Introduction

IDENTITE
 SOUVERAINETE
 SECURITE
 PROSPERITE
 FRATERNITE
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300 mesures pour la renaissance de la France
ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.
IV AGRICULTURE : DEVELOPPER LA RURALITE
Le constat du FN :
LA MORT PROGRAMMÉE
L’HOSTILITÉ À UN MODÈLE DE CIVILISATION

Qu’on ne s’y trompe pas : l’agriculture française est dans la situation
que l’on connaît aujourd’hui parce qu’on l’a détruite de manière
délibérée. Première activité des sociétés civilisées et très longtemps
dominante, autour de laquelle s’ordonnaient croyances et institutions,
la culture du sol transmet un capital moral et intellectuel d’exception
et forge un type humain fait de stabilité et de fidélité. Cela,
les hommes d’idéologie ou de spéculation n’en veulent pas : les
adeptes des nuées n’aiment pas le paysan enraciné. L’homme de vent
sera toujours hostile à l’homme de terre.
La culture du sol crée, en effet, les conditions d’un triple enracinement,
obstacle à toutes les aventures. Enracinement dans la réalité immédiate,
celle des saisons et des jours, qui permet à l’homme de garder le
lien avec la nature, ce qui n’est évidemment pas le cas avec l’entassement
urbain qui favorise dérèglements et manipulations. Enracinement
dans les exigeantes disciplines d’un travail de longue haleine,
puisque rien de ce que fait l’homme ne s’obtient dans la facilité,
ce qui lui donne indépendance de réflexion et de caractère. Enracinement
dans un lieu précis, auquel on est attaché parce qu’il est le cadre
de sa vie propre et de celle des siens, ce qui met à l’abri de l’utopie,
“l’idée sans feu ni lieu”. L’attachement à la petite patrie dispose
naturellement à l’amour de la Patrie avec un grand P : il n’y a
pas de pays sans paysans !
Depuis plusieurs décennies – la France rurale ne s’est jamais remise
de la saignée de 14-18 où disparut le quart des hommes de 20 à 45
ans parmi lesquels 60% de paysans –, tous les gouvernants français,
leurs ministres de l’agriculture successifs, de Pisani à Glavany,
de Chirac à Rocard, de Cresson à Soisson, portent la responsabilité
de la ruine de l’agriculture française dont ils ont signé à Bruxelles
la mort programmée. Les dirigeants de la Ve République ont choisi
l’élimination de la paysannerie française pour obéir au mot d’ordre
mondialiste visant à détruire les nations : “Le mécanisme des prix
ne remplira son office dans le secteur agricole qu’en infligeant
aux agriculteurs en permanence un niveau de vie sensiblement inférieur
à celui des autres catégories de travailleurs” (plan Rueff-Armand,
1958).
Derrière un intérêt de façade pour l’agriculture, réduite à une
variable du commerce extérieur, tous adhèrent à une “exploitation
du sol” anti-naturelle et intensive, irrespectueuse des équilibres
biologiques et polluante, faite avec toujours moins d’hommes. Profiteurs
et partisans de l’ultra-libre-échangisme, ils ne veulent pas de
l’autosuffisance alimentaire de la France : bien au contraire, ils
en accentuent sans cesse la dépendance et chaque ferme qui disparaît
emporte avec elle un peu de la terre et de la richesse bi-millénaire
de la France.
Les orientations de la politique agricole européenne, issues du
plan Mansholt (décembre 1968), ont amplifié et accéléré le démantèlement
national. Ce plan, alors concocté par le vice-président hollandais
de la commission européenne, ancien planteur de thé à Java et membre
de l’internationale socialiste, tient en quatre points :
- réduction à 5 millions de la population agricole européenne (7
millions aujourd’hui) dont un million, “déjà au stade de la situation
économique souhaitée”, produira en réalité l’essentiel des ressources
destinées à être transformées par l’agro-industrie,
- restructuration en grandes exploitations de 80 à 120 hectares
(74% de la surface agricole utile française est occupée par des
exploitations de plus de 50 hectares), supportant 60 vaches laitières
ou 200 bêtes de boucherie ou 100 000 poulets par an (!) ou 10 000
poules pondeuses ou 600 porcs (d’où le lisier...),
- adaptation de la production aux besoins du “marché”, en réalité
des groupes de l’agro-business, par le biais de “groupements professionnels
par filière”, coupant les paysans de leur milieu territorial d’origine,
- diminution considérable de l’utilisation des terres cultivées,
qui débouche sur l’hyper-rendement, la pollution intensive et la
désertification (friches, déprise), 6 millions d’hectares ayant
été abandonnés en trente ans en France ce qui favorise, par contre-coup,
l’extension urbaine.
