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300 mesures pour la renaissance de la France

ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.

II DEFENSE : PROTEGER NOTRE PATRIE


Le constat du FN :


LA FRANCE SANS DÉFENSE

La Défense est, avec la Justice, l’autre mission prioritaire de l’État, mission qui justifie et légitime son existence. Comme une évidence, le constat s’impose désormais : la France n’a plus de défense digne de ce nom. “Restructurée” par des politiciens qui ne croient pas en la France et la dissolvent dans le magma européiste, mise au service du prétendu Nouvel Ordre Mondial, notre armée sert de “bonne-à-tout-faire” à l’intérieur et de placebo humanitaire à l’étranger (60 opérations depuis 1990).

Cependant, l’expérience des dernières années l’atteste : l’indépendance de la France n’a cessé de faire l’objet d’agressions de natures diverses, démographiques avec l’immigration, économiques avec le libre-échangisme, sanitaires comme dans le cas de la “vache folle”, terroristes avec les réseaux islamistes et algériens, financières avec l’argent sale des maffias de la drogue, culturelles au travers de la colonisation audiovisuelle et du recul de la langue française.

A chaque fois, les intérêts de la France ont été mal défendus. La Défense comporte des aspects multiples et, de surcroît, entre tous ces aspects, les interactions sont nombreuses, la composante militaire n’en est qu’un élément. Cependant, la fin de la conscription (février 1996) sonne bien le glas de la politique française de défense.

LA DÉFENSE SACRIFIÉE

Les bouleversements que connut le monde après la chute du Mur de Berlin mirent les idées les plus folles dans la tête des dirigeants français, prêts à sacrifier la souveraineté, et donc la défense de notre pays, aux utopies de l’Europe des marchands et aux visées hégémoniques des États-Unis. Jamais dans l’histoire de la France, sauf peut-être pendant la guerre de Cent Ans, il n’a été aussi gravement porté atteinte aux principes de Nation et de défense nationale.
Alors que les peuples de l’est européen ont recouvré les attributs de la souveraineté, les dirigeants de la France en font l’abandon d’un coeur léger. Alors que s’éloigne le danger soviétique, ils ne trouvent rien de plus urgent que de revenir dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN que la France avait quittée (1966) quand la menace était réelle.

Certains avancent les propositions les plus aberrantes : transfert de notre dissuasion nucléaire à “l’Europe”, création d’une structure de réaction rapide de 60.000 hommes dans le cadre de la PESC (politique étrangère et de sécurité commune européenne). Les interventions se succèdent, toujours plus avant au service du Nouvel Ordre Mondial : pendant 73 jours, aux côtés de l’aviation allemande (!), l’aviation française, placée sous commandement américain, a bombardé la Serbie, commandement américain auquel on achetait des missiles mais qui... cachait aux autorités françaises des informations opérationnelles essentielles.

Plus que du souci d’adapter la défense de la France à un contexte stratégique qui a changé, la suppression du Service national et la réduction constante des budgets témoignent d’une volonté systématique de réduire les dépenses militaires “au profit d’autres secteurs de l’action publique”, selon l’expression de l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard. Cette absence de dessein politique transparaît à travers une caricature de loi de programmation qui n’organise que réductions, ajournements, coupes claires dans les programmes, qui ruinent les industries d’armement et découragent l’investissement dans la recherche. Les équipes se dissocient, le savoir-faire disparaît. Nous perdons la capacité à forger l’outil de notre indépendance.

A titre d’exemple, depuis 1990, les crédits de paiement de l’armée de terre (en francs constants) ont globalement diminué de 16,2%, les crédits d’équipement diminuant, pour leur part, de 35,5%. Les autorisations de programme en matière de munitions d’instruction poursuivent leur baisse (moins 7,6% en francs constants en 2000) et “les difficultés rencontrées pour le renouvellement des stocks et l’acquisition de munitions nouvelles pourraient conduire à réduire certaines allocations afin d’économiser les stocks existants” (rapport budgétaire 2000).

