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Le Programme


SPORT

A) CONSTAT

La politique sportive peut s’envisager autour de trois thèmes :

a) Le sport enseigné (à l’école) ;
b) La pratique sportive de tous ;
c) La compétition.

1. S’agissant de l’enseignement, il est fréquemment reproché au système français de ne pas prévoir une place assez importante pour le sport. Les activités d’enseignements classiques sont surreprésentées dans les programmes scolaires, laissant en moyenne 2 heures par semaine pour le sport.

À l’inverse, le modèle anglo-saxon, par exemple, s’articule autour d’une répartition plus équilibrée des enseignements : matin études, après-midi sports, éducation artistique ou technique. Il faut rendre possible la mise en place de rythmes scolaires plus variés.

La pratique du sport de haut niveau implique, au niveau scolaire, des structures adaptées et des sacrifices financiers soutenus. Il n’existe, à l’heure actuelle, que peu de structures publiques pour accueillir les jeunes (ex. INSEP) : la plupart des sport-études étant des structures privées.

2. S’agissant de la pratique sportive de tous, un meilleur accès du public aux équipements sportifs publics doit également être promu, notamment le soir, c’est-à-dire en dehors des plages d’utilisation des scolaires. Il est nécessaire à ce titre d’augmenter les capacités d’accueil des infrastructures publiques ainsi que la palette de disciplines sportives qui peuvent être proposées.

Les besoins induits par le développement de la pratique sportive dans les programmes scolaires requièrent également un effort en ce sens.

Il est par ailleurs regrettable que, par manque d’information, d’initiative ou de moyens, la plupart des jeunes n’assistent jamais ou très rarement à des manifestations sportives.

3. S’agissant du sport de compétition, enfin, on ne peut que déplorer la dérive du « sport business », dont le dopage est une des conséquences. Dans les grands championnats, et en particulier le football, elle a notamment conduit à la suppression de l’identité des clubs et, par-delà, des villes ou des régions qu’ils représentent. Quasiment plus aucun joueur faisant partie de l’équipe de telle ville n’est effectivement né, ne vit ou n’a eu d’attache dans la région en question. Il faut réenraciner le sport et remettre l’argent roi à sa place.

Plus spécifiquement, le football est l’exemple d’un sport qui a largement sombré dans les dérives de la sphère marchande. Le sport est devenu secondaire, seules comptent les recettes qui profitent essentiellement à des intérêts privés, souvent obscurs. Le footballeur est devenu un exemple, non pour les valeurs d’effort, de discipline ou de mérite qu’il incarne, mais pour l’argent qu’il gagne.

Les profits générés par le sport de haut niveau sont de plus en plus souvent privatisés alors que la formation initiale, le fonctionnement des infrastructures et l’animation des clubs sont laissés à la charge de la collectivité et du monde associatif. Il y a donc lieu de rééquilibrer la répartition des recettes des grands championnats et de lancer une réflexion sur le sujet.

Par ailleurs, on parle toujours des stars aux salaires extravagants, mais on parle peu de l’immense majorité de ceux qui n’ont pas pu accéder à l’ivresse de l’argent et de la réussite. Pour autant, le sport de haut niveau réclame souvent des sacrifices énormes, qui passent par la mise entre parenthèses d’une activité professionnelle. Aussi, nombre d’athlètes, mal préparés à la reconversion, aboutissent à des situations sociales difficiles : chômage et absence de revenus.


B) MESURES

- Lancer des classes-pilotes avec un rythme d’activités sportives plus soutenu.

Il faudra pour ce faire, passer des conventions avec les établissements publics ou privés sous contrat qui souhaiteront mettre en place un tel dispositif.

Par exemple : passer à 4 heures de sport hebdomadaire, dans un premier temps, dont une partie consacrée à la découverte d’une pratique sportive nouvelle (hand, hockey, sports de combat, yoga, etc.). Les cours pourraient être pris en charge par les enseignants ou des responsables associatifs.

Certains sports individuels, bien que plus difficiles à pratiquer au niveau scolaire mais relativement peu coûteux, pourront faire partie des programmes : par exemple le badminton, le tennis de table, etc.

- Créer de nouvelles sections sport-études publiques et des bourses sport-études en internat.

L’État pourra financer au sein de collèges ou de lycées publics existants des filières de sport-études, là encore sur un éventail de disciplines élargi.
Parallèlement, il serait créé un dispositif de bourses destiné à soutenir tous les jeunes Français défavorisés pour leur inscription à un programme sport-études privé.

- Lancer un nouveau plan d’infrastructures.

L’effort financier en matière d’équipements sportifs est essentiel pour donner une meilleure place aux activités sportives à l’école : stades, gymnases, piscines. Ce sont surtout les collectivités qui financent ces projets dans la mesure où il s’agit rarement d’installations propres aux établissements. L’État pourrait toutefois prévoir des dotations supplémentaires dans l’enveloppe destinée aux collectivités concernées.

Parallèlement, les établissements sportifs réservés aux scolaires la journée devraient être ouverts de manière plus grande aux autres personnes en dehors des heures de présence de ces scolaires, notamment le soir.

- Créer un « Pass sport-culture » ouvrant le droit aux activités sportives.

Ouvert aux jeunes scolarisés, il s’agirait, sur le modèle d’un chèque-restaurant, de prendre en charge une partie ou la totalité du coût des entrées à certaines manifestations sportives. Il serait mis en place en concertation avec les différentes fédérations.

Il pourrait s’insérer dans le dispositif du chèque scolaire remis aux familles. Il donnerait droit à des réductions sur les biens culturels ou sportifs (livres, disques, spectacles ou manifestations sportives). Ce Pass s’appuiera également sur la carte « France-Famille » (anciennement carte de famille nombreuse) attribuée dès le second enfant.

- Charte pour l’identité des clubs participant aux championnats nationaux.

Les championnats nationaux ne seront désormais ouverts qu’aux clubs dont une partie significative des joueurs sont de nationalité française, voire nés ou ayant résidé un temps minimum dans la région ou se situe le club. Les subventions publiques aux centres de formation seraient modulées en fonction du respect des mêmes critères. Une telle mesure irait directement contre la jurisprudence de la CJCE dans l’arrêt Bosman, qui réduit le sport à une activité économique, et interdit la limitation du nombre de joueurs étrangers dans une équipe au nom des principes de libre circulation et de libre établissement. Cela impliquera une renégociation des traités concernés avec l’UE.

Il s’agit d’éviter les « achats » de joueurs que les clubs vont chercher à l’étranger pour ne pas avoir à payer la formation en France, et pour pouvoir s’en débarrasser facilement s’ils ne s’avèrent pas « rentables ».

- Redistribution partielle des droits de retransmission des épreuves sportives aux clubs amateurs.

Les bénéfices considérables des droits de retransmission ou des recettes des matchs des grands championnats devront en partie être redistribués aux clubs amateurs, notamment les plus modestes.

Il faudra pour cela engager une concertation avec les différents partenaires et revenir sur la législation existante.

- Lutte radicale contre le dopage.

La lutte contre le dopage est un objectif partagé par tous. Il faut néanmoins réaffirmer la détermination des pouvoirs publics dans ce domaine, au sein tant du sport professionnel que du sport amateur.

- Aide pour les sportifs français en fin de carrière.

La collectivité nationale prévoira un fonds d’aide pour les sportifs français n’ayant pas retrouvé au terme de leur carrière des ressources suffisantes (ex. : un complément de revenu). L’embauche prioritaire dans les structures fédérales de ces sportifs sera également développée.

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