Conférence de presse exceptionnelle de Marine Le Pen sur la crise

/ 11 août 2011 / Mots-clés : , /

Vu la gravité de la situation économique, Marine Le Pen interrompt ses vacances pour tenir une conférence de Presse exceptionnelle sur la crise ce jeudi 11 août :

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de votre présence pour cette conférence de presse un peu particulière. L’accélération dramatique de la crise économique et financière a en effet justifié que j’interrompe mes congés et que je demande à mes équipes d’en faire autant, afin de permettre aux Français de connaître les très graves problèmes qui se posent et de proposer nos solutions.

L’heure n’est plus aux opérations de communication mises en scène pour faire croire qu’on est mobilisé, comme l’Elysée le fait depuis des mois, mais à l’action. Voilà pourquoi cette conférence sera assez brève, et qu’elle me permettra de faire des propositions extrêmement concrètes. Je demanderai à Nicolas Sarkozy de prendre tout de suite plusieurs mesures précises, et de rompre avec le brassage de vent électoraliste. Je l’inviterai aussi solennellement, dans l’intérêt des Français et au nom de la démocratie, à prendre quelques engagements essentiels.

Une crise inéluctable, anticipée par le Front National

En introduction, je voudrais préciser qu’au Front National nous ne sommes pas surpris par l’accélération de la crise. Vous pouvez reprendre toutes nos interventions publiques depuis 2008 : nos analyses nous ont toujours laisser penser que la crise n’était malheureusement pas terminée, et que les plus grosses difficultés étaient encore devant nous.

Contrairement au gouvernement, contrairement à Nicolas Sarkozy et à Christine Lagarde, nous n’avons jamais joué le mensonge, la manipulation par un optimisme irresponsable et faux. Nous avons estimé que notre devoir était d’être le plus proche possible de la réalité et de dire la vérité à nos compatriotes.

Aujourd’hui, à l’Elysée ou rue Solférino, on ne comprend pas ce qui se passe, on est perdu, on panique. On sent bien que l’heure est grave, mais on ne sait pas pourquoi. On convoque en toute hâte ses experts, pour essayer de saisir le sens de cette bourrasque financière qui est en train d’emporter le continent.

Mais si l’on est à ce point à côté de la plaque, c’est qu’on a, chez Nicolas Sarkozy comme au PS, toujours voulu éviter de voir la réalité en face et s’atteler aux problèmes de fond. C’est qu’on a toujours été dans le déni. Regardez le « projet », le soi-disant projet, du Parti Socialiste : pas un mot sur l’euro, sur la financiarisation de l’économie, sur les problèmes fondamentaux qui sont à la base de la crise actuelle.

Depuis 2 ans, nous étions habitués à la doxa gouvernementale sur la reprise « convalescente » de la croissance économique, mais en réalité il s’agit bien d’une « re-crise » du système d’une ampleur sans précédent dans l’histoire.

A ce titre, je vous rappelle que dès le 24 juin 2008, le Front National avait annoncé les lourdes conséquences actuelles :

1/ Une crise politique et institutionnelle du modèle fédéraliste de l’Union Européenne.
2/ Et une désintégration du système monétaire, financier, bancaire, financier et social

De même en février 2009, Jean-Marie Le Pen avait écrit à Monsieur Sarkozy pour lui demander de prendre des mesures conservatoires pour la France ainsi qu’aux présidents des institutions de la République pour réclamer une commission d’enquête parlementaire sur les origines de la crise. Bien entendu, il n’en fut rien !

Je rappelle que de notre côté, dès la création de l’euro, nous avons pointé le caractère non viable de cette monnaie unique, et lors du déclenchement de la crise de l’euro, nous avons précisé que tels des dominos les pays de la zone euro tomberaient les uns après les autres tant qu’on ne réglerait pas le problème à la racine. Après la Grèce et l’Irlande, j’ai plusieurs fois cité le Portugal, qui est tombé en 2010, et l’Espagne et l’Italie, qui sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone.

