont l’engagement à l’échelon local ou central, dans des tâches administratives ou des actions de terrain, ont assuré la tenue et le franc succès de cette superbe manifestation.

Vous me permettrez enfin, au nom de tous les adhérents du Front National de rendre un hommage particulier à notre Président d’honneur qui comme toujours a tenu parole et a réussi dans des conditions très difficiles à mener à bien la vente de notre paquebot, assainissant ainsi les finances du mouvement et nous permettant de regarder l’avenir avec confiance.

Au seuil de ce troisième millénaire, à un an de célébrer le six centième anniversaire de sa naissance, il peut apparaître anachronique de célébrer Jeanne d’Arc. Cette célébration est, je vous le rappelle une fête nationale républicaine, Jeanne d’Arc étant autant une sainte catholique qu’une héroïne nationale.

Il aura fallu que Jean Marie Le Pen redonne à cette fête nationale vie et vigueur.

Parce que nous croyons que nous sommes les maillons d’une chaîne qui nous relie au passé par notre histoire et au futur par notre volonté de destin, loin de le répudier, nous revendiquons l’héritage de nos héros en qui la gloire ne trouve pas de faiblesse à effacer, ceux dont la vie est faite de pureté de sentiments, de victoires et de martyrs.

Ces récits nous instruisent autant qu’ils enracinent nos engagements dans l’histoire, que dis-je dans l’histoire, dans l’âme de notre peuple.

Et parce que l’histoire veut aussi quelque fois nous faire des clins d’œil espiègles, nous retiendrons que le directeur de conscience de la petite Jeanne de Domrémy, celui qui s’occupa à élever son âme et son esprit, la préparant ainsi à son glorieux destin, s’appelait Guillaume Front.

Plus important est le message que nous laisse le récit johannique dont je voudrais vous montrer l’étonnante modernité.

Sortie de la glorieuse parenthèse de l’héroïque du Guesclin, le plus français des Bretons (avec d’autres), la France s’enlise dans cette guerre de cent ans qui voit son territoire envahi par les Anglais et son peuple divisé en deux camps en proie à la guerre civile.

Les Bourguignons (désolée pour les bourguignons qui nous écoutent) favorables à l’annexion anglaise, entendaient faire du roi d’Angleterre, « le roi d’Angleterre et de France ». A cette époque on les appelait les « Français reniés », on les appellerait aujourd’hui « les collabos. »

Les partisans de cette « double couronne », appuyés intellectuellement par la Sorbonne, scellèrent leur forfaiture dans le traité de Troyes avec la pseudo bonne intention d’en finir avec la Guerre de Cent Ans et de construire (ce n’est pas nouveau) « l’Europe de la paix. »

Notons, parce que l’histoire se répète souvent, qu’après la débâcle dans la France de 1940, c’est aussi le pacifisme, c’est aussi l’illusion de la paix quitte à la payer au prix de la servitude, c’est en somme un étrange renoncement, qui a conduit certains Français à une indigne collaboration avec l’envahisseur.

En cette année 1429, le parti de la France, celui des Armagnacs, est acculé autour d’un pauvre et pâle dauphin, le petit roi de Bourges, esseulé et trahi, miné par l’indécision et cerné par la plus pleutre courtisanerie.

Malgré la résistance de patriotes français en zone d’occupation, malgré des mouvements de rébellion armés spontanés contre l’occupant de la part de partisans ou de cités comme le Mont-Saint-Michel, Reims ou Tournai en Wallonie, le sort semble en être jeté; la France est vouée à disparaitre, noyée dans la « nouvelle Europe » de l’époque qu’appellent de leur vœux déjà les prétendues élites.

On connait la suite. Cette jeune fille du peuple qui porte en elle tant de courage et de douceur, tant de noblesse et de simplicité, tant d’ardeur et de modestie, tant d’aisance et de piété, vient par le rayonnement de sa présence, par l’intensité de sa foi patriotique dissiper les doutes dissolvants qui paralysent les énergies.

