ÉCONOMIE ET BUDGET
A) CONSTAT
L’évolution de la situation économique de notre pays est aujourd’hui préoccupante. Il y a dix ans, la
France était la quatrième puissance mondiale, elle est aujourd’hui la sixième, dépassée par la Grande-
Bretagne et la Chine. En termes de revenu par habitant, nous figurons dans le peloton de queue des pays
de l’OCDE, tout en ayant régressé régulièrement.
En dépit des atouts incontestables de notre économie, les principaux indicateurs ne sont pas au vert.
On peut citer :
Une croissance peu dynamique
Aux trente glorieuses ont succédé les « trente piteuses ». Depuis le milieu des années 1970, la richesse
nationale croît à un rythme modeste, de l’ordre de 2 % par an, si l’on excepte quelques brèves périodes.
À titre de comparaison, les États-Unis ont connu une croissance plus proche des 5 % en moyenne, les
pays émergents de l’ordre de 7 à 10 %.
Un chômage massif et structurel
Depuis cette même période, le chômage a crû considérablement pour se stabiliser autour de 9-10 % de
la population active (8,6 % en décembre 2006). On sait que la réalité est bien plus sombre, si l’on intègre
tous ceux qui occupent des emplois précaires (intérim, contrats aidés, CDD etc.) ainsi que ceux qui
sortent des statistiques par découragement.
Une baisse importante du pouvoir d’achat
Depuis la mise en place de l’euro en janvier 2002, le prix des biens de consommation courants comme
des services a augmenté de manière significative : entre 20 et 35 % selon les études. Le prix des
carburants a également augmenté dans les mêmes proportions, alors que le prix des logements (à l’achat
comme à la location) ont parfois été multipliés par deux en moins de 10 ans. Les salaires n’ont pas suivi
cette évolution dans la même période. Aussi, l’inflation, telle qu’elle est aujourd’hui mesurée (environ
2 % par an ces dernières années), ne reflète pas la perte massive de pouvoir d’achat qui affecte les
ménages français.
Des délocalisations en nombre
Les industries comme les services quittent le territoire, à la recherche de coûts de main d’oeuvre plus
faibles, mais également d’un environnement législatif, fiscal et administratif moins hostile à l’entreprise.
Un commerce extérieur en crise
Conséquence de l’euro fort et de l’accroissement de la facture énergétique, le déficit record ces deux
dernières années de notre commerce extérieur (près de 30 milliards en 2006), nous place loin derrière nos
partenaires (l’Allemagne a, elle, dégagé un excédent de 161 milliards en 2006). Par ailleurs, nous
exportons des biens à forte valeur ajoutée (ex. Airbus), mais à faible contenu en emplois alors que nous
importons massivement des biens à faible valeur ajoutée mais à fort contenu en emploi (textile, petit
électro-ménager), ce qui entraîne un bilan négatif en emplois de notre commerce extérieur.
Les causes de cette situation sont nombreuses :
Une fiscalité excessive et complexe
Le taux des prélèvements obligatoires a atteint 44 % du PIB en 2005, proche du plus haut historique,
parmi les plus hauts des pays développés. La baisse de la fiscalité des mandats de Jacques Chirac n’aura
été qu’un trompe-l’oeil. Notre fiscalité est de surcroît particulièrement complexe et changeante : la seule
partie législative du Code général des impôts représente cinq tomes, les régimes dérogatoires sont
innombrables. De plus, la superposition des textes et des réformes est un facteur d’insécurité juridique
qui nuit à l’attractivité du territoire.
L’ouverture des frontières et le principe de libre circulation
L’ouverture des frontières, à la fois à l’intérieur de l’Europe, mais surtout au niveau mondial (OMC),
a exposé la production nationale à la concurrence déloyale de pays dépourvus de protection sociale ou
bénéficiant de coûts de main-d’oeuvre infiniment moins élevés que les nôtres, aboutissant à des
délocalisations à grande échelle.
La perte de notre souveraineté monétaire
La politique imposée par la Banque centrale européenne, à qui nous avons abandonné notre
souveraineté monétaire, a conduit à privilégier la maîtrise de l’inflation comme seul objectif de la
politique monétaire des pays de l’Euroland au détriment de la croissance et de l’emploi.