Avec le dédain que permet l’onction du Système, on m’a souvent ri au nez.

Depuis 2008, à chaque accalmie boursière on nous a dit que la crise était finie, que l’euro était sauvé. Encore le 21 juillet, on nous a dit que le Sommet européen de Bruxelles, pour renflouer la Grèce, avait tout réglé. Il n’a pas fallu une semaine pour que tout s’effondre à nouveau !

En réalité, tout se déroule en parfaite conformité avec les anticipations du Front National et le Système, lui, s’est très lourdement trompé.

Ayant seuls compris le sens profond de la crise qui chamboule en ce moment le Vieux continent, nous sommes aujourd’hui les seuls en mesure d’y apporter de vraies réponses, saines et durables. Pendant ce temps-là, au PS comme à l’Elysée, on joue au concours dérisoire de la plus belle rustine ! C’est à qui construira la plus jolie petite digue de sable, devant cette déferlante qui emporte tout sur son passage !

Il est temps de passer aux choses sérieuses.

La faillite d’une idéologie

Je n’ai pas de mérite particulier à avoir vu juste. J’ai simplement choisi de ne pas me laisser enfermer dans la pensée unique, j’ai consulté des économistes, pas forcément ceux du système, ceux qu’on voit tout le temps partout, ceux qui n’ont jamais rien vu venir et qui disent toujours la même chose. J’ai demandé à mes experts et conseillers de s’informer à toutes les sources. J’ai accepté de tout entendre, et de refuser d’avoir quelque œillère idéologique que ce soit, à l’inverse de Nicolas Sarkozy et du PS qui n’agissent pas par pragmatisme mais par dogmatisme.

L’UMP et le PS sont depuis le début de cette crise dans l’idéologie la plus totale. Ils ne cherchent pas à prendre les mesures qui seraient bonnes pour la France et l’Europe, mais ils cherchent à maintenir un système en place. Ils cherchent à adapter la réalité à leur idéologie. Résultat, ils vont d’échec en échec, de catastrophe en catastrophe. Ils appauvrissent les Français et le pays.

C’est ce qu’on appelle la faillite d’une idéologie.

Cette idéologie c’est celle de l’ultralibéralisme, du libre échange total, de la soumission de l’homme à l’économie, du court-termisme, de la recherche hystérique du profit maximum, de l’abandon du bon sens et de l’économie réelle au bénéfice exclusif d’une économie virtuelle aux mains d’une hyper-classe et au détriment des peuples.

Dogme central de cette idéologie, l’euro. Nicolas Sarkozy et le gouvernement s’acharnent à le « sauver à tout prix » comme le dit le président de la République lui-même… Depuis 2010, on ne cesse de multiplier les réunions de crise, les sommets officiels, les plans de renflouement pour sauver les victimes chaque trimestre plus nombreuses de la crise finale de la monnaie unique.

C’est parfaitement absurde. C’est faire de la politique en dehors de la réalité. L’euro est mort. Il n’a pas fait ses preuves. Il n’est pas viable. C’est tout.

Et ce n’est pas dramatique. Il faut juste l’accepter, et cesser d’être en permanence tourné vers le passé pour tenter de ranimer ce cadavre qui nous aura tant fait souffrir. Il faut aller de l’avant, regarder vers l’avenir, dans l’intérêt de nos pays, de nos peuples, des générations futures.

D’une manière plus générale, agir pour le bien commun, ce n’est pas servir une idéologie délétère. On ne doit pas prendre à la hâte, sans débat, des décisions qui engagent à ce point l’avenir de notre pays pour suivre une idéologie dictée par quelques banques, quelques grands patrons du CAC 40, quelques fonds de pension ou par madame Parisot !

Reprendre le gouvernail

Toutes mes propositions pour remettre la France d’aplomb et la sortir de cette horrible crise de la dette contrecarrent cette idéologie mortifère. Mes propositions n’ont qu’un seul but : désendetter la France, et préserver l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, très sérieusement obéré par l’irresponsabilité de ceux qui nous dirigent.

