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Aménagement du territoire

Un espace français équilibré

La France possède un vaste territoire riche de ses diversités. Véritable carrefour stratégique en Europe, il constitue un atout précieux à condition que son aménagement soit l’objet d’un projet véritable, reposant sur une volonté politique pour le désenclaver et le valoriser. Les zones rurales en particulier, victimes de la négligence des pouvoirs publics et de l’affaissement du réseau de services publics méritent une attention renforcée. La ruralité d’une manière générale doit devenir un axe fort de la politique impulsée au niveau national, en association avec l’action locale des collectivités. L’État stratège doit se doter d’une vision ambitieuse d’aménagement du territoire, de soutien à la ruralité et se donner les moyens de la mettre en œuvre.

 

ANALYSE

Depuis des décennies, la logique ultra libérale qui dirige l’Union européenne et qui s’impose à des gouvernements nationaux complices démantèle le substrat des équipements qui assuraient l’équilibre entre monde urbain et monde rural.

La désindustrialisation de la France a privé bien des régions rurales d’emplois industriels dans des PME et des PMI, et vient s’ajouter à la diminution considérable du nombre d’agriculteurs. Le monde rural, sur lequel s’est construit la France pendant des siècles, s’en trouve légitimement désemparé. Au lieu d’engager une politique pour donner un autre destin à nos territoires, Nicolas Sarkozy accentue ces abandons et ces renoncements. L’État ne joue plus son rôle de régulation et de compensation, mais au contraire ferme écoles, tribunaux d’instance, gendarmerie, hôpitaux, bureaux de poste, comme si nos espaces ruraux n’étaient plus dignes d’accueillir les services publics. La disparition progressive des petits commerces et des bureaux de Poste constitue en particulier un traumatisme important dans le monde rural.

Alors que la crise du logement sévit dans la région parisienne et dans les métropoles régionales, de vastes espaces, dotés parfois d’un bâti de qualité qui ne demanderait qu’à être entretenu ou rénové, sont laissés en déshérence. Rappelons qu’en parallèle d’une politique d’aménagement du territoire ambitieuse, aucune amélioration tangible ne peut exister dans les zones rurales sans création d’emploi et sans revitalisation du tissu économique. La revitalisation de nos campagnes dépend aussi du réarmement de la France dans la mondialisation et de sa capacité à réindustrialiser le pays dans son ensemble. La politique de réindustrialisation du pays peut permettre de redonner de l’emploi aux zones rurales, à condition d’éviter de concentrer les installations industrielles en périphérie des grandes agglomérations.

Pour accompagner cette politique de redynamisation économique des territoires ruraux, il faut que la vie sociale qui y existe encore soit maintenue et qu’une politique volontariste soit engagée par l’Etat pour accompagner les collectivités locales et notamment les petites communes dans le soutien à l’artisanat et au commerce de proximité.

Les réseaux de transports ont dans ce cadre une importance majeure, dans la mesure où ils permettent d’assurer partout le désenclavement. Le rail en particulier joue un grand rôle dans l’aménagement du territoire. L’évolution du statut de la SNCF, dictée par Bruxelles, doit ainsi être rejetée, dans la mesure où elle impacte négativement la desserte des petites gares de campagne jugées non rentables. Il convient par ailleurs d’assurer une grande complémentarité entre les lignes à grandes vitesse et les régionaux.

Le train est aussi une alternative au « tout camion », mode de transport dont les conséquences sont dramatiques : encombrement des autoroutes, accidents, pollution… Il convient, grâce au ferroutage et au transport fluvial de diminuer le volume des marchandises transportées sur autoroutes. Ce n’est pas parce que la France est traversée par les grands axes d’Europe occidentale qu’elle doit en subir les servitudes sans réagir.

POSITIONS

  • Dans le cadre de la Planification Stratégique de la réindustralisation du pays que nous mettrons en œuvre, les zones rurales feront l’objet d’une attention toute particulière afin que les filières industrielles recréées y déploient une part significative de leur activité.
  • Un moratoire sera décidé sur la fermeture des services publics dépendant de l’Etat en zones rurales, et leur rétablissement dans les régions les plus délaissées sera un objectif du quinquennat dans la mesure où la situation budgétaire le permettra.
  • Dans le cadre de la redéfinition de la politique agricole française, la PAF, sera créé un Fonds d’intervention pour la campagne afin de revaloriser les zones rurales en difficulté et de réduire les inégalités entre les territoires.
  • Le desserrement du numerus clausus pour les études médicales participera au repeuplement des déserts médicaux ; une évaluation des conditions de travail des médecins généralistes de campagne sera engagée dès le début du quinquennat ; la politique hospitalière quant à elle intègrera systématiquement la contrainte du kilométrage à parcourir pour les populations les plus isolées dans la redéfinition de la carte hospitalière.
  • L’accent sera porté sur le développement du tourisme vert, en partenariat avec les collectivités territoriales.
  • Le transport fluvial sera favorisé.
  • Le renforcement du rail visera à une complémentarité entre les lignes à grande vitesse et les réseaux régionaux. L’Etat reprendra progressivement la compétence du transport, largement abandonnée aux régions dans le cadre d’une décentralisation non maîtrisée.
  • Le rapprochement entre la SNCF et RFF permettra de mettre progressivement fin à l’absurde séparation entre ces deux entités complémentaires. Cette séparation a été imposée par l’Union européenne au nom d’une « concurrence libre et non faussée » qui n’a causé que désastres et catastrophes dans le domaine ferroviaire dans les pays où elle a déjà été appliquée (on pense en particulier au Royaume-Uni où les accidents mortels de train se sont multipliés).
  • Le permis de conduire à points sera supprimé et les contraventions et délits seront sanctionnés par les peines qui seront intégrées au code pénal. L’annulation ou la suspension du permis de conduire devra être prononcée par le tribunal compétent.