La Marine qui a dû désarmer, entre 1997 et 2000, 36 bâtiments dont deux porte-avions, un SNLE, 3 frégates et 6 sous-marins classiques, ne répond plus à sa vocation essentielle : la présence permanente à la mer. Le porte-avions Charles de Gaulle, qui a subi 46 mois de décalage en raison de retards pour un coût supplémentaire de 500 millions de F., ne disposera pas avant fin 2002 de son aviation embarquée et faute d’un second porte-avion, la France sera privée de tout groupe aéro-naval en 2004/2005 et 2010/2011 !

La Direction des constructions navales, très durement touchée par la restructuration des industries de défense, a perdu près de 10.000 emplois en cinq ans. Un rapport parlementaire avoue que les frégates livrées à l’exportation (Taïwan, Arabie saoudite) “ont bénéficié des améliorations qui font défaut à la série des frégates françaises, car ils ont été menés dans une perspective industrielle moderne et n’ont pas subi les atermoiements du programme national”.

Entre 1980 et 1998, l’Armée de l’air a dissous 18 bases aériennes. L’entraînement de ses pilotes est insuffisant puisque les pilotes de chasse français ne participent qu’une à deux fois à un exercice majeur dans leur carrière, alors que la périodicité pour ceux de la Royal Air Force est de 18 mois.

Son intervention au Kosovo doit plus à la qualité des équipages qu’à celle du matériel. Un rapport parlementaire relève : “Lorsque l’Armée de l’air s’est trouvée en deuxième ligne, c’est parce que les matériels dont elle disposait n’étaient plus à la meilleure pointe de la technologie et des conditions actuelles d’emploi”. Elle risque même d’être à court de carburant pour ses avions, son chef d’état-major ayant déclaré devant la commission de la Défense à l’Assemblée nationale : “Il conviendrait, en cours d’année, de majorer les crédits de carburant opérationnel, afin de ne pas faire dépendre l’activité aérienne et l’entraînement des forces des aléas du marché”.

On appréhendait les effets de la suppression du service militaire obligatoire mais, même les observateurs les plus pessimistes, n’auraient pu imaginer que nos armées seraient à ce point affaiblies par cette réforme. Ni le président de la République, ni le Premier ministre, n’ont réalisé qu’une armée de métier coûte non seulement beaucoup plus cher qu’une armée de conscription, mais qu’elle doit d’abord assurer son recrutement. On peut d’ailleurs contester la qualification d’armée de métier puisque la professionalisation actuelle repose essentiellement sur des contrats courts, insuffisants pour composer un corps de bataille homogène tandis que les exigences du “recrutement local” pertubent le bon fonctionnement des unités et services, comme dans la Marine, par exemple.

130 régiments et unités ont été dissous entre 1997 et 2000 et 178 autres le seront entre 2000 et 2002. L’Armée de terre a perdu près de 70.000 militaires. Par suite des restrictions budgétaires, il manque plus de 3.000 personnels civils dans l’Armée de terre, laquelle est obligée d’affecter à ces postes des militaires dont elle manque déjà cruellement. Quant à la ressource réserviste, elle est totalement tarie. C’est alors que le recrutement féminin (8% des effectifs actuels, 20% prévus dans 20 ans) est présenté comme la panacée, 82% des postes de l’Armée de terre étant d’ores et déjà ouverts aux femmes.

Quoi qu’il en soit, il avait été décidé en 1997 que l’Armée de terre devait être capable de “projeter” 100.000 hommes opérationnels mais elle ne dispose que de 60.000 soldats professionnels, sur lesquels 20.000 sont engagés à l’étranger et 20.000 prépositionnés. Il n’y en a donc que 20.000 au plus à être disponibles pour une action autonome, ce qui fait dire à son chef d’état-major, dans un bel euphémisme, que “les forces terrestres ne sont pas très éloignées de la limite de leurs capacités”. Quant au nombre de jours de sortie sur le terrain, qui se situait aux alentours de 100 par an au début des années Quatre-vingt dix, il est tombé à 70 en 1999.

L’ensemble des coups portés à notre défense, rééchelonnements ou arrêts de programme essentiels de missiles anti-chars, anti-aériens, air-air et air-sol ainsi que d’avions et d’hélicoptères, réduction du nombre des sous-marins nucléaires d’attaque, report du lancement d’un second porte-avions, démantèlement de nos industries d’armement, font aujourd’hui de la France une nation désarmée.

