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300 mesures pour la renaissance de la France
ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.
IV MER ET OUTRE-MER : RAYONNER DANS LE MONDE
Le constat du FN :
LA FRANCE DU LARGE ABANDONNÉE
ABANDON D’UNE RICHESSE EXCEPTIONNELLE
Depuis 30 ans, les gouvernements succcessifs ont mené à l’égard
des départements et des territoires d’outre-mer une politique d’abandon
officieuse qui cache mal leur intention de s’en débarrasser de manière
définitive : leur désintérêt pour la France du large coïncide avec
l’inexistence de toute politique maritime. Le rapporteur spécial
du budget de l’outre-mer à l’Assemblée nationale (loi de finances
2000), parle même de “tableau bien sombre”.
Les atouts de notre pays sont pourtant considérables : que la puissance
vienne de la mer est une donnée stratégique constante, de la thalassocratie
athénienne d’hier aux États-Unis d’aujourd’hui. Ses possessions
d’outre-mer permettent à la France d’être présente dans les trois
grands océans de la planète et, par là, d’être partie prenante aux
évolutions géo-stratégiques du monde. De plus, ce formidable patrimoine
de richesses étonne, autant par sa diversité que par son absence
de mise en valeur.
Le potentiel qu’offrent les terres de l’outre-mer français, relais
possibles d’une expansion culturelle et économique de l’Europe dans
le monde (c’est parce que la Guyane est française que la fusée Ariane
peut être lancée avec le maximum de chances de succès), est quasiment
inexploité. Notre outre-mer représente :
- un peu plus de 2 millions de Français ultramarins,
- 559.000 km2 d’îles et de terres continentales outre-mer pour 551.000
km2 en métropole,
- 10,2 millions de km2 de zone économique exclusive (334.000 km2
pour la métropole),
- une répartition de la présence française dans l’Atlantique, l’océan
Indien et le Pacifique.
Que fait-on de ces atouts extracontinentaux ? En réalité, ballotés
entre nos remords “colonialistes” et un euromondialisme qui nous
aligne sur les intérêts anglo-saxons, nous n’en faisons rien, d’autant
que nous voulons appliquer à l’outre-mer des règles qui ne sont
valables que pour l’Europe. Trop absorbés par le quotidien et leurs
échéances électorales, nos responsables politiques se révèlent d’autant
plus incapables d’élaborer une stratégie globale pour l’outre-mer
de la France qu’ils projettent aussi sur lui des fantasmes de nature
idéologique.
Aucun homme politique de l’Établissement n’a songé à expliquer à
nos compatriotes l’enjeu que représente l’outre-mer et par là notre
présence au monde (nous sommes l’un des très rares pays à bénéficier
de ce privilège). Voilà qui illustre parfaitement le manque d’ambition
et, plus encore, le caractère annexe, voire inutile, de notre outre-mer
pour beaucoup d’entre eux. Il est significatif que les candidats
à la présidence de la République, par exemple, ne se rendent outre-mer
qu’à l’occasion de cette campagne électorale.
Lorsque la convention internationale sur le droit de la mer (Montego
Bay, 1982) a permis aux États riverains des océans de porter à 200
milles nautiques leur “territorialité maritime”, elle a offert à
la France un atout extraordinaire. Grâce à cette nouvelle frontière
de souveraineté, notre pays s’est en effet retrouvé à la tête d’un
“empire” marin fabuleux. Quand on sait que l’exploitation des océans
et la maîtrise des ressources liquides, continentales et maritimes,
constitue déjà aujourd’hui, et plus encore demain, un enjeu stratégique,
alors que l’économie mondiale implique toujours plus d’échanges
et de transports, comment s’étonner que la “dimension océanique”
soit devenue l’enjeu d’une compétition entre les grandes puissances
? Selon certains, dans les prochaines décennies, l’essentiel des
ressources économiques nécessaires aux activités du monde proviendra
des océans.
A un pays comme la France, propriétaire d’un réservoir marin de
10 millions de km2, contenant des matières nutritives, minérales
et énergétiques, cette dimension confère le rang de puissance mondiale,
même si l’exploitation des richesses à grande profondeur demeure,
aujourd’hui encore, du domaine de la virtualité.
