Les retraités et les personnes dépendantes ont le droit d’obtenir de la collectivité des conditions convenables d’existence comme l’indique le préambule de la Constitution de 1946. Cette solidarité nationale est l’expression du lien social qui unit les Français, quelle que soit leur génération. Elle doit être garantie par la pérennisation du système de retraite par répartition et par la prise en charge du risque de dépendance par la Sécurité Sociale. Les difficultés actuelles de financement des retraites sont liées à l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses nées après-guerre (dites générations du « baby boom »), et l’effort de solidarité nationale doit être, pour cette raison, temporairement accentué. La question de la dépendance est quant à elle plus structurelle et liée au vieillissement de la population ainsi qu’au développement de maladies invalidantes en forte progression chez les personnes âgées, comme la maladie d’Alzheimer. Les sources de financement complémentaires à mobiliser en vue de la pérennisation du système de retraites et de la gestion de la dépendance ne doivent cependant pas peser sur les salariés.
ANALYSE
Le débat sur les retraites ne peut être abordé dans les termes étroits que posent cyniquement l’UMP, le PS et le Medef. En particulier, il est impossible de rester dans une optique purement comptable et statique, et de se limiter aux solutions inlassablement répétées par les partis du système (augmenter les cotisations, augmenter l’âge de départ à la retraite, baisser les pensions).
Il est en effet nécessaire de l’inscrire dans une problématique plus large. Le débat sur les retraites ne peut ignorer la question du chômage : quand 5 millions de Français ne parviennent pas à travailler ou ne peuvent travailler assez, cela suscite un manque à gagner considérable pour le financement de la Protection sociale, mais aussi pour celui des retraites. Le débat sur les retraites ne peut pas non plus ignorer la question démographique : les enfants d’aujourd’hui sont les cotisants de demain.
Le caractère crucial du dossier de la dépendance
L’abandon par Nicolas Sarkozy du dossier de la dépendance avant même son ouverture révèle la cécité de la classe politique devant l’évolution de la pyramide des âges et les besoins médicaux et humains de nos aînés. Alors que les dépenses liées à la perte d’autonomie et à l’hébergement dans des établissements spécialisés ne sont que partiellement financées par les pouvoirs publics et qu’aucun acteur ne pilote la multiplicité des dispositifs, il est urgent de créer, au sein de la sécurité Sociale, une cinquième branche dédiée.
POSITIONS
L’ensemble des professionnels concernés et les aidants familiaux de personnes dépendantes doivent par ailleurs pouvoir bénéficier de formations spécifiques.
Le financement des dépenses supplémentaires de la nouvelle branche de la sécurité sociale ne doit pas reposer sur les salariés, afin de ne pas pénaliser l’emploi, ni sur des retraités déjà largement précarisés et oubliés par le pouvoir.
Une conférence du financement de la dépendance pourrait être convoquée afin d’examiner le financement provenant de trois sources principales :