D’abord, il faut que l’Etat et la politique reprennent le gouvernail du bateau France. Depuis le vote en 1973 d’une loi imposant à l’Etat de se financer sur les marchés financiers (je reviendrai sur ce point plus tard), nos politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont abdiqué. Depuis 30 ans, au gré des alternances aussi inutiles qu’illusoires, droite et gauche ont renoncé à travailler au service de l’intérêt général. Ils ont passé le gouvernail aux marchés et aux banques.

Je pense que si la crise actuelle n’a qu’un seul mérite, c’est de montrer très clairement cette réalité aux Français : les dirigeants politiques ne font plus la politique de la France, ce sont les marchés et les banques internationales qui font la politique de la France. Nos politiques sont totalement soumis à la finance internationale.

Ils ne peuvent donc pas sortir le pays de la crise. Ils ne peuvent pas remettre la France sur un sentier de croissance, de pouvoir d’achat et d’emploi. Ils sont pris à leur propre piège. Ils ne sont plus crédibles.

Il est urgent de le dire avec force aux français : le système ne peut pas réformer le système.

Ceux qui ont vendu aux marchés financier, à vil prix, notre souveraineté, c’est-à-dire notre liberté de peuple, ne nous la rendront pas.

Il est illusoire et même suicidaire de confier l’avenir des générations futures à ceux qui ont réinstauré une forme d’esclavage pour dettes supprimé il y a plus de 2500 ans par le grec SOLON.

Un ancien premier ministre de la France, Jean-Pierre Raffarin, l’a d’ailleurs dit publiquement en juillet dernier : en 2012, il faudra séduire les Français, mais aussi les fonds de pension a-t-il avoué. Autre exemple, la réforme des retraites, que j’ai jugée inutile et injuste, a presque ouvertement été dictée par les agences de notation.

Et aujourd’hui on constate que Nicolas Sarkozy et le gouvernement courent après des marchés devenus fous de cupidité, qu’ils adaptent leur calendrier aux exigences de spéculateurs qui n’ont aucune limite dans leurs exigences, qu’ils promettent des sommes faramineuses pour rassurer des banques toutes plus avides d’argent public les unes que les autres. Au passage, vous remarquerez à quel point la situation actuelle casse le mythe de ce « président protecteur ».

En rien Nicolas Sarkozy ne protège la France et les Français, bien au contraire ! Il ne fait que les précipiter sous le joug des marchés et il les emmène vers la ruine ! S’il protège quelqu’un, ce sont les marchés !

Cette politique de soumission aux marchés, qui pour moi n’a plus rien à voir avec la vraie politique, est vouée à l’échec et condamne les peuples à l’asphyxie.

Cesser toute participation aux plans de renflouement

Dans l’immédiat, je demande à Nicolas Sarkozy que la France revienne dès aujourd’hui sur le plan de renflouement de la Grèce décidé à Bruxelles le 21 juillet dernier.

Comme l’a avoué François Fillon, ce nouveau plan alourdira de 15 milliards d’euros supplémentaires notre dette publique, qui a déjà explosé sous Nicolas Sarkozy. Ce dernier est le champion incontesté de la dette. En effet, sur 1 650 milliards de dettes, 500 milliards sont imputables exclusivement à Nicolas Sarkozy, es qualité de Président de la République. Vous me permettrez donc de considérer qu’avec un pareil résultat, Nicolas Sarkozy est aussi légitime pour imposer « la règle d’or » de maîtrise des déficits que Mesrine pour réformer le Code Pénal.

Ces 15 milliards s’ajoutent aux 17 milliards du premier plan grec décidé en 2010, et aux plans irlandais et portugais.

