Le FN Le FN Le FN Agendas Documents Multimédia Militantisme Liens
ProgrammeArgumentairesQuestions fréquentesInterventionsBiographieArchives

Télécharger en pdf     Le Programme


 Introduction



IDENTITE


SOUVERAINETE

SECURITE

PROSPERITE

FRATERNITE

LIBERTE


Inscrivez-vous à notre liste de diffusion
 
Inscription Désinscription
300 mesures pour la renaissance de la France

ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.

III ENTREPRISE : LIBERER L'INITIATIVE


Le constat du FN :


L’ HOSTILITÉ À LA LIBRE-ENTREPRISE
LES SEPT PLAIES DE L’ENTREPRENEUR

Le parcours du combattant de la création


La “mortalité” des entreprises est excessive en France. Beaucoup se créent mais ne parviennent pas à survivre. Et parmi celles qui franchissent ce cap, trop sont décimées aux moments-clés de leur existence (croissance, cession, transmission). Selon le ministre de l’économie et des finances lui-même, les formalités de création d’entreprise sont encore “complexes et coûteuses”. Le taux national de défaillances des entreprises varie de 13 à 16% par an, mais il varie plus fortement encore dans certaines régions ; en Allemagne il n’est que de 3 à 4,5%. En règle générale, sur les 270 000 entreprises créées par an, 40% environ auront disparu trois ans plus tard.

L’étatisme français – comme l’appareil fiscal et réglementaire qu’il a sécrété – considère l’entreprise comme un distributeur automatique d’emplois, de salaires et d’impôts. Il est très largement indifférent au contexte, aux perspectives et aux contraintes économiques dans lesquelles elle s’inscrit. Il prend son pourcentage des bénéfices mais est aux “abonnés absents” dans les difficultés.

Le manque de fonds propres

C’est le problème permanent qui se pose dans les entreprises qui ne peuvent faire appel au marché de capitaux. Sur un plan général, la responsabilité en incombe au caractère excessif de la ponction opérée sur l’épargne par les collectivités publiques, l’État au premier rang, les grands investisseurs français et internationaux ensuite. On ne dira jamais assez, sur ce point, la nocivité des “dynasties bourgeoises” qui croisent placements à l’État pour financer son déficit et qui en retirent commandes et prébendes. Tout cela se fait au détriment de l’entrepreneur véritable.
Ses besoins sont cependant limités : 80% de ceux qui ont investi et perduré se sont lancés avec... 50 000 F.

Mais les grands réseaux (les “zinzins”, investisseurs institutionnels, souvent très proches de l’État comme la Caisse des dépôts et consignations ou les Caisses d’épargne) qui drainent l’épargne individuelle, sont aussi en cause : trop souvent leurs placements “sans risques” servent à éponger les déficits publics et leurs placements “à risques” bénéficient exclusivement aux grandes entreprises nationales ou aux établissements financiers.

Le matraquage fiscal

Exclue du recours au marché financier, l’entreprise petite ou moyenne se trouve au carrefour de la fiscalité des entreprises et de la fiscalité des particuliers. Cette observation est vraie pour tous les types d’entreprise, notamment en raison de la fiscalité qui frappe les placements financiers. Mais l’entreprise qui ne peut avoir recours aux titres placés dans le public est cependant bien plus sensible à celle qui frappe les patrimoines et les revenus des particuliers, car les ressources propres du créateur ou de ses proches sont, en pratique, sa seule source de financement.

Dans ce contexte, on l’a vu, les impôts qui frappent le patrimoine et les revenus des personnes privées, l’impôt qui pèse sur les transmissions, cessions, successions, donations, apports à l’entreprise, désavantagent beaucoup plus l’entreprise petite et moyenne, familiale, qu’une multinationale habile à utiliser les astuces ou failles de la législation fiscale, comme les optimisations transnationales, pour échapper aux prélèvements. Elle bénéficie, de plus, d’un éventail beaucoup plus étendu de financements.