Les militaires subissent dans leur vie quotidienne ce dédain des politiques pour les affaires de défense. Depuis 1976, leurs conditions de rémunération n’ont cessé de se dégrader. Le pouvoir d’achat de certaines catégories d’officiers et de sous-officiers a chuté de près de 10 %, alors que les réductions d’effectifs alourdissent le poids du service.

Leur patriotisme reste pourtant intact. Un rapport parlementaire indique que pendant les évènements du Kosovo, “certains des pilotes de l’Armée de l’air ont effectué des vols de combat en zone hostile aux conditions de rémunération des vols d’entraînement”.

Ils y ont d’autant plus de mérite que le “politiquement correct” sévit jusqu’au sein de nos armées. Un ministre de la Défense s’est inquiété des “tendances militaristes” de certains élèves officiers de Saint-Cyr et l’on veut transformer le Prytanée militaire de la Flèche en vulgaire lycée régional.

MENACES PERMANENTES, MENACES NOUVELLES

Notre doctrine de défense ne prend pas en compte les menaces qui perdurent et celles qui se font jour.

Les États-Unis

Il peut sembler étonnant que l’on puisse évoquer aujourd’hui une menace venant de leur part, alors qu’il s’agit officiellement d’un allié. Outre que l’allié n’est pas forcément l’ami, les États-Unis justifient que l’on ait à leur endroit des préoccupations stratégiques. Savoir n’est pas, en soi, synonyme d’hostilité et il est logique que la France ne fasse pas une confiance aveugle à la première puissance du monde, dont les intérêts et les comportements peuvent être différents des siens, sinon hostiles sur certains points.

L’affaire du réseau Échelon en apporte la démonstration : les États-Unis espionnent leurs alliés, par le biais d’une couverture-détection électronique mondiale qui intercepte et décrypte toutes les communications. Cela permet au gouvernement des États-Unis et aux intérêts économiques qui lui sont liés, de s’approprier de manière tout à fait illicite des secrets industriels ou commerciaux dont des entreprises européennes et françaises ont eu à pâtir (Airbus, Thomson, Vivendi, par exemple).

Par ailleurs, le laxisme des États-Unis dans la lutte contre la drogue, notamment dans la mer des Caraïbes où nous avons des possessions (les Antilles françaises), faiblesse susceptible de mettre en cause notre souveraineté et notre sécurité (trafics, blanchiment d’argent, maffias criminelles armées, piraterie en mer), nécessite d’affirmer une politique autonome de notre part dans cette région du monde, sans se décharger sur une tierce puissance de nos obligations et de notre protection.

Enfin la volonté des États-Unis de déployer un nouveau “bouclier anti-missiles” (coût estimé à 50 milliards de dollars), prétendûment dirigé contre la Corée du nord ou l’Iran, a de quoi inquiéter ses alliés ou des puissances qui ne lui sont pas hostiles. Elle remet en question notre dissuasion nucléaire dont la vocation est d’être “tous azimuts”.

L’Europe

La formidable menace de l’Est communiste semble appartenir au passé, même si l’idéologie criminelle continue à inspirer bien des politiques ou des intellectuels occidentaux. Mais les risques de conflit n’ont pas disparu pour autant. Le réveil des identités nationales ou religieuses, comme en témoignent les expéditions russes en Tchétchénie, dans un Caucase en pleine ébullition, lui-même situé dans une Asie centrale qui est un réservoir humain et géologique, laisse demeurer des potentiels militaires considérables, conventionnels ou nucléaires (Kazakhstan), dans les mains de dirigeants, de partis armés ou de maffias qui peuvent devenir menaçants.

Par ailleurs, l’évolution de la Russie, puissance européenne mais aussi asiatique, ne peut laisser indifférent : humiliée sur le plan international par l’effondrement du régime communiste, profondément empêtrée dans des difficultés intérieures sans nombre, soucieuse de manifester son originalité dans le concert des nations (son attitude vis-à-vis du Golfe, par exemple), sa solidarité avec le monde slave et son hostilité au monde turco-musulman, elle n’a pas renoncé à demeurer une puissance qui compte dans le monde. Elle a pour cela, à sa disposition, un arsenal nucléaire considérable et poursuit, en dépit de ses difficultés financières, des recherches stratégiques (essais de missiles mer-terre à longue portée, par exemple).