Déjà, on nous dit qu’il faudrait élargir les capacités du FESF, le fonds que les pays de la zone euro abondent pour renflouer les victimes de la monnaie unique. Il faudrait le porter à 2000 voire 3000 milliards d’euros, nous dit-on. La quote-part de la France étant de l’ordre de 20%, cela signifierait un engagement de la France à hauteur de 400 ou 600 milliards d’euros, beaucoup plus que le budget annuel de l’Etat ! C’est tout simplement fou.

A ce titre, la folie qui frappe nos institutions est telle qu’elles se mettent en toute impunité à violer les propres règles qu’elles ont édictées. Ainsi, souvenez-vous que la classe politique a imposé de force au peuple français le Traité de Lisbonne pourtant rejeté par référendum. Or, en rachetant les titres des Etats italien, espagnol, grec, la BCE viole les Traités de Maastricht et Lisbonne.

On peut donc se poser la question : sommes-nous encore dans un Etat de droit ? Sur quels fondements juridiques la BCE agit-elle ? Avec quel mandat ? Quelle légitimité ? Quel cadre légal ? Sommes-nous encore dans un processus démocratique ? Et comment le président de la République peut-il cautionner des violations aussi flagrantes des Traités internationaux qu’il a imposés aux Français contre leur volonté.

On peut même affirmer qu’une plainte contre la BCE devant la Cour de justice européenne aurait toutes les chances de prospérer.

Je le dis donc le plus clairement du monde : la France ne doit plus verser un seul centime aux pays de la zone euro victimes de la monnaie unique. Chaque milliard versé est un milliard brûlé dans l’incendie de la dette. Chaque milliard versé alourdit notre propre dette, ce qui est totalement déraisonnable dans le contexte actuel. Chaque milliard versé nous enfonce dans le surendettement.

D’autant que ces plans de renflouement, tous ces dizaines de milliards versés ne servent strictement à rien : le premier plan grec a lamentablement échoué. La dette a continué d’exploser, les taux d’intérêt aussi, et en contrepartie le peuple grec est saigné à blanc par un effondrement des pensions, des salaires, des traitements des fonctionnaires et une privatisation généralisée des services publics et du patrimoine national grec.

Aujourd’hui, c’est l’Italie qui se voit sommée dans une lettre secrète adressée par la BCE de mettre en place un grand plan de privatisation de ses services publics, patrimoine des Italiens.

Le seul moyen d’aider les peuples de la zone euro est de prendre acte de l’échec de la monnaie unique, et de préparer la sortie concertée de l’euro, d’anticiper la fin de l’euro plutôt que de la subir. Elle est maintenant inéluctable, il faut agir vite. Ne nous laissons pas déborder par les événements !

Avec la crise de la dette aux Etats-Unis, on voit d’ailleurs qu’un argument des tenants de l’Union européenne est tombé : on ne s’en sort pas mieux en étant « le plus gros possible ». 50 Etats fédérés aux Etats-Unis, la première puissance économique du monde, et pourtant l’échec total. Par contraste, des pays comme le Danemark, la Suède ou la Suisse, tous en dehors de l’euro voire de l’Union européenne pour la Suisse, s’en sortent bien mieux que nous, et depuis fort longtemps.

Contre la fédéralisation de la zone euro

La fédéralisation de la zone euro pour tenter de sauver l’euro à tout prix, cette « gouvernance économique européenne vers laquelle nous irions à marche forcée » pour reprendre les mots de l’inénarrable Alain Minc, je la combattrai ardemment et j’éviterai à la France de s’y soumettre.

Je la combattrai parce qu’elle est une utopie extrêmement dangereuse.

Que signifierait en effet ce fédéralisme ?

D’abord l’écrasement définitif de la démocratie, au profit d’une superstructure européenne encore plus puissante, encore plus lointaine, encore moins légitime qu’aujourd’hui.