En dépit des déclarations lénifiantes (et mensongères), on voit
combien ce plan a été appliqué et continue de l’être point par point.
Ses conséquences sur l’avenir de la France, de l’Europe et du monde
sont catastrophiques : désertification des campagnes, “vache folle”
et “mal-bouffe” sont le lot des pays agricoles développés. Dans
le même temps, la famine étrangle les pays du tiers-monde, eux aussi
victimes du modèle agro-mondialiste.
LE GRAND EFFONDREMENT AGRICOLE
Le nombre d’agriculteurs a été divisé par 6 en 50 ans. Ils étaient
4 millions en 1954, 1,5 million en 1982 et 671 000 en janvier 1999.
Moins de 5% (4,8%) des Français travaillent désormais dans l’agriculture
: pour l’Europe de Bruxelles, l’objectif à terme est de 2%, comme
en Allemagne et en Angleterre.
Le nombre d’exploitations qui était de moins d’un million en 1991
(956 000), est aujourd’hui de 680 000. L’Europe de Bruxelles a fixé
pour la France un objectif maximal de 300 000 : depuis 1990, le
rythme de disparition des exploitations est d’environ 4% par an,
alors qu’il n’était que de 2,5% dans la décennie précédente.
Le nombre d’installations de jeunes agriculteurs est d’environ 8000
par an contre 45 000 départs à la retraite. Une ferme disparaît
ainsi toutes les 15 minutes. 300 000 exploitations sont actuellement
aux mains d’agriculteurs âgés de plus de 55 ans et 66% n’ont pas
de successeur désigné (3 exploitants de plus de 55 ans pour un de
moins de 35 ans).
Trois caractéristiques marquent le bilan économique de notre agriculture.
Tout d’abord, un effondrement des prix agricoles inimaginable dans
toute autre branche d’activité : en 1960, les prix étaient à l’indice
110, ils sont à l’indice 49 aujourd’hui ! Tout a été fait pour que
le paysan ne puisse vivre de son travail ce qui, soit le chasse
de sa terre, soit le rend totalement dépendant des aides nationales
et européennes. Comme le relève l’INSEE, “une chose est sûre, la
baisse des prix agricoles depuis 1973 a bénéficié aux filières aval
de l’agriculture (industries agro-alimentaires, distribution), car
le coût de leur approvisonnement s’est réduit de manière continue”
(Problèmes économiques, 12 mai 1999, p.7).
Ensuite, le revenu agricole est loin d’avoir augmenté au même rythme
que la richesse générale du pays. A l’indice 100 en 1970, il est
aujourd’hui à l’indice 159 tandis que le revenu disponible par Français
est à l’indice 165. Mais ces deux termes masquent l’effondrement
des années Soixante-dix et Quatre-vingts où il est tombé à moins
de 100 tandis que le revenu national poursuivait sa constante progression.
On n’aura garde d’oublier que le revenu agricole national comporte
37% de subventions et de primes ! Et que, par hypothèse, cette moyenne
ne prend pas en compte le nombre des paysans ruinés ou quasi-ruinés
qui ont abandonné la terre, mais seulement la minorité qui en vit
encore.
Les variations erratiques (hausses et baisses) du revenu agricole
dans les années Quatre-vingt-dix tiennent en réalité au fait qu’il
y a de moins en moins d’exploitants à se partager une production
annuelle qui stagne en valeur (à 300 milliards de F. environ) et
que céréaliers et gros producteurs de viande bovine voient leur
revenu augmenter sensiblement plus vite que les autres exploitants.
Voilà pourquoi près de 40% des agriculteurs ont aujourd’hui un revenu
inférieur au SMIC. Jacques Chirac avait annoncé comme une mesure
révolutionnaire, durant sa campagne présidentielle de 1995, que
chaque paysan se verrait garantir un revenu égal à... 75% du SMIC
!