Il est révélateur que le président Poutine (ancien officier du KGB) ait signé, en avril 2000, un décret relatif à la nouvelle doctrine militaire russe qui prévoit que “la Russie peut utiliser toutes les forces et moyens à sa disposition, y compris l’arme nucléaire, au cas où tous les autres moyens pour régler la situation sont épuisés ou se sont révélés inefficaces” (dépêche AFP, 22 avril 2000).

Le Sud

Nous entendons par “Sud” tout ce qui se situe hors d’Europe dans les pays du tiers monde. Les pays islamiques du Maghreb et de l’Orient sont au premier rang des dangers à prendre en compte par l’Occident et, particulièrement, par la France. Cette menace est sinon la première, du moins la plus proche, au moins géographiquement.

Si l’incapacité de l’islam à réaliser son unité a facilité l’intervention des pays occidentaux dans le Golfe, celle-ci n’a pas assuré définitivement la paix dans cette région du monde, qui recèle la moitié des réserves pétrolières connues et en contrôle les voies d’approvisionnement. Il est sûr que le ressentiment des pays musulmans envers l’Occident en général, et la France en particulier, est profond et durable. Il accroîtra une hostilité inscrite dans leur culture, encore aiguisée par la comparaison insupportable des conditions de vie de part et d’autre de la Méditerranée.

Imaginer que des rampes de lancement puissent être déployées à Bizerte ou à Alger, prenant en otage les populations du midi de la France ou frappant directement des villes de cette région, ne relève pas de la fiction, mais de menaces potentielles que les responsables d’une nation se doivent de prendre en compte et de parer. De plus, la dispersion des équipes de chercheurs et de techniciens de l’ancien complexe militaro-industriel soviétique, peut donner des moyens supplémentaires à certains de ces pays, alors que dans le même temps ils rachètent, tel l’lran, d’énormes quantités d’armements (avions, chars, sous-marins), bradées par les autorités russes.

La pression du Sud vers le Nord ne revêt pas encore la forme d’une agression comme celle qui aurait pu se produire en Europe avant la chute du Mur, mais la possession de moyens modernes (fusées, gaz de combat, armes nucléaires,...) acquises sur le marché noir international des armements, le terrorisme, et surtout l’action multiforme d’une avant-garde déjà implantée sur notre sol, constituent un danger croissant. La “libanisation” de la France n’est plus une figure de style ; elle s’établit dans les centaines de centres cultuels et de mosquées (plus de 1.500), répartis sur tout le territoire, comme autant de points d’appui préparant la conquête d’un pays déjà revendiqué comme “terre d’islam”.

Les différences de démographie peuvent attirer des tempêtes. En effet, le déséquilibre entre les hautes pressions démographiques du sud et les basses pressions démographiques du nord, provoqueront à nos frontières des déséquilibres tels qu’ils pourront entraîner des flux de population susceptibles de submerger la France et l’Europe : au seul rythme actuel, en 2022 les enfants d’immigrés originaires du tiers-monde représenteront plus de 50% des effectifs des enfants français de souche. Or, pour beaucoup de dirigeants islamiques, imprégnés de l’esprit du Coran, même lorsqu’ils se proclament laïcs, la vitalité biologique est une arme de guerre pour conquérir le monde.

Le sud, ce sont enfin les régions où se situent la France d’outre-mer et les pays auxquels nous sommes liés par des traités d’amitié et de défense ou parce que nous y avons des intérêts. Ces territoires nous donnent le rang de puissance mondiale. Or, un très fort pourcentage du trafic mondial se fait par voie maritime. Un chef d’état-major de la Marine nationale rappelait naguère que “trois milliards des habitants de cette terre se trouvent à moins de cinq cents kilomètres des côtes et donc à portée de toute puissance venant des océans”. On conçoit que la liberté de navigation ainsi que la possession d’escales réparties autour du globe répondent à de très nombreux intérêts... et suscitent de multiples convoitises.