C’est pourquoi il faut raisonner fiscalité “en bloc”, (entreprises et particuliers), en raison de ses effets cumulatifs et combinés, selon qu’il s’agit d’entreprises individuelles ou de grandes sociétés. La fiscalité locale est évidemment comprise dans ce calcul.

Plus les revenus et patrimoines privés seront ponctionnés, plus l’investissement direct dans les petites et moyennes entreprises se trouvera désavantagé par rapport aux investissements en titres négociables qui peuvent toujours être largement placés auprès des institutions financières ou dans le public grâce à leur extrême fractionnement, alors que l’investissement dans une petite entreprise par un petit nombre de personnes, impose un montant de souscription déjà significatif.

L’enseignement hostile au métier

C’est un lieu commun que de déplorer le manque d’adéquation de l’enseignement avec la vie professionnelle. Quelques passerelles jetées entre ces deux univers, un peu au hasard des bonnes volontés et à grand renfort de publicité, ne font cependant pas une politique : l’éducation nationale continue à être hostile au monde de la profession. Et l’apprentissage, dans un certain nombre de cas, connaît aujourd’hui la même déviation.

De plus en plus dépendant des fonds publics – et de moins en moins financé par la taxe spécifique – il est utilisé à des fins qui n’ont plus rien à voir avec la formation au métier : “économie sociale”, “politique de la ville”, “métiers d’animation” ou prolongements de “rattrapage” de l’enseignement professionnel public (LEP ou GRETA). Ce n’est pas un hasard si la gauche la plus extrémiste a cessé de mettre en accusation l’apprentissage : elle en tire aujourd’hui profit à des fins qui ne sont celles ni de l’intérêt général, ni de la prospérité du pays.

Si les institutions d’enseignement supérieur court, comme les IUT ou les STS, ont su établir avec l’entreprise des contacts suivis et fructueux, il n’en demeure pas moins que les gros bataillons du système scolaire restent pénétrés d’un esprit très éloigné des exigences et des disciplines du travail et de l’économie. Leur conviction est que seul “le service public” est en mesure de contribuer à l’intérêt général : or, l’entreprise comme la famille, groupements naturels, remplissent, bien avant les organes administratifs, des fonctions d’intérêt général au moins aussi importantes que la seule application de dispositifs réglementaires souvent artificiels.

La croyance au progrès linéaire indéfini, comme la notion de droits acquis qui en découle, va directement à l’encontre des réalités de la vie économique – et de la vie tout court –, faite très largement d’imprévisible et d’aléatoire. Ces postulats idéologiques confèrent au système économique français une rigidité dans ses structures et ses coûts. Or, seules les adaptations, la souplesse et la rapidité de réaction, permettent de surmonter les difficultés de la guerre économique à laquelle le pays est soumis : ils sont, bien souvent, à l’origine de la pire des solutions puisque l’entreprise, entre blocages socialisants et dévoiements libre-échangistes, disparaît corps et biens.

C’est ainsi que centrales syndicales révolutionnaires et capitalistes libéraux, dans un numéro de duettistes bien réglé, œuvrent à la destruction de la prospérité française réelle.

L’instabilité réglementaire et fiscale

Elle décourage évidemment l’initiative et l’investissement. L’inflation démesurée des textes normatifs tant nationaux qu’européens, leurs fréquentes contradictions ou obscurités, leurs modifications successives, les interprétations discrétionnaires de l’administration, notamment en matière fiscale, l’influence désordonnée sur ces textes de certains lobbies, le caractère bâclé des lois économiques, sociales et fiscales en raison des surenchères et des calendriers politiques, tout cela crée un environnement difficile à maîtriser pour l’entrepreneur.

L’entreprise petite ou moyenne est, à cet égard, très défavorisée par rapport aux groupes ou aux entreprises les plus importantes : ceux-ci sont dotés de conseils permanents ou de services spécialisés dont la tâche est de surveiller le foisonnement législatif et jurisprudentiel. Ils sont le plus souvent renseignés en amont des décisions ou des votes, grâce aux contacts qu’entretient dans les ministères la très large communauté de recrutement de leurs dirigeants et des hauts responsables administratifs. Cela met dans un état d’infériorité manifeste les petites et moyennes entreprises.

