Marine Le Pen, candidate à l’élection présidentielle de 2012, est en meeting ce dimanche 26 février 2012 à Châteauroux dans le Val-de-Loire :
Mes chers compatriotes, chers internautes, mes chers amis,
Vous connaissez certainement, mes chers amis, la parabole biblique des talents : au moment de partir en voyage, le maître remet à ses serviteurs de précieuses pièces de monnaie. A son retour, il leur demande ce qu’ils en ont fait : eh bien, le bon serviteur n’est pas celui qui a enterré son lot pour le protéger et qui le rend intact à son maître, mais au contraire celui qui a sur le faire fructifier.
Tel est le sens d’une parabole qui a largement fondé notre civilisation : il incombe à chaque être, comme il incombe à chaque peuple de faire fructifier, par le peine et le travail, les richesses qui lui ont été données.
Or, quelle est le principal talent de la France ? Eh bien, mes chers compatriotes, nous l’avons trop oublié, c’est sa terre !
Quelle richesse lui a été donnée, et bien plus qu’aux autres, sinon celles de sa mer et de sa terre ?
Oh, je sais, la France est une Idée, des principes politiques, un Etat, une Nation, une Civilisation, oui, elle est tout cela, mais elle est aussi, elle est d’abord, on l’oublie bien trop souvent, une terre, des territoires, des paysages, un peuple des villes moyennes ou petites, des villages et des champs, oui, nous avons beau êtres assaillis par les équarrisseurs qui gaspillent nos atouts et dilapident nos richesses, il nous reste toujours, il nous restera toujours un atout-maître dans notre manche, l’incomparable terre de France !
Incomparable, la France l’est d’abord par sa géographie, par son climat, ses montagnes, ses rivières et ses fleuves, ses champs, ses bois dispersés et ses vastes forêts, elle l’est par l’infinité de ses côtes, par l’extraordinaire diversité de ses paysages, et l’étendue de ses terres -car les Français oublient trop souvent que, de par sa superficie, la France est (derrière la Russie) le premier pays d’Europe- incomparable aussi parce qu’elle dispose tout simplement des meilleures terres arables, des terres les plus fertiles du monde !
Nous n’avons pas de fierté particulière à en tirer car notre terre est un don, un don de la Nature, ou bien du Ciel, et ce don nous l’avons tous entre nos mains.
Notre fierté, c’est d’avoir su la mettre en valeur comme jamais aucune terre ne le fut au cours des siècles. Notre fierté, c’est d’avoir su diversifier sans cesse les produits de son agriculture, de ses élevages, de ses savoirs, de ses métiers, les nombreux métiers des paysans et des artisans, du laboureur à l’ébéniste, du vigneron au faïencier, de tous ces « fins jardiniers de la France » comme disait Charles Péguy jusqu’aux menuisiers et innombrables artisans artistes et architectes auxquels nous devons le patrimoine rural dont la réputation rayonne sur tous les continents ; sans oublier les commerçants qui ont su mailler le territoire, marier les viandes d’Auvergne (à condition qu’elle ne finissent pas halal…) aux vins de Bourgogne (à condition que le libre-échange généralisé ne le coupe pas de vin d’Algérie ou de bouchons de trans-sylvanie); marier l’eau de nos sources aux piments d’Espelette, et le sancerre au chavignol puis aux fromages de la Brie ou du Cantal -sans oublier bien sûr le concert de toutes nos campagnes, la cuisine française, bouquet accompli de tant et tant de savoirs ancestraux -que, et c’est significatif, les vautours de la taxation sélective ont tenté pendant des années de pénaliser au bénéfice du fastfoudisme intégré !