LE LÂCHAGE ET LE DÉSORDRE
Mer et outre-mer représentent potentiel et richesses pour la France
: les gouvernements successifs y répondent par le lâchage et le
désordre.
Il y a, tout d’abord, l’arrêt des tirs nucléaires expérimentaux
en Polynésie, confirmé par Jacques Chirac dès son accession à la
présidence de la République, qui a fait douter de la volonté de
la présence à long terme de la France : pourquoi la France continuerait-elle
à conserver ces atolls s’ils ne lui servent à rien se disent des
puissances, riveraines ou non, qui sont prêtes à nous y remplacer
!
Les départements et territoires d’outre-mer, bien plus encore que
la métropole, sont confrontés à “une immigration clandestine endémique”,
comme le reconnaît le rapport parlementaire précité, particulièrement
grave en Guyane (30.000 clandestins pour 160.000 habitants), dans
les Antilles, en particulier l’île franco-hollandaise de Saint-Martin,
à la Guadeloupe (multiplication de la population étrangère par deux
en 4 ans) et qui commence à faire son apparition à la Réunion (immigration
venue des Comores).
L’application des lois et la répression des crimes et délits semblent
absentes de notre outre-mer. La zone Antilles-Guyane présente une
situation géographique propice au trafic de drogue : elle est en
effet située entre les régions de production (Amérique centrale
et du sud) et les régions de consommation (Amérique du nord et Europe).
Le trafic de “crack” connaît une progression exponentielle dans
les départements français d’Amérique, particulièrement en Martinique
où ont été réalisés 92% des saisies de l’année 1999 et où les vols
à main armée et les vols avec violence qui y sont liés, ont augmenté
de 31%.
La lutte contre le blanchiment d’argent marque le pas, notamment
en raison de la présence des îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy,
qui, soumises à régime particulier, permettent toutes sortes de
trafics financiers liés à la drogue. Ces atteintes à la souveraineté
et à la sûreté intérieure sont d’autant plus facilitées que les
“évolutions institutionnelles” autorisent à penser que la France
se désengage en douceur, mais de manière continue et inéluctable.
Les nouveaux accords de Nouméa (mai 1998) ont définitivement entériné
l’indépendance à terme de l’archipel, tout en instituant une “préférence
locale” que l’on refuse en métropole, mais qui revient à empêcher
les Français de travailler en Nouvelle-Calédonie ! Pour obtenir
la signature de cet accord par le FLNKS, l’État français a accepté
de financer un projet très aléatoire, compte tenu de la surcapacité
chronique du marché mondial, d’usine de transformation du minerai
de nickel, et très coûteux pour les finances publiques (5 à 6 milliards
de F.).
L’État français en a confié la réalisation et l’exploitation à la
société canadienne Falconbridge... qui a acquis la mine correspondante
à un bon prix au terme d’un échange de sites organisé par l’État
(ERAMET/SLN) avec la province du sud, le tout par l’intermédiaire
d’une société de droit anglo-normand basée à Jersey, paradis fiscal
! Comme le relève un rapport parlementaire, cette opération préjudiciable
aux finances publiques, va surtout augmenter les réserves d’une
multinationale minière en lui permettant de spéculer à sa guise
sur les marchés des matières premières.
A Mayotte, le gouvernement français a renoncé à un statut départemental
demandé par la population ; il a d’abord répondu par le silence
au soulèvement de l’île d’Anjouan toute proche demandant son rattachement
à la France puis a confié la résolution de cette crise à l’OUA (Organisation
de l’Unité Africaine), qui s’est empressée de soutenir les prétentions
du gouvernement des Comores. Le gouvernement français fait aussi
pression, à Wallis-et-Futuna, sur les chefferies traditionnelles
pour qu’elles acceptent un relâchement des liens avec la France.
L’EFFONDREMENT ÉCONOMIQUE, CAUSE
PAR “L’EUROPE” DE BRUXELLES
La très grave crise économique qui touche tous les territoires d’outre-mer
est le résultat d’une politique de capitulation. L’intégration des
territoires ultra-marins français dans le traité de Rome était déjà
difficile, compte tenu des différences structurelles existant entre
l’outre-mer français et nos principaux concurrents européens. Cette
“intégration” aurait néanmoins pu réussir si l’Europe avait appliqué
strictement la préférence communautaire, d’autant plus impérieuse
à l’égard de nos DOM-TOM que nous sommes, d’une part, le seul pays
de l’Union européenne à avoir ce type de territoires et que d’autre
part, souvent mono-producteurs de produits agricoles de base, ils
ont pour seul débouché commercial l’Europe, puisque les États-Unis
tiennent le reste des marchés mondiaux (trusts Del Monte, United
Fruit...).
