Attentat de Nice : déclaration de Marine Le Pen

/ 16 juillet 2016 / Étiquettes : /

La mort a encore frappé la France, une fois de plus, et de manière massive.

Cet attentat terroriste islamiste, d’une violence qui dépasse l’entendement, a plongé le pays dans la consternation et l’indignation.

Mes premières pensées sont bien sûr allées, et vont encore, aux victimes, à leurs proches, et à toutes celles et ceux, notamment aux plus jeunes d’entre eux, qui ont vécu cette scène d’horreur.

J’imagine combien il sera difficile, pour tous ceux qui sortiront de cet enfer polytraumatisés, handicapés, mutilés à vie, mais aussi pour tous ceux qui, sans avoir été physiquement blessés, en ont été témoins, psychologiquement dévastés, de retrouver goût à la vie.

Comme il sera difficile aux forces de l’ordre, sauveteurs, personnels de santé, d’oublier ces actes terrifiants.

Ils ont besoin du soutien de la Nation entière, et je les assure aujourd’hui du mien, et de celui du mouvement que je préside.

L’émotion, la compassion, sont bien entendus les premiers sentiments qui animent nos cœurs lorsqu’un tel drame surgit.

Mais nous ne pouvons en rester là.

Très vite, il nous faut, au-delà des mots et des paroles de réconfort, réfléchir aux responsabilités qui ont mené à un tel drame, et trouver les solutions pour éviter qu’il puisse se reproduire.

C’est donc très vite le temps de l’action qu’il faut engager.

Et c’est là que naissent mes premières inquiétudes.

Dans cette perspective, je veux d’emblée m’attaquer à une tentation, très lourde de conséquence, et à mon sens très coupable, qui serait celle du fatalisme.

C’est un point crucial.

Plusieurs graves erreurs d’analyse peuvent mener les Français sur la pente du fatalisme, et je veux ici dénoncer ces erreurs, pour mieux les éviter.

D’abord, quand on nous dit qu’il s’agit là d’actes imprévisibles, quand on cherche à les attribuer à la seule folie humaine, aux dérangements psychiatriques d’individus qu’on ne pourrait détecter ou empêcher d’agir, je vois là la pente infiniment dangereuse de l’excuse.

Personne ne nous fera croire, dans l’objectif de dégager le gouvernement de ses responsabilités, que la seule folie humaine expliquerait un attentat terroriste d’une telle ampleur.

Cessons de vouloir manipuler les Français.

Cet attentat, d’ailleurs revendiqué par Daesch, est la conséquence d’une idéologie meurtrière qu’on laisse se développer dans notre pays, l’idéologie du fondamentalisme islamiste, il est aussi la conséquence des carences gravissimes de l’Etat dans sa mission première qui est la protection de nos compatriotes.

J’y reviendrai.

Le fatalisme peut aussi trouver sa source dans le renoncement à l’autorité de l’Etat.

Toutes les déclarations officielles nous y encouragent.

Quand un Premier ministre nous explique que nous devons nous habituer aux attaques terroristes, quand un autre responsable nous dit que le problème ne pourra être réglé que sur plusieurs générations, j’entends un discours de renoncement qui ne peut inciter la population qu’au défaitisme, au découragement et à l’angoisse.

Il faut à l’inverse rappeler l’impérieuse et la légitime autorité de l’Etat.

Pardonnez-moi ce petit détour par la philosophie politique, mais il est nécessaire tant les discours de nos dirigeants se sont éloignés des principes de base que je veux rappeler.

L’autorité de l’Etat existe pour garantir aux citoyens leur liberté.

C’est l’essence même du contrat social que de remettre à une autorité légitime le recours à la force pour garantir la liberté de la collectivité, et les libertés de chacun des individus qui composent cette collectivité.

Le renoncement à cette autorité légitime, le fait de ne plus accepter que l’Etat ait recours à la force légitime que lui confère le contrat social, c’est accepter l’anarchie, le droit du plus fort, et donc la privation de liberté pour les citoyens.

Les gouvernements que la France connaît depuis maintenant des décennies n’ont eu de cesse de refuser d’agir, de préférer à la fermeté et à l’autorité la culture de l’excuse, de la compréhension, ils n’ont eu de cesse de refuser de trancher, d’éviter, d’employer les moyens pourtant légitimes de l’action face à ceux qui veulent imposer leur propre vision du monde, leur propre autorité, leurs propres règles.