La terre de France, ses produits et ses savoirs : cet extraordinaire héritage, nous en sommes fiers, mes chers compatriotes, nous en sommes fiers et nous entendons bien continuer à pétrir sa vieille pâte, le travailler et le faire fructifier en dépit des stigmatisations de ceux qui parlent avec dédain de nos campagnes, le mépris des petits sires qui ne savent tout simplement pas que l’infini valeur de ce patrimoine ; cet héritage, nous le défendrons en dépit des injonctions haineuses des petits modernistes du quartier latin (tel Bernard Henri Lévy stigmatisant dans un livre immonde « l’Idéologie de la France », « cet indécrottable (je cite), cet indécrottable peuple français attaché à ses lopins de boue » sic !); nous le défendrons en dépit des intellos de pacotille qui daubent sur les paysans, en dépit des connivences mondialistes ligués de l’OMC et de la prétendue ‘Union européenne », en dépit de la grande ligue des technocrates qui désertifient le territoire, condamnent nos terres à la jachère, généralisent le round up comme autant de napalm, finalement épuisent d’efforts les derniers paysans, les artisans, les ruraux – privant de vie les plus belles terres du monde.
Car, c’est la guerre, mes chers compatriotes; oui, c’est la guerre : l’ennemi mondialiste a remporté beaucoup trop de batailles.
Il suffit comme je le fais souvent, de sillonner les routes de France, d’apercevoir ici ou là des champs abandonnés, des villages à moitié ravagés par l’on ne sait quel ennemi invisible, il suffit de voir l’invasion de la laideur marchande défigurant nos plus nobles paysages de France, il suffit de regarder aujourd’hui la terre de France pour mesurer à l’œil nu l’incurie et même l’acharnement meurtrier avec lequel un système dément nous a contraint à enterrer, oui enterrer, la premier, le plus sûr, le plus précieux de nos talents !
Nos campagnes et ceux qui y vivent n’ont pas droit, eux, à toutes les couvertures médiatiques. Oui, les banlieues souffrent, c’est certain, et on ne compte plus le nombre d’émissions, de films, de reportages pour le dire.
Mais les mêmes qui veulent nous imposer les traditions, les mœurs, les modes de vie des autres, rient bien souvent les nôtres. A ce stade, j’aimerais dire quelques mots sur la chasse que le parisianisme présente trop souvent comme s’opposant à la nature. Or, qui connait mieux la faune et la flore que les chasseurs ? Qui est plus respectueux de celles-ci ? Qui est plus attaché à la préservation des espèces et à leur nécessaire régulation que ceux qui restent charnellement attachés à cette tradition ancrée dans l’origine de l’homme ?
Il est temps de ne plus considérer les chasseurs comme des barbares. Oh bien sûr, il y a surement dans leur rang quelques individus stupides qui se refusent à toutes règles et ne respectent rien, mais ils sont l’exception !
La réalité, c’est que l’immense majorité des chasseurs participent à un équilibre fragile et ils le servent souvent mieux que les quelques technocrates qui interviennent parfois à tort et à travers.
Faisons confiance à ceux qui ne gèrent pas notre faune à coup de statistiques mais qui la vivent au quotidien et qui sont aussi les transmetteurs, les relais de connaissances ancestrales, sur les cycles et les équilibres de la nature.
Moi qui suis très attachée à la protection animale, je n’oublie pas que les chasseurs sont aussi des amoureux de leurs chiens et que la défense des animaux et la chasse ne doivent pas être incompatibles entre gens de bonne volonté.
Mais nos campagnes ne souffrent-elles pas elles aussi ? Au-delà des problèmes innombrables qui les frappent, ne souffrent-elles pas d’un mal encore plus ravageur : l’abandon ?
Abandonnées par les pouvoirs successifs, abandonnées par les médias, abandonnées par les sociologues qu’elles n’intéressent plus, les campagnes françaises et ceux qui y vivent ont parfois le sentiment que la France se fait sans eux, que la France les a oubliées.
Parce que l’âme française est intrinsèquement une âme paysanne, parce que nos campagnes sont un espace d’une richesse inouïe où la France se perpétue dans ce que sa civilisation a engendré de meilleur, je m’élève contre cet abandon. Je refuse cet oubli.
Et c’est à nos compatriotes des zones rurales que je pense en particulier aujourd’hui, parce que j’ai la conviction que quelqu’un doit se tourner vers eux pour leur tendre la main et leur offrir un avenir français, leur proposer une espérance.