Le libre-échangisme effréné de l’Union européenne a détruit le fragile
équilibre qui existait dans ces territoires, le tourisme ne pouvant
être la seule ressource propre à permettre un développement économique
local sain. La banane antillaise ou l’ylang-ylang de Mayotte sont
les témoins exemplaires de cette évolution. La mondialisation du
marché des produits de base ou agricoles comme les coûts de main
d’œuvre dans notre outre-mer qui, bien qu’inférieurs à ceux de la
métropole, sont très supérieurs à ceux des pays qui les entourent,
accélèrent la destructuration économique de ces territoires français.
En réalité, le traité de Maastricht – le traité d’Amsterdam n’a
fait que le confirmer – a implicitement liquidé la spécificité ultra-marine
de la France, dans l’attente du largage complet : la France étant
le seul pays de l’Union européenne à posséder des territoires ultra-marins,
la chose est d’autant plus facile qu’elle n’a pas su (... ou pas
voulu) en valoriser l’atout auprès de ses partenaires.
Comme en métropole, mais de manière encore plus grave, cela se traduit
en termes de chômage pour nos compatriotes d’outre-mer.
Comme le relève l’INSEE :
- 35,7% de la population active de la Réunion est sans emploi,
- 28,8% de la population active de la Guadeloupe est sans emploi,
- 30,3% de la population active de la Martinique est sans emploi,
- 21,4% de la population active de la Guyane est sans emploi, alors
que le chômage ne touche, officiellement, que 10% environ de la
population active métropolitaine. On sait aussi que le nombre de
RMIstes est proportionnellement plus important outre-mer qu’en Métropole
: 118.000 sur 1.112.000 foyers allocataires.
L’application, sans discernement ni mesure d’adaptation spécifique,
de la décentralisation Defferre (1982) a engendré un clientélisme
qui exploite la pénurie, débouchant sur une corruption généralisée
et la formation de maffias, les élus locaux étant de plus en plus
souvent impliqués dans des affaires de corruption et de trafics
d’influence (Réunion, Guadeloupe, Guyane).
En Martinique, en Guyane, en Guadeloupe, à la Réunion, les collectivités
locales (région ou départements, communes) sont dans une situation
financière des plus dégradées (endettement double de la moyenne
nationale). Le budget de la Guadeloupe est sous tutelle depuis 1996.
A la dérive des dépenses courantes, notamment de personnel, s’ajoute
une augmentation incontrôlée des investissements, alors même que
depuis 1993, les recettes ont été multipliées : passage de 1 à 2,5%
du droit additionnel à l’octroi de mer, taxe spéciale sur les carburants
et taxe d’embarquement.
Les mécanismes de défiscalisation (3 milliards de F par an) ont
profité à des investisseurs métropolitains ou étrangers et ont entraîné
un suréquipement touristique et immobilier difficilement résorbable.
Cela n’a pas empêché le gouvernement Jospin d’augmenter de manière
très spectaculaire (multiplication des crédits par quatre pour Martinique
et Guadeloupe et par dix pour la Guyane), les contrats de plan État-régions
d’outre-mer (2000-2006).
Submersion démographique, valse-hésitation institutionnelle faisant
douter de la présence française, effondrement économique, conflits
sociaux violents et quasi-permanents (plus 40% de journées de travail
perdues d’une année sur l’autre à la Guadeloupe), action des lobbies
et ingérences étrangères, perte de la sécurité, mèneront en fin
de compte l’esprit public dans l’outre-mer là où on veut le voir
aboutir : à revendiquer “l’indépendance”.
L’outre-mer est inséparable de la mer, on le sait. Sur ce plan,
c’est aussi l’abandon. Ce désintérêt volontaire a eu pour conséquence
indirecte une catastrophe maritime comme celle causée par le naufrage
de l’Erika qui a souillé les côtes atlantiques françaises à la fin
de l’année 1999.