Des dépenses publiques pléthoriques et inefficaces
La dépense publique a crû de manière continue depuis des décennies, pour représenter aujourd’hui
55 % du PIB. Elle a eu pour corollaire une progression constante des prélèvements obligatoires et une
augmentation sans précédent de la dette publique, nécessaires pour assurer son financement. La dépense
publique est monopolisée par les crédits de fonctionnement de l’État-Providence, alors que les sommes
affectées aux fonctions régaliennes de l’État (police, justice, etc.) et aux investissements (recherche,
infrastructures, etc.) sont les parents pauvres des priorités budgétaires. Ainsi, seuls 6 % des dépenses
publiques vont à l’investissement.
Un endettement abyssal
À l’heure actuelle, la dette publique augmente de près de 1 milliard d’euros par semaine ; elle approche
les 2 000 milliards si l’on prend en compte les engagements de l’État au titre des retraites. La dette de
l’État a ainsi a été multipliée par 5 en 20 ans, celle de la Sécurité sociale par 10 depuis 1990, alors que
la plupart de nos partenaires européens ou de l’OCDE ont suivi le chemin inverse. Les intérêts de la
dette sont aujourd’hui le deuxième poste de dépense de l’État, monopolisant plus de 40 milliards d’euros
par an : il faut désormais s’endetter pour payer les intérêts...
Des rigidités réglementaires nombreuses
La France, aux yeux des investisseurs étrangers, a l’image d’un pays économiquement peu libéral, en
raison de l’interventionnisme étatique et de l’encadrement rigoureux du droit du travail (35 heures, droit
social). La multiplicité des procédures et formalités pesant sur la création d’entreprise ainsi que le poids
des charges inhérentes à l’embauche font partie des facteurs qui nous rendent moins attractifs vis-à-vis
des pays voisins.
Pourtant, la France bénéficie de nombreux atouts qu’elle peut encore faire valoir : des entreprises de
pointe, des écoles de haut niveau, un marché domestique étendu, un système bancaire moderne, une
image de marque. Le redressement passe cependant par l’adoption de mesures à la fois nombreuses et
volontaires.
B) MESURES
Les différentes mesures que nous proposons entendent créer un cadre favorable à l’entreprise,
notamment aux PME, et rendre aux Français, notamment les classes moyennes, le fruit de leur travail.
Baisser la pression fiscale par une réforme d’envergure sur 5 ans :
Ce choc fiscal créera à terme les conditions d’une croissance retrouvée, en redonnant du pouvoir
d’achat aux ménages et en recréant les capacités d’investissement des entreprises. À terme, l’effet de
relance sur la consommation et l’investissement générera des recettes fiscales importantes.
Gain estimé : 9 milliards d’euros
- Mener à bien une recodification de la fiscalité.
- Accompagner la réforme fiscale d’un plan de lutte accrue contre la fraude (TVA, IR, etc).
Gain estimé : 4 milliards d’euros
- Mandater un grand audit des comptes de la Nation. En outre, les recommandations de la Cour des
comptes seront mieux suivies concernant la rationalisation des moyens des Services de l'État.
Gain estimé : 4,5 milliards d’euros
- Réorienter la dépense publique vers l’investissement. À ce titre, les départs à la retraite dans la
fonction publique seront mis à profit pour rationaliser les effectifs en concertation avec les partenaires
sociaux, mais dans l’intérêt d’une plus saine gestion de l’État.
- Maîtriser les dépenses liées à l’immigration, préalable indispensable à une réduction des déficits
publics. L’immigration d’ayants droit qui s’est substituée à l’immigration de travail se traduit en effet
par un coût considérable, en particulier pour les finances sociales. Cette question est développée dans
le chapitre éponyme.
- Contrôler les subventions aux associations accordées par l’État, avec un objectif de réduction de
30%.