Alors, rompons avec le mépris d’une petite élite parisienne qui se croit supérieure, et remettons la France rurale dans la France tout court. Au même niveau que le reste de notre beau pays.
Oui, mes chers amis, je prendrai dès mon élection à bras le corps les difficultés de nos campagnes, et j’y apporterai des solutions.
L’Etat doit s’engager de toute sa force et de toute sa volonté auprès des zones rurales. C’est vrai sur la question essentielle des services publics.
A chaque fois qu’un service public disparaît, c’est un bout de la vie de nos campagnes qui s’éteint. Le service public irrigue la France rurale, et on ne doit pas accepter de le voir régresser partout comme c’est le cas depuis tant d’années.
Alors il faut dire la vérité à nos concitoyens : si les services publics désertent à ce point nos campagnes, et notre pays en général, c’est parce que l’UMP, le PS et leurs satellites en ont décidé ainsi, parce qu’ils ont impulsé, accompagné, accéléré toute la destruction des services publics.
Oui, mes chers amis, c’est bien leur Europe de Bruxelles, celle qu’ils vénèrent tous, qui liquide méthodiquement nos services publics.
A coups de Traités et de directives, les technocrates bruxellois ont tout privatisé, ils ont mis le dogme du profit au-dessus de tout : exit l’intérêt général, exit la proximité des services publics, exit l’aménagement du territoire, fini les tarifs régulés, les tarifs raisonnables, terminé le service public pour tous !
Sur un trône les amis de Sarkozy et Hollande ont mis l’argent, l’argent roi qui décide de tout, l’argent roi qui vaut plus que nos vies, qui vaut mieux que nos terroirs !
Alors, je vous l’annonce, je partirai à la reconquête des services publics. Les directives européennes de la honte seront dénoncées. Les dispositions des Traités qui font mal seront renégociées avec la plus grande fermeté. Le service public sera de retour et j’inscrirai dans notre Constitution que « Chaque Français a droit au même service public indépendamment de ses revenus et de son lieu de résidence ».
Qu’on habite Paris ou dans le plus petit village du département le plus rural, chacun doit avoir accès aux services publics essentiels dans des conditions identiques.
Ainsi, les transports régionaux reviendront au cours du quinquennat dans le giron de l’Etat parce que la décentralisation a été beaucoup trop loin, entraînant avec elle son cortège d’inégalités et d’injustices.
RFF et la SNCF seront réunis à nouveau, parce que leur séparation était une absurdité qui a tout désorganisé, qui a tout rendu plus cher.
Je mettrai fin à l’ouverture à la concurrence, notamment étrangère, de notre service public du rail. Veut-on suivre le pitoyable exemple anglais, où les retards et les accidents se multiplient, où les tarifs explosent ? Hollande et Sarkozy sont peut-être fascinés par ce modèle, mais moi ce n’est pas ma vision des choses.
Je demanderai à la SNCF de cesser la politique du « tout TGV » qui concentre tout sur quelques grandes lignes : tout le monde a droit au train, et à un train de qualité, à l’heure, confortable, qui serve les Français avant de servir la rentabilité !
L’Etat fixera les tarifs des grands services publics nationaux : électricité, gaz, transports. Il y a eu beaucoup trop de dérives ces dernières années, au détriment des plus modestes, des classes moyennes et des personnes âgées.
Je redonnerai à la Poste son statut d’établissement public de l’Etat parce que chacun sait que sa transformation en société anonyme est la première étape vers sa privatisation !
Je donnerai consigne à la Poste de cesser les fermetures de bureaux, et de les rouvrir dans un certain nombre de nos villages abandonnées. Le bureau de Poste c’est un service public au sens noble du terme, et la politique de ces dernières années n’est pas tolérable ! Doit-on sans cesse faire des économies de bout de chandelle sur le dos des pauvres gens, sur le dos de ceux qui sont déjà tellement pénalisées ? Je dis non, trois fois non !
Et quand je vois les postiers en campagne qui acceptent de prendre le courrier des personnes âgées qui ne peuvent le poster elle-même, pour le faire à leur place en ignorant les règlements qui leur interdisent de le faire, je me dis qu’il y a encore de l’humanité.