Les maffias criminelles

L’ampleur des phénomènes criminels transnationaux est désormais à prendre en compte dans les questions de défense. Cela n’était pas encore le cas il y a dix ans. C’est une conséquence, une de plus et pas la meilleure, de la mondialisation. Certains bons esprits prétendront que cela postule la fin des États nationaux. Ils oublient que c’est précisément parce que bien des États nationaux sont des États virtuels, comme certains États d’Amérique du sud minés par les narco-trafiquants ou ceux dans lesquels dominent des partis armés comme en Afghanistan ou en Somalie : l’ONU reconnaît qu’une cinquantaine d’États dans le monde ne méritent pas cette appellation. Preuve supplémentaire de la nécessité et du bien-fondé de la souveraineté nationale dans le maintien de la paix.

Les phénomènes criminels transnationaux sont multiples et à bien des égards mouvants. Ils vont du trafic de drogue à la revente de matières fissiles volées, du blanchiment d’argent “sale” à l’exploitation des êtres humains (prostitution, pédophilie), des filières d’armes aux sociétés off shore, des pirates informatiques aux sectes internationales et aux fanatismes religieux organisés.

Ils dominent certaines villes ou régions, certaines économies, font et défont pouvoirs locaux ou nationaux. Ainsi, les “groupes illicites” compteraient-ils 100.000 hommes armés en Russie, selon son ministère de l’Intérieur. Autant dire, qu’à cette échelle, ils dépassent la simple police. La lutte contre ces phénomènes qui témoignent de la lente dissolution d’un ordre international stable – sur laquelle le Nouvel Ordre Mondial semble n’avoir aucune prise –, implique autant le renseignement que l’action opérationnelle. Quoi qu’il en soit, une France souveraine, qui veut se faire respecter et protéger ses ressortissants, ne peut ignorer ce phénomène : en ce domaine, c’est au politique de voir loin en avant et de préparer le pays à parer aux menaces qui peuvent survenir.

“Un homme peut faire le sacrifice de ses ressentiments ; une nation ne doit jamais faire celui de sa dignité. La propriété d’une nation est son indépendance et sa considération. Si elle vient à les perdre, elle peut être encore un peuple, mais elle n’est plus une puissance.” (Louis de Bonald).


Les principes :


ASSURER L’INDÉPENDANCE DE LA FRANCE

UNE MISSION : DÉFENDRE LA FRANCE ET LES FRANCAIS D’ABORD

La Défense nationale

c’est d’abord, par solidarité avec les sacrifices de nos pères et pour l’avenir de nos enfants, la défense de tout ce qui a fait et continue de faire notre Patrie. Il faut donc maintenir vivant le lien Armée-Nation : tous les peuples dont les citoyens s’en sont remis à d’autres pour assurer leur protection extérieure ont été balayés ou submergés. Cela implique de protéger la vie des Français et leurs biens sur notre territoire mais aussi partout dans le monde où ils sont légitimement présents. Solidaires des peuples auxquels nous lient une foi ou des origines communes, nous leur devons assistance en cas de danger : il convient de ne pas se dérober au principe qui veut que l’on aide ses amis et que l’on combatte ses ennemis. Enfin, la France respecte la personnalité de toutes les nations. Rejetant la notion de Nouvel Ordre Mondial, elle s’interdit d’aller dicter une quelconque “loi internationale”, de même qu’elle n’accepte pas que d’autres cherchent à lui imposer la leur.

UNE DOCTRINE : FAIRE FACE A TOUTES LES MENACES

Toute politique de défense définit évidemment l’adversaire (ou les adversaires). Or, avec la fin de la guerre froide, le monde est redevenu incertain et à certains égards plus dangereux.

Les menaces anciennes ont faibli, elles n’ont pas disparu : à la suite de la dislocation de l’URSS, il reste à l’est de l’Europe des stocks d’armes considérables dont la dissémination, conséquence du désordre politique, représente un danger potentiel.
L’allié n’est pas sûr et peut se révéler concurrent sans scrupules : les antagonismes entre peuples sont exacerbés par le mondialisme, dont les États-Unis sont les principaux promoteurs, souvent au bénéfice de leurs propres intérêts.

Les différences de pression démographique ont été la cause première des conflits entre les hommes. Certains pays, autour de la Méditerranée et en Afrique, connaissent aujourd’hui une croissance très rapide de leur population. Ils représentent une grave menace pour notre sécurité, d’autant qu’ils sont attisés par l’islam qui imprègne une masse d’un milliard d’hommes d’une volonté de prosélytisme et de conquête.

