INTRODUCTION
Aujourd’hui, beaucoup de Français renoncent à se soigner faute de moyens. En outre, le « trou » de la sécurité sociale ne s’est jamais résorbé et menace la pérennité de notre système de soins. La santé est un bien précieux qui ne doit pas être réservé à ceux qui en ont les moyens, ou à ceux qui vivent au bon endroit. Il est de notre devoir de défendre la Sécurité Sociale et de l’améliorer sans cesse, dans un esprit de responsabilité. Il faut donc agir, pour préserver l’accès de tous les Français aux soins et combler les déficits.
ANALYSE
La multiplication des déremboursements de médicaments, la hausse du forfait hospitalier, la baisse des indemnités journalières des malades, l’augmentation de la taxe sur les complémentaires santé, etc. Ces mesures prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy ont contribué à creuser le fossé entre une santé des pauvres et une santé des riches.
Les dépenses de santé en France représentent aujourd’hui environ 11% de notre PIB. C’est beaucoup, mais contrairement à une légende souvent entendue, ce n’est pas plus qu’en Allemagne, et c’est beaucoup moins qu’aux Etats-Unis par exemple. Notre objectif n’est pas d’accroître d’une manière inconsidérée cette part des dépenses dans la richesse nationale, et il faut notamment rationaliser les dépenses et lutter sans merci contre les abus.
Néanmoins, il est important d’anticiper dès aujourd’hui que la part de ces dépenses de santé dans notre richesse nationale ne pourra qu’augmenter, pour des raisons structurelles, et que nous devrons trouver de nouveaux financements dans les décennies à venir.
La lutte contre la fraude doit permettre de diviser son coût global actuel par quatre en cinq ans, soit 15 milliards d’économies à obtenir par une action résolue, rigoureuse et mobilisant l’ensemble des services publics (caisses de sécurité sociale, médecins, collectivités, services fiscaux), sous l’autorité d’un secrétariat d’Etat à la lutte contre la fraude.
Les collectivités territoriales devront notamment contribuer à la lutte contre la fraude en communiquant toutes les informations nécessaires aux services de contrôle et en assumant toutes leurs obligations.
Une lutte plus vigoureuse contre les « arrêts de confort » et autres abus sera conduite. Les fraudeurs récidivistes n’auront plus accès aux dispositifs d’aide. Plus simplement encore : un rapport de l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) s’émouvait il y a quelques années des 10 millions de Cartes Vitale en surnombre. Supprimer les cartes frauduleuses permettrait d’économiser les consommations de soins illégales qu’elles engendrent. De la même manière, l’utilisation des Cartes Vitale légales doit être contrôlée afin que ne l’utilisent que les ayant droits et non des personnes (amis, famille lointaine) venant uniquement en France pour se faire soigner.
Enfin, une meilleure organisation du système de soins, et notamment du système d’urgences trop souvent embouteillé par des cas très bénins, sera recherchée pour écarter les abus et les dérives d’un système mal géré.
L’accès de tous à la santé suppose d’abord de garantir un maillage territorial complet de l’offre de soins. Or les territoires ruraux sont aujourd’hui les laissés pour compte de la santé, ce qui appelle à lutter contre les déserts médicaux. Il faut ainsi revivifier les territoires ruraux par une politique d’aménagement harmonieux du territoire : les services publics médicaux sont indispensables à l’attractivité d’un territoire et contribuent à son activité économique. Des centres hospitaliers et médicaux polyvalents doivent donc y être maintenus, voire créés quand la désertification médicale est trop avancée.
Il convient aussi d’inciter les jeunes médecins à s’installer à la campagne. Les professionnels de santé doivent être familiarisés avec les territoires dès leur scolarité, notamment par module territorial, comprenant un stage. L’Etat doit ainsi veiller à ne laisser aucune zone géographique sans couverture médicale.
Le numerus clausus à l’université de médecine doit être desserré, afin de réduire le recours à des personnels de santé étrangers, qui présentent souvent moins de garantie en termes de diplômes et de formation. Tout recrutement d’un personnel étranger ne doit être possible qu’après démonstration de l’absence d’un national apte.
POSITIONS
Restaurer l’équilibre des comptes sociaux en donnant la priorité aux Français…
…et en luttant contre la fraude et les abus
Dans le cadre de ce plan anti-fraude :
Assurer l’accès à une santé de qualité pour tous et sur l’ensemble du territoire
Donner une place aux malades et à leurs proches, lutter contre Alzheimer
Améliorer l’efficacité du système de soins