Je n’emmènerai pas la France sur le chemin de l’Espagne, où la Poste ne distribue plus le courrier à ceux qui habitent trop loin des voies de circulation !
Parce que je crois au service public, parce que j’aime la France des campagnes, parce que je veux en toutes circonstances protéger les Français, je suis aussi résolument aux côtés des gendarmes et de la gendarmerie, cette vieille et noble institution française qui a traversé aussi bien la monarchie que la République.
La casse des campagnes, c’est aussi la casse de leur sécurité ! Il est loin le temps où les campagnes étaient à l’abri des violences, où ce phénomène était réservé aux villes.
Villages, bourgs, petits villes de province, tous désormais sont touchés par la délinquance du quotidien, les feux de voiture, les cambriolages et les agressions ! Tous sont touchés par l’immigration qui accentue l’insécurité !
De nos villes et nos banlieues, la violence se déverse maintenant sans résistance sur la France des champs et des clochers, et rien n’est même tenté pour l’endiguer !
On abandonne, la mort dans l’âme, les festivités traditionnelles de peur de voir une bande faire une razzia, venir semer la panique et détruire les petits moyens acquis sur plusieurs années, quelques tentes, une sono, un peu de déco…
Pire, au lieu d’attaquer le voyou, on s’en prend à la gendarmerie, dont on ferme les brigades, dont on réduit sans cesse les effectifs, qu’on force à se marier avec la police nationale, qu’on menace même à terme, comment ne pas le voir, dans son existence.
Je l’ai dit et je le redirai : la gendarmerie doit être sanctuarisée dans son statut militaire.
Elle connaît bien les spécificités de la France agricole et rurale, elle est appréciée de nos compatriotes, elle répond à des exigences particulières. Chacun doit conserver son rôle, à sa place : la police nationale et la gendarmerie.
Voilà pourquoi la gendarmerie doit retourner dans le giron du ministère de la Défense !
Voilà pourquoi il faudra reconstituer en cinq ans ses effectifs cyniquement détruits par Nicolas Sarkozy !
Voilà pourquoi je ne laisserai pas le désordre et la violence envahir nos campagnes !
Et puisque nous en sommes aux services publics mes chers compatriotes, évoquons ensemble celui qui nous tient tous à cœur : l’école. Oui, tout petit Français a droit à la réussite, et non toutes les difficultés ne sont pas concentrées dans les seules zones d’éducation prioritaire. Dans nos villages aussi, l’échec scolaire est lourd, souvent même plus lourd car plus grand monde à Paris ne s’en préoccupe. Dans nos villages aussi, le niveau baisse. Dans nos villages aussi, l’ascenseur social est en panne.
Alors, je ferai en sorte que les campagnes ne soient plus les grandes oubliées de la politique scolaire. Je demanderai qu’une direction générale au ministère de l’Education Nationale soit spécifiquement dédiée aux problématiques rurales. Je demanderai aux ministres d’accueillir dans leurs cabinets des conseillers issus du monde rural, qui le connaissent bien.
Je romprai avec l’obsession du gigantisme scolaire : les méga structures urbaines ne sont pas forcément plus performantes et elles sont toujours moins humaines. Il n’est d’ailleurs pas normal qu’on force nos jeunes à avoir parfois plus d’une heure de transport le matin et le soir pour se rendre à l’école, ou au collège ! On cessera de fermer à tout va les petits établissements scolaires, parce que petit ne veut pas forcément dire moins bien, au contraire ! La proximité a des vertus que la manie de la concentration n’a pas !
Je serai exigeant avec nos enfants partout. Partout je demanderai qu’on apprenne les valeurs de la France. Dans toutes les écoles de France je ferai résonner la Marseillaise, et claquer le drapeau national !
Partout, je demanderai qu’on élève le jeune et qu’on exige de lui le meilleur. Personne n’a vocation à être relégué, à être rabaissé, parce qu’il n’habiterait pas au « bon endroit ».