Gain estimé : 0,5 milliard d’euros
Lutter contre la concurrence déloyale et les délocalisations :
- Retrouver la maîtrise de nos échanges par une nouvelle politique douanière. Il faudra soit rétablir
des quotas d’importation dans les secteurs les plus sinistrés, soit instaurer un système de droits de
douane remboursables. Dans ce dernier cas, l’idée est que les pays exportateurs qui devront acquitter
ces droits pourront simultanément bénéficier, à due concurrence, de crédits utilisables pour leurs
achats de produits fabriqués en Europe. Ces droits de douane seront suffisamment élevés pour freiner
les importations en provenance des pays qui ne respectent pas les règles élémentaires régissant le
travail dans notre société. Ils resteront néanmoins suffisamment raisonnables pour conserver un effet
compétitif par rapport aux produits fabriqués à l’intérieur de l’Europe. Le cas échéant, la France doit
être déterminée à mettre en oeuvre seule ces mesures s’il n’est pas possible d’agir de concert au sein
de l’Union européenne.
- Exiger le remboursement des aides publiques pour les entreprises qui délocalisent.
Réorienter la politique monétaire :
- Exiger la réforme de l’institution monétaire européenne : la BCE devra ainsi retrouver la vocation
d’une banque centrale, qui est d’encourager le plein emploi et la croissance du PIB, et non de
seulement maîtriser l’inflation. En cas de blocage institutionnel, notre Nation doit être prête à
recouvrer l’intégralité de sa souveraineté monétaire. Dans un pareil cas, le franc français pourrait
être rétabli.
Revaloriser le pouvoir d’achat des ménages et les revenus du travail :
- Prendre en charge, par l’État, à hauteur de 200 euros par mois, la part salariale des cotisations
sociales pour les salaires allant jusqu’à 1,4 fois le SMIC. Le dispositif prendra soin de prévenir tout
effet de seuil pour les salaires supérieurs.
Cette mesure produira une hausse très significative des bas salaires nets sans répercussion sur le
niveau de masse salariale de l’entreprise. Il en résultera un coup de fouet à la consommation et donc
un effet positif sur la croissance et incitera à la reprise d’activité.
Coût estimé : 11,9 milliards d’euros
- Renégocier par branches les 35 heures. Aujourd’hui, notre compétitivité est durement menacée dans
certains secteurs ou entreprises contraints à la fermeture ou à la délocalisation. Il est en outre
nécessaire que les Français puissent travailler plus pour gagner plus : en conservant le SMIC horaire
à 8,27 euros brut (à corriger cependant de l’inflation), et en supposant que les partenaires sociaux
souhaitent revenir à 39 heures, leur revenu mensuel augmenterait d’autant, soit de 11,42 %, pour se
situer à 1 397,63 euros brut, ce qui devrait donner un coup de fouet à la croissance.
Cette revalorisation du SMIC mensuel s’accompagnera d’une hausse parallèle de la grille des salaires,
car les entreprises, cette fois protégées de la concurrence des pays émergents, pourront la financer.
On arrêtera ainsi la généralisation du SMIC parmi les bas salaires, et, par un cercle vertueux, on
redonnera des possibilités de débouchés supplémentaires pour nos entreprises sur le marché intérieur.
Protéger nos champions industriels :
- Introduire le concept de « francisation ». Dans le cadre d’une économie par trop mondialisée, l’État
doit pouvoir placer momentanément sous sa sauvegarde toute entreprise dont la disparition ou
l’absorption présenterait un danger pour l’indépendance nationale. Une telle « francisation » ne serait
que temporaire et ponctuelle. Elle ne saurait déboucher sur la collectivisation de pans entiers de notre
économie.
Repenser la politique d’insertion :
- Réformer le traitement du chômage et le RMI, dans une logique qui favorise la reprise d’une
activité : transformer le revenu minimum d’insertion en revenu minimum d’activité. D’une manière
générale, les revenus d’activité seront favorisés au détriment des revenus d’assistance.
- Supprimer les trappes à pauvreté. Les règles d’attribution seront revues de façon à ce que travailler
plus n’aboutisse plus scandaleusement à gagner moins. À cet égard, le fait que la hausse du revenu
réel contribue à ce que celui-ci s’écarte du RMI constituera la pierre angulaire de notre politique de
revalorisation du travail.