Les incertitudes de change dues à la spéculation monétaire

Ce qui est dit de l’instabilité réglementaire s’applique tout aussi bien à l’instabilité monétaire car, euro ou pas, les grandes entreprises, très largement liées aux grands groupes financiers internationaux, sinon sous leur tutelle, sont beaucoup plus capables de profiter de la volatilité du marché des changes que les petites.

A cet égard, il convient d’indiquer combien l’engagement important des PME/PMI dans l’échange international (22%), peut comporter de risques et quels efforts il convient de déployer, soit pour éviter les fluctuations brutales (du dollar, par exemple), soit pour aider les entreprises à les maîtriser. Or, sur ce point, on ne dira jamais assez combien une monnaie souveraine, appuyée sur une économie solide et un État équilibrant ses dépenses, est un atout essentiel dans le commerce international pour les entreprises du pays.

Le libre-échangisme nuit à la vraie concurrence

Une entreprise représente un faisceau de rapports complexes et divers, notamment avec une clientèle, même si la valeur de celle-ci, lorsqu’on est dans la nécessité de l’évaluer, s’avère aléatoire et fugace. Mais la concurrence est aussi le terrain nourricier de la fidélité des pratiques : sans liberté de choix, il n’est pas de libre fidélisation. L’entreprise petite et moyenne, familiale, dispose ici d’un atout qui est en mesure de lui procurer un capital solide de relations marquées par les qualités de sa direction et par leur caractère personnalisé. Grâce à ces rapports personnels, les échanges sont loin d’être la pure mécanique qu’imaginent les technocrates euromondialistes de Bruxelles.

Le droit européen de la concurrence défavorise lourdement la petite entreprise. La stabilité des relations économiques et des termes de l’échange est fortement fragilisée par l’ultra-libre-échangisme qui ne considère que la seule variable du coût et la répercute à tous les stades du processus de production et de distribution, sans tenir compte des réalités humaines ou géographiques. Il faut évoquer, dans la même perspective, la situation des entreprises de sous-traitance, souvent mal protégées contre les changements de politique des donneurs d’ordre ou les inconvénients d’un créneau étroit.

ÉTATISME ET MONDIALISME ALLIÉS CONTRE L’ENTREPRENEUR

Si l’on excepte les fonctionnaires et agents publics, près de 93% de la population française qui travaille, exerce son activité dans l’industrie (23,4%) ou dans les services (69%). Or, la plus grande partie de ces emplois est assurée par les petites et moyennes entreprises ou industries. En dix ans, elles ont créé les deux-tiers des emplois.

Depuis près d’un demi-siècle, la plupart des mesures relatives aux entreprises françaises ont été prises sous l’influence de “l’économie administrée” et de la dérive libre-échangiste européiste : elles ont consisté à avantager, en fait ou en droit, les grandes structures par rapport aux petites. L’osmose entre dirigeants issus de la même caste technocratique a fait le reste. Or, les grandes entreprises (plus de 500 salariés) représentent aujourd’hui moins de 2% du nombre total d’entreprises en France.

En encourageant systématiquement les concentrations industrielles ou commerciales (dans la grande distribution, par exemple), les pouvoirs publics ont faussé le jeu de la concurrence entre les entreprises. On a laissé les donneurs d’ordre écraser producteurs ou fournisseurs, petits et moyens ; le consommateur, lui-même, est devenu captif.

La bonne marche de l’économie est, dit-on, un problème de confiance. Mais pas plus que l’emploi ne se “décrète”, la confiance ne se mesure en termes exclusivement économiques. Il faut remonter plus haut.

Une “dissociété”, affolée par les aberrations idéologiques et morales les plus anti-naturelles, attaquée dans les structures qui fondent la sécurité de chacun et l’équilibre de tous, ravagée par l’insécurité et des migrations de masse que rien ne semble pouvoir endiguer, ballotée par des hommes politiques soumis à leurs seuls intérêts, cette dissociété ne peut créer ou favoriser la confiance.