Enfin, des phénomènes, jadis infra-étatiques, deviennent questions de défense par l’ampleur de leurs moyens et de leurs ramifications. Les criminalités transnationales, dont la maîtrise dépasse les moyens du seul ordre intérieur, doivent désormais être appréciées en termes géo-politiques.

DES MOYENS : UNE ARMÉE PUISSANTE ET RESPECTÉE

La Défense nationale est au coeur de notre projet de gouvernement. La France doit évidemment demeurer seule à décider et à contrôler l’engagement de ses forces armées. C’est pourquoi la France doit disposer d’une défense opérationnelle du territoire apte à faire face, aux côtés du corps de bataille, à toute agression mais aussi à toute crise intérieure. La France doit disposer de moyens d’intervention extérieure pleinement autonomes, aériens, navals et terrestres significatifs. Enfin, la France doit conserver et perfectionner son arme atomique puisqu’elle lui donne les moyens de jouer un rôle géo-stratégique.



Les propositions du FN :


PROTEGER NOTRE PATRIE
REBÂTIR UNE DÉFENSE NATIONALE INDÉPENDANTE

1. Assurer l’indépendance militaire de la France


La Défense est, par nature, le bras d’une volonté nationale et d’elle seule. La France sortira donc de l’Eurocorps (dissolution de la brigade franco-allemande), comme elle refusera de participer aux opérations de l’OTAN ou de mettre des unités ou des personnels à la disposition des GIFM (groupes de forces interarmées multilatéraux) de cette organisation. Elle ne participera à des opérations de maintien de la paix que dans la stricte mesure où ses intérêts seraient en cause dans la zone d’intervention et, en aucun cas, au sein d’unités multinationales sous commandement étranger. Une telle position n’exclut évidemment pas que la France, dans le respect de sa souveraineté, participe à des coopérations à caractère technique ou procède à des échanges d’informations.

2. Développer l’esprit de défense chez les Français

Les conflits modernes accroissent le rôle des facteurs psychologiques dans les questions de défense, état de fait que les techniques de subversion et l’omniprésence des media viennent encore aggraver. Il est donc du devoir de l’État, garant de la continuité nationale, d’exalter l’amour de la Patrie et la fierté nationale, de faire prendre conscience aux Français de la fragilité de leurs libertés et de leur prospérité et de s’opposer sans faiblesse à toute intention ou action visant à diminuer l’esprit de défense à l’intérieur du pays.

3. Redonner à nos armées la considération qui leur est due

L’État se doit d’honorer, tant au plan moral que matériel, ceux des Français qui mettent leur idéal et leur vie au service de la Patrie. Le relèvement des soldes passe par une révision indiciaire substantielle, justifiée par le niveau de connaissances et de compétences exigées par la guerre moderne, ainsi que par les servitudes du métier des armes. Les campagnes de calomnies et d’antimilitarisme feront l’objet de poursuites menées avec toute la rigueur nécessaire. Les Français ayant volontairement accepté un temps de service armé verront faciliter leur accès à la fonction publique.

4. Adapter le budget des armées aux impératifs de la sécurité du Pays

L’étude des budgets militaires de la France et des grandes nations depuis 1945, conduit à penser que consacrer 4% du PIB à la Défense n’est pas un objectif irréaliste, ni un péril pour l’économie. La remise à niveau de notre effort de défense sera clairement expliquée aux Français et se réalisera au travers d’une loi de programmation décennale.

5. Reconnaître moralement et matériellement toutes les “générations du feu”

Celles et ceux qui ont risqué leur vie au service de la France, qu’ils soient originaires de métropole ou de nos anciennes possessions d’Outre-mer, ou qu’ils soient encore étrangers de la Légion, méritent la gratitude du pays, tant morale que matérielle. Les mesures suivantes seront prises :

- attribution automatique de la nationalité française à tout étranger ayant servi volontairement dans les armées françaises à l’issue de son temps de service;
- retraite à 55 ans pour les anciens combattants d’Algérie, chômeurs en fin de droits, ou pensionnés de guerre à 60 % et plus;
- attribution du bénéfice de la campagne double aux fonctionnaires et agents de l’État, anciens combattants d’Algérie;
- prise en compte par tous les régimes de retraite, sans condition d’âge, des services accomplis dans la résistance;
- maintien des taux de pension attribués aux anciens combattants de la France d’outre-mer et d’Afrique noire, malades, blessés ou mutilés, aujourd’hui réduits à un état proche de l’indigence et humiliés par des démarches qu’on n’impose pas aux “Français de papier”.