Enfin, il y a l’endettement colossal des agriculteurs, plus de 200
milliards de F., à comparer avec la valeur annuelle de la production
agricole : le taux d’endettement moyen (dettes/actif) des exploitations
atteint 33% en 1997. Pour les éleveurs spécialisés dans le hors
sol (!), le taux d’endettement moyen était de 57% et celui des arboriculteurs
fruitiers de 43%.
Cet endettement n’est évidemment pas lié à l’achat des terres (le
prix de l’hectare, 20 000 F environ, est entre quatre et cinq fois
inférieur à celui de l’Allemagne ou des Pays-Bas), mais à l’acquisition
de matériel agricole ou de produits industriels et d’engrais, à
l’abus des techniques de drainage, à l’extension excessive des périmètres
irrigables.
Quant aux retraites agricoles, elles sont tout simplement indignes
: avec moins de 3000 F. par mois (2200 F. pour les conjoints, moins
que le RMI !), les paysans retraités sont soumis à un régime de
misère institutionnalisée. La pyramide actifs/retraités a été évidemment
détruite par la politique d’exode rural forcé, menée par les gouvernements
successifs : en 1956, il y avait un retraité pour quatre actifs,
en 1982, un retraité pour un cotisant, aujourd’hui plus de deux
retraités pour moins d’un cotisant (2 000 000 / 800 000).
Le régime de mutualité sociale agricole (MSA) survit sous perfusion
publique, via le BAPSA (Budget Annexe des Prestations Sociales Agricoles,
financé par l’impôt) pour 4 milliards de F., en baisse année après
année, “du fait de la forte diminution du nombre des personnes bénéficiant
du régime agricole” dit le rapport de l’Assemblée nationale sur
le budget agricole 2000. Evidemment, le quart des retraites agricoles
est assuré par le Fonds national de solidarité vieillesse ! Cela
n’a pas empêché le gouvernement Chirac-Juppé d’instituer, en 1997,
une cotisation obligatoire de retraite complémentaire de 1,24% sur
les revenus agricoles.
La fiscalité agricole emprunte à la fois aux prélèvements obligatoires
qui écrasent le pays (45% du PIB) et à des spécificités propres
qui grèvent encore un peu plus les exploitations : il y a la taxe
pour les chambres d’agriculture, les taxes para-fiscales et l’impôt
foncier non bâti communal. Toutes pénalisent nos paysans et les
mettent en état de faiblesse au moment même où Bruxelles et sa PAC,
l’OMC et ses accords, libéralisent totalement les échanges agricoles
mondiaux.
LA PERTE DE L’INDÉPENDANCE AGRICOLE
ET ALIMENTAIRE
La Politique agricole commune (PAC) a pu, pendant un certain temps,
faire illusion. La prospérité découlait principalement de la croissance
importante observée entre 1950 et 1974 (les “Trente glorieuses”),
et du principe de préférence communautaire qui apportait des débouchés
européens nouveaux à nos agriculteurs.
Aujourd’hui, l’Union européenne ignore ce principe, réduit à quasiment
rien dans le traité de Maastricht, et capitule face aux exigences
des États-Unis, au travers du GATT, puis à l’OMC. La politique agricole
commune est l’instrument de mort de l’agriculture française. Un
seul exemple : pourquoi l’Union européenne accepte-t-elle l’importation
à l’intérieur des frontières communautaires de millions de tonnes
de produits de substitution des céréales (alimentation du bétail)
qui viennent directement concurrencer nos productions et nous rendent
dépendants d’une puissance extérieure ?
Sous la pression du gouvernement des États-Unis et des intérêts
qui le contrôlent, les règles et le fonctionnement de l’OMC sont
sans cesse modifiés pour aboutir à la libéralisation totale des
échanges agricoles mondiaux. La commission de Bruxelles, par la
voix du commissaire européen à l’agriculture, ne s’oppose jamais
à cette orientation... quand elle ne la devance pas ! C’est ainsi
qu’elle a passé des accords de libre-échange avec le MERCOSUR (marché
commun sud-américain) ou avec l’Afrique du sud, accords qui vont
mettre encore un peu plus nos productions et nos paysans en état
de faiblesse : “L’internationalisation est un phénomène inéluctable”
annone, névrotique, le commissaire européen à l’agriculture.
La PAC n’a pourtant nullement rempli ses objectifs relatifs au revenu
des paysans, à l’autosuffisance alimentaire et au maintien d’une
population agricole nombreuse pour produire et civiliser l’espace
rural. Suivre la voie voulue par Bruxelles, c’est non seulement
accepter qu’il n’y ait plus que 300 000 exploitants agricoles en
France dans dix ans mais, plus encore, faire disparaître une activité
qui n’est pas “purement” économique.