Car la confiance, base de la prospérité économique, demande que soient réunies plusieurs conditions, nécessaires et suffisantes :

- que la société ait confiance en elle-même, dans son histoire, sa justice, les valeurs qui l’animent, son avenir ;
- que la société ait confiance dans ceux qui la dirigent, autorités politiques et judiciaires, magistères spirituel, moral, intellectuel ;
- que la société ait confiance dans les produits proposés à la vente, la monnaie, l’équité et la sécurité des transactions et des rémunérations, la possibilité de trouver un emploi, la stabilité et la pérennité des entreprises.

Si la confiance – la vraie, celle à long terme –, n’existe pas, cette société-là connaîtra des emballements passagers (la folie des start-up) ou des embellies conjoncturelles (“la cagnotte fiscale”), qui masquent l’essentiel : l’investissement à moyen et long terme est atone (c’est le cas depuis la fin des années Quatre-vingts), les grands équilibres sont en danger (les régimes de retraite, par exemple).

Cette société-là, c’est la société française d’aujourd’hui : “l’optimisme des ménages” relevé par les enquêtes de conjoncture en fournit, a contrario, la meilleure preuve. Les Français disent qu’ils vont consommer plus dans les trois mois à venir. Très bien, mais dans un an ou dans cinq ans ? On ne leur pose pas la question de peur de connaître la réponse.

En faisant le choix d’une économie de grandes structures, issue du modèle euromondialiste, on a dangereusement affaibli le tissu économique de proximité, vivant et réactif. Il en découle un chômage de masse structurel, qui s’ajoute au chômage importé, causé par l’immigration de peuplement. Telle est la responsabilité de la technocratie statolâtre et libre-échangiste, carrefour de toutes les subversions, où l’on s’en prend à nos institutions et à nos entreprises : la France y perd sa souveraineté et sa prospérité.


Les principes :


DES ENTREPRISES À TAILLE HUMAINE POUR UNE ÉCONOMIE NATIONALE PROSPÈRE

LÀ OÙ EST L’ENTREPRISE LIBRE, LÀ EST LA VRAIE RICHESSE


On sait que ce sont les entreprises à taille humaine, dirigées au plus près de leur environnement local, respectueuses de leurs salariés et des clients, promotrices de productions de qualité, formant à la responsabilité et au travail, qui seules produisent la richesse nationale. Ce sont aussi les entreprises à capital familial qui assurent les investissements et l’emploi de demain, tout en étant le milieu les mieux adaptées à la formation professionnelle des hommes, lesquels auront plus tard à gérer ce patrimoine.

C’est pourquoi, dans l’intérêt national, les entreprises libres ou familiales doivent pouvoir s’organiser comme elles l’entendent selon leur situation, leur culture, leur spécificité et les choix de ceux qui ont mis leur patrimoine et leur énergie à les créer, à les diriger et à les faire prospérer pour le Bien commun de la Patrie.

L’ENTREPRISE LIBRE, C’EST L’ENTREPRISE FAMILIALE

Avec la famille, l’entreprise à taille humaine est la seule structure élémentaire autour de laquelle puisse s’organiser d’une manière solide et durable la résistance à la marée montante du mondialisme. C’est la synergie famille-entreprise qui peut stabiliser l’équilibre de la société française, lui procurer le lest dont l’absence la livre à toutes les influences destructrices et favoriser la paix sociale : rien n’est acquis sans la réconciliation autour du travail quotidien. L’entreprise doit donc supporter une fiscalité modérée, pour se développer et commercer dans des conditions concurrentielles décentes avec ses homologues. Elle n’a alors, dans ce cas, pas besoin d’un centime d’argent public.

L’ÉCONOMIE FRANÇAISE FAITE D’ENTREPRISES LIBRES ET PROSPÈRES

On sait que les économies allemande ou italienne s’appuient sur un tissu de PME/PMI puissantes, fortement positionnées sur leur marché national – ce qui ne les empêche pas d’être reconnues à l’export –, et dont le capital est souvent familial.

