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300 mesures pour la renaissance de la France

ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.

IV AGRICULTURE : DEVELOPPER LA RURALITE


Le constat du FN :


LA MORT PROGRAMMÉE

L’HOSTILITÉ À UN MODÈLE DE CIVILISATION



Qu’on ne s’y trompe pas : l’agriculture française est dans la situation que l’on connaît aujourd’hui parce qu’on l’a détruite de manière délibérée. Première activité des sociétés civilisées et très longtemps dominante, autour de laquelle s’ordonnaient croyances et institutions, la culture du sol transmet un capital moral et intellectuel d’exception et forge un type humain fait de stabilité et de fidélité. Cela, les hommes d’idéologie ou de spéculation n’en veulent pas : les adeptes des nuées n’aiment pas le paysan enraciné. L’homme de vent sera toujours hostile à l’homme de terre.

La culture du sol crée, en effet, les conditions d’un triple enracinement, obstacle à toutes les aventures. Enracinement dans la réalité immédiate, celle des saisons et des jours, qui permet à l’homme de garder le lien avec la nature, ce qui n’est évidemment pas le cas avec l’entassement urbain qui favorise dérèglements et manipulations. Enracinement dans les exigeantes disciplines d’un travail de longue haleine, puisque rien de ce que fait l’homme ne s’obtient dans la facilité, ce qui lui donne indépendance de réflexion et de caractère. Enracinement dans un lieu précis, auquel on est attaché parce qu’il est le cadre de sa vie propre et de celle des siens, ce qui met à l’abri de l’utopie, “l’idée sans feu ni lieu”. L’attachement à la petite patrie dispose naturellement à l’amour de la Patrie avec un grand P : il n’y a pas de pays sans paysans !
Depuis plusieurs décennies – la France rurale ne s’est jamais remise de la saignée de 14-18 où disparut le quart des hommes de 20 à 45 ans parmi lesquels 60% de paysans –, tous les gouvernants français, leurs ministres de l’agriculture successifs, de Pisani à Glavany, de Chirac à Rocard, de Cresson à Soisson, portent la responsabilité de la ruine de l’agriculture française dont ils ont signé à Bruxelles la mort programmée. Les dirigeants de la Ve République ont choisi l’élimination de la paysannerie française pour obéir au mot d’ordre mondialiste visant à détruire les nations : “Le mécanisme des prix ne remplira son office dans le secteur agricole qu’en infligeant aux agriculteurs en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur à celui des autres catégories de travailleurs” (plan Rueff-Armand, 1958).

Derrière un intérêt de façade pour l’agriculture, réduite à une variable du commerce extérieur, tous adhèrent à une “exploitation du sol” anti-naturelle et intensive, irrespectueuse des équilibres biologiques et polluante, faite avec toujours moins d’hommes. Profiteurs et partisans de l’ultra-libre-échangisme, ils ne veulent pas de l’autosuffisance alimentaire de la France : bien au contraire, ils en accentuent sans cesse la dépendance et chaque ferme qui disparaît emporte avec elle un peu de la terre et de la richesse bi-millénaire de la France.

Les orientations de la politique agricole européenne, issues du plan Mansholt (décembre 1968), ont amplifié et accéléré le démantèlement national. Ce plan, alors concocté par le vice-président hollandais de la commission européenne, ancien planteur de thé à Java et membre de l’internationale socialiste, tient en quatre points :

- réduction à 5 millions de la population agricole européenne (7 millions aujourd’hui) dont un million, “déjà au stade de la situation économique souhaitée”, produira en réalité l’essentiel des ressources destinées à être transformées par l’agro-industrie,

- restructuration en grandes exploitations de 80 à 120 hectares (74% de la surface agricole utile française est occupée par des exploitations de plus de 50 hectares), supportant 60 vaches laitières ou 200 bêtes de boucherie ou 100 000 poulets par an (!) ou 10 000 poules pondeuses ou 600 porcs (d’où le lisier...),
- adaptation de la production aux besoins du “marché”, en réalité des groupes de l’agro-business, par le biais de “groupements professionnels par filière”, coupant les paysans de leur milieu territorial d’origine,

- diminution considérable de l’utilisation des terres cultivées, qui débouche sur l’hyper-rendement, la pollution intensive et la désertification (friches, déprise), 6 millions d’hectares ayant été abandonnés en trente ans en France ce qui favorise, par contre-coup, l’extension urbaine.

En dépit des déclarations lénifiantes (et mensongères), on voit combien ce plan a été appliqué et continue de l’être point par point. Ses conséquences sur l’avenir de la France, de l’Europe et du monde sont catastrophiques : désertification des campagnes, “vache folle” et “mal-bouffe” sont le lot des pays agricoles développés. Dans le même temps, la famine étrangle les pays du tiers-monde, eux aussi victimes du modèle agro-mondialiste.

LE GRAND EFFONDREMENT AGRICOLE

Le nombre d’agriculteurs a été divisé par 6 en 50 ans. Ils étaient 4 millions en 1954, 1,5 million en 1982 et 671 000 en janvier 1999. Moins de 5% (4,8%) des Français travaillent désormais dans l’agriculture : pour l’Europe de Bruxelles, l’objectif à terme est de 2%, comme en Allemagne et en Angleterre.

