Discours de Marine Le Pen à Prague

/ 16 décembre 2017 / Étiquettes : , /

Discours de Marine Le Pen, prononcé à Prague, à l’occasion du congrès du mouvement MENL réunissant le Front National et ses alliés européens.

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Je suis très heureuse de pouvoir m’exprimer de Prague, symbole de la percée historique de nos amis du SPD que je voudrais féliciter en leur disant que leur succès est un succès non seulement pour leur très beau pays, un succès pour leur peuple, mais aussi une espérance pour tous les pays d’Europe attachés à leur identité.

Tous les peuples d’Europe épris de liberté vous ont regardés, vous ont admirés et parfois, pour ceux qui préparent le sursaut, vous ont enviés.

En France, nous avons suivi votre victoire avec bonheur et optimisme, bonheur pour vous et optimisme pour l’Europe.

La période préélectorale dans laquelle nous entrons va être déterminante pour l’avenir de notre continent.

Car c’est bien de l’avenir de notre continent qu’il s’agit.

Nous voyons où l’Union Européenne mène l’Europe.

Cette organisation désastreuse traine notre continent à sa perte par dilution, par submersion de ses villes et de ses villages, par négation de ses cultures, par l’assèchement de sa féconde diversité, par la hausse de l’insécurité, par l’étouffement programmé de ses identités, par l’aggravation spectaculaire de la pauvreté, l’augmentation ininterrompue du chômage, de la précarité et du déclassement social..

Nous constatons chaque jour que l’Union Européenne, ses échecs, son maintien artificiel par la contrainte sont en train d’anéantir l’idée européenne. On le voit avec le Brexit.

Or, cette idée, une très belle idée, à condition d’être respectueuse des nations, comme nous le professons au sein de notre groupe
Notre projet de collaboration en Europe se fonde sur l’amour de nos patries respectives et l’attachement à notre civilisation commune. Il procède de notre détermination de voir perdurer, pour notre génération et celles qui viennent, les valeurs que nous tenons de notre double héritage helléno-chrétien et de notre héritage national.

Je suis heureuse d’être ici avec les partis [partenaires] du Front National réunis au sein du Mouvement pour une Europe des Nations et des Libertés afin de définir ensemble un modèle de coopération pour les peuples d’Europe, un modèle alternatif à celui de l’Union Européenne, un modèle que nous pourrons défendre, la main dans la main, aux élections européennes sur tout le continent.
Dans chacun de nos pays, nos partis auront la responsabilité de porter ce projet commun de refondation de l’organisation continentale.

Ce projet politique et électoral ne me paraît pas une utopie loin de là.

Le modèle de l’Union Européenne est à bout de souffle. La Chancelière qui le soutient également. La poussée des souverainistes, des nationaux comme des tenants des identités est partout irrésistible.

C’est le moment.

Pour la première fois, cette autre Europe, nous pouvons espérer la bouleverser de l’intérieur, en prenant la barre des institutions européennes par le suffrage universel.

Cela peut et doit se faire lors des élections européennes où notre ambition, ne doit pas se limiter à envoyer au Parlement européen un groupe aussi nombreux soit-il, mais prendre les commandes de la locomotive.

Nous devons être conquérants ; nous devons porter une ambition électorale qui doit être à la mesure du rôle politique que l’histoire attend de nous.

Tous les membres de notre groupe, avec ses sensibilités diverses, partagent la même vue. Si nous sommes jaloux à juste titre de nos indépendances, nous sommes également tous demandeurs d’une coopération entre nos nations et conscients que cette coopération peut aller de pair avec nos intérêts nationaux.

Lorsque nous voyons les milliers de migrants débarquer sur les plages italiennes, grecques ou espagnoles c’est comme si cela arrivait sur nos plages et, partout en Europe, nous ressentons ce que ressentent nos amis italiens, grecs ou espagnols et nous savons que cela nous concerne.

Lorsque le CETA ou le futur Mercosur nous ruine collectivement, nous nous savons engagés naturellement dans le même combat pour nos intérêts économiques.