Ainsi, le retour à la prospérité passe-t-il prioritairement par les petites et moyennes entreprises françaises qui doivent faire l’objet d’une attention constante et sans faille : pour cela, il faut recourir non à l’action publique accrue mais à la libération du fardeau étatique. C’est la raison pour laquelle nous proposons de recoudre le tissu économique national avec une formule spécifique d’entreprise à taille humaine, la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR).

Il va de soi que les autres mesures que nous préconisons, réforme du système fiscal, diminution des prélèvements obligatoires, accès facilité au marché financier, réorientation de l’appareil scolaire et de formation, protection du marché national, sont de nature à amplifier ce programme de renaissance économique.



Les propositions du FN :


LIBÉRER L’INITIATIVE

CONSTITUER UN TISSU D’ENTREPRISES PATRIMONIALES FRANÇAISES


Le tissu économique français ne sera structurellement performant et dispensateur de richesses pour tout le pays – en dépit des aléas inévitables de la conjoncture –, que lorsqu’il reposera sur un réseau dense d’entreprises individuelles ou plurales, petites et moyennes, constituées autour d’un capital familial. A l’opposé du capital spéculatif, anonyme et vagabond, il faut donc développer le capital productif, personnalisé et localisé. C’est le but de la création de la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR).

1. Instituer la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR)

Cette forme sociale nouvelle, base de la “révolution entrepreneuriale” que nous voulons pour la France, est une structure juridique commode et souple pour les chefs d’entreprise, attractive pour les apporteurs personnels de capitaux, le chef d’entreprise lui-même, sa famille, ses proches et d’éventuels apports extérieurs, tout en offrant les meilleures garanties possibles aux tiers :

- sur la qualité professionnelle et la compétence gestionnaire de ses dirigeants ;
- sur leur capacité commerciale ;
- sur la pérennité de la société lors des transmissions, successions et donations ;
- sur sa capacité à se financer ou à se faire financer, en offrant une structure de bilan en rapport avec son activité ;
- sur son aptitude à former le personnel qualifié correspondant à ses besoins et à ceux de la profession.
Cette entreprise doit, de plus, être capable de propulser des responsables très qualifiés aux représentations professionnelles ou consulaires afin d’améliorer le niveau et le caractère de celles-ci. En un mot, il s’agit de constituer au sein de l’économie française un noyau solide ancré dans l’outil principal de la prospérité nationale et enraciné dans la partie de la société qui offre la plus grande capacité à entraîner le reste de la Nation.

2. Définir la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR)

C’est une société de personnes, le contraire d’anonyme, dont le capital est structuré autour d’un nom qui est celui de la société. Sa qualification est précise, puisqu’elle correspond à une spécialité, à une compétence, à un produit ou à un type de produits. Elle est inscrite au registre du commerce et des métiers dans un domaine d’activité exactement défini et non, comme trop souvent actuellement, sous une raison sociale vague et indéfiniment extensible. Elle est reconnue puisqu’une consécration spécifique de compétence est exigée pour accéder à ce type de société et aux avantages auxquels elle ouvre droit. Son statut est démarqué de la SARL (société à responsabilité limitée) ; elle absorbe les EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée).

3. Donner à la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR) des droits étendus

Son gérant, même majoritaire, bénéficie du statut de salarié, situation très appréciable du point de vue social et de la retraite. Le plafond de 50 salariés est aboli au profit de la SPQR pour lui permettre d’accueillir dans son capital les salariés de l’entreprise. La cession de parts, les apports, sont exonérés de droits d’enregistrement, quel qu’en soit le montant. Il en va de même en cas de succession, partage ou donation au profit d’héritiers, à la condition qu’ils gardent les parts pendant au moins cinq ans après la succession. De plus, ils doivent acquérir dans un délai de deux ans, les qualifications nécessaires pour diriger la société. Les apports au capital d’une SPQR sont déductibles, pour leur montant intégral, du total de l’impôt sur le revenu des personnes physiques du souscripteur, durant la période de suppression progressive de cet impôt. La SPQR dispose d’une accessibilité élargie aux procédures ANVAR et aux aides à la protection et à la recherche de marques et brevets.