Sa bravoure, rehaussée par une sainte innocence, rappelle rapidement aux plus brutaux des soldats les chemins de la vertu, aux plus hauts le chemin du devoir et de l’honneur, aux plus vils la honte de la lâcheté ou de la trahison.

Elle qui pleure devant le sang qui coule mais du haut de ses dix-huit ans brandit l’étendard de la reconquête, délivre Orléans et restaure, par l’onction du sacre de Reims, la légitimité royale, nous dirions aujourd’hui la légitimité de l’Etat.

Ainsi dans une atmosphère de défaite morale, de découragement, de renoncement et de trahison d’une élite inféodée à l’occupant, cette petite bergère qui se qualifie elle-même de « françoise par nation et par affection » personnifie le sursaut patriotique du peuple dans un pays en proie à la dislocation, le loyalisme envers son pays, loyalisme qui s’oppose à la trahison des autorités morales autoproclamées du temps.

S’incarne en elle l’esprit de résistance à la servitude, la résistance à l’oppression et à la collaboration avec les ennemis de la souveraineté -ce qui aurait en soi une résonnance terriblement actuelle- mais sa fabuleuse épopée porte également en elle la marque irrépressible de l’aspiration de notre peuple à sa souveraineté.

Or qu’est-ce que la souveraineté, mes chers amis, si ce n’est la liberté des peuples, Qu’est-ce que la souveraineté française, si ce n’est la liberté de la France et du peuple français ?

Peut-on nous reprocher de glorifier et de nous battre pour une France libre, pour la France libre ? Je ne le crois pas.

Bien sûr, même si les traités de Maastricht et de Schengen n’ont pas été comme leurs noms l’indiquent, signés à Troyes, ils auraient pu l’être : comment, en effet, ne pas faire aujourd’hui le parallèle avec l’entreprise anti-républicaine de captation et d’écrasement de la souveraineté française consentie par nos gouvernants de gauche et de droite et dont notre peuple est la victime.

La souveraineté c’est d’abord la liberté de faire sa propre loi. La souveraineté, c’est ce que dit la Constitution de notre République : « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

A l’évidence, nous n’avons plus la maitrise de notre souveraineté puisque l’intégralité du travail législatif consiste en une servile retranscription de directives européennes ; le troupeau parlementaire ne fait que suivre les chemins que son nouveau maître veut bien lui indiquer.

Où est la démocratie quand nous n’avons plus ni liberté législative, ni liberté juridique, ni liberté monétaire, ni liberté budgétaire ?

Aujourd’hui, de plus en plus nombreux, ouvriers, fonctionnaires, chômeurs, agriculteurs, artisans, commerçants ou retraités, des millions de Français se tournent vers nous pour nous dire : « délivrez-nous de l’asservissement, brisez nos chaînes, libérez-nous ! »

Mes amis, la France doit s’affranchir d’une Union Européenne qui n’a eu de cesse de nous affaiblir et de réduire nos libertés. Les instances supranationales qui ont fait tant de mal au monde, au premier rang desquelles le FMI, ne feront plus la loi en France.

L’ère des technocrates, des cabinets de lobbying, corrupteurs en puissance, des juges anonymes, des experts achetés et des récidivistes du conflit d’intérêts prendra fin.

Il n’y a pas plus dangereuse concession de souveraineté que territoriale puisqu’elle met le pays à la merci des occupations, des exactions, des invasions.

Aujourd’hui, nous n’avons plus le contrôle de nos frontières puisqu’après avoir supprimé nos frontières nationales nous avons concédé l’intégrité territoriale française et européenne à un organisme européen nommé « Frontex ».

Et puisque je parlais tout à l’heure d’anonymat, je pose une question : les Français savent-ils ce qu’est Frontex ?

Bien sûr que non !

La maison est ouverte et nous avons confié les clefs du jardin à un inconnu, incapable, absent et de surcroît vraisemblablement désireux de voir tout un chacun s’installer dans notre maison à notre insu.