Nous n’ignorons pas que sur certaines questions, – migratoires, scientifiques, économiques par exemple – chacun de nos pays aura intérêt à une coopération.

Ce sont les conditions techniques, institutionnelles de mise en œuvre de ces coopérations qu’il nous appartient de définir précisément. C’est pourquoi je suis là aujourd’hui.

Nous devons concevoir une coopération choisie et non imposée, une coopération variable suivant les situations et intérêts respectifs de chacun de nos pays, bref, nous dirions en France, une coopération « à la carte ».
Cette volonté d’association, de synergie sur la base du volontariat et du respect mutuel doit se concrétiser par la définition d’un nouveau cadre : des institutions comme la Commission européenne disparaitraient, d’autres doivent être imaginées pour permettre cette association libre de nos états et de nos nations.

Nous avons de notre côté commencé à rédiger un projet de nouveaux traités. Nous voulons mettre en commun nos réflexions.

Ce projet alternatif nous devons lui donner corps. Nous devons également lui donner un nom.

Au FN, nous lui avons donné le nom de « Union des Nations Européennes » (l’U.N.E).

Je sais que le terme « Union » peut avoir une connotation répulsive pour ceux qui ont quelques raisons légitimes de se méfier d’une autre Union, l’Union européenne.

Je veux les rassurer.
Il ne s’agit pas de fondre nos souverainetés, mais au contraire de s’unir pour les défendre.

Cette union est un cadre qui existe, que nous définissons ensemble, mais qui laisse aux pays qui ne veulent pas l’utiliser, la capacité de rester à l’écart ou d’y entrer s’ils changent d’avis. Et lorsqu’on y est entré, on peut en sortir.
Vous le savez, nous sommes opposés au mariage forcé.
Cette conception de l’Europe que nous portons laisse, de surcroît, à chacun des partis qui y adhère le choix de définir pour son pays les orientations politiques et économiques qu’il souhaite défendre.

Notre conception de la coopération européenne est pragmatique et parce qu’elle est respectueuse de tous, elle est durable.

Enfin, cette aspiration à un modèle d’organisation fondée sur le respect des peuples est moderne.

Les Etats-Unis nous disent avec l’élection de Trump « America first again » et revoient leurs frontières ;
L’Inde veut renouer avec son identité ;
La Chine retrouve, au fil des congrès du parti communiste, l’idée de l’Empire du Milieu ;
Et que dire de la Russie qui, nous le savons avec le Président Poutine, défend ses intérêts et une conception multipolaire du monde.
Ainsi, à l’heure où tous les grands états du monde cherchent à retrouver leurs frontières, à défendre leurs intérêts propres, à se prémunir d’une mondialisation devenue folle, il faudrait que l’Europe aille en sens inverse, tente de remonter le courant de l’histoire au risque assuré de l’épuisement.

Notre vision du monde, la vision de tous les partis qui composent le Mouvement de l’Europe et des Libertés s’inscrit dans ce grand mouvement du retour des peuples.

Je suis donc venue à Prague pour défendre auprès de mes collègues, présidents de parti, une triple idée et une ambition:

La triple idée c’est :

– 1. définir ensemble un projet alternatif qui décrit précisément les institutions en place ; je propose de l’appeler « l’Union des Nations Européennes »;
– 2. Décrire la période de transition entre l’Union Européenne et l’Union des Nations Européennes après une étude sa mise en œuvre technique, juridique et diplomatique et la définition d’un calendrier;
– 3. Défendre ce projet sur tout le continent pour faire pièce aux tenants de l’Union Européenne.

La prochaine élection se décidera projet contre projet ; d’une part celui de l’Union Européenne et d’autre part, je le souhaite, le nôtre, celui de l’Union des Nations Européennes.
Notre ambition vous l’avez compris: c’est de gagner ; c’est de prendre l’Europe pour rendre chaque pays à son peuple et à chaque peuple sa liberté, en commençant par ses frontières.
Notre ambition c’est de donner à l’Europe les institutions que son attachement à la liberté lui commande et que son souci d’efficacité exige.

Le temps presse !
Vivent les Nations européennes !
Vivent nos libertés !