4. Imposer à la Société de personnes à qualification reconnue (SPQR) des obligations spécifiques

Elle est obligatoirement française, les détenteurs du capital doivent être français à 66% de celui-ci. Le siège du principal établissement doit être situé en France. Son capital ne peut être inférieur à 150 000 F. La compétence du directeur-gérant est vérifiée avant l’enregistrement au registre du commerce et des sociétés ou des métiers et le conditionne. On lui demande des capacités techniques ou cinq ans effectifs d’activité dans le domaine couvert par la SPQR ainsi qu’une compétence gestionnaire et commerciale démontrée. Les parts prises par des sociétés d’investissement sont limitées à une fraction limitée de son capital.

La SPQR est légalement tenue de former des apprentis aux différents niveaux correspondant à la structure de son personnel et aux diplômes professionnels homologués ou reconnus par la profession de sa ou de ses spécialités. La SPQR est obligatoirement affiliée à un centre de gestion agréé qui fait office de structure de suivi pouvant déclencher la procédure de déchéance de statut. La non-conformité au critère de nationalité relatif aux dirigeants ou au siège entraîne automatiquement la nullité du statut de la SPQR.

FAVORISER L’ÉQUILIBRE FINANCIER DES ENTREPRISES FRANÇAISES

5. Lancer et mettre en oeuvre la réforme fiscale


La réforme des prélèvements obligatoires que nous préconisons (cf. chapitres Économie et Fiscalité) est prioritairement destinée à permettre le redémarrage de l’investissement productif, seul à pouvoir créer des emplois durables. La suppression progressive de l’impôt sur le revenu, la suppression des droits de succession en ligne directe et de l’impôt-alibi “sur les grandes fortunes”, la diminution des cotisations sociales, la restructuration des finances locales, la maîtrise des dépenses publiques en les ramenant à un taux compatible avec la prospérité du pays (35% maximum du PIB), toutes ces mesures favoriseront bien évidemment les entreprises françaises, principalement la SPQR, tant sur le marché national qu’à l’exportation.

6. Orienter l’épargne en direction des petites et moyennes entreprises

La réforme fiscale globale que nous entendons mener permettra de dégager des ressources d’épargne et de les orienter de manière privilégiée vers l’investissement de proximité. Les facilités fiscales accordées aux capitaux investis dans les entreprises familiales, PME et PMI, artisanat, commerce ou exploitation agricole, sans parler du régime privilégié des SPQR, opéreront un recentrage de l’épargne au détriment des grands circuits financiers qui offrent plus d’emprise à la spéculation comme à la taxation. Dans le même esprit, sera élargie la technique du “carry back”, c’est-à-dire la possibilité d’amortir un investissement dès la première année au titre de laquelle il est inscrit au bilan de l’entreprise.

7. Développer le crédit-acheteur

La généralisation du crédit-acheteur ou la limitation du crédit interentreprises à trente jours au plus, apportera un soulagement significatif à la trésorerie des entreprises petites ou moyennes et familiales. En dehors du cas évident de la petite industrie, notamment en sous-traitance, et des fournisseurs des centrales d’achat payés actuellement à 90 ou 120 jours, il en résultera une pression sur la trésorerie des “grandes surfaces” (par centrales interposées ou non) qui ne pourra qu’être favorable à l’entreprise et au commerce de proximité. Plus le délai de paiement est bref et plus, en effet, se trouve circonscrit et maîtrisable le risque du vendeur.

8. Réformer les procédures en cas de difficultés de l’entreprise

Une telle réforme est nécessaire pour éviter “la gestion par le dépôt de bilan”. Seuls les salaires et les précomptes retenus par l’entreprise au titre des charges sociales ainsi que les cotisations au fonds de garantie des salaires pourront faire l’objet d’un privilège de premier rang. Les hypothèques et garanties accordées par l’entreprise ou ses dirigeants à des prêteurs publics, bancaires ou privés, feront l’objet d’une publicité effective auprès des salariés et de l’ensemble des créanciers de l’entreprise. L’ensemble des créances autres que les salaires sera considéré sur un pied d’égalité en cas de liquidation, créanciers publics (Trésor...) compris.