Refonder l’école de la République, ce sera ma priorité sur l’ensemble du territoire national !
Oui mes amis, j’aime la France rurale et la France des villages. Je ne l’oppose pas à la France urbaine et des banlieues. Car les deux se complètent. Car l’une a besoin de l’autre, et l’autre a besoin de l’une.
Pourtant, cette France rurale, cette France des villes traditionnelles est la grande oubliée. Cette France rurale, cette France pluriséculaire souffre, mais elle souffre en silence. Elle ne connaît pas ces tumultes et ces émeutes qui attirent les caméras. Elle est digne, alors que la pauvreté frappe en trop grand nombre ses habitants. Elle ne crie pas à la discrimination, alors que les élites l’ont depuis si longtemps rejetée au profit des lieux qui concentrent toute l’immigration. Elle est la première victime de la crise, et elle subit de plein fouet les ravages de la mondialisation.
Quelques reportages de temps en temps sur ces maternités, ces écoles que l’on ferme, ces retraités de l’agriculture ou du commerce qui survivent, sur ces éleveurs, ces producteurs de lait quand l’indignation est trop forte et qu’ils décident désespérément à attirer l’attention de la caste sur l’urgence de leur situation… mais rien par rapport à tous ces sujets.
Qui remettra la France rurale au centre du jeu ? Qui sera la voix de ceux que l’on n’entend pas, que l’on n’écoute pas ? Qui rappellera que la France rurale est un de nos atouts majeurs et son espace notre chance ?
Encore, faut-il s’intéresser à une grande partie de celle-ci. Encore faut-il aider nos agricultures, et nos paysans, la France est une vieille terre agricole.
J’y reviendrai bientôt au Salon de l’agriculture, mais je le dis et le redis : on ne doit pas laisser tomber nos agriculteurs et nos paysans.
A l’heure où la PAC les abandonne, à l’heure où les technocrates enfermés dans leurs murs en béton de Bruxelles les condamnent, je promets aux paysans une formidable renaissance appuyée sur cette réalité simple : notre pays est une terre de talents, de savoir-faire et de terres fertiles.
Il lui manque un cap, une reconnaissance, que seule une Politique Agricole Française lui donnera.
Alors, oui, nous dénoncerons la libéralisation des droits de plantation qui veut tuer nos vignobles, et notre vin, l’or de la France ! Oui, nous irons vers une agriculture raisonnable, soutenue, juste, puissante, qui sera l’un des moteurs de la France du XXIème siècle.
Je demanderai aux agriculteurs d’élever et de cultiver pour les Français, je leur demanderai de faire leur métier, parce que je sais qu’ils aiment la nature et la respecte, tout simplement, et je leur ferai confiance ! Qu’ils sachent qu’ils pourront en toutes circonstances compter sur moi !
Ce ne sont pas ceux qui depuis leurs bureaux ne distinguent pas une vache d’une chèvre qui pourront décider de notre avenir agricole !
Je refuse qu’on laisse gagner la désertification. Qu’on laisse l’implacable logique du marché concentrer, par un mouvement destructeur, les populations dans quelques métropoles où la vie quotidienne devient de plus en plus difficile, pendant que de vastes étendues sont laissées en friches, créant d’autres difficultés à ceux qui s’y maintiennent.
Je refuse ces villages figés, comme arrêtés, où les parents voient inexorablement leurs enfants partir, poussés ailleurs par l’angoisse du vide. Nos villages ont besoin d’artisanat, de commerce parce qu’ils ont besoin de lieux, nos villages, nos petites villes, ont besoin d’école parce que les enfants, c’est la vie, de médecins parce que la santé était une promesse du progrès.
Oui, j’aime la France rurale. Je ne veux pas non plus qu’elle devienne un parc à touristes pour les quelques semaines d’été. Je ne veux pas qu’elle devienne un vaste Disneyland pour amuser des enfants esbaudis devant une nature soi-disant préservée.
