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Le Programme


ANCIENS COMBATTANTS

A) CONSTAT

Le ministère des Anciens Combattants a pour mission de témoigner, au nom de la Nation, sa reconnaissance à ceux qui ont combattu dans les rangs de l’Armée française. Si la France doit honorer ses morts, elle se doit aussi d’aider et de respecter ses quatre millions d’anciens combattants encore en vie.

Ce soutien peut revêtir deux aspect : le premier est financier, avec les pensions versées, le second est moral, avec la considération et le respect dont la collectivité nationale doit faire preuve à l’égard de ceux qui ont combattu pour elle.

S’agissant de l’aspect matériel, il a fallu attendre la sortie du film Indigènes pour que la presse s’empare du problème des retraites des anciens combattants. Nombre de contrevérités ont alors circulé, insinuant que l’État pratiquerait une discrimination à l’encontre des anciens combattants non issus de la métropole (en leur versant des pensions dérisoires) et en présentant ces soldats comme de la chair à canon, victime du racisme de l’état-major. Le but est clair : rabaisser l’armée et l’image de la France.

La réalité est évidemment plus nuancée. Pour ce qui est des pensions, on rappellera que l’essentiel des sommes allouées se trouve dans :

- La pension militaire : elle n’est obtenue qu’après 15 ans de service effectif (à un jour près) en temps de guerre ou en temps de paix.

- La pension du combattant : cette dernière est réservée aux soldats ayant fait la guerre, pendant 120 jours minimum, en unité combattante pour la guerre de 1939-1945. Les combattants de la guerre d’Algérie ont vu cette exigence réduite à 90 jours.

S’il est certain que la pension du combattant est ridiculement faible, elle l’est aussi bien pour les anciens soldats métropolitains que pour les soldats de l’ex-Empire. En effet, un ancien soldat métropolitain ayant fait tout ou partie de la guerre touche environ 35 euros par mois, et non pas 450 euros comme se plaisent à l’écrire les antimilitaristes, qui n’avaient hier que mépris pour les soldats de l’ex-Empire et les harkis.

Les troupes coloniales n’ont jamais été de la chair à canon comme l’écrivent et le répètent tous les antimilitaristes, les faits sont là. L’Armée d’Afrique, composée de troupes levées par la France dans l’ensemble de son empire colonial, surtout en Afrique du Nord, comprenait (en 1944), 173 000 Maghrébins et originaires d’Afrique occidentale et équatoriale, 168 000 Français d’Afrique du Nord ainsi que 35 000 Corses et 20 000 évadés de France. Entre 1942 et 1944, le bilan s’est élevé à 40 000 tués et 72 000 blessés. Or les autres pertes étaient au moins égales et très souvent supérieures. Les officiers tombèrent au feu par centaines.

Dans un autre registre, la France devra prendre en compte le cas des « malgré nous», ces Alsaciens- Lorrains incorporés de force dans l’armée allemande durant la Deuxième Guerre mondiale. Ils ont payé un lourd tribut puisque, sur 130 000 hommes qui ont été enrôlés de force, 40 000 furent tués ou portés disparus et 30 000 sont rentrés malades, blessés ou invalides. Les jeunes mobilisables faisaient l’objet d’un chantage sans équivoque : « Alsaciens-Lorrains : en cas de défaillance de l’un des vôtres, ce sera la transplantation en Pologne ou en Silésie de toute votre famille, sans préjudice des poursuites pénales… »


B) MESURES


Volet financier

Revalorisation globale des pensions des anciens combattants et effort budgétaire complémentaire. NB : la somme des pensions dues aux anciens combattants diminue dans le temps mécaniquement du fait de la disparition progressive des soldats ayant servi dans un conflit armé. Dès lors, le coût de la revalorisation des pensions sera calculé à somme constante.

Indemnisation des militaires ayant servi au Sahara ou dans le Pacifique lors des essais atomiques, s’il est avéré que l’exposition a été à l’origine de séquelles ou de maladies. ANCIENS COMBATTANTS 67

Volet mémoire

Redonner la fierté des victoires militaires françaises au travers de commémorations officielles, à l’inverse de ce qui s’est par exemple fait pour Austerlitz.

Plan de modernisation des musées consacrés à l’Armée française et création de sites de mémoire accueillant le public sur les théâtres de bataille.

Sensibiliser des collégiens et lycéens à l’histoire de l’Armée française et de ses batailles (rencontres avec des anciens combattants qui évoqueront la Seconde Guerre mondiale, la guerre d’Algérie ou d’Indochine, par exemple).

Légiférer pour lutter contre les attaques (médias, filmographie, ouvrages) dont est victime l’Armée française ou ses membres, notamment au sujet de la période coloniale. Il ne s’agit pas d’interdire tout débat critique, ni les opinions négatives, il s’agit de rééquilibrer les enseignements et les débats, aujourd’hui quasi systématiquement hostiles et négatifs sur le rôle de la France à cette période.

Réhabilitation de la mémoire des « malgré nous » et de ceux qui ont combattu dans « l’Armée d’Afrique ».

Refuser la date du 19 mars 1962 en tant que Journée nationale commémorant la fin de la guerre d’Algérie. Après cette date, il y a eu plus de 100 000 personnes, hommes, femmes et enfants, européens – chrétiens, musulmans ou juifs – égorgés, massacrés, voire jetés sur les champs de mines. Rapatrier les 1 300 corps des marins français du cimetière militaire de Mers-el-Kébir, massacrés le 3 juillet 1940 par l’amiral anglais Somerville. Ce cimetière a été plusieurs fois profané. Parallèlement, un mémorial sera érigé de préférence en Bretagne dont étaient originaires bon nombre de ces marins.

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