Frontex comme Fantomas est invisible. On distribue des titres de séjours «provisoires » qui seront en fait définitifs puisqu’ils prémunissent immédiatement contre toute reconduite dans le pays d’origine. Tout le monde peut s’évaporer dans la nature européenne, direction la France pays le plus attractif de tous en matière d’aides sociales.

Cette perte de souveraineté, c’est-à-dire cette perte de liberté, n’est pas seulement législative ou territoriale. Elle sévit dans tous les domaines puisque notre classe dirigeante ne veut le pouvoir que pour les honneurs et non pour la responsabilité des prérogatives.

La servilité assure un certain confort que la liberté ne permet pas. La servilité, c’est souvent le confort, la liberté c’est toujours une exigence.

Que n’ai-je pas entendu pour avoir annoncé qu’il fallait anticiper et non subir la sortie de l’euro, sortie d’une monnaie, pardon « d’un dogme », qui porte en son sein trop de contradictions pour être viable, et qui échoue aujourd’hui aux yeux de la terre entière et d’économistes de plus en plus nombreux à le reconnaître.

Tour à tour, les beaux seigneurs du savoir, les professeurs de morale publique, les experts qui se sont toujours trompés, m’ont accusée de repli, d’aventurisme, d’inconscience de choisir la liberté, celle d’avoir une monnaie nationale.

Faut-il que nos élites soient subverties, complexées ou de mauvaise foi au point de ne pouvoir envisager une souveraineté monétaire que vivent avec bonheur la Suisse, la Grande Bretagne et avec elles 95% des pays du monde ?

La vérité, c’est qu’aujourd’hui la zone euro est complètement isolée dans le monde, à l’écart de la croissance mondiale, en s’étant enfermée dans une politique absurde, une politique suicidaire. La France reviendra dans le jeu des Nations grâce à la liberté monétaire !

Nos beaux esprits prétendument éclairés oublieraient-ils que la France est appelée dans son histoire la « Grande Nation », que le génie de son peuple la fait rayonner dans le monde entier ?

Faut-il leur rappeler que durant des siècles, notre pays a géré l’entière maîtrise de sa monnaie nationale au plus grand bénéfice de notre économie et de notre prospérité ?

Oublieraient-ils qu’au sortir de la guerre, il a fallu l’indépendante détermination du Général de Gaulle pour refuser de se voir imposer une monnaie US que le libérateur américain avait emporté dans le sillage de ses chars ? Il y a fort à parier que les euromaniaques d’aujourd’hui auraient applaudi cette paternelle colonisation monétaire de notre pays.

Tout comme dans le domaine militaire où il avait doté la France de l’instrument nucléaire de son indépendance et pris ses distances avec l’OTAN, le refondateur de la France moderne témoignait à tous les instants de sa saine et exigeante détermination à l’indépendance nationale.

Le confort de la servitude est décidément de tous temps et a traversé les siècles de Jeanne d’Arc jusqu’à nous.

Pour ma part, je m‘inspire de ceux qui ont osé parce que loin d’être frileuse, je crois dans le génie français,

J’ai confiance dans une France légitimement fière d’elle-même et tournée vers son avenir.

Je m’inscris dans les combats historiques pour la liberté, les combats de millions d’anonymes qui sont tombés pour elle, de Bouvines au Chemin des Dames, les combats des grands destins républicains, de Victor Schœlcher à Charles De Gaulle, les combats de tous ceux qui ont toujours défendu la liberté en dépit des pressions, en dépit des sirènes du renoncement !

Je crois dans l’aptitude de notre peuple, dans notre capacité collective à assumer notre destin comme je crois d’une manière plus générale dans la vocation des peuples, de tous les peuples du monde, à disposer d’eux-mêmes.

Et mes chers amis, je vous le dis aujourd’hui avec une certaine gravité, la liberté des peuples ne se trouve pas au bout des missiles de l’OTAN ! Elle se trouve dans leur génie national, leur éducation et la diplomatie !

Je ne vois pas, de surcroît, qui mieux que nous, qui sommes le peuple français, peut savoir ce qui est bon, utile, juste pour nous-mêmes ?