Je ne veux pas qu’elle devienne une réserve d’Indiens où les derniers paysans seraient devenus les jardiniers des paysages. Le sol fécondé par le travail de nos ancêtres, les villes construites par des siècles d’efforts méritent mieux que ce destin vers des musées glacés, figés, pétrifiés.
Pour vivre, la France rurale a besoin d’une politique volontariste, d’une véritable politique d’aménagement du territoire, d’une vision d’ensemble sur le long terme. Alphonse Allais disait, il y a plus d’un siècle, qu’il fallait mettre les villes à la campagne.
Aujourd’hui encore, il convient de trouver un équilibre entre le respect de la nature et le nécessaire desserrement des métropoles. La réindustrialisation de la France que je propose, par la mise en place d’un protectionnisme intelligent, implique la création de nombreuses petites et moyennes entreprises. Je les encouragerai et je les inciterai même à s’implanter sur tout le territoire. Assez de croissance tentaculaire et non contrôlée de l’agglomération parisienne ! Les ouvriers, les travailleurs aussi ont le droit à une vie équilibrée, à leur propre maison, à leur jardin, à des temps de trajet raisonnables.
Assez de ces immeubles anonymes en barre où les gens s’entassent sans espace. La France est si belle. Tous les Français ont le droit à la France. Tous les Français ont le droit d’être propriétaire. La concentration urbaine favorise la spéculation immobilière qui se dresse contre la propriété des moins riches.
Aujourd’hui, les moyens de transport et de communication permettent cette diffusion du tissu industriel sur tout le territoire. Ainsi, sera créé de l’emploi. Ainsi, seront revitalisés nos terroirs. Ainsi, sera valorisé le patrimoine commun de tous les Français.
Encore, faut-il que l’Etat joue son rôle, qu’il investisse dans ces moyens de transport et de communication. Il faut réduire cette fracture numérique qui rompt l’égalité entre les Français. Chacun voit toutes les possibilités qui sont offertes par Internet, pour les entreprises bien sûr, pour les personnes isolées, pour les personnes âgées. Mais chaque point du territoire doit être couvert. Chaque Français doit pouvoir se relier au monde par les supports les plus modernes et profiter des extraordinaires richesses que nous offrent les nouvelles technologies.
J’exigerai des opérateurs Internet qu’ils couvrent 100% du territoire français, au même prix partout ! J’aime trop la liberté que procure Internet pour en priver des centaines de milliers de Français !
Oubliés, délaissés. Oui, je n’hésite pas à le dire : les territoires ruraux sont aujourd’hui des laissés pour compte dont il faut s’occuper. Et comment ne pas le voir en matière de santé, où les injustices deviennent criantes, révoltantes.
La solidarité avec nos territoires ruraux, c’est pourtant, avant tout, la solidarité en matière de santé. Parce que c’est là que se joue l’essentiel.
Parce que l’on ne revitalisera pas nos territoires ruraux si l’on y laisse les gens y vivre moins bien.
Parce qu’on ne risque pas de les redynamiser si l’on continue à fermer à tour de bras les petits hôpitaux, sans discernement, si l’on continue de les transformer en déserts médicaux.
Sans un accès équivalent au système de soins, les ruraux seront maintenus à l’écart de la modernité. Il n’y a pas de sous-Français, qui seraient sous-soignés ! Les campagnes n’ont pas de raison d’être condamnées à une santé au rabais : c’est inacceptable, et même dangereux !
Pendant des années, les gouvernements UMP et PS, main dans la main dans ce domaine comme dans les autres, ont d’une manière absurde resserré le numerus clausus, vous savez, le nombre de médecins que l’on peut former chaque année en France.
Cette politique absurde du resserrement du numerus clausus a aujourd’hui des conséquences dramatiques, d’autant plus que la population ne cesse de vieillir, avec des besoins croissants en matière de santé.
Une étude récente de l’Ordre des médecins montrait bien sûr que ce sont les zones rurales qui souffrent le plus de cette politique imbécile.
Je vais prendre un exemple, particulièrement frappant : la Picardie, l’un de vieilles terres oubliées de notre République.