L’agro-industrie hyper-spécialisée et ultra-compétitive est encouragée
par les pouvoirs publics et par le principal syndicat agricole,
la FNSEA, “co-gérant” de la disparition paysanne. Le Crédit agricole
(certains de ses prêts corses seraient ... corsés, si l’on en croit
la rubrique judiciaire), dont les bénéfices de plusieurs milliards
par an sont de plus en plus tirés de ses activités en milieu...
urbain, en donne une définition très claire : “L’importance des
capitaux à mettre en oeuvre ou à transmettre, la complexité des
systèmes de production et la généralisation des droits à primes,
obligent à gérer l’exploitation comme une véritable entreprise”.
Le commissaire européen à l’agriculture veut faire des paysans des
“prestataires de services multi-fonctionnels”. Tout cela ne peut
que couper l’agriculture de son territoire, la dénaturer.
L’agriculture n’est pas, en soi, une “activité industrielle” : elle
ne transforme pas des matières premières, elle tire parti du vivant
à partir d’éléments naturels complexes. En outre, on ne peut comparer
une agriculture nationale à une autre, tout simplement parce que
chacune procède d’une position géographique, de conditions climatiques,
d’un contexte historique et humain déterminés : la France, située
entre le 42e et le 51e parallèle nord, dispose, tous les biochimistes
le savent, d’un potentiel agricole naturel d’exception.
Son territoire, situé à égale distance du pôle et de l’équateur
(le 45e parallèle passe à hauteur d’une ligne Bordeaux-Valence)
est ouvert sans obstacle naturel à deux masses marines, l’Atlantique
et la Méditerranée : son climat, ni trop chaud, ni trop froid, rend
possible (sauf dans des zones de montagne très limitées), le travail
du sol presque toute l’année et cela lui permet de disposer d’une
incomparable variété de produits. Ce n’est pas le cas d’autres pays
européens, trop froids – l’Allemagne – ou trop chauds – l’Espagne
–, par exemple.
A travers la réforme de la PAC 1992, dont “l’accord” de Blair House
pour les céréales, négocié secrètement par le Commissaire européen
et dont le texte n’a été communiqué, y compris au premier ministre
Balladur, que par l’entremise des députés Front National au Parlement
européen, puis de la PAC 1999, tous textes acceptés par les gouvernements
français successifs, la logique euromondialiste veut vendre les
productions communautaires au cours mondial, sans restitutions.
L’Agenda 2000, signé à Berlin en mars 1999, amplifie encore cette
orientation : l’aide aux prix doit diminuer et les aides directes
doivent être “différenciées” ce qui, en langage technocratique,
veut dire réduites. En voulant sans cesse ouvrir les frontières
agricoles, l’Union européenne détruit délibérément ce qui restait
de la PAC initiale ; elle condamne nos paysans en se retranchant
hypocritement derrière la loi du marché.
Or, les règles de la concurrence sont totalement faussées, à l’avantage
des États-Unis. Trois faits, parmi d’autres, le prouvent. Alors
que la commission de Bruxelles impose un taux de jachère de 10%,
les États-Unis ont supprimé chez eux le mécanisme identique pour
reconquérir des parts de marché. Le cours mondial du blé est fixé
en dollars à la Bourse des matières de Chicago, ce qui permet aux
États-Unis, en raison de la faiblesse de l’euro vis-à-vis du dollar,
de renforcer leur pénétration sur les marchés mondiaux. Les paysans
américains sont largement subventionnés par leur gouvernement :
350 milliards de F. pour la seule année 1999. “L’ouverture” se fait
à sens unique.
Les accords du GATT, ratifiés à Marrakech en 1994, prévoient non
seulement la suppression de la plupart des droits sur les produits
agricoles mais, également, une diminution des exportations subventionnées
tant en volume qu’en valeur, et la diminution de la production des
oléagineux (maïs, soja) qui entrent dans l’alimentation du bétail.
En réalité, il y a belle lurette que l’Union européenne ne défend
plus les intérêts des agriculteurs français ou européens dans l’OMC.