La France ne s’est ni donnée les moyens de surveiller le “rail”
d’Ouessant, ni dotée d’une flotte nationale de transport d’hydrocarbures
: il est vrai que les profits d’ELF ont été utilisés à de toutes
autres fins que la sécurité de l’approvisionnement énergétique de
la France ! La flotte française de commerce est au 27e rang mondial
(!) avec 209 bateaux, tandis que la flotte de pêche, dont la “casse”
est encouragée par “l’Europe bleue”, poursuit sa chute : 5 900 bateaux
au 31 décembre 1999 contre 8 651 fin 1990. Nous avions près de 20
000 marins-pêcheurs en 1990, un peu plus de 16 600 en 1999.
La situation des ports français, selon un aveu officiel, est très
menacée : une part d’autant plus importante de nos échanges extérieurs
est acheminée par des ports étrangers car depuis l’abolition des
contrôles aux frontières, “il n’existe plus d’indicateur parfaitement
fiable pour mesurer les parts de marchés prises par les ports étrangers
sur le commerce extérieur français”. Ainsi, le port de Rotterdam
enregistre-t-il à lui seul un trafic annuel équivalant à celui de
l’ensemble des ports français (314 millions de tonnes).
Les principes :
LA FRANCE, PUISSANCE MARITIME ET D’OUTRE-MER
Seul pays du monde occidental – États-Unis exceptés – à posséder
des terres de souveraineté dans les trois grands océans du monde,
la France dispose d’un capital géo-stratégique exceptionnel grâce
à son outre-mer comme avec sa zone économique exclusive : elle doit
les mettre en valeur. Quatre défis doivent être relevés.
LE DÉFI DE LA SOUVERAINETÉ
L’outre-mer français donne à la France une dimension planétaire
en la faisant bénéficier du troisième domaine maritime mondial.
La France doit affirmer haut et fort, dans les instances internationales,
sa souveraineté sur les terres françaises de l’océan Atlantique,
des Caraïbes, de l’océan Indien, de l’océan Pacifique ainsi que
sur les îles australes. La France doit s’opposer à toute politique
qui vise à remettre en cause ses intérêts nationaux et l’influence
de sa civilisation dans des continents où elle est présente, parfois
depuis des siècles.
LE DÉFI DE LA PUISSANCE MARITIME
L’outre-mer offre des relais océaniques permettant de contrôler
les routes maritimes vitales pour l’approvisionnement de la France,
mais aussi les richesses potentiellement exploitables des fonds
marins. Il permet à la France d’être présente sur tous les océans
et sur tous les continents, pour y faire valoir ses intérêts et
protéger ses nationaux mais, plus encore, pour y être porteuse d’une
civilisation qui n’est pas exclusivement marchande comme peut l’être
la présence anglo-saxonne. Les possessions d’outre-mer sont pour
la France la condition de sa perennité comme puissance et la garantie
de la fidélité à sa vocation de toujours. C’est la raison pour laquelle
la France doit disposer d’une marine nationale puissante et moderne,
disposant des moyens d’une présence permanente à la mer et de capacités
d’intervention suffisantes.
LE DÉFI DE L’ORDRE PUBLIC
L’autorité de l’État doit être restaurée et respectée sur l’ensemble
du territoire national, dont les départements et territoires d’outre-mer
font indissolublement partie. La décentralisation doit être revue
outre-mer pour réaffirmer le primat du représentant de l’État, le
nombre des échelons administratifs doit être réduit et les finances
locales assainies et maîtrisées. L’immigration clandestine, les
trafics de drogue et le blanchiment d’argent sale, la corruption
doivent être, comme en métropole, exemplairement frappés, à la fois
pour trancher avec le laxisme des États proches et pour ôter tout
argument à l’indépendantisme.
LE DÉFI DE LA PROSPÉRITE
Le libre-échangisme fait souffrir l’économie métropolitaine, celle
de l’outre-mer en meurt. Il est urgent de proclamer et d’appliquer
la préférence française en matières familiale, sociale, économique
et d’échanges avec la métropole et de protéger le marché national
des importations qui mettent en péril nos productions d’outre-mer.
La continuité territoriale avec la Métropole sera réellement mise
en œuvre.