Qui aime plus nos enfants que nous-mêmes et serait donc plus attentif à leur transmettre sans l’abimer l’extraordinaire patrimoine que nous avons reçu ?

En un mot, n’en déplaise à Monsieur Von Rompuy ou Monsieur Barosso, chez nous c’est à nous de décider !

C’est pourquoi, avec une belle persévérance le Front National défend depuis des décennies l’élection à la proportionnelle intégrale qui permet à tous les Français et à chacun d’entre eux d’être entendu et représenté.

C’est la raison pour laquelle, nous réclamons depuis toujours, dans le dessein d’une démocratie retrouvée, une République référendaire, qui se tourne vers le peuple souverain dès que l’essentiel est en jeu.

Parce qu’à la différence de la caste méprisante au pouvoir depuis 30 ans, je crois à l’intuition et à l’intelligence du peuple, je crois qu’il a vocation à s’élever chaque jour un peu plus.

Cette intelligence, cette intuition, ce bon sens, je les crois infiniment supérieurs à ceux de ces élites auto-proclamées, qui n’habitent plus dans le même pays que nous !

Et c’est pourquoi quand je serai élue, j’interrogerai les Français par voie de référendum sur les contours qu’ils souhaitent donner à notre politique de liberté dans l’Europe. C’est une question que nous ne permettrons pas aux autres partis d’étouffer.

La souveraineté c’est-à-dire notre liberté collective sera, je le crois, un des grands enjeux de la présidentielle.

Je rappelais tout à l’heure les grands enseignements de l’épopée militaire de Jeanne. Cette épopée, si elle a changé la face de l’Europe et donc à cette époque celle du monde, fut courte : un an.

Un an c’est aussi le martyr de cette petite d’à peine dix-neuf ans, vendue aux Anglais, incarcérée, gardée par des soudards et jugée dans un procès où elle impressionna encore, seule contre la meute, dans sa résistance à l’arbitraire.

Ainsi, cette courte période, tumultueuse et souffrante, qui précède le terrible supplice du bûcher, constitue une ode magnifique et terrible à la liberté : la liberté d’un peuple en lutte pour sa souveraineté, la liberté de l’homme face à l’oppression.

Nous seuls pouvons rendre au peuple français sa souveraineté et donc sa dignité et sa fierté.

Mais nous sommes aussi les défenseurs farouches des libertés publiques et des libertés individuelles !

Car nos libertés ne sont pas un acquis, il ne suffit pas de s’enorgueillir d’être la « Patrie de la liberté » pour que cela reste vrai ad vitam aeternam.

La réalité c’est que la défense des libertés est un combat exigeant, de chaque jour ; que progressivement dans le vécu quotidien des Français, nos libertés se sont délitées, affaiblies, elles ont été troquées par des élites autoproclamées dans le but d’asseoir leur pouvoir et de défendre leurs intérêts personnels, leurs prébendes.

Il en est ainsi de la liberté du débat totalement annihilée. Le débat est contraint, balisé ou même carrément interdit.

- l’effondrement annoncé de l’euro : tabou

- l’échec de l’Europe : tabou

- l’immigration : tabou

- le recul de nos valeurs de civilisation : tabou

- le drame du libre-échange : tabou !

Nous, défenseurs des libertés de pensée et d’opinion sans lesquelles la démocratie n’est qu’un vain mot, nous obligeons au débat et ça gêne.

Un grand révolutionnaire l’avait théorisé en son temps :

« L’homme de génie qui révèle de grandes vérités à ses semblables est celui qui a devancé l’opinion de son siècle. La nouveauté hardie de ses conceptions effarouche toujours leurs faiblesses et leur ignorance.

Toujours les préjugés se ligueront avec l’envie pour le peindre sous des traits odieux ou ridicules ».

Jean-Marie Le Pen qui a, sans jamais plié, subi cela durant 40 ans et qui à ce titre mérite notre immense admiration et notre reconnaissance éternelle, nous a montré le chemin, ce chemin est celui de la vérité et de la liberté.