Il n’est qu’à consulter la composition de la commission d’arbitrage
en cas de différends entre États pour s’en convaincre : l’Union
européenne (comme s’il s’agissait d’un État) et les États-Unis ont
un siège chacun, les cinq autres sièges allant au Japon, à la Nouvelle-Zélande,
à l’Egypte, aux Philippines et à l’Uruguay, satellites plus ou moins
déguisés des États-Unis. Une preuve supplémentaire en a été fournie
lors de la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse en Europe
début 2001, lorsque les opinions publiques ont “découvert” que l’OMC
avait interdit la vaccination depuis 1991, sous prétexte de ne pas
entraver... le commerce mondial des animaux de boucherie !
Il n’est pas jusqu’au Codex alimentarius (élaboré par la FAO, organisation
de l’ONU pour l’alimentation et l’OMS, organisation mondiale de
la santé), où l’OMC puise ses critères techniques, qui ne serve
à éliminer les produits européens : ses normes sont issues des propositions
des multinationales agrochimiques, pharmaceutiques et biotechnologiques,
américaines pour la plupart. Ces normes vont toujours dans le même
sens : la diminution des protections au détriment des consommateurs
et au bénéfice des trusts de l’agro-business.
L’adhésion à l’Union européenne des PECO (pays d’Europe centrale
et orientale) va complètement déséquilibrer ce qui reste de la politique
agricole commune : elle devra s’adapter à cette “nouvelle donne”,
en clair la baisse des prix, partiellement compensée par des aides
directes et “co-financée”, c’est-à-dire que les agriculteurs “riches”
reverseront pour les “pauvres”, sans augmentation globale du budget
agricole.
Les risques sont considérables pour une agriculture ouest-européenne
non préparée qui a déjà difficilement absorbé les chocs des PAC
et des accords GATT-OMC. L’adhésion des dix nouveaux états d’Europe
centrale et orientale, dont la population agricole représente 25%
des actifs et dont l’agriculture contribue en moyenne pour 8% du
PIB, contre 2,5% dans l’Union européenne, constitue, si Bruxelles
ne change pas ses méthodes, une formidable menace pour nos paysans.
Les États européens ne voulant pas augmenter le budget agricole
communautaire, il va falloir, selon la logique de Bruxelles, soit
qu’ils réduisent, dans des proportions énormes, le soutien à leur
agriculture soit qu’ils choisissent la fuite en avant mondialiste
: “Il serait essentiel que la Communauté, élargie ou non, soit capable
d’exporter sans subvention afin d’être en mesure de participer à
l’essor du marché mondial”. L’élargissement de “l’Europe” à 27 États
est bien une folie, dont tous les paysans européens, de l’ouest
comme de l’est, seront les victimes.
La libéralisation se poursuit donc imperturbablement et l’échec
de la conférence de Seattle en mars 2000 n’a fait que repousser
l’échéance. Car “Europe” et gouvernants français sont sur la même
longueur d’onde. En développant des accords de libre-échange croisés,
avec l’Amérique du Sud qui mettent en péril nos éleveurs de bétail
face à l’Argentine en 1995, avec les pays du Sud (de l’Algérie à
Israël) qui prennent de plein fouet nos paysans du midi, en 1996,
avec l’Afrique du sud, c’est l’ensemble de l’agriculture française
(et européenne) qui est livrée au libre-échange généralisé.
Aucun secteur ne peut désormais y échapper, y compris ceux sur lesquels
nous sommes excédentaires. Les subventions devront être totalement
supprimées en 2010. Enfin, les concessions faites aux pays cités
en entraînent d’autres dès lors qu’ils demandent à bénéficier des
mêmes avantages, si l’OMC juge l’accord incompatible avec ses règles
(clause de la nation la plus favorisée).
Bref, le marché mondial des produits agricoles est devenu une jungle
où tous les coups sont permis et dont la victime permanente est
le paysan français et européen.
Il en résulte la perte de notre indépendance agricole et alimentaire,
dissolution de souveraineté moins voyante que les traités de Maastricht
ou d’Amsterdam, mais aux conséquences autrement plus redoutables
parce que moins prévisibles : pour les légumes, le riz, les graisses,
le porc, le mouton, le lapin, le beurre (!), la pomme de terre,
la France n’est plus auto-suffisante. En raison des quotas laitiers,
la France importe du lait. Notre bétail ne se nourrit plus “français”
; il absorbe des tourteaux de soja ou d’agrumes, du gluten de maïs
américain, du manioc thaïlandais, des patates douces chinoises.
