En règle générale, le sujet du handicap ne devient une véritable préoccupation de l’UMP et du PS qu’en période électorale. Il y a pourtant beaucoup à faire pour redresser la barre et soutenir nos compatriotes handicapés.
Les effets pervers de la décentralisation ont en effet accentué les inégalités entre les territoires. Depuis la création des Maisons Départementales du Handicap (MDPH) et l’approche pluridisciplinaire, on assiste le plus souvent à une diminution des aides sociales et la constitution de délais parfois insoutenables. Le financement partiel des équipements, le déremboursement de prestations de santé ou de médicaments condamnent un nombre inadmissible de Français handicapés à une grande précarité.
ANALYSE
Comme pour la plupart des sujets, la politique du handicap n’a que trop peu bougé dans les faits malgré les nombreux effets d’annonce.
Les dispositions de la loi de transfert de compétences aux départements ont rendu les modalités d’aide plus complexes du fait de l’approche pluridisciplinaire parfois inutilement lourde et donc souvent coûteuse.
Les décrets d’application ont tardé à être pris et de nombreuses dispositions remettent en question ces acquis, faute d’une réelle volonté politique et faute de moyens. Les choix économiques du gouvernement (politique étrangère, accueil systématique de l’immigration, AME) le contraignent à restreindre les aides aux personnes handicapées.
Le constat est sans appel : trop peu de centres pour les enfants ou adultes polyhandicapés, des délais d’attente insensés, une adaptation inadéquate aux handicaps lourds, des problèmes de transport non résolus et coûteux pour les familles, une scolarisation insuffisante des enfants handicapés (15 000 enfants non scolarisés cette année), l’AAH (allocation adulte handicapé) avoisinant les 700€ (non revalorisée malgré les promesses de Nicolas Sarkozy), entrainant une paupérisation grandissante des personnes handicapées dont 40% vivent en dessous du seuil de pauvreté, un taux de chômage deux fois plus important que la moyenne, une accessibilité encore très insuffisante y compris dans les grandes villes : les logements sociaux accessibles véritablement aménagés sont trop peu nombreux et la plupart ne sont prévus que pour une seule personne.
Quant aux logements privés, leurs loyers sont souvent hors de portée pour la plupart des personnes handicapées.
La notion de « handicap » ayant été profondément élargie par la loi de 2005, elle englobe désormais certains troubles du comportement et certaines maladies qui devraient être traités hors du champ handicap.
Pour autant, d’autres handicaps spécifiques, comme l’autisme par exemple, ne sont pas traités à la hauteur de leur importance, tant en termes de recherche médicale, que de prise en charge dédiée des enfants ou adultes concernés.
De même, la loi de 2005 met l’accent sur le droit à l’intégration scolaire, ce qu’il n’est pas question de remettre en cause. Son caractère systématique a cependant entraîné de nombreux échecs du fait que cette démarche n’est pas adaptée aux déficients visuels et auditifs, ne pouvant acquérir les techniques fondamentales adaptées à leur handicap en milieu scolaire normal. Ces techniques nécessitent (braille, langue des signes) une pratique quotidienne soutenue. Beaucoup d’élèves handicapés connaissent donc un retard cumulé sur plusieurs années, et ce de manière irréversible
La perte ou le manque d’autonomie, les incapacités, diverses dans leur sévérité, peuvent être partiellement ou presque entièrement «compensées » par certaines aides permettant de retrouver un niveau de mobilité et d’autonomie relatif.
Les aides aux handicapés ne sont pas seulement la compensation d’un inconvénient matériel plus ou moins grave. Il s’agit au contraire de permettre aux personnes handicapées de mener une vie normale, humaine, alors qu’en l’absence de telles aides morales et financières, elles se trouvent condamnées à une existence parfois végétative.
Le rapport 2010 du CNCPH (Conseil national Consultatif des Personnes Handicapées) prend acte cependant de certains progrès accomplis mais souligne avec fermeté les retards ou les reculs des pouvoirs publics dans la mise en œuvre de la loi de 2005. Il formule des propositions pour la plupart raisonnables et qui devraient pouvoir être suivies, pourvu qu’on s’en donne les moyens, qu’on mette fin aux gaspillages et surtout qu’on fasse preuve d’une véritable volonté politique de solidarité nationale envers nos compatriotes handicapés.
POSITIONS
Définir clairement le handicap
Un meilleur soutien aux personnes handicapées et à leurs proches, une lutte renforcée contre la fraude
Le handicap dans son milieu, et en milieu scolaire
Miser sur les nouvelles technologies pour aider les personnes handicapées