Le fédéralisme, les Français doivent savoir ce que cela signifie : cela veut dire que des bureaux à Bruxelles décideraient de nos politiques publiques : la défense, la sécurité, l’école, la santé. Ils décident déjà aujourd’hui de bien trop de choses, dans la plus parfaite opacité. On le voit avec le rôle qu’essaie en ce moment de jouer la BCE, qui donne des directives d’une précision effroyable aux pays qu’elle vient renflouer, comme l’Italie, ce qui constitue un parfait déni de démocratie.

Fédéraliser la zone euro, cela signifierait aussi le transfert d’une part conséquente des budgets nationaux au budget européen et donc un partage de la dette de tous les pays membres qui a atteint dans certains Etats des proportions hallucinantes. Les pays les plus vertueux de la zone euro se retrouveraient dans une situation bien moins tenable, et souffriraient d’un véritable nivellement par le bas. Un budget européen, c’est aussi un transfert massif d’argent des pays les plus riches vers les pays de la zone euro les plus pauvres, au Sud et à l’Est.

Nous avons suffisamment de pauvreté, de misère, de chômage chez nous pour refuser de voir des dizaines de milliards d’euros français, gagnés grâce au travail des Français, versés à d’autres pays. Nous avons suffisamment de dette pour refuser de payer celle des autres. Les Allemands l’ont bien compris, eux qui refusent désormais tout effort supplémentaire pour renflouer les caisses des autres pays.

Mais surtout, fédéraliser la zone euro, ce serait aller à l’encontre de la réalité, comme on l’a fait avec la mise en place de la monnaie unique, et chacun sait qu’on n’obtient rien de bon quand on va à l’encontre de la réalité. La réalité en Europe ce sont les Etats, les nations, les peuples, divers et riches de leur diversité. La France n’est pas le Kansas. L’Allemagne n’est pas la Floride.

Je le dis très clairement : il n’existe pas de solidarité naturelle suffisamment forte et historiquement ancrée entre les peuples européens pour qu’ils acceptent de partager leurs dettes, pour qu’ils acceptent de payer les uns pour les autres, pour qu’ils acceptent de ne plus pouvoir décider de l’allocation de leurs propres ressources.

La fédéralisation de la zone euro nous mènerait à d’effroyables conflits entre les nations dont nous voyons poindre aujourd’hui les prémices. Je n’hésite pas à le dire, la fédéralisation de l’Union européenne, ce serait non seulement la ruine généralisée, mais à terme, la guerre.

Voilà donc la seconde chose que je demande solennellement à Nicolas Sarkozy : qu’il prenne l’engagement devant les Français, dès maintenant, de ne pas embarquer notre pays dans la voie de la fédéralisation européenne.

Tout semble nous indiquer aujourd’hui que c’est justement Nicolas Sarkozy, manifestement inconscient, qui nous entraîne dans cette direction. Mais cette folie est partagée, puisque sur ce sujet aussi, c’est le consensus absolu entre l’UMP et le PS.

Ces partis irresponsables, vendus aux marchés, poussent aux pires décisions. Mais, heureusement, très heureusement pour la France et les Français, l’Allemagne, elle, n’a pas oublié ses intérêts nationaux et tient bon en refusant cette funeste perspective. Nous devons compter sur le bon sens de l’Allemagne pour nous extraire de ce chemin très dangereux.

Je mènerai en France le front du refus de la fuite en avant vers la fédéralisation pour sauver l’euro à tout prix. Ce sera un enjeu essentiel pour la présidentielle de 2012.

Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement ou Nicolas Dupont-Aignan émettent sur les thématiques économiques et financières des idées qui peuvent pour certaines aller dans le bon sens, mais ils ne sont pas clairs sur cette question centrale du fédéralisme : je suis la seule qui porte un projet entièrement cohérent, et je suis aussi la seule qui ait la surface politique, le soutien populaire suffisants pour prendre la tête de ce front de résistance et de redressement.

Je crois moi à la démocratie, aux valeurs de notre République, et je n’abandonnerai pas le peuple français à la folie de dirigeants inconséquents.

Rompre avec le modèle économique ultra-libéral

La voie de la liberté du redressement et de la prospérité passe par une rupture franche avec le modèle actuel.

