Défense

Retrouver les moyens de notre indépendance

Une défense nationale au service d’une ambition : protéger la France, défendre la liberté des nations

La France est l’une des cinq premières puissances diplomatiques et militaires du monde. Or, nos gouvernements ne considèrent plus la Défense nationale que sous l’angle des économies budgétaires, ou bien de la participation à des interventions multinationales souvent hasardeuses, et dans lesquelles l’intérêt national n’est pas évident. Parce qu’il ne peut y avoir de grande Nation sans grande armée, notre politique de défense se doit d’être à la hauteur de notre ambition nationale et internationale.

 

ANALYSE

En pourcentage du PIB, notre effort de défense n’a jamais été aussi faible. Il est passé de 3,6% à la fin des années 80 à moins de 1,6% aujourd’hui – alors même que le gouvernement multiplie les interventions extérieures, qui engagent 12 500 soldats hors de nos frontières. En 2010, il a imposé une réduction supplémentaire de 3,6 milliards, rendant impossible d’atteindre l’objectif des lois de programmation destinées à maintenir la cohérence de notre système de forces.

Il était prévu 377 milliards sur 2009-2020, il va manquer 25 milliards. Nous désarmons alors que le monde réarme de toutes parts, selon une augmentation moyenne de 6% par an des crédits militaires.

 

Le plan de réduction d’effectifs de 54 000 hommes sur 5 ans (17% des effectifs) limite à 10 000 hommes le contingent opérationnel pour la défense du territoire. Nombre d’équipements et matériels sont en fin de vie, nombre de soldats en fin de contrat ne sont pas reconduits au risque de nous priver d’hommes d’expérience ; les crédits affectés au maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels comme à l’entraînement des forces arrivent à un seuil critique, mettant en danger nos soldats sur le terrain.

Après 40 ans de réduction, la France franchit le seuil critique en deçà duquel l’instrument militaire ne répond plus aux objectifs pour lesquels il fut conçu, la défense de nos intérêts vitaux et pour commencer celle du territoire.

Un changement de cap est désormais impérieux.

 

POSITIONS

• Recentrer notre stratégie et assurer notre indépendance. Il faut que la France soit en mesure de défendre par elle-même ses intérêts et de garantir sa sécurité. Pour cela, il faut dénoncer la participation de la France au commandement intégré de l’OTAN.

• Revenir à un effort de défense suffisant en parvenant progressivement sur cinq ans à 2% du PIB nécessaire à la pérennité des programmes, à la modernisation des matériels et au maintien des effectifs.

• Réaffirmer et préciser notre concept de dissuasion nucléaire, laquelle demeure le fondement de notre stratégie de défense, la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance nationale.

• Assurer en priorité la protection du territoire national et la sécurité des Français. A ce titre, les forces assurant le contrôle de nos espaces maritimes et aériens, et celles assurant la sécurité intérieure doivent bénéficier de moyens en hommes et en équipement à la hauteur de leur rôle.

• Organiser une Garde Nationale de 50.000 réservistes hommes et femmes, sur l’ensemble du territoire (Outre-Mer compris) et mobilisable dans un bref délai.

• Reconstituer les filières industrielles de la Défense, notamment en coopération avec certains partenaires européens, y compris la Russie. Un tel effort sera bénéfique pour l’économie du pays et les nombreuses entreprises du secteur.

• Au premier rang de nos intérêts dans le monde figure l’intégrité de nos DOM-TOM dans lesquels il est légitime de maintenir une capacité de défense d’au moins un régiment par territoire.

• Sur le plan des matériels, les programmes en cours de modernisation des équipements seront poursuivis et de nouveaux programmes stratégiques seront lancés, en priorité dans le domaine spatial, où les compétences enviables que la France avait acquises dans les 25 premières années de la Vè République sont aujourd’hui en jachère, notamment la coopération franco-russe en ce domaine doit être relancée.

• Face à la montée en puissance des marines asiatiques, et compte tenu de notre espace maritime (le deuxième après les États-Unis), un effort s’impose quant à nos bâtiments de surface, nos sous-marins d’attaque, et un deuxième porte-avions.

Au-delà de sa seule dimension militaire, la politique de la mer, sera, pour la France de demain, une priorité absolue. Les sources d’énergie, mais aussi d’alimentation du futur sont dans les mers et les océans. Les enjeux de souveraineté maritime de l’Arctique jusqu’à l’Antarctique, vont se radicaliser, d’où le caractère crucial d’une puissante flotte de guerre française. Nos territoires d’outre-mer, notre tradition de droit international, nous prédisposent à devenir une puissance de médiation dans le domaine maritime.