Telle est l’agriculture vue de Bruxelles : une machine devenue folle,
au seul service d’intérêts ploutocratiques anonymes. Une agriculture
artificielle aussi, parfois même d’apprentis-sorciers, qui viole
le bon sens et détruit la nature.
“L’EXPLOITATION DU SOL” CONTRE LA
NATURE ET LE BON SENS
L’agriculture française et européenne est engagée dans un processus
doublement mortel, l’exportationnisme libre-échangiste à tout prix
qui va à l’encontre des équilibres sociaux les plus élémentaires
et des “pratiques culturales” qui vont à l’encontre de l’ordre naturel.
La parcellisation des terres, sous l’effet du partage successoral
né du Code civil, fut au 19e siècle un phénomène bien réel, qui
s’amplifia dans la première moitié du 20e. Plutôt que de supprimer
la loi civile qui en était la cause, on s’attaqua aux conséquences.
Il s’ensuivit le remembrement, restructuration foncière visant à
agrandir les parcelles cultivées en regroupant les propriétés rurales.
Le remembrement s’accompagne toujours de travaux accessoires : routes,
chemins, fossés de drainage, en vue de la création et de l’aménagement
d’équipements collectifs. Ces travaux connexes provoquent des modifications
néfastes du profil des sols, de l’écoulement des eaux et le bouleversement
de leur régime par l’arasement des haies et des talus : “Ces opérations
connexes peuvent avoir des conséquences très diverses sur le milieu
physique (climat, sol et eau) et aussi sur le milieu vivant” (Bulletin
technique d’information du ministère de l’agriculture, décembre
1980).
La terre, qui n’est plus protégée par les haies ni retenue par la
racine des arbres, est soumise alternativement à une intense insolation
et au ruissellement des pluies. Elle perd alors son humus naturel
que l’on essaiera de compenser par des doses sans cesse accrues
d’engrais chimiques dont une partie s’en va dans la rivière par
les fossés collecteurs ou s’infiltre dans les nappes phréatiques.
La dégradation de la nature commence avec le remembrement et s’achève
par l’agriculture industrielle.
Autant dire que le Programme de maîtrise des pollutions agricoles
(PMPOA), lancé en 1989 par le gouvernement dans le cadre des contrats
de plan État-région, avec ses 557 MF sur 6 ans (source loi de finances
2000) a peu de chance d’aboutir à des résultats heureux : une fois
de plus, on traite les conséquences, la nocivité des causes n’est
pas remise en cause.
Le principal effet du remembrement fut de remettre en cause la propriété
du sol, plus encore sur le plan psychologique qu’économique. La
terre est devenue “outil de travail”, le paysan un “exploitant agricole”,
pour lequel la productivité passe avant tout autre équilibre. La
remise en cause du droit de propriété en milieu rural fut institutionnalisée
avec la création des SAFER (Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement
Rural, 1960).
Disposant dès 1962 du droit de préemption, la SAFER contrôle toute
vente de fonds agricole ou de terrain à vocation agricole. Aujourd’hui,
les SAFER, quasiment toutes en cessation de paiement, sont renflouées
par le budget de l’État et se sont vu ouvrir un champ d’action plus
large encore par la loi de juillet 1999 : elles ont désormais autorité
sur “l’ensemble du marché foncier des biens ruraux dont elles assurent
la transparence”. Les SAFER interviennent avant la transaction foncière.
La loi de 1999 va plus loin : elle abolit le droit de disposer de
ses biens.
Tout d’abord, les Contrats Territoriaux d’Exploitation (CTE) qui,
bien que “volontaires”, sont en réalité obligatoires puisqu’ils
conditionnent la plupart des aides nationales et européennes et
permettent de fixer au paysan des objectifs autoritaires quant à
la production, à l’utilisation des parcelles composant l’exploitation,
à la “participation à des projets collectifs”. Nostalgie des sovkhoses
: contrats territoriaux ou contrats totalitaires d’exploitation
?
Avec la loi de 1999, la libre disposition des biens fonciers n’existe
plus pour le paysan. Par le biais des CDOA (Commission Départementale
d’Orientation Agricole), présidée par le préfet, toute mutation
de bien agricole, comme une succession par exemple, est soumise
à cette commission : ainsi, un fils de paysan peut très bien être
dépossédé de l’exploitation de son père si la commission le décide
et le propriétaire ne peut pas vendre au professionnel de son choix.