Le nombre d’exploitations qui était de moins d’un million en 1991 (956 000), est aujourd’hui de 680 000. L’Europe de Bruxelles a fixé pour la France un objectif maximal de 300 000 : depuis 1990, le rythme de disparition des exploitations est d’environ 4% par an, alors qu’il n’était que de 2,5% dans la décennie précédente.

Le nombre d’installations de jeunes agriculteurs est d’environ 8000 par an contre 45 000 départs à la retraite. Une ferme disparaît ainsi toutes les 15 minutes. 300 000 exploitations sont actuellement aux mains d’agriculteurs âgés de plus de 55 ans et 66% n’ont pas de successeur désigné (3 exploitants de plus de 55 ans pour un de moins de 35 ans).
Trois caractéristiques marquent le bilan économique de notre agriculture. Tout d’abord, un effondrement des prix agricoles inimaginable dans toute autre branche d’activité : en 1960, les prix étaient à l’indice 110, ils sont à l’indice 49 aujourd’hui ! Tout a été fait pour que le paysan ne puisse vivre de son travail ce qui, soit le chasse de sa terre, soit le rend totalement dépendant des aides nationales et européennes. Comme le relève l’INSEE, “une chose est sûre, la baisse des prix agricoles depuis 1973 a bénéficié aux filières aval de l’agriculture (industries agro-alimentaires, distribution), car le coût de leur approvisonnement s’est réduit de manière continue” (Problèmes économiques, 12 mai 1999, p.7).

Ensuite, le revenu agricole est loin d’avoir augmenté au même rythme que la richesse générale du pays. A l’indice 100 en 1970, il est aujourd’hui à l’indice 159 tandis que le revenu disponible par Français est à l’indice 165. Mais ces deux termes masquent l’effondrement des années Soixante-dix et Quatre-vingts où il est tombé à moins de 100 tandis que le revenu national poursuivait sa constante progression. On n’aura garde d’oublier que le revenu agricole national comporte 37% de subventions et de primes ! Et que, par hypothèse, cette moyenne ne prend pas en compte le nombre des paysans ruinés ou quasi-ruinés qui ont abandonné la terre, mais seulement la minorité qui en vit encore.

Les variations erratiques (hausses et baisses) du revenu agricole dans les années Quatre-vingt-dix tiennent en réalité au fait qu’il y a de moins en moins d’exploitants à se partager une production annuelle qui stagne en valeur (à 300 milliards de F. environ) et que céréaliers et gros producteurs de viande bovine voient leur revenu augmenter sensiblement plus vite que les autres exploitants. Voilà pourquoi près de 40% des agriculteurs ont aujourd’hui un revenu inférieur au SMIC. Jacques Chirac avait annoncé comme une mesure révolutionnaire, durant sa campagne présidentielle de 1995, que chaque paysan se verrait garantir un revenu égal à... 75% du SMIC !
Enfin, il y a l’endettement colossal des agriculteurs, plus de 200 milliards de F., à comparer avec la valeur annuelle de la production agricole : le taux d’endettement moyen (dettes/actif) des exploitations atteint 33% en 1997. Pour les éleveurs spécialisés dans le hors sol (!), le taux d’endettement moyen était de 57% et celui des arboriculteurs fruitiers de 43%.

Cet endettement n’est évidemment pas lié à l’achat des terres (le prix de l’hectare, 20 000 F environ, est entre quatre et cinq fois inférieur à celui de l’Allemagne ou des Pays-Bas), mais à l’acquisition de matériel agricole ou de produits industriels et d’engrais, à l’abus des techniques de drainage, à l’extension excessive des périmètres irrigables.

Quant aux retraites agricoles, elles sont tout simplement indignes : avec moins de 3000 F. par mois (2200 F. pour les conjoints, moins que le RMI !), les paysans retraités sont soumis à un régime de misère institutionnalisée. La pyramide actifs/retraités a été évidemment détruite par la politique d’exode rural forcé, menée par les gouvernements successifs : en 1956, il y avait un retraité pour quatre actifs, en 1982, un retraité pour un cotisant, aujourd’hui plus de deux retraités pour moins d’un cotisant (2 000 000 / 800 000).

Le régime de mutualité sociale agricole (MSA) survit sous perfusion publique, via le BAPSA (Budget Annexe des Prestations Sociales Agricoles, financé par l’impôt) pour 4 milliards de F., en baisse année après année, “du fait de la forte diminution du nombre des personnes bénéficiant du régime agricole” dit le rapport de l’Assemblée nationale sur le budget agricole 2000. Evidemment, le quart des retraites agricoles est assuré par le Fonds national de solidarité vieillesse ! Cela n’a pas empêché le gouvernement Chirac-Juppé d’instituer, en 1997, une cotisation obligatoire de retraite complémentaire de 1,24% sur les revenus agricoles.