Le renoncement de l’Etat est devenu tellement fort et il semble désormais tellement naturel, que nous sommes aujourd’hui obligés d’assister à des situations proprement inadmissibles.

Nous voyons un président de la République, un Premier ministre et un ministre de l’Intérieur passer leur temps à commenter des attentats, à dire qu’il était impossible de les éviter, à sermonner tous ceux qui osent critiquer leur inaction, et à continuer à donner des leçons à la terre entière, sans jamais se remettre en cause.

Dans n’importe quel pays du monde, un ministre au bilan aussi épouvantable que Bernard Cazeneuve (250 morts en 18 mois) aurait démissionné depuis longtemps.

Il est aussi inadmissible d’entendre l’opposition, donner aujourd’hui des leçons elle aussi, je pense évidemment au parti « Les Républicains » qui était encore au pouvoir il y a cinq ans, cette opposition qui est aussi profondément responsable du chaos que connaît notre pays, parce qu’elle avait désarmé l’Etat, en affaiblissant considérablement nos force de police et de renseignement, parce qu’elle était elle aussi immigrationniste, parce qu’elle avait mené une politique étrangère suicidaire.

Une telle crise doit nous amener à dire : Hollande, Valls, Cazeneuve, Sarkozy et consorts : plus jamais ça !, plus jamais eux, plus jamais une telle incapacité, plus jamais un tel renoncement au pouvoir !

Je le dis, cette crise terrible que connaît notre pays, ne peut être résolue tant que nous ne serons pas sortis de cette culture du renoncement et de la faiblesse que l’on doit tant au pouvoir actuel qu’au précédent.

Alors, nous devons relever la tête, et employer tous les moyens légitimes que nous donne notre Constitution, que nous donnent nos lois, pour désormais éradiquer l’islamisme radicale.

Il faut le mettre hors d’état de nuire et tout faire pour que plus un seul de ses tenants ne puisse menacer notre collectivité, notre sécurité.

Il est temps, puisque rien ou presque rien n’a été fait jusqu’à présent de déclarer la guerre au fondamentalisme islamiste !

La vraie guerre- pas celle des mots- pas celle des postures, pas celle de la com.

Alors, à la différence de l’UMPS qui se lamente, à la différence de nos gouvernants d’hier ou d’aujourd’hui, qui nous disent qu’on ne peut rien faire, que nous n’avons qu’à courber l’échine, je dis que l’Etat, et lui seul, doit agir.L’action en premier lieu doit être politique et culturelle.

Dans le respect de l’Etat de droit, nous devons retrouver foi en l’autorité de l’Etat.

Nous devons sans cesse réaffirmer qu’elle est légitime, c’est essentiel, et qu’on doit la laisser agir, quand bien même des plaintes s’élèveraient, quand bien même telle ou telle « communauté » autoproclamée s’estimerait lésée, nous devons dire et redire sans cesse que l’Etat agit pour le bien commun, et que chacun doit se sentir solidaire de son action, pour autant qu’elle soit réellement engagée.

Cela veut dire qu’il faut partout en France, dans toutes les classes d’âge et toutes les catégories sociales raffermir le sentiment national.

Nous avons besoin d’une nation vigilante, rassemblée, réactive, déterminée.

Je pense que pour cela, le service militaire doit être progressivement remis en place, les valeurs patriotiques doivent être renforcées via l’Ecole de la République, et notre souveraineté nationale retrouvée, bien entendu.

Du point de vue des moyens : il faut rapidement mettre en place une garde nationale dont la vocation prioritaire sera de remplacer le dispositif Sentinelle.

Le militaire n’est pas un policier et le caractère pérenne que l’on souhaite affecter au dispositif sentinelle dénature à l’évidence l’outil militaire.

Il convient aussi de mieux définir le rôle de l’armée, mais aussi le cadre juridique d’intervention dans ses nouvelles missions.

Il devient urgent de revoir le budget militaire, le remettre très rapidement à ce minimum vital de 2% du PIB, avec ensuite l’objectif de 3%.