Les propositions du FN :
RAYONNER
DANS LE MONDE
DÉFENDRE LE DOMAINE MARITIME FRANÇAIS
1. Donner à la Marine nationale une forte capacité d’intervention
La multiplication des crises locales redonne toute son importance
à l’outil maritime, quelque peu délaissé lors de la guerre froide.
La France doit donc disposer d’au moins deux porte-avions à propulsion
nucléaire, noyau d’une force maritime d’intervention significative,
avec son aviation embarquée et les navires de débarquement et
de soutien correspondants.
2. Créer un corps de garde-côtes et renforcer
la protection de nos côtes
La France n’a pas actuellement les moyens de faire parfaitement
respecter sa souveraineté le long de ses côtes et les règles maritimes
internationales en Manche, au large de la Bretagne ou le long
de ses côtes méditerranéennes, comme l’a prouvé l’échouage volontaire,
devant Saint-Tropez, d’un cargo chargé d’immigrants kurdes clandestins
en février 2001. La France renforcera donc ses moyens maritimes
de souveraineté ainsi que les personnels chargés de vérifier le
bon État des navires entrant ou sortant de ses ports. Elle prendra
toute mesure destinée à parer à un danger éventuel de pollution
maritime, s’il le faut de manière unilatérale.
3. Lancer un grand plan de développement
maritime et portuaire
Une politique systématique de soutien du pavillon français sera
entreprise, la gestion des investissements et des installations
portuaires étant confiée aux professions concernées. Des plans
par bassin portuaire coordonneront toutes les activités de mer,
militaire et de service public, douanes et souveraineté, commerce,
pêche et aquaculture, navigation fluviale et canaux à grand gabarit.
Ces activités seront regroupées sous une autorité ministérielle
unique (au lieu de quatre actuellement). Les navires de commerce
battant pavillon français bénéficieront d’une très large défiscalisation
et les charges sociales sur les gens de mer seront réduites.
4. Doter la France d’une flotte autonome
de pétroliers
La France, 6e importateur mondial de pétrole et dont le brut vient
pour 60% de pays situés hors d’Europe, ne dispose pas d’une flotte
nationale de transport d’hydrocarbures. Sur sa flotte actuelle
– plus que réduite –, les pétroliers sont les parents pauvres
et les plus anciens en âge. Une flotte française de transport
des hydrocarbures, correctement entretenue et remplacée à intervalle
régulier, aura pour avantage de diminuer le risque de pollution
et de donner à notre pays plus de poids pour faire appliquer des
réglementations draconiennes en matière de sécurité des navires
le long de ses côtes.
5. Promouvoir la pêche
La pêche, secteur vital pour notre auto-suffisance alimentaire,
a été sacrifiée à “l’Europe bleue”. Il est donc nécessaire de
redonner à la pêche française tous ses moyens, de défendre nos
droits de pêche, c’est-à-dire de recréer les conditions d’existence
d’une pêche nationale débarrassée des directives de Bruxelles.
Des crédits bonifiés à long terme pour l’achat ou la construction
de bateaux seront proposés aux pêcheurs artisanaux, en vue de
maintenir le plein emploi et d’améliorer notre capacité de prise.
Les acquisitions ou rachat de flottes de pêche françaises par
des pêcheries étrangères seront interdites. Le patrimoine naturel
et les réserves de pêche de notre mer territoriale seront protégés
des chalutages excessifs que pratiquent les pêcheurs de certains
pays. Les périodes annuelles de pêche seront modulées, sous la
responsabilité de la profession, pour permettre la reconstitution
de la ressource. Enfin, la fiscalité relative à la pêche sera
révisée de manière à revenir au taux moyen en vigueur dans les
autres pays européens. Le gazole sera détaxé.
ARRIMER L’OUTRE-MER A LA FRANCE
6. Réaffirmer la souveraineté et la sûreté dans l’outre-mer français
La souveraineté française sur son outre-mer n’est pas négociable
: les processus d’indépendance engagés en Nouvelle-Calédonie comme
en Polynésie seront arrêtés, et les accords de Nouméa abrogés.
L’autorité de l’État français sera rétablie à Wallis-et-Futuna.