La fiscalité agricole emprunte à la fois aux prélèvements obligatoires qui écrasent le pays (45% du PIB) et à des spécificités propres qui grèvent encore un peu plus les exploitations : il y a la taxe pour les chambres d’agriculture, les taxes para-fiscales et l’impôt foncier non bâti communal. Toutes pénalisent nos paysans et les mettent en état de faiblesse au moment même où Bruxelles et sa PAC, l’OMC et ses accords, libéralisent totalement les échanges agricoles mondiaux.

LA PERTE DE L’INDÉPENDANCE AGRICOLE ET ALIMENTAIRE

La Politique agricole commune (PAC) a pu, pendant un certain temps, faire illusion. La prospérité découlait principalement de la croissance importante observée entre 1950 et 1974 (les “Trente glorieuses”), et du principe de préférence communautaire qui apportait des débouchés européens nouveaux à nos agriculteurs.

Aujourd’hui, l’Union européenne ignore ce principe, réduit à quasiment rien dans le traité de Maastricht, et capitule face aux exigences des États-Unis, au travers du GATT, puis à l’OMC. La politique agricole commune est l’instrument de mort de l’agriculture française. Un seul exemple : pourquoi l’Union européenne accepte-t-elle l’importation à l’intérieur des frontières communautaires de millions de tonnes de produits de substitution des céréales (alimentation du bétail) qui viennent directement concurrencer nos productions et nous rendent dépendants d’une puissance extérieure ?

Sous la pression du gouvernement des États-Unis et des intérêts qui le contrôlent, les règles et le fonctionnement de l’OMC sont sans cesse modifiés pour aboutir à la libéralisation totale des échanges agricoles mondiaux. La commission de Bruxelles, par la voix du commissaire européen à l’agriculture, ne s’oppose jamais à cette orientation... quand elle ne la devance pas ! C’est ainsi qu’elle a passé des accords de libre-échange avec le MERCOSUR (marché commun sud-américain) ou avec l’Afrique du sud, accords qui vont mettre encore un peu plus nos productions et nos paysans en état de faiblesse : “L’internationalisation est un phénomène inéluctable” annone, névrotique, le commissaire européen à l’agriculture.

La PAC n’a pourtant nullement rempli ses objectifs relatifs au revenu des paysans, à l’autosuffisance alimentaire et au maintien d’une population agricole nombreuse pour produire et civiliser l’espace rural. Suivre la voie voulue par Bruxelles, c’est non seulement accepter qu’il n’y ait plus que 300 000 exploitants agricoles en France dans dix ans mais, plus encore, faire disparaître une activité qui n’est pas “purement” économique.

L’agro-industrie hyper-spécialisée et ultra-compétitive est encouragée par les pouvoirs publics et par le principal syndicat agricole, la FNSEA, “co-gérant” de la disparition paysanne. Le Crédit agricole (certains de ses prêts corses seraient ... corsés, si l’on en croit la rubrique judiciaire), dont les bénéfices de plusieurs milliards par an sont de plus en plus tirés de ses activités en milieu... urbain, en donne une définition très claire : “L’importance des capitaux à mettre en oeuvre ou à transmettre, la complexité des systèmes de production et la généralisation des droits à primes, obligent à gérer l’exploitation comme une véritable entreprise”. Le commissaire européen à l’agriculture veut faire des paysans des “prestataires de services multi-fonctionnels”. Tout cela ne peut que couper l’agriculture de son territoire, la dénaturer.

L’agriculture n’est pas, en soi, une “activité industrielle” : elle ne transforme pas des matières premières, elle tire parti du vivant à partir d’éléments naturels complexes. En outre, on ne peut comparer une agriculture nationale à une autre, tout simplement parce que chacune procède d’une position géographique, de conditions climatiques, d’un contexte historique et humain déterminés : la France, située entre le 42e et le 51e parallèle nord, dispose, tous les biochimistes le savent, d’un potentiel agricole naturel d’exception.

Son territoire, situé à égale distance du pôle et de l’équateur (le 45e parallèle passe à hauteur d’une ligne Bordeaux-Valence) est ouvert sans obstacle naturel à deux masses marines, l’Atlantique et la Méditerranée : son climat, ni trop chaud, ni trop froid, rend possible (sauf dans des zones de montagne très limitées), le travail du sol presque toute l’année et cela lui permet de disposer d’une incomparable variété de produits. Ce n’est pas le cas d’autres pays européens, trop froids – l’Allemagne – ou trop chauds – l’Espagne –, par exemple.

A travers la réforme de la PAC 1992, dont “l’accord” de Blair House pour les céréales, négocié secrètement par le Commissaire européen et dont le texte n’a été communiqué, y compris au premier ministre Balladur, que par l’entremise des députés Front National au Parlement européen, puis de la PAC 1999, tous textes acceptés par les gouvernements français successifs, la logique euromondialiste veut vendre les productions communautaires au cours mondial, sans restitutions.

L’Agenda 2000, signé à Berlin en mars 1999, amplifie encore cette orientation : l’aide aux prix doit diminuer et les aides directes doivent être “différenciées” ce qui, en langage technocratique, veut dire réduites. En voulant sans cesse ouvrir les frontières agricoles, l’Union européenne détruit délibérément ce qui restait de la PAC initiale ; elle condamne nos paysans en se retranchant hypocritement derrière la loi du marché.

