Au Mont Saint-Michel, Marine Le Pen appelle à l'unité des Français

/ 28 février 2017 / /

Dans cette somptueuse baie du Mont Saint Michel, ce haut lieu où l’âme respire amplement, nous voilà devant l’une des merveilles de l’Occident.

La haute Silhouette de pierre avec ses rochers, ses remparts et sa flèche culminant à 150 mètres, cette image sereine de la force et de l’éternité, nous incline à l’humilité.

Les murs de la citadelle militaire résonnent toujours des exploits du Chevalier Du Guesclin ; l’invincibilité de ces fortifications, éprouvée par la guerre de Cent ans, inspire encore aujourd’hui l’esprit de résistance.

Ce point de rencontre entre la terre, la mer et le ciel, unique au monde, fut pendant des siècles l’aboutissement tant attendu de la longue marche des pèlerins.

Il est aujourd’hui le symbole de l’esprit français.

Dans le mystère de nos attachements fondamentaux, s’imposent ces chefs œuvres nés de la rencontre de l’intelligence de l’esprit et de la main qui forcent le monde à reconnaître ici le témoignage du génie français ; pour nous Français, ces hauts lieux de notre mémoire nationale évoquent au plus profond de notre âme la fierté d’être français, le plaisir de vivre comme des Français, le désir de le rester.

La beauté désarme. « Elle sauvera le monde » nous enseignait Dostoïevski.

Une beauté présente devant nos yeux, une beauté vivante comme le Mont Saint Michel, cette « sublime pyramide » selon la très belle expression de Victor Hugo, a ceci de mystérieux qu’elle ouvre le cœur.

Contempler le Mont Saint Michel, admirer la majestueuse harmonie de la nature et de l’architecture, la conjonction entre l’esprit et la matière, entre la foi et la raison, c’est savoir qu’il existe dans le cœur des hommes quelque chose de supérieur, quelque chose qui dépasse le futile, l’utilitaire ou le subalterne; contempler ce merveilleux agencement c’est, pour nous Français, faire le plein de fidélités, c’est nous savoir les héritiers d’une grande histoire, d’une grande nation, d’une grande civilisation ;

C’est aussi ressentir une certaine aversion pour les désastreux abandons parce que nous éprouvons le besoin de continuer inlassablement le chef d’œuvre, de poursuivre cette belle et grande aventure qui s’appelle la France, de se sentir portés, même dans les périodes de doute ou de déclin comme aujourd’hui,  par le génie du renouveau.

Parce qu’ici bat le cœur de la France, c’est d’ici que j’ai choisi de lancer un appel à l’unité des Français.

 Notre pays est aux prises avec un double totalitarisme, le totalitarisme islamiste et le totalitarisme mondialiste financier.

L’un et l’autre portent atteinte à nos valeurs de civilisation, à notre conception de l’homme, à notre vision du monde.

L’un et l’autre nous exposent à la division par le communautarisme ou l’individualisme, à la soumission des hommes et encore davantage des femmes ou à la marchandisation du monde.

En leur opposant le beau projet de la nation française, nous triompherons du délitement de notre communauté nationale et du projet d’asservissement au tout économique ou au tout religieux.

C’est unis que nous surpasserons cette barbarie aux deux visages.

C’est unis qui nous retrouverons pour notre pays la voie de la grandeur et pour chacun d’entre nous celle du bonheur.

Une nation, notre nation est un acte d’amour : elle est un lien sentimental invisible qui unit des hommes au-delà de leur origine dans une volonté de partage, une mise en partage de notre aisance matérielle bien sûr mais aussi le partage de notre patrimoine immatériel : nos valeurs, la grandeur que dégage nos monuments, notre art de vivre, notre gastronomie, notre belle langue, nos règles de courtoisie, notre baguette de pain, le petit café sur le zinc d’un bistrot, bref tout qui fait ce que nous sommes.

Ce patrimoine-là n’a pas de valeurs parce qu’il est ciselé par deux mille ans d’histoire, parce qu’il vit en nous et qu’il est irremplaçable.

Au-delà du présent, la nation induit un partage d’espérances et la volonté de construire l’avenir en commun; une nation, notre nation c’est un élan du cœur et de l’esprit qui se renforce au fil du temps pour ne faire qu’une ambition collective au service de tous et des générations futures.

Nous allons apprendre à nos enfants à aimer la France, à l’aimer parce que la France est belle, parce que devant le sublime porté au si haut point, il est impossible de ne pas succomber.

Nous devons redevenir une nation de sentiment.

Si la France n’était qu’une nation par la raison, il n’y aurait que des Français administratifs, sans âme et donc sans cœur, sans repère et donc sans avenir.

Je veux refaire de la France une nation de cœur, une communauté de solidarité entre Français, une communauté de destin comme si un seul cœur battait dans 66 millions de poitrines.

En ces heures où le doute peut légitimement s’instaurer, j’appelle tous les Français d’où qu’ils viennent, de toutes origines et de toutes opinions à me rejoindre dans le grand rassemblement fraternel des patriotes.

Dans le grand dessein qui est le nôtre, chacun d’entre vous à sa place, a une place éminente pour le salut du pays.

Rarement dans l’histoire tourmentée de la France, une génération de Français n’a eu, comme vous, entre ses mains le sort du pays.

Si nous échouons, notre nation s’effacera et avec elle ce qui fait le génie français, ce génie qui a tant apporté au monde et dans lequel les peuples de la terre continuent de croire et d’espérer.

Dans cette œuvre de redressement de notre pays que l’urgence et le danger imposent, je crois qu’aucun Français de cœur ne peut se dérober.

Lorsque nous sommes unis, nous sommes invincibles.

Vive la France !