Les moyens de notre protection, ce sont aussi nos frontières nationales, dont on a vu qu’elles auraient permis d’affaiblir les réseaux terroristes qui ont frappé en 2015 : nous devons les rétablir de manière pérenne, donc en finir avec Schengen et les règles de libre circulation de l’UE.

Je n’ai jamais parlé de fermer les frontières, je dis simplement qu’elles doivent exister, comme dans tous les autres pays du monde, et permettre de filtrer les terroristes, qui plus est dans le contexte d’afflux de millions de migrants dans lesquels des terroristes s’infiltrent.

Notons d’ailleurs qu’après l’attentat de Nice, l’Allemagne a annoncé un renforcement de sa frontière avec la France. En parallèle il faut renforcer et remettre sur pied les Douanes.

Du point de vue de notre organisation : il y a une trop grande complexité et un trop grand cloisonnement de notre dispositif anti-terroriste.

Il faut créer une agence française de lutte antiterroriste (ce qui est conforme à l’une des conclusions de la commission d’enquête parlementaire) et beaucoup mieux intégrer l’administration pénitentiaire dans la communauté du renseignement (problématique peu abordée par cette même commission, mais pourtant fondamentale), alors que nos prisons sont devenues de véritables universités de l’islamisme radical.

Il faut d’urgence recréer un vrai renseignement de proximité et réparer la faute capitale de Sarkozy qui supprima les renseignements généraux, les nouvelles formes de terrorisme auxquelles nous sommes confrontés l’exigent.

Notre renseignement, cruellement affaiblie, de manière irresponsable par Sarkozy puis Hollande, doit retrouver des missions précises, et donc avoir les moyens nécessaires.

Mais aussi s’appuyer sur les bonnes personnes qui ont acquis dans les quartiers ou agissent et recrutent les fondamentalistes, une expérience qu’on n’acquiert pas seulement dans un cursus universitaire.

Le profil de ses nouveaux terroristes qui naviguent entre radicalité et criminalité doit engendrer de nouveaux réflexes.

La Justice aussi doit voir ses moyens, son fonctionnement et ses objectifs redéfinis, en créant notamment les conditions nécessaires à une application réelle des sanctions prononcées, et à des peines de perpétuité réelles.

Il faut nous battre en réorganisant et en revalorisant le corps de la magistrature : à peine plus de 25% de nos magistrats se consacrent aujourd’hui à des tâches purement pénales.

Il conviendrait de revoir la formation avec des écoles d’application spécifiques, dont une se consacrerait à la lutte antiterroriste.

Du point de vue de la gestion sur notre territoire de l’idéologie mortifère de l’islamisme radical, il faut agir sur les deux volets que sont la prévention et la répression.

Je propose une nouvelle fois d’adopter la même loi qu’aux Pays-Bas : celle de la déchéance de nationalité pour les binationaux radicalisés, qui permettra leur expulsion du territoire.

Contre les nationaux, et ils sont rares, il faut appliquer l’article 411-4 du Code pénal, successeur de l’article sur l’intelligence avec l’ennemi, qui permet des condamnations jusqu’à 30 ans de détention criminelle.

Il faut aussi remettre en place, pour les étrangers, malgré la Convention européenne des droits de l’homme que sur ce point l’on ne se privera pas d’ignorer, la double peine supprimée par Sarkozy.

C’est un point fondamental : cette double peine aurait pu s’appliquer au terroriste tunisien de Nice qui aurait dû être renvoyé de France après ses condamnations judiciaires.

Que faisait encore cet individu sur notre territoire ?

Pourquoi n’avait-il pas été expulsé en Tunisie ?

Lui qui depuis 2010 commettait des exactions, était considéré comme un être violent et néfaste, condamné en mars 2016 par la justice ?

La responsabilité de ceux qui ont supprimé la double peine est ici flagrante.

Plus généralement comment ne pas comprendre le vivier que représente l’immigration de masse depuis tant d’années pour les dérives communautaristes, l’enfermement dans la radicalité et un jour dans certains cas le passage à l’acte meurtrier ?

Continuer de faire entrer tant d’étrangers en France est une faute lourde.

Ne pas revoir de fond en comble notre code de la nationalité, pour en supprimer le droit du sol et la possibilité de la double nationalité extra européenne et le rendre beaucoup plus strict, exigeant et méritocratique, l’est tout autant.