La consistance de nos relations diplomatiques avec certaines puissances
proches (Australie, Nouvelle-Zélande) dépendra du respect qu’elles
marqueront à l’égard de notre intégrité territoriale et de leur
non-ingérence dans les affaires intérieures des régions françaises
de l’outre-mer.
Les régions françaises d’outre-mer, sous l’autorité du représentant
de l’État français pourront nouer des ententes régionales avec
d’autres entités territoriales proches sur des sujets d’intérêt
commun (scientifique, économique, commercial, climatique), à l’exclusion
des questions de souveraineté et de police. L’État agira avec
la plus grande vigueur contre toutes les formes de criminalité,
drogue, piraterie, blanchiment d’argent sale. Le droit français
de la nationalité comme les lois sur le séjour seront appliqués
aux régions françaises de l’outre-mer et l’immigration clandestine
sera refoulée sans faiblesse, avec les moyens nécessaires en personnels
et en moyens maritimes et aériens.
7. Donner un cadre institutionnel stable
à l’outre-mer français
Trois régions décentralisées seront créées, la région française
d’Amérique comprenant les Antilles, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon,
la région française de l’océan Indien regroupant la Réunion, Mayotte,
les îles Eparses et les Terres antarctiques et australes françaises,
la région française de l’océan Pacifique regroupant la Nouvelle-Calédonie,
Wallis-et-Futuna, la Polynésie et l’ilôt Clipperton. Ces régions
auront un exécutif unique, nommé par le gouvernement, investi
de la totalité des pouvoirs de souveraineté et de sécurité, et
une assemblée unique, élue au scrutin proportionnel. Elles seront
dotées des attributions des départements et des régions actuelles,
ainsi que de certaines compétences locales propres.
8. Appliquer la préférence française
outre-mer
L’équilibre des devoirs et des droits entre la métropole et les
régions françaises d’outre-mer sera assuré par la préférence nationale
qui s’applique aux Français de ces régions, en matière familiale,
d’emploi, de formation professionnelle, de rémunération et d’allocations
sociales. Des facilités seront accordées aux Français de ces régions
pour exercer leurs activités professionnelles sur place. Un effort
très important sera engagé dans les régions françaises d’outre-mer
pour permettre aux jeunes d’accéder à des métiers de haute qualification.
9. Relancer l’économie de l’outre-mer
français
Cette relance passe, tout d’abord, par la restructuration du secteur
agricole qui doit être mis en mesure de développer ses productions
traditionnelles à l’exportation et de nouvelles productions pour
diminuer les importations, par la valorisation des ressources
maritimes, de la pêche artisanale et industrielle, de l’aquaculture
et des ressources côtières. Le marché national sera protégé de
toute importation de banane non-antillaise.
L’organisation et la gestion rationnelle des ressources forestières
et minières seront mises en œuvre, tant pour permettre à la France
d’atteindre, par exemple en matière de nickel, à l’indépendance
d’approvisionnement, voire de peser sur les cours mondiaux, que
pour développer un secteur industriel local suffisamment solide.
Un inventaire scientifique des ressources des régions françaises
d’outre-mer, le développement de la connaissance des phénomènes
climatiques et géologiques seront mis en œuvre ou développés.
Une université française pluridisciplinaire sera créée dans les
Caraïbes.
Une fiscalité adaptée, par l’imposition au taux réduit de TVA
sur les échanges de biens et de services, y compris venus de métropole,
accompagnera la revalorisation économique des régions françaises
d’outre-mer. Les collectivités locales verront leurs investissements
soumis à autorisation prélable de l’État.
10. Assurer la continuité territoriale
des régions françaises d’outre-mer
L’équilibre économique et social des régions françaises d’outre-mer
passe par l’amélioration de leurs capacités d’échange avec la
métropole et le reste du monde : les liaisons aéronautiques avec
Paris pour les Français des régions françaises d’outre-mer seront
alignées sur celle du régime intérieur de métropole. Il en sera
de même du prix des communications téléphoniques. Le transport
maritime et aérien sera développé sur place et avec les territoires
voisins, au moyen de sociétés mixtes dans lesquelles les collectivités
locales pourront s’impliquer. Chaque région française d’outre-mer
sera dotée soit d’un port en eau profonde, soit d’un aéroport
de dimension internationale.
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