ORGANISER LA DÉFENSE INTÉRIEURE DU TERRITOIRE

6. Constituer la Garde nationale


Une Garde Nationale, composée d’une cinquantaine de demi-brigades formées de volontaires, sera constituée. Elle aura pour mission :

- de rendre plus difficile l’accès à notre territoire en cas d’agression conventionnelle;
- de servir de réservoir de personnel déjà formé pour compléter les forces armées;
- de participer au maintien de l’ordre en renfort de la gendarmerie ;
- d’assumer certaines tâches de support ou de soutien au profit des armées.

Le recrutement et l’entraînement des volontaires de la Garde Nationale comprendra trois phases: une phase d’orientation courte de type préparation militaire, une phase d’acquisition de spécialité, donnée au cours d’une période bloquée d’environ 6 mois, une phase de perfectionnement par rappel pour des périodes courtes.

7. Rendre à la gendarmerie ses missions de sécurité publique

La gendarmerie sera déchargée de la plupart de ses missions administratives, pour être réorientée, conformément à la vocation de cette arme, vers ses missions traditionnelles de sécurité et de défense.

8. Créer un organisme de défense des frontières et de lutte contre les organisations criminelles internationales

Cet organisme, équivalent du Secrétariat général de la défense nationale, permettra le regroupement sous une même autorité de responsabilités et de moyens aujourd’hui dispersés entre les forces armées, les services de renseignements, les services de police, les douanes et les services fiscaux. Il aura pour mission d’identifier les grandes filières d’immigration clandestine, de trafics de drogue, d’armes et de matières dangereuses, de mettre hors d’état de nuire les associations de malfaiteurs de type maffieux opérant sur le territoire français ou s’attaquant à ses intérêts, de démanteler la délinquance financière ou informatique transnationale.

9. Organiser une véritable Défense civile

La Défense civile doit être organisée, dès le temps de paix, pour passer sans solution de continuité, au temps de crise et au temps de guerre. Elle sera dotée des moyens de faire face :

- aux calamités naturelles : incendies, tremblements de terre, inondations...
- aux risques industriels majeurs, chimiques ou nucléaires;
- aux accidents divers, aériens, ferroviaires...
- aux conséquences d’actions de terrorisme et de sabotage.

10. Redonner un niveau réellement opérationnel aux forces de réserve

La création de la Garde Nationale et l’appel au volontariat pour les forces armées redonneront utilité et intérêt aux réserves. Ces personnels se verront dotés d’un statut de carrière calqué sur celui des personnels d’active, et affectés d’une solde équivalente à celles de leurs camarades d’active durant les périodes de rappel en activité. Les crédits d’entraînement qui leur sont destinés seront rétablis afin de maintenir constant et intact leur potentiel opérationnel.

11. Soutenir l’industrie d’armement nationale

La France ne restera réellement indépendante que si elle conserve la capacité de produire la plupart des armes nécessaires à sa défense. Cet impératif ne nous empêche évidemment pas de recourir, le cas échéant, à des coopérations avec nos alliés, notamment en vue de la production des matériels les plus courants ou de ceux qui permettent des solutions industrielles partagées.

DÉVELOPPER UNE FORTE CAPACITÉ D’INTERVENTION EXTÉRIEURE

12. Maintenir en permanence deux groupes aéronavals à la mer


La France doit, le plus rapidement possible, se (re)donner une marine nationale capable d’intervenir dans toutes les zones maritimes présentant un intérêt stratégique et d’abord au profit de notre outre-mer. A côté de ses missions de souveraineté dans nos eaux territoriales – pour lesquelles est créé un corps de garde-côtes –, et de la protection de nos communications et approvisionnements, la marine est appelée à jouer un rôle toujours plus grand dans les crises où nos intérêts ou ceux de nos alliés sont en jeu.