Bien sûr, la liberté du débat leur fait peur parce que de cette liberté émergent la vérité et une espérance pour le peuple français.

Or, il faut masquer la vérité et notamment les responsabilités dans la crise terrible que vit notre pays : somme de l’échec de la droite et de la gauche confondues depuis près de 40 ans :

Pas de débat, pas de débat ou alors un débat d’experts.

Et ceux-ci montent en première ligne colonisant tribunes et plateaux.

Experts, mais experts en quoi ? Experts de quoi ?

Car si crise il y a c’est celle de la pseudo expertise et de la pseudo compétence !

Experts en chômage, c’est sûr, puisqu’ils en ont fabriqué près de 5 millions, experts en diminution du pouvoir d’achat puisque catégorie sociale après catégorie sociale, agriculteurs, pêcheurs, ouvriers, petits fonctionnaires, toutes sont touchées.

Experts en dette publique : 1700 milliards d’euros

Experts en déficit,

Experts en voyoucratie qui prospère, experts dans la prolétarisation des classes moyennes,

Expert de l’illettrisme qui s’accroît,

Expert de l’affaiblissement de l’Etat,

En un mot expert oui mais experts du chaos !

Page après page, émission après émission, pseudo débat après pseudo débat, rassurés d’avoir étouffé la discussion, les experts peuvent alors se payer le luxe de nous chanter l’air de la liberté… mais n’est pas Verdi et Nabucco qui veut !

Leur hymne à la liberté c’est l’absoute chantée dans les cimetières, les cimetières de leurs promesses non tenues, de leurs mensonges, de nos espérances déçues, de notre avenir fracassé.

Et ils multiplient les cocoricos comme ces coqs déplumés, grattant le fumier et qui croient qu’ils font lever le soleil !

Vous votiez hier pour l’UMP ou le PS, vous acceptiez sans broncher votre diminution du pouvoir d’achat, votre chômage, une insécurité grandissante, un avenir personnel morose, que vous imaginiez plus difficile encore pour vos enfants ?

Vous étiez donc de bons électeurs, bien convenables, pas gênants, préoccupés de votre survie, multipliant les petits boulots pour compenser la baisse du pouvoir d’achat, pendant que les solidarités familiales jouaient à plein, dans l’entraide et dans le don.

Et voilà que, parce que la crise frappe plus fort, parce que votre souffrance devient insupportable,

que malgré les prêches, les homélies de tous ces nouveaux prêtres de la mondialisation, vous prenez conscience de ce qu’elle est réellement,

parce que vous vous apercevez que l’on vous a menti, menti encore, menti toujours, vous entendez notre projet d’espoir, vous commencez à vous tourner vers une espérance nouvelle, celle qui tourne le dos à la mondialisation, qui vous protège contre elle.

Car la mondialisation c’est le nivellement du monde, du Coca-Cola et des Nike pour tous, dans un univers qui ne devient qu’une banlieue unique, parsemée d’hypermarchés où s’entassent des produits venus du monde entier et issus de l’exploitation éhontée de millions de producteurs ici ou ailleurs.

C’est la destruction voulue, programmée, des nations, des peuples, des identités culturelles, c’est la marchandisation de tout et de tous.

C’est cet esclavage des temps modernes, le transfert de populations d’un continent à l’autre, constituant ainsi l’armée de réserve du capitalisme qui permet aux grands patrons d’exploiter les travailleurs français.

Elle permet de baisser les salaires grâce à cette délocalisation de l’intérieur qui écrase le pouvoir d’achat mais qui se montre tellement bénéfique pour les super-profits des actionnaires.

Et cette prise de conscience, elle vous pousse à voter pour le Front National et pour ses candidats, comprenant que nous n’avons jamais menti, toujours fidèles à nos convictions et que nos analyses se trouvent chaque jour confortées par l’observation des terribles réalités du quotidien.

Vous voyez chaque jour plus nombreux que le Front National apporte des solutions et des réponses concrètes aux problèmes qui vous assaillent.