Or, les règles de la concurrence sont totalement faussées, à l’avantage des États-Unis. Trois faits, parmi d’autres, le prouvent. Alors que la commission de Bruxelles impose un taux de jachère de 10%, les États-Unis ont supprimé chez eux le mécanisme identique pour reconquérir des parts de marché. Le cours mondial du blé est fixé en dollars à la Bourse des matières de Chicago, ce qui permet aux États-Unis, en raison de la faiblesse de l’euro vis-à-vis du dollar, de renforcer leur pénétration sur les marchés mondiaux. Les paysans américains sont largement subventionnés par leur gouvernement : 350 milliards de F. pour la seule année 1999. “L’ouverture” se fait à sens unique.

Les accords du GATT, ratifiés à Marrakech en 1994, prévoient non seulement la suppression de la plupart des droits sur les produits agricoles mais, également, une diminution des exportations subventionnées tant en volume qu’en valeur, et la diminution de la production des oléagineux (maïs, soja) qui entrent dans l’alimentation du bétail. En réalité, il y a belle lurette que l’Union européenne ne défend plus les intérêts des agriculteurs français ou européens dans l’OMC. Il n’est qu’à consulter la composition de la commission d’arbitrage en cas de différends entre États pour s’en convaincre : l’Union européenne (comme s’il s’agissait d’un État) et les États-Unis ont un siège chacun, les cinq autres sièges allant au Japon, à la Nouvelle-Zélande, à l’Egypte, aux Philippines et à l’Uruguay, satellites plus ou moins déguisés des États-Unis. Une preuve supplémentaire en a été fournie lors de la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse en Europe début 2001, lorsque les opinions publiques ont “découvert” que l’OMC avait interdit la vaccination depuis 1991, sous prétexte de ne pas entraver... le commerce mondial des animaux de boucherie !

Il n’est pas jusqu’au Codex alimentarius (élaboré par la FAO, organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’OMS, organisation mondiale de la santé), où l’OMC puise ses critères techniques, qui ne serve à éliminer les produits européens : ses normes sont issues des propositions des multinationales agrochimiques, pharmaceutiques et biotechnologiques, américaines pour la plupart. Ces normes vont toujours dans le même sens : la diminution des protections au détriment des consommateurs et au bénéfice des trusts de l’agro-business.

L’adhésion à l’Union européenne des PECO (pays d’Europe centrale et orientale) va complètement déséquilibrer ce qui reste de la politique agricole commune : elle devra s’adapter à cette “nouvelle donne”, en clair la baisse des prix, partiellement compensée par des aides directes et “co-financée”, c’est-à-dire que les agriculteurs “riches” reverseront pour les “pauvres”, sans augmentation globale du budget agricole.

Les risques sont considérables pour une agriculture ouest-européenne non préparée qui a déjà difficilement absorbé les chocs des PAC et des accords GATT-OMC. L’adhésion des dix nouveaux états d’Europe centrale et orientale, dont la population agricole représente 25% des actifs et dont l’agriculture contribue en moyenne pour 8% du PIB, contre 2,5% dans l’Union européenne, constitue, si Bruxelles ne change pas ses méthodes, une formidable menace pour nos paysans.

Les États européens ne voulant pas augmenter le budget agricole communautaire, il va falloir, selon la logique de Bruxelles, soit qu’ils réduisent, dans des proportions énormes, le soutien à leur agriculture soit qu’ils choisissent la fuite en avant mondialiste : “Il serait essentiel que la Communauté, élargie ou non, soit capable d’exporter sans subvention afin d’être en mesure de participer à l’essor du marché mondial”. L’élargissement de “l’Europe” à 27 États est bien une folie, dont tous les paysans européens, de l’ouest comme de l’est, seront les victimes.

La libéralisation se poursuit donc imperturbablement et l’échec de la conférence de Seattle en mars 2000 n’a fait que repousser l’échéance. Car “Europe” et gouvernants français sont sur la même longueur d’onde. En développant des accords de libre-échange croisés, avec l’Amérique du Sud qui mettent en péril nos éleveurs de bétail face à l’Argentine en 1995, avec les pays du Sud (de l’Algérie à Israël) qui prennent de plein fouet nos paysans du midi, en 1996, avec l’Afrique du sud, c’est l’ensemble de l’agriculture française (et européenne) qui est livrée au libre-échange généralisé.

Aucun secteur ne peut désormais y échapper, y compris ceux sur lesquels nous sommes excédentaires. Les subventions devront être totalement supprimées en 2010. Enfin, les concessions faites aux pays cités en entraînent d’autres dès lors qu’ils demandent à bénéficier des mêmes avantages, si l’OMC juge l’accord incompatible avec ses règles (clause de la nation la plus favorisée).

Bref, le marché mondial des produits agricoles est devenu une jungle où tous les coups sont permis et dont la victime permanente est le paysan français et européen.