ARMER LES ENTREPRISES FRANÇAISES POUR LA BATAILLE ÉCONOMIQUE

9. Codifier les relations entre petites et grandes entreprises


L’environnement des petites et moyennes entreprises ou familiales comporte également les grandes entreprises. En dépit d’un certain progrès dans le rapprochement des unes et des autres, la convergence d’intérêts entre PME-PMI et grands groupes demeure aléatoire. C’est pourquoi, outre la charte de la sous-traitance, codifiant les droits et obligations des uns et des autres et le développement des bourses et forums de la sous-traitance, est-il nécessaire d’instituer des instances arbitrales afin de régler rapidement et efficacement les litiges entre grandes entreprises et PME-PMI, par le recours à l’opinion d’experts et d’hommes de l’art.

10. Organiser la protection internationale de nos entreprises

Toutes les entreprises subissent aujourd’hui les effets de la concurrence internationale. L’entreprise petite et moyenne ou familiale est moins bien armée que les grandes pour y faire face. Plus que toute autre, elle a besoin d’une protection efficace du marché national. Elle détient, en effet, des savoir-faire et des traditions d’expérience qu’il importe de maintenir et de protéger. La défense économique des frontières s’impose donc. Elle sera d’autant plus efficace qu’elle sera soutenue par des efforts de productivité et de qualité qui, sans sacrifier le capital d’une main-d’oeuvre de haut niveau ou bien formée, maintiennent les industries nationales en situation de soutenir, à armes égales, la comparaison avec tout concurrent potentiel. Toute aide publique sera refusée aux entreprises qui délocalisent pour réimporter en France. Seules les implantations à l’étranger dans le but de conquérir de nouveaux marchés pourront être soutenues.

11. Développer la concurrence interne en refusant les abus de position dominante

En matière de concurrence interne, que nous voulons aussi large que possible, le rôle de l’État est d’être un arbitre indépendant des intérêts en présence, soit le contraire de ce qu’il est aujourd’hui. La règle doit être que chacun puisse produire et vendre en respectant deux impératifs indiscutés. Le marché doit être aussi diversifié que possible et faire sa place à tous (pas d’abus de position dominante, pas d’oligopoles, pas de privilèges indus ou pérennisés sans justification). Le marché doit respecter des valeurs supra-commerciales tenant au Bien commun du pays (protection des frontières, juste prix pour le producteur, respect du consommateur, moralité dans les procédés commerciaux). Les privilèges fiscaux des coopératives seront abrogés.

12. Mettre fin à l’extension de la grande distribution

Des règles d’urbanisme plus sévères devront limiter, voire interdire, toute nouvelle réalisation d’équipements de grande distribution dans des périmètres précis : il ne faut pas laisser en ce domaine toute initiative aux élus locaux dont l’ambition est de réunir un nombre toujours plus grand d’habitants-contribuables. Par ailleurs, on peut imaginer, par exemple, de taxer au profit de l’État, les extensions commerciales au-delà de surfaces au sol et de hauteurs bien définies. Enfin, une sérieuse impulsion en faveur du développement des petites villes et des bourgs devra permettre l’implantation et la vigueur du commerce dit “de proximité”.

13. Assainir la publicité

Il sera fait une stricte application des lois en matière de publicité et, si besoin est, le contenu et la portée en seront précisés pour éviter tout débordement. La publicité doit, en effet, respecter des critères d’esthétique, de moralité publique et d’honnêteté commerciale, les convictions et le libre choix du consommateur. Cela concerne aussi bien l’affichage que la télévision, la presse, le minitel, les journaux gratuits, Internet... La publicité et la communication font appel à des notions d’ordre public qui, sans que soit méconnue la nécessaire liberté du commerce et de l’industrie, lui sont néanmoins supérieures en vertu du Bien commun.


  © Front National  |   Mentions Légales