Chaque jour plus nombreux, vous comprenez que vos libertés dépendent de l’accession au pouvoir du seul mouvement capable de les défendre.

Puisque nous sommes les seuls à oser la vérité, crions-la !

Où est la liberté syndicale quand les travailleurs syndiqués sont pourchassés et exclus parce qu’ils pensent différemment, parce qu’ils pensent simplement ?

Quand les dirigeants syndicaux trahissent les travailleurs en négociant derrière leur dos avec le pouvoir politique ou économique ?

Quand la corruption règne et que l’UIMM étouffe les revendications à coups de valise de billets ?

Quand les grands syndicats n’ont même pas à rendre compte et qu’il n’existe aucun contrôle sur leurs finances pourtant sorties de la poche des contribuables ?

Alors oui, nous rétablirons la liberté syndicale, la vraie !

Nous exigerons que le financement des syndicats fasse l’objet d’un contrôle comme le financement des partis politiques, que soit mis fin à l’opacité totale en la matière.

Nous contribuerons à faire émerger un syndicalisme enfin représentatif, partout nous permettrons la création de syndicats véritablement libres qu’alors rejoindront les salariés, les fonctionnaires, les employés, les ouvriers, les agriculteurs qui, par millions, viennent à nous.

La liberté de la presse également doit être rétablie.

Peut-on encore parler de véritable liberté de la presse écrite, radiophonique ou audiovisuelle, quand celle-ci tombe aux mains de grands groupes financiers ou industriels ?

La vraie question se pose : la presse peut-elle être vraiment libre sans être indépendante ?

Peut-elle librement agir lorsque des groupes qui la possèdent dépendent eux-mêmes des énormes contrats octroyés par les pouvoirs publics ? La liberté est-elle compatible avec les monopoles ?

Et vous journalistes, où est votre liberté quand c’est la peur qui vous guide ?

Quand la tyrannie de la pensée unique est telle que vous finissez par tourner 7 fois votre langue dans votre bouche ou vos plumes dans l’encrier, de peur d’être accusés de dire « comme Marine Le Pen » que le mois d’Août est en été ou que Paris est la capitale de la France, deux monstruosités sûrement!

Où est votre liberté d’informer quand le totalitarisme de la pensée vous pousse à vous dénoncer les uns les autres, à faire des listes de déviants comme l’a fait encore récemment le Nouvel Observateur, accusant d’hérésie tel ou tel dont l’analyse ou le papier est taxé de complaisance quand il n’est souvent que descriptif ou objectif ?

Quelle est votre liberté, vous qui n’osez vous soulever contre ce nouveau maccarthysme en tremblant d’être après Elisabeth Lévy, Robert Ménard, Eric Zemmour, Philippe Cohen, Natacha Polony, Luc Ferry ou Ivan Rioufol, le prochain sur la liste, victimes des petits torquemadas des temps modernes qui sont pourtant vos confrères !

Or la liberté de la presse est fondamentale car elle participe pleinement de la démocratie.

Avoir la liberté de glisser un bulletin dans l’urne c’est bien, mais encore faut-il savoir pourquoi, pour qui et être informé de la manière la plus objective possible.

Oui je l’affirme, la presse aussi devra être libérée de la dictature de la bien-pensance et de la pression des intérêts politiques ou financiers.

Parallèlement et pour les mêmes raisons, nous veillerons jalousement à la liberté sur internet en luttant résolument contre la scandaleuse loi Hadopi, tentative totalitaire de surveillance et de traque des internautes- dont le Big Brother d’Orwell n’aurait pas rêvé et dont le but évident est de tenter de faire taire cette dissidence, ce bouillonnement d’intelligence qui a trouvé refuge sur la toile.

Nous rétablirons la véritable liberté économique car la liberté est tout sauf l’ultralibéralisme.

Les européistes se targuent de défendre la liberté sous prétexte que l’Europe est ultralibérale, c’est une manipulation parce qu’en réalité elle ne défend que la liberté de ceux qui ont déjà tout et opprime les autres, ceux qui n’ont rien.