Il en résulte la perte de notre indépendance agricole et alimentaire, dissolution de souveraineté moins voyante que les traités de Maastricht ou d’Amsterdam, mais aux conséquences autrement plus redoutables parce que moins prévisibles : pour les légumes, le riz, les graisses, le porc, le mouton, le lapin, le beurre (!), la pomme de terre, la France n’est plus auto-suffisante. En raison des quotas laitiers, la France importe du lait. Notre bétail ne se nourrit plus “français” ; il absorbe des tourteaux de soja ou d’agrumes, du gluten de maïs américain, du manioc thaïlandais, des patates douces chinoises.

Telle est l’agriculture vue de Bruxelles : une machine devenue folle, au seul service d’intérêts ploutocratiques anonymes. Une agriculture artificielle aussi, parfois même d’apprentis-sorciers, qui viole le bon sens et détruit la nature.

“L’EXPLOITATION DU SOL” CONTRE LA NATURE ET LE BON SENS

L’agriculture française et européenne est engagée dans un processus doublement mortel, l’exportationnisme libre-échangiste à tout prix qui va à l’encontre des équilibres sociaux les plus élémentaires et des “pratiques culturales” qui vont à l’encontre de l’ordre naturel.

La parcellisation des terres, sous l’effet du partage successoral né du Code civil, fut au 19e siècle un phénomène bien réel, qui s’amplifia dans la première moitié du 20e. Plutôt que de supprimer la loi civile qui en était la cause, on s’attaqua aux conséquences. Il s’ensuivit le remembrement, restructuration foncière visant à agrandir les parcelles cultivées en regroupant les propriétés rurales.

Le remembrement s’accompagne toujours de travaux accessoires : routes, chemins, fossés de drainage, en vue de la création et de l’aménagement d’équipements collectifs. Ces travaux connexes provoquent des modifications néfastes du profil des sols, de l’écoulement des eaux et le bouleversement de leur régime par l’arasement des haies et des talus : “Ces opérations connexes peuvent avoir des conséquences très diverses sur le milieu physique (climat, sol et eau) et aussi sur le milieu vivant” (Bulletin technique d’information du ministère de l’agriculture, décembre 1980).

La terre, qui n’est plus protégée par les haies ni retenue par la racine des arbres, est soumise alternativement à une intense insolation et au ruissellement des pluies. Elle perd alors son humus naturel que l’on essaiera de compenser par des doses sans cesse accrues d’engrais chimiques dont une partie s’en va dans la rivière par les fossés collecteurs ou s’infiltre dans les nappes phréatiques. La dégradation de la nature commence avec le remembrement et s’achève par l’agriculture industrielle.

Autant dire que le Programme de maîtrise des pollutions agricoles (PMPOA), lancé en 1989 par le gouvernement dans le cadre des contrats de plan État-région, avec ses 557 MF sur 6 ans (source loi de finances 2000) a peu de chance d’aboutir à des résultats heureux : une fois de plus, on traite les conséquences, la nocivité des causes n’est pas remise en cause.

Le principal effet du remembrement fut de remettre en cause la propriété du sol, plus encore sur le plan psychologique qu’économique. La terre est devenue “outil de travail”, le paysan un “exploitant agricole”, pour lequel la productivité passe avant tout autre équilibre. La remise en cause du droit de propriété en milieu rural fut institutionnalisée avec la création des SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural, 1960).

Disposant dès 1962 du droit de préemption, la SAFER contrôle toute vente de fonds agricole ou de terrain à vocation agricole. Aujourd’hui, les SAFER, quasiment toutes en cessation de paiement, sont renflouées par le budget de l’État et se sont vu ouvrir un champ d’action plus large encore par la loi de juillet 1999 : elles ont désormais autorité sur “l’ensemble du marché foncier des biens ruraux dont elles assurent la transparence”. Les SAFER interviennent avant la transaction foncière. La loi de 1999 va plus loin : elle abolit le droit de disposer de ses biens.

Tout d’abord, les Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE) qui, bien que “volontaires”, sont en réalité obligatoires puisqu’ils conditionnent la plupart des aides nationales et européennes et permettent de fixer au paysan des objectifs autoritaires quant à la production, à l’utilisation des parcelles composant l’exploitation, à la “participation à des projets collectifs”. Nostalgie des sovkhoses : contrats territoriaux ou contrats totalitaires d’exploitation ?

Avec la loi de 1999, la libre disposition des biens fonciers n’existe plus pour le paysan. Par le biais des CDOA (Commission Départementale d’Orientation Agricole), présidée par le préfet, toute mutation de bien agricole, comme une succession par exemple, est soumise à cette commission : ainsi, un fils de paysan peut très bien être dépossédé de l’exploitation de son père si la commission le décide et le propriétaire ne peut pas vendre au professionnel de son choix. La commisssion attribue à qui elle veut le bien ou l’exploitation et des amendes sanctionnent celui qui refuserait ce cadeau forcé !