Il est ainsi incontournable de :

- reprendre le contrôle du processus financier et revenir sur la privatisation scandaleuse de l’argent public issue de la loi Pompidou Giscard de 1973.

- Imposer que la création de monnaie revienne aux Etats représentant de l’intérêt général.

- Œuvrer à la réintroduction d’un étalon polymétallique (or, argent, platine…) au niveau du système monétaire international afin de mettre fin définitivement à la spéculation des prédateurs internationaux.

- Refuser de faire payer la crise aux Français en sacrifiant sur ordre de la troïka (UE, FMI, BCE) notre système de protection sociale et nos services publics.

- Réarmer notre pays contre la mondialisation par la restauration d’un Etat stratège, fer de lance de la réindustrialisation de la France.

- S’opposer à la tyrannie d’un libre échange échevelé et d’une concurrence mondiale déloyale qui sacrifie nos entreprises et nos emplois.

- Rétablir l’échelle mobile des salaires, supprimée par les socialistes afin de permettre aux salaires à proportion de l’augmentation constatée des prix

- Retrouver la maîtrise de nos frontières en rétablissant un contrôle des flux de capitaux, de marchandises et de personnes

En bref, refermer la parenthèse du modèle mondialiste imposé dans les années 70 au bénéfice d’un modèle de patriotisme économique qui a lui largement fait ses preuves dans le passé en France et encore aujourd’hui dans le passé.

Des mesures pour le désendettement

L’arrêt de la participation de la France aux inutiles et coûteux plans de renflouement des pays victimes de l’euro, la restauration d’un cadre européen réaliste fondé sur la liberté des nations sont une première réponse immédiate à la crise.

Mon plan de désendettement de la France repose aussi sur d’autres mesures concrètes qui peuvent être mises en application très rapidement :

- D’abord, je l’ai dit ; l’Etat doit reprendre le contrôle de la politique économique de la France, après des décennies d’abdication face aux marchés financiers.

En particulier, l’Etat doit retrouver la possibilité d’emprunter directement à taux très bas ou à taux nul auprès d’une Banque de France restaurée dans ses prérogatives, alors que depuis une loi de 1973, confirmée par les Traités européens, les marchés et les banques ont le monopole du financement de l’Etat.

Notre dépendance de plus en plus forte vis-à-vis des marchés vient précisément de là : parce que c’est à eux exclusivement qu’on peut emprunter, parce qu’ils ont un monopole et qu’ils peuvent nous imposer leurs conditions, nous imposer des taux d’intérêt élevés. Parce qu’ils peuvent donc spéculer sur notre dette. Et parce que cette dépendance vis-à-vis des marchés donne évidemment une influence démesurée aux agences de notation, devenues plus puissantes que nos gouvernements fantoches.

L’Etat doit reprendre le contrôle de la politique monétaire, de la politique budgétaire et de son financement. L’Etat fort que je propose doit taper du poing sur la table face aux spéculateurs et les pénaliser en tapant là où ça fait mal : au portefeuille.

A ces conditions, le retour à un taux supportable de dette publique, de l’ordre de 30% du PIB, est possible en 2025, sans saccage social.

Ensuite, l’Etat doit faire le tri entre la bonne et la mauvaise dépense publique et imposer la baisse drastique de la mauvaise dépense publique. La bonne dépense publique, c’est la seule malheureusement que Nicolas Sarkozy attaque, alors qu’il faut au contraire la préserver : l’école, la sécurité (3000 postes de policiers et gendarmes en moins chaque année depuis 2005), les retraites, la santé ou la justice.

En revanche, on laisse prospérer la mauvaise dépense publique, on l’encourage. Je pense au coût de l’immigration régulière et irrégulière (évalué par l’universitaire Jean-Paul Gourévitch à une trentaine de milliards d’euros par an) : je propose qu’on passe dès 2012 de plus de 200 000 titres de séjour accordés comme en 2010 à moins de 20 000 par an.