Cette soi-disant liberté est celle du renard dans le poulailler, la loi de la jungle, la loi du fort contre le faible.

Car enfin, quelle est la liberté du petit commerçant écrasé par la toute puissance de la grande distribution qui leur impose une rupture mortelle de concurrence ?

Quelle est la liberté du petit producteur, de l’industriel, de l’agriculteur, David contre Goliath, broyés par l’arnaque des marges avant, arrière, le chantage au référencement, contraints de rogner toujours plus les siennes de marges jusqu’à la misère et parfois la ruine ?

Quelle est la liberté du patron de PME, du commerçant, de l’artisan, écrasés par une bureaucratie de plus en plus insupportable, taxés toujours plus lourdement, face aux multinationales du CAC 40 qui échappent à l’impôt à coup d’optimisation fiscale obtenue grâce à leur armée de juristes et de conseillers fiscaux.?

Quelle est la liberté pour le contribuable si ce n’est de payer les pertes des banquiers, la seule vraie double peine, car ils ont joué avec nos économies, les ont perdues, ont déduit les pertes des impôts qu’ils n’ont pas versé à l’Etat, ont empoché les subventions et réalisent aujourd’hui des profits historiques faramineux ?

Il n’y a pas de liberté dans cet ultralibéralisme qui interdit à l’Etat stratège, d’intervenir, de réguler, de protéger le faible contre le fort, d’enrayer la spéculation, de lutter contre les ententes, de supprimer les parachutes dorés, d’assurer la justice fiscale et de maîtriser les bonus indécents.

Il n’y a pas de liberté dans cet ultralibéralisme qui étouffe les talents, décourage l’initiative, ruine les bonnes volontés et tue les indépendants.

Il n’y a pas de liberté dans ce système inique de chômage de masse et de pression à la baisse permanente des salaires.

Où est la liberté quand on ne peut plus gagner honnêtement sa vie grâce au fruit d’un travail justement rémunéré, que l’on ne peut plus se constituer un patrimoine fruit de son épargne, protégé de la cupidité des banques, que l’on ne peut plus assurer l’avenir de ses enfants et percevoir une retraite décente ?

Retrouver par un projet économique ambitieux le chemin de la création d’emplois pérenne est donc impératif pour rendre aux Français la liberté de construire leur avenir.

Nous libérerons nos PME, nos artisans, nos commerçants des pesanteurs administratives et fiscales qui brident leur créativité et étouffent la vie économique.

Car ne soyez pas dupes, mes chers compatriotes, vous appauvrir est un moyen de vous asservir tant il est vrai que le temps que l’on passe à survivre, on ne le passe pas à combattre, on ne le passe pas à penser, on ne le passe pas à construire.

De la même manière il faut reconnaître l’effondrement de notre liberté individuelle quand explosent dans nos villes et nos campagnes la délinquance et la barbarie.

Dans ce combat pour la sécurité, première des libertés, les pouvoirs successifs ont aussi échoué gravement, empêtrés dans le laxisme et la culture de l’excuse, ils ont laissé se multiplier les zones de non droit, livrant des quartiers entiers à la loi des mafias et les Français qui y vivent à l’oppression du désordre.

Charles Péguy avait donc cent fois raison lorsqu’il énonçait que « l’ordre et l’ordre seul fait en définitive la liberté, le désordre fait la servitude ».

C’est encore et toujours cette exigence de liberté qui nous pousse à combattre le communautarisme.

Le communautarisme c’est la négation de la laïcité, de la République, de l’individu libre et la négation du citoyen membre d’une nation politique et charnelle.

Notre vision de l’homme est celle d’un individu éclairé, libre de ses choix, affranchi des pesanteurs d’une communauté qu’il n’a souvent pas choisie et qui trop souvent le contraint.

Ainsi la seule communauté qui vaille est la communauté nationale parce qu’elle seule permet l’épanouissement et la liberté.

Qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français !

Les intégristes de tout poil, qui jusqu’ici sont entrés dans la République comme dans du beurre, doivent savoir qu’avec nous ce principe fondamental sera réaffirmé haut et fort et rétabli partout.