La révolution agro-industrielle des trente dernières années aboutit à la “subversion alimentaire”. Résultat : les consommateurs n’ont plus confiance dans leur assiette. La maladie de la “vache folle” (ou ESB, encéphalopathie spongiforme bovine) résulte, pour la plus large part, de la violation d’une règle élémentaire de la nature : on donne des farines animales (broyage de carcasses d’animaux morts, dont certains contaminés) à des ruminants !

Dès août 1989, on savait que ces farines étaient contaminées par l’agent infectieux ESB, mais on en a importé jusqu’en 1996. Il ne fallait pas contrarier le “grand marché”, la monnaie unique, la “construction européenne”, le big-business ! Le Parlement européen mettra sept ans à se saisir de l’affaire. En dépit des contrôles, le ministre français de l’agriculture l’a reconnu, on ne sait toujours pas aujourd’hui si certaines farines que l’on continue à donner sont nocives ou non. On en est d’autant moins convaincu que le gouvernement français a fait le choix de tester les animaux de boucherie après leur abattage. Comme il fallait s’y attendre, autre parallèle avec l’affaire du sang contaminé, le test retenu n’est pas totalement fiable.

L’essor fantastique des biotechnologies appliquées à l’agriculture a mis sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). 18 plantes transgéniques (dans lesquelles on a implanté un gêne non originel à l’espèce) sont d’ores et déjà autorisées en Europe, 12 autres attendent leur autorisation. Les OGM ont pour principale caractéristique d’améliorer les rendements (toujours le productivisme). Les trusts agrochimiques (les américains Monsanto, DuPont, le suisse Novartis) sont les principaux producteurs d’OGM. Ils ont tout misé sur les biotechnologies pour dominer à la fois le marché agricole et l’industrie de la transformation agro-alimentaire. Outre l’habituelle complicité de Bruxelles, les gouvernements français ont joué la valse-hésitation : Dominique Voynet a prôné l’interdiction de la commercialisation des OGM, après en avoir autorisé la culture, pour finir par revenir dessus... à titre provisoire.

S’il est exact que les OGM présentent, à première vue et à court terme, un certain nombre d’avantages, on ne connaît guère ou pas du tout, en revanche, les risques qu’ils présentent en matière de santé publique. Quant à leur effet sur l’environnement, il est mal évalué mais un certain nombre de constatations ne manquent pas d’être inquiétantes : un maïs génétiquement modifié aurait, par exemple, provoqué la raréfaction du papillon “monarque”. Les risques des OGM sur la santé publique sont loin d’être nuls ; à dire vrai, ils ne sont pas connus. Les avantages nutritionnels des OGM sont disproportionnés par rapport aux risques potentiels qu’ils représentent. Les risques de souveraineté sont considérables, car on ne peut s’en remettre pour notre alimentation à des groupes multinationaux pour lesquels l’avenir de la France et l’alimentation de sa population sont le cadet des soucis, en dehors de la courbe des bénéfices qu’ils peuvent en retirer. Il n’y a d’ailleurs pas lieu non plus d’abandonner la recherche nationale en la matière – elle existe – sous prétexte d’échanges de bons procédés (?) avec les États-Unis.

On voit combien “l’agriculture” moderne devenue industrielle, artificielle, anti-naturelle, est à l’opposé de sa vocation : nourrir les hommes en permettant à la nature d’offrir le meilleur d’elle-même. Bien entendu, il reste des agriculteurs, des éleveurs, des viticulteurs, en un mot des paysans consciencieux (ils ont du mérite !), fiers de transmettre un savoir-faire, qui produisent de la qualité ; l’agriculture “biologique ”, c’est-à-dire... naturelle et traditionnelle comme avant PAC et GATT, PSC et NPK, OMC et OGM, se développe.
Il est ici question d’une politique et, comme dans bien d’autres domaines, d’identifier des responsables gouvernementaux réellement... coupables et non de stigmatiser des lampistes, prisonniers d’un système qui les dépasse. Il n’en est que plus urgent de reprendre le contrôle de notre agriculture et de développer la ruralité en faisant retour au Réel.


Les principes :


UNE AGRICULTURE FRANÇAISE
PROSPÈRE, NOURRICIÈRE, INDÉPENDANTE

Dans le cadre euromondialiste, l’agriculture est une machine de mort, pour les paysans, pour les consommateurs, pour la France. Pour sauver l’agriculture française, il faut sortir de l’Europe de Bruxelles. Nous faisons le choix de renationaliser la politique agricole. C’est à un triple retour au réel qu’il faut viser : une agriculture française prospère, une agriculture française nourricière, une agriculture française indépendante.

LA TERRE DOIT FAIRE VIVRE DÉCEMMENT TOUS LES PAYSANS

Pour rendre confiance aux paysans et permettre le maintien d’une population rurale active et importante, il faut permettre au paysan de vivre du travail de sa terre, comme chaque Français vit normalement de son travail. Une politique nationale des prix agricoles procurera des revenus convenables au paysan. L’indexation des prix agricoles sera rétablie et les disparités avec nos concurrents devront être éliminées : impôt foncier, taxes diverses, droits de succession en ligne directe. Les retraites agricoles seront mises au même niveau que celles des autres catégories de Français et fiscalisées au titre de la solidarité nationale. Les conditions de l’exploitation seront libérées, en particulier par la possibilité de vendre directement au consommateur, et la recherche de la qualité des produits sera encouragée.