Pour remplir cette mission, il est impératif que la marine dispose en permanence de deux groupes aéronavals en état de prendre la mer, cinq sous-marins nucléaires lanceurs de missiles balistiques stratégiques (SNLE), une dizaine au moins de sous-marins nucléaires d’attaque, une soixantaine d’avions de combat de l’Aéronavale, des radars aéroportés, des bâtiments de lutte anti-aérienne et anti-sous-marine et de soutien logistique. Les programmes de renouvellement de l’aviation embarquée, de la flotte d’hélicoptères navalisés, de frégates légères et de sous-marins nucléaires d’attaque ainsi que le renouvellement des missiles embarqués de la FOST (force nucléaire océanique stratégique) seront accélérés. Les capacités de transport et de mise à terre de la marine nationale seront considérablement renforcées.

13. Adapter nos armes nucléaires à la nouvelle donne stratégique

Il est indispensable de reprendre et d’accélérer notre programme de simulation d’explosions nucléaires. Chacune de nos armées aura sa propre composante nucléaire. C’est la raison pour laquelle il faut maintenir en l’état le site du plateau d’Albion (menace du sud), les vecteurs aéroportés et les sous-marins lanceurs d’engins nucléaires (SNLE) qui demeurent, encore aujourd’hui, l’arme quasi-absolue de la dissuasion.
S’il paraît nécessaire de garder les armes nucléaires anticités, comme le font d’ailleurs les autres puissances nucléaires (États-Unis ou Russie, par exemple), il est également nécessaire de développer des armes nucléaires miniaturisées, à effets collatéraux réduits ou non, susceptibles d’emploi antiforces. Plus précises et moins puissantes, les armes nucléaires deviennent alors aussi plus dissuasives : leur emploi restera néanmoins toujours soumis à décision du chef de l’État.

14. Doter nos forces de moyens aériens de projection à longue distance

La flotte de transport aérien militaire sera modernisée avec pour objectif de transporter deux régiments dont un blindé à 5.000 km en 24 heures, puis d’assurer sa logistique. Ces mêmes avions de transport devront disposer de capacités de ravitailleurs en vol nécessaires aux actions offensives des forces aériennes nucléaires ou conventionnelles.

15. Créer une force terrestre d’intervention solide et très entraînée

Notre Armée de terre sera structurée autour d’une Force d’intervention terrestre polyvalente d’une dizaine de grandes unités, particulièrement bien équipées en hélicoptères de combat, en missiles antichars et antiaériens, en blindés moyens et légers, y compris pour la division parachutiste et les troupes de marine. Cette force sera aussi en mesure de faire face aux menaces apparaissant au-delà de nos frontières. Nos unités de combat, composées d’un personnel de métier engagé de longue durée, seront dotées des effectifs (200.000 hommes opérationnels) et des matériels destinés à leur permettre de faire face avec succès à leurs engagements : l’infanterie demeure indispensable pour contrôler le terrain et réduire définitivement les oppositions. Le recrutement féminin sera limité à 5% des effectifs, hors formations combattantes.

16. Améliorer la surveillance par satellites-radar

Le lancement de satellites-radar viendra compléter le dispositif des satellites à vue directe afin de disposer d’une défense anti-missiles destinée à mettre à l’abri l’ensemble du territoire national.

17. Accroître les moyens opérationnels de nos forces aériennes

Les forces aériennes, précieuses pour des opérations de neutralisation ou de rétorsion, permettent de frapper fort, instantanément et sans risque d’enlisement. Avec six escadrons nucléaires et une vingtaine d’escadrons polyvalents, il est possible de faire face aux missions, à condition de disposer d’un parc modernisé de 400 avions de combat en ligne. L’entraînement des pilotes de chasse sera calculé sur un minimum de 200 heures/an.

18. Développer les moyens de renseignement et l’intelligence économique

Un effort très important doit être consenti au profit de la DGSE, des satellites de reconnaissance et de tous les systèmes d’information et de commandement, ainsi que sur les moyens d’écoute et d’analyse des télécommunications. La surveillance des potentiels militaires et industriels revêt aujourd’hui pour la France une importance vitale.


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