Il n’y a pas d’Etat dans l’Etat et il n’y a pas un mètre carré du territoire national où nous accepterons que les lois d’une communauté se substituent aux lois françaises.

Enfin, mes chers amis, l’apprentissage de la liberté se fait, vous le savez, dès l’école.

« Il n’y a pas de liberté pour l’ignorant » nous disait Condorcet. Il avait raison.

L’effondrement du niveau et des exigences à l’école est ce qu’on pouvait infliger de pire à notre pays et à la jeunesse de France. L’enfant roi, et toutes les théories dramatiques colportées par les pédagogistes issus de 68, ont ruiné l’école, qui ne transmet plus le savoir comme c’est pourtant son rôle premier.

Mais rien n’est perdu.

Le redressement de l’école passera par un relèvement des exigences, dès la formation des professeurs, mais aussi sur les bancs de la classe : relèvement des exigences de niveau, relèvement des exigences de discipline, relèvement des exigences dans la transmission des valeurs.

Apprendre n’est pas un jeu, apprendre c’est difficile, c’est exigeant, c’est parfois même douloureux. Mais c’est beau d’apprendre mes chers amis. Que c’est beau !

Que c’est beau de sortir de la caverne, de sortir de l’illusion et de comprendre le monde tel qu’il est vraiment !

Le libre-arbitre est un joyau offert à l’homme.

L’école doit se donner les moyens de le développer en chacun de nos enfants.

Le goût de l’effort, le mérite républicain, le travail seront récompensés.

Quant au travail manuel, il sera libéré du mépris des bobos et retrouvera la dignité qu’il a injustement perdue.

On arrêtera aussi de considérer que dans tel ou tel quartier, il n’y a rien à faire, que certains jeunes n’ont pas d’autre destin que le football, le rap, la drogue ou Pôle emploi.

Non, il faut être exigeant avec tout le monde, et croire dans la capacité de chacun ; ne jamais sombrer dans la démagogie ;

l’affirmation de l’autorité est le meilleur service qu’on puisse rendre à un élève en perdition.

Cette école exigeante sera la seule et la vraie école de la liberté !

Français, entendez que le Front National est le seul parti qui respecte et fera respecter toutes vos libertés individuelles !

Alors oui, la liberté mes chers amis, sonne pour nous comme une promesse, et une exigence. Ce n’est pas par hasard si la liberté est placée en tête de notre devise « liberté-égalité-fraternité ».

Cette devise que nous chérissons tous, inspire notre projet de redressement. De toutes nos forces et de tout notre cœur, nous nous battons chaque jour pour l’égalité et la fraternité.

Mais que sont donc l’égalité et la fraternité sans la liberté ?

Des esclaves peuvent être égaux, mais le maître et l’esclave ne le seront jamais.

Des esclaves peuvent être fraternels, mais il n’y a pas, et il n’y aura jamais de fraternité entre le maître et l’esclave.

Oui, mes chers compatriotes, brisons les chaînes du peuple français ! Brisons les chaînes du renoncement !

Battons-nous pour la démocratie, la liberté de la nation et les libertés fondamentales !

C’est ce message d’espérance que je vous demande de porter partout autour de vous.

Dans un an, nous nous retrouverons, ici, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Le peuple de France aura commencé de se défaire des chaînes qui l’entravent. Mais le plus beau sera à venir.

Je vous l’annonce mes chers amis, dans un an nous serons à quelques jours du printemps de la France !

Notre magnifique pays, riche de tant de talents, contient d’immenses réserves de courage et de patriotisme.

Et ce courage est essentiel, parce que Périclès déjà le disait avec tant de justesse : « Il n’est pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage » !

Je vous demande de m’aider et d’aider le peuple français à se choisir un nouveau destin, un vrai destin, à repousser les passions tristes, et à construire ensemble un avenir français !

Mes chers compatriotes, nous quittons bientôt les ténèbres ! Le peuple est de retour ! La France est de retour !

Vive le Front National, vive la République, vive la France !