LA TERRE DOIT NOURRIR SAINEMENT TOUS LES FRANÇAIS

Le respect de pratiques culturales éprouvées, le maintien de la variété et de la diversité biologique, la politique des labels et des appellations, la promotion d’authentiques produits du terroir, la lutte contre la déprise, le refus de la friche notamment, doivent viser à ce que les Français se nourrissent dans les meilleures conditions de goût et de santé. Le modèle agricole français à promouvoir est donc l’agriculture authentiquement biologique en plaine et l’agriculture extensive en milieu sylvo-pastoral.

LA TERRE, GAGE D’INDÉPENDANCE ET SOURCE DE CIVILISATION

Une grande Nation, comme la France, se doit d’assurer elle-même l’alimentation de ses habitants en ne recourant qu’avec parcimonie à des approvisionnements extérieurs. L’autosuffisance alimentaire est un gage d’indépendance et de sécurité, essentielles dans un monde incertain et dangereux.

Le monde paysan et la vie rurale sont aussi indispensables à l’équilibre moral de notre pays. Les paysans et le monde rural sont porteurs de valeurs traditionnelles indispensables à la stabilité de notre pays. Un peuple a besoin d’être enraciné dans son sol et c’est à travers ses paysans qu’il peut l’être. Sans eux, la France s’étiolerait comme un arbre dont on a coupé les racines.

“Si le domaine rural se décompose en poussière atomique par la parcellisation, perd sa vie propre par absorption ou retombe en friche et retourne à la forêt, la décomposition du corps social tout entier a commencé.” (René de La Tour du Pin).



Les propositions du FN :


DÉVELOPPER LA RURALITÉ

RESTAURER UNE AGRICULTURE NATIONALE PROSPÈRE ET À TAILLE HUMAINE

1. Donner au revenu agricole son juste niveau par une politique de prix vrais

Le paysan français doit voir récompenser ses efforts en retirant le juste fruit de son travail. Il convient donc que le produit soit payé à sa juste valeur et que les prix agricoles tiennent effectivement compte de tous les coûts entrant dans leur composition.

On objecte souvent à cette proposition qu’elle va augmenter les prix pour le consommateur : c’est marginalement vrai, mais ce que le consommateur libre paiera, le contribuable captif (par le biais des primes) cessera de le payer. L’opération est donc quasiment équilibrée.

Quant au marché mondial, dont la principale référence reste le blé, la France y est en position de force sur le plan de la production. Elle pourra aussi, par le biais de traités de commerce bilatéraux vis-à-vis de ses voisins européens ou d’autres pays, mener une politique d’exportation qui respecte les intérêts des deux parties. Elle se protégera, quoi qu’il arrive, de toute importation excessive et, a fortiori, détaxée.

2. Développer la moyenne exploitation familiale et son autonomie économique

L’agriculture française est pluraliste et doit le rester. Il existe des exploitations de grande capacité qui produisent des quantités importantes. Il existe aussi des exploitations de caractère plus familial nécessitant davantage de main-d’œuvre. Ces exploitations sont généralement de taille plus faible et réalisent des productions à valeur ajoutée supérieure. Ce sont celles-là que les pouvoirs publics doivent encourager en priorité. Elles feront le choix d’une agriculture naturelle et d’une politique de produits d’appellation ou labellisés. Comme prévu dans la loi agricole de 1960, toute liberté sera rendue aux paysans pour se lancer à la conquête de leur propre marché, notamment en conférant de la valeur ajoutée à leurs productions.

Cette politique vise clairement à instaurer un lien direct entre producteurs et consommateurs et à diminuer le poids des groupes agro-industriels ou de la distribution, c’est-à-dire de faire le choix de la concurrence saine. Les lois de 1984 (“maîtrise foncière”) et celle de juillet 1999 (Contrats territoriaux d’exploitation, CDOA...) seront abrogées.

3. Favoriser l’installation de jeunes agriculteurs

Les contraintes financières qui empêchent la pérennité des exploitations seront levées. Les taux des prêts bonifiés seront abaissés et les charges sociales supprimées les cinq premières années d’exploitation. La dotation aux jeunes agriculteurs sera considérablement revalorisée.

4. Instituer un moratoire des dettes

Il sera mis en place un moratoire des dettes agricoles afin de remédier à ces situations en proposant des solutions qui assurent la pérennité des fermes en exploitation.

5. Créer un statut du pluriactif agricole

Beaucoup d’exploitations modestes peuvent rester viables si l’agriculteur peut exercer, par ailleurs, une autre activité. Ce mode de fonctionnement sera encouragé par la création d’un statut de pluriactif, réglant de façon avantageuse pour le paysan les questions d’assurance-maladie, de retraite et de fiscalité. Le régime-maternité des femmes d’agriculteur sera aligné sur le régime de droit commun.