Accepter la politique des quotas de migrants imposée par l’Union européenne relève là aussi de la plus grande irresponsabilité.

On reconnaissait en plus haut lieu récemment l’existence d’une centaine de « Molenbeeck » en France.

Qu’y fait l’Etat ?

Qu’attend-il pour rétablir l’ordre ?

Pour y vider les caves de leurs armes ?

Pour y rétablir les services publics et les conditions d’intervention de la sécurité publique ?

Pourquoi l’Etat y laisse-t-il la situation pourrir ?

A-t-il peur d’intervenir ?

Quand je vous parlais d’un renoncement à l’autorité légitime de l’Etat, nous y sommes en plein !

Les Français ne supportent plus qu’existent en aussi grand nombre les zones de non droit sur le territoire national.

D’une manière générale, concernant la mouvance islamiste, il est plus que temps de dire stop à la naïveté voire à la complaisance et à l’électoralisme.

Il faut faire respecter nos lois, valeurs et la laïcité républicaine partout. Ainsi, je demande la dissolution immédiate de l’UOIF et l’interdiction des autres organisations radicales dont celle des frères musulmans.

Quand je pense que certains, omniprésents sur les médias depuis l’attentat terroriste islamiste de Nice, ont entretenu tant de liens avec ces mouvances, les ont subventionnées et choyées, je suis abasourdie que personne ne vienne leur rappeler leur immense responsabilité.

Il faut, je le répète, et le répéterai tant que cela ne sera pas appliqué, fermer la centaine de mosquées et salles de prière salafistes et radicales. Rien n’a été fait dans ce domaine !

Qu’attend Bernard Cazeneuve pour le faire ? En une journée le problème peut être réglé.

De même, il faut expulser du territoire national les imams étrangers prêcheurs de haine, ils sont connus.

Enfin, il convient d’urgence de passer au peigne fin l’ensemble des salles de prière mal connues ou récentes.

Il faut interdire le financement en provenance de pays étrangers de lieux de culte ou d’associations culturelles, particulièrement lorsque ces pays sont des soutiens aux fondamentalistes, comme le Qatar par exemple.

La France ne peut pas continuer à être le terrain de jeu des luttes d’influence que se livrent le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, le Qatar, l’Arabie Saoudite ou la Turquie.

L’état d’urgence doit permettre d’opérer des perquisitions chez l’ensemble des fichés S pour radicalisation qui feront l’objet d’une enquête approfondie qui pourra aboutir comme nous l’avons dit sur leur expulsion s’ils sont étrangers, la déchéance de leur nationalité s’ils sont double nationaux, suivi de leur expulsion et/ ou leur mise en examen et accessoirement leur détention préventive en vertu de l’article 411-4 quelle que soit leur situation de nationalité.

Expulser ceux que l’on peut expulser, incarcérer ceux qui manifestement sont dangereux, surveiller les autres.

Concernant au passage ce qui se passe en Turquie, je n’ai qu’une chose à dire : nous devons laisser ce pays régler ses problèmes lui-même, en espérant que la démocratie et le droit y règneront enfin un jour dans la tradition laïque qui fut la sienne.

Les épisodes en cours nous montrent que ce pays est profondément instable, que s’y affrontent une mouvance islamiste et une mouvance laïque.

Et qu’il est complètement inimaginable de laisser ce pays entrer dans l’Union européenne ou permettre à ses ressortissants de s’y rendre sans visa.

Tous ceux qui défendent l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, au premier rang desquels Monsieur Sarkozy qui a tout fait durant son mandat pour accélérer cette entrée, commettent un véritable crime contre la sécurité des Français.

Cette question de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, ou les accords négociés dans notre dos par Mme Merkel et M. Erdogan, doivent être définitivement enterrés.

Les Français ne supportent plus la léthargie gouvernementale face au danger terrible du terrorisme islamiste et à l’imprégnation de notre pays par son idéologie mortelle.

La France est un grand pays qui a les moyens de se défendre mais, parce que ses dirigeants sont petits, ils ne le savent pas ou ne le veulent pas.

Le peuple français a droit à un Etat-Nation digne de lui, qui préserve son identité, sa prospérité mais aussi, évidemment, sa sécurité et sa liberté.

Je vous remercie.