Je vise aussi le coût des dérives de la décentralisation : à ce sujet, je demande une grande simplification administrative, par la suppression notamment de l’intercommunalité qui coûte 4 milliards par an d’après la Cour des comptes, et un transfert de ses compétences vers les communes et les départements.

Je pense aussi au coût de la fraude sociale, évalué par un récent rapport parlementaire à 20 milliards d’euros par an. Ce ne sont pas les annonces électoralistes de Monsieur Mariani qui y changeront quelque chose.

Il faut s’attaquer au cœur du problème : organisons une grande opération de contrôle des cartes vitale notamment, sur 3 mois, et désactivons les 10 millions de fausses cartes vitale.

Croisons les fichiers fiscaux et sociaux. Lançons une vaste opération de contrôle des trains de vie suspects, dans certaines cités notamment où on touche le RSA tout en garant une grosse berline devant chez soi. Je demande une réévaluation des moyens accordés aux services de contrôle de l’Etat, fiscaux et sociaux, laminés par la révision générale des politiques publiques conduite par le gouvernement Sarkozy : voilà un peu de bonne dépense publique pour mieux faire la chasse à une énorme mauvaise dépense publique.

La mauvaise dépense publique, c’est aussi le coût des guerres meurtrières et inutiles, menées par Nicolas Sarkozy pour plaire à Washington : guerre d’Afghanistan, guerre de Libye. Ces guerres tuent nos soldats, arrachent à la France ses enfants, et nous ont déjà coûté des milliards. Quittons le sol afghan et le ciel libyen dès le 1er septembre.

Je demande enfin qu’on cesse de verser chaque année 20 milliards d’euros au budget de l’Union européenne pour n’en récupérer que 13, aides agricoles comprises. Nous devons équilibrer ce que nous versons et ce que recevons, ce qui nous fera gagner 7 milliards par an. Cela suppose de mieux savoir négocier à Bruxelles, comme ont su le faire les Anglais.

- Enfin, il n’est plus tolérable que ceux qui ont d’énormes moyens ne participent pas à la solidarité nationale et au désendettement comme ils le devraient. La France ne doit plus être un paradis fiscal pour les très grands groupes et les très grandes fortunes. Il n’est pas normal que dans notre pays les grands groupes du CAC 40 ne paient en moyenne que 8% d’impôt sur les sociétés, contre 33% pour les PME. Il n’est pas normal que les très grandes fortunes paient parfois moins en proportion de leurs revenus que les classes moyennes.

Je détaillerai dans quelques mois mon projet fiscal, mais je propose dès aujourd’hui quelques mesures très concrètes : la révision du régime fiscal de groupe français, l’un des plus favorables du monde pour les grandes entreprises. L’instauration d’un impôt sur les sociétés progressif, pour que les PME soient moins accablées et paient moins d’impôt que les grands groupes.

Des mesures sont possibles tout de suite. Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à Christine Lagarde, directrice générale du FMI à qui j’ai adressé le 28 juillet dernier un courrier public en réponse à son rapport annuel sur la France, je suis persuadée que le redressement de la France et son désendettement sont possibles, à condition de sortir des sentiers battus.

Je refuse d’offrir comme seule perspective à mon peuple de la sueur et des larmes. Le désendettement est possible en suivant le plan que je viens de dessiner, il peut commencer dès aujourd’hui. Et il peut se faire sans tout sacrifier aux marchés, sans la terrible cure d’austérité qu’UMP ou PS réservent aux Français, et qu’ils essaient de cacher pour passer le cap de 2012. Il est aujourd’hui quasi inéluctable que, malgré l’épouvantable cure d’austérité qui se concocte à Bercy, les marchés financiers auront à très court terme la peau du triple A de la France.

Cela suppose un principe essentiel : reprenons le gouvernail du bateau France, et rompons avec les partis et les hommes qui se sont donnés pour maîtres la finance internationale et les banques.

Je vous remercie.