6. Supprimer les taxations indues qui frappent l’activité agricole

L’impôt sur le foncier non-bâti sera supprimé et remplacé, pour les communes rurales, par une dotation globale versée par l’État. En outre, l’ensemble des nombreuses taxes parafiscales qui frappent l’agriculture sera réformé afin d’alléger le poids qu’elles imposent aux agriculteurs. Les cotisations-maladie et maternité seront alignées sur le régime général et calculées sur le revenu effectif.

7. Mettre les retraites agricoles au même niveau que celles des autres Français

Le régime des retraites agricoles sera revu pour le mettre à parité avec les autres catégories socio-professionnelles, par son rattachement au sein du régime général et sa fiscalisation, en raison du déséquilibre structurel du régime.

DÉVELOPPER UNE AGRICULTURE RESPECTUEUSE DE LA VIE

8. Limiter l’usage des engrais et des produits phytosanitaires


Le choix de l’agriculture naturelle permettra d’éliminer progressivement ce type de pollution. Il sera également procédé à l’interdiction de l’usage des herbicides les plus polluants (dinoterbe, alachlore, atrazine). L’épandage et l’utilisation des boues d’épuration urbaine à des fins agricoles sera prohibée.

9. Développer l’élevage naturel des animaux de boucherie

L’élevage naturel extensif est seul de nature à garantir, contrairement à la stabulation ou au “hors sol”, le respect de l’environnement comme la qualité du produit fini. La céréaliculture sera encouragée pour la nourriture des animaux de boucherie. Les ateliers industriels hors-sol seront taxés à proportion des nuisances à l’environnement qu’ils entraînent, en attendant leur démantèlement. Toute installation nouvelle sera interdite. La vaccination systématique des animaux susceptibles d’être atteints de fièvre aphteuse sera de nouveau pratiquée.

10. Viser à une qualité croissante des produits agricoles et alimentaires

Le consommateur recherche aujourd’hui des denrées de qualité. Cette orientation augmentera la valeur ajoutée sur les produits et donc le revenu des agriculteurs. La politique des labels (AOC et IGP) sera très fortement intensifiée. La commission nationale des labels et certifications (qui ne comprendra que des exploitants) sera renforcée et veillera à une stricte application des critères d’éligibilité, pour éviter détournements de procédures et assouplissements des normes.

11. Mettre en place un moratoire pour les organismes génétiquement modifiés (OGM)

Compte tenu des questions non résolues qu’ils posent à ce jour, les OGM seront interdits à l’utilisation, à la commercialisation et à l’importation. Un moratoire de dix ans leur sera appliqué, permettant à la recherche nationale, tant la démonstration de leur innocuité sanitaire et environnementale, que l’expérimentation permettant de disposer d’un outil national en la matière pour des raisons d’indépendance bien compréhensibles.

12. Supprimer les SAFER et mettre fin au remembrement agricole

Ces sociétés de droit public seront dissoutes. En plus de la suppression des droits de succession en ligne directe, des modifications seront apportées à la loi civile pour éviter le morcellement agricole. La directive européenne Natura 2000 ne sera pas appliquée.
  DONNER AU PAYS SON INDÉPENDANCE AGRICOLE

13. Parvenir à l’auto-suffisance nationale agricole et alimentaire

Confortée par le rétablissement des frontières, l’agriculture française devra s’efforcer de couvrir au maximum les productions actuellement importées. L’État encouragera le développement de cultures susceptibles d’être utilisées comme matières premières industrielles.

14. Rendre aux paysans leurs libertés professionnelles et la maîtrise de l’enseignement agricole

Il convient d’encourager le pluralisme syndical et de diversifier le mode de représentation des agriculteurs. Le mode de scrutin proportionnel sera instauré pour les élections aux chambres d’agriculture. L’insémination animale cessera d’être le monopole des centres techniques.

L’enseignement agricole doit garder sa spécificité et rester le lieu de la formation de paysans professionnellement compétents et respectueux du capital de civilisation que représente la terre française. Toutes les mesures nécessaires seront prises dans ce sens, notamment en confiant l’enseignement agricole à la profession. Le chèque scolaire lui est naturellement applicable.

15. Préserver les communes rurales et leur donner les moyens de se développer

Ainsi qu’il est précisé au chapitre Institutions, la personnalité et l’existence de toutes les communes françaises, dont 90% sont rurales, seront préservées.

De plus en plus de citadins veulent échapper aux contraintes des grandes agglomérations en s’installant à la campagne. Il faut amplifier ce mouvement de réenracinement territorial. Les mesures suivantes seront adoptées :
- la création de zones de reconversion rurale, bénéficiant de privilèges comparables aux pôles de reconversion industrielle ;
- la suppression pendant cinq ans des charges sociales pour toute création d’emploi en milieu rural ;
- la mise en place de bonifications d’intérêts pour les investissements de qualité.

16. Limiter la propriété foncière étrangère

Des dispositions légales restreindront l’appropriation de la terre par des ressortissants étrangers.

17. Valoriser nos forêts

La France possède le premier massif boisé d’Europe. Le développement des activités liées au bois permettra de réduire nos importations et de créer des emplois nouveaux dans une activité qui connaît un potentiel d’innovation et une croissance des qualifications reconnus.


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