La Picardie est devenue l’emblème de cette folle politique du numerus clausus. Elle ne compte figurez-vous que 239 médecins en activité régulière pour 100 000 habitants, soit la densité médicale la plus faible du pays !
Complètement laissée à l’abandon, la Picardie compte aussi 44% de médecins diplômés d’universités étrangères, parmi lesquels on dénombre, tenez-vous bien, un tiers des médecins maghrébins et un autre tiers des médecins roumains !
Croyez-vous que cela soit acceptable ? A-t-on besoin d’aller chercher dans des pays étrangers des médecins alors que des centaines d’étudiants sont sottement détournés de ces études ?
Ne peut-on pas offrir à tous l’excellence de la formation médicale à la française, y compris à nos compatriotes de zones rurales. Il est triste de voir ces reportages montrant des villages obligés d’aller chercher des médecins à l’étranger qui, parfois, maitrisent imparfaitement notre langue.
Assurer la continuité des soins sur l’ensemble du territoire national, c’est donc d’abord former des médecins français, cesser d’importer des médecins étrangers, et les inciter à aller s’installer dans les zones rurales ! Je mettrai fin aux absurdités du numerus clausus !
Pour y aider, je proposerai que la scolarité des personnels médicaux intègre un stage territorial, pour une découverte concrète de nos territoires. Il n’y a qu’en donnant envie, en montrant aux médecins la qualité de vie que l’on peut avoir à la campagne, qu’ils feront le choix d’aller s’y installer.
Et plus ils y seront nombreux, moins leurs conditions de travail seront difficiles. C’est un cercle vertueux que je veux mettre en place ! La désertification n’est pas une fatalité ! C’est une question de volonté politique !
Assurer l’accès aux soins dans les zones rurales, c’est aussi s’assurer d’un bon maillage du territoire en hôpitaux.
On le sait, les méga structures hospitalières, parfois à deux heures de voiture des zones les plus reculées, ne sont pas la solution miracle.
Je veux sur ce point insister : la responsabilité du politique, c’est bien sûr d’assurer le meilleur niveau de soins, tout en maîtrisant les coûts pour la collectivité. Et pour cela, nous ne pouvons pas conserver tous les petits hôpitaux.
Mais dans chaque bassin de santé, il faut s’assurer de la présence de centres hospitaliers ou médicaux pluridisciplinaires.
Je lancerai ainsi une réorganisation dans la concertation de la carte hospitalière et de l’organisation du travail au sein des hôpitaux. En particulier, je veillerai au développement des maisons de santé qui pourront prendre en charge les « petites urgences » afin de désencombrer les services d’urgence et rassurer les habitants ruraux parfois légitimement inquiets de l’éloignement du personnel d’urgence, je pense bien sûr d’abord à nos personnes âgées.
La santé dans nos territoires ruraux, c’est enfin une véritable lutte politique contre les fléaux des zones rurales que sont la solitude et le suicide.
Plus qu’ailleurs, dans nos campagnes, la solitude est un fléau dont on parle si peu mais que moi je n’ai pas renoncé à combattre. Ce sont bien sûr les associations locales qu’il faut d’abord soutenir. Ces associations sont utiles et méritent notre solidarité.
Bien plus que les associations spécialisées dans les causes médiatiquement et politiquement correctes, je donnerai priorité à ces associations qui créent du lien entre nos compatriotes, ces associations qui animent nos villages, qui distraient les plus isolés. Ces associations qui dispensent de l’amour et de l’amitié.
Je l’ai dit, c’est aussi en irriguant nos campagnes de services au public, l’école, la Poste, le petit commerce, les transports, qu’on y recréera la vie qui n’aura jamais dû les quitter.
C’est en offrant un aménagement du territoire plus performant à la France qu’on recréera l’envie aux jeunes générations de rester à la campagne et d’y revenir. C’est ainsi qu’on recréera du lien entre les générations, qu’on vaincra les drames de la solitude et du suicide !
Oui, je crois à la France pour tous ! Je crois que tous méritent la France !
En un mot comme en cent, mes chers amis, je vous dirai cette chose simple : il faut enfin que quelqu’un ose cette chose inouïe, inédite depuis longtemps, et peut-être même interdite, parler aux Français d’eux-mêmes, parler à la France d’elle-même.
Oh, certes, non pas pour stigmatiser quiconque, mais parce que chacun doit savoir ce qu’il est, vivre avec soi-même dans l’honneur et la confiance en soi, vivre dans la conscience de soi comme doit le faire chaque pays non seulement pour faire vivre la diversité et je dirais la diaprure du monde, échappant ainsi à la bouillie du mondialisme unidimensionnel qui est le contraire de l’universel; mais aussi pour pouvoir intégrer, dans la mesure où il le peut, des éléments allogènes.
Interrogeons nous donc, pour finir, sur ce mot de naturalisation que l’on utilise trop souvent sans en comprendre le sens : pour naturaliser, il faut une Nature.
Pour naturaliser français, il faut une nature française, une terre française, des paysages, une lumière, un air français; on ne naturalisera jamais dans une morne grisaille de béton et de bitume, on ne naturalisera d’ailleurs aucun jeune Français, même si ses parents sont Français depuis des générations, sans qu’il ne se reconnaisse une terre, une souche, des racines -et je me demande si ceux qui intentent à la vie de nos villages et de nos campagnes ne savent pas justement que, pour détruire ou, comme ils disent, pour « dépasser » la France, rien n’est plus efficace que d’assécher la vie de ses territoires, et couper nos fils nourriciers pour qu’arrive à la France ce qui arrive toujours à un arbre qui perd ses racines.
Un arbre dont on coupe une à une ses racines tombe : c’est ce qu’il pourrait arriver à la France si elle oublie de se nourrir d’ elle-même !
Voilà pourquoi, mes chers compatriotes, je n’ai pas peur de parler de la ruralité et même, tant pis si l’on m’accuse d’essentialisme, de mettre la nature française au cœur de l’avenir de la France : je le fais non pas seulement pour nos campagnes, nos provinces et ceux qui y vivent, et que le petit monde politico-médiatique oublie et méprise; je le fais non pas seulement parce que je ne veux pas voir le visage de la France réduit à une sorte de terrain vague allant du Rhin à l’Atlantique; je le fais aussi parce qu’ils sont, parce que vous êtes le cœur de la France, sa nourriture, sa substance, parce que vous êtes son tabernacle, sa sève et sa vie.
Alors, debout la France oubliée, la France méprisée, la France abandonnée !
Debout Châteauroux et ses champs bien peignés, Saint-Amand Montron et ses clochers dorés au crépuscule !
Debout Issoudun, Argenton, Bourges et Mazières-en-Gâtines tapis dans les brumes de la Brenne !
Debout Guéret et ses vallons, debout Montluçon, et Dun le Palestel !
Debout Segré et l’ardoise angevine !
Debout Vierzon, Romorantin et Fongombault -et debout Clermont-Ferrand, Compiègne, Nice, Lourdes et Reims, debout terres de France !
Vos splendeurs, vos paysages et vos rivages, vous êtes le visage de la France de toujours, c’est à dire, le visage de l’avenir !
Vive la République !
Vive la France ! La si belle France !
Mesdames, Messieurs,
Très chers compatriotes de métropole, de l’outre-mer ou de l’étranger,
Si vous êtes ici aussi nombreux aujourd’hui, c’est que vous avez compris, et l’actualité récente en a apporté une démonstration éclatante, que contre la droite du fric et la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple.
En effet, à tous égards, cette élection présidentielle n’est pas comme les autres ; elle met en jeu un débat crucial qui engage notre pays de manière fondamentale.
Discours de Marine Le Pen au Congrès ENL de Coblence.
« France, pays d’entrepreneurs, pays d’innovation » : discours de Marine Le Pen.
Marine Le Pen présente ses voeux à la presse et rappelle le besoin d’impartialité du journalisme en France.
« Santé : protégeons les Français ! » : discours de Marine Le Pen
Discours de clôture de Marine Le Pen à la Convention présidentielle sur l’écologie avec le Collectif Nouvelle Ecologie.