La commisssion attribue à qui elle veut le bien ou l’exploitation
et des amendes sanctionnent celui qui refuserait ce cadeau forcé
!
La révolution agro-industrielle des trente dernières années aboutit
à la “subversion alimentaire”. Résultat : les consommateurs n’ont
plus confiance dans leur assiette. La maladie de la “vache folle”
(ou ESB, encéphalopathie spongiforme bovine) résulte, pour la plus
large part, de la violation d’une règle élémentaire de la nature
: on donne des farines animales (broyage de carcasses d’animaux
morts, dont certains contaminés) à des ruminants !
Dès août 1989, on savait que ces farines étaient contaminées par
l’agent infectieux ESB, mais on en a importé jusqu’en 1996. Il ne
fallait pas contrarier le “grand marché”, la monnaie unique, la
“construction européenne”, le big-business ! Le Parlement européen
mettra sept ans à se saisir de l’affaire. En dépit des contrôles,
le ministre français de l’agriculture l’a reconnu, on ne sait toujours
pas aujourd’hui si certaines farines que l’on continue à donner
sont nocives ou non. On en est d’autant moins convaincu que le gouvernement
français a fait le choix de tester les animaux de boucherie après
leur abattage. Comme il fallait s’y attendre, autre parallèle avec
l’affaire du sang contaminé, le test retenu n’est pas totalement
fiable.
L’essor fantastique des biotechnologies appliquées à l’agriculture
a mis sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM).
18 plantes transgéniques (dans lesquelles on a implanté un gêne
non originel à l’espèce) sont d’ores et déjà autorisées en Europe,
12 autres attendent leur autorisation. Les OGM ont pour principale
caractéristique d’améliorer les rendements (toujours le productivisme).
Les trusts agrochimiques (les américains Monsanto, DuPont, le suisse
Novartis) sont les principaux producteurs d’OGM. Ils ont tout misé
sur les biotechnologies pour dominer à la fois le marché agricole
et l’industrie de la transformation agro-alimentaire. Outre l’habituelle
complicité de Bruxelles, les gouvernements français ont joué la
valse-hésitation : Dominique Voynet a prôné l’interdiction de la
commercialisation des OGM, après en avoir autorisé la culture, pour
finir par revenir dessus... à titre provisoire.
S’il est exact que les OGM présentent, à première vue et à court
terme, un certain nombre d’avantages, on ne connaît guère ou pas
du tout, en revanche, les risques qu’ils présentent en matière de
santé publique. Quant à leur effet sur l’environnement, il est mal
évalué mais un certain nombre de constatations ne manquent pas d’être
inquiétantes : un maïs génétiquement modifié aurait, par exemple,
provoqué la raréfaction du papillon “monarque”. Les risques des
OGM sur la santé publique sont loin d’être nuls ; à dire vrai, ils
ne sont pas connus. Les avantages nutritionnels des OGM sont disproportionnés
par rapport aux risques potentiels qu’ils représentent. Les risques
de souveraineté sont considérables, car on ne peut s’en remettre
pour notre alimentation à des groupes multinationaux pour lesquels
l’avenir de la France et l’alimentation de sa population sont le
cadet des soucis, en dehors de la courbe des bénéfices qu’ils peuvent
en retirer. Il n’y a d’ailleurs pas lieu non plus d’abandonner la
recherche nationale en la matière – elle existe – sous prétexte
d’échanges de bons procédés (?) avec les États-Unis.
On voit combien “l’agriculture” moderne devenue industrielle, artificielle,
anti-naturelle, est à l’opposé de sa vocation : nourrir les hommes
en permettant à la nature d’offrir le meilleur d’elle-même. Bien
entendu, il reste des agriculteurs, des éleveurs, des viticulteurs,
en un mot des paysans consciencieux (ils ont du mérite !), fiers
de transmettre un savoir-faire, qui produisent de la qualité ; l’agriculture
“biologique ”, c’est-à-dire... naturelle et traditionnelle comme
avant PAC et GATT, PSC et NPK, OMC et OGM, se développe.
Il est ici question d’une politique et, comme dans bien d’autres
domaines, d’identifier des responsables gouvernementaux réellement...
coupables et non de stigmatiser des lampistes, prisonniers d’un
système qui les dépasse. Il n’en est que plus urgent de reprendre
le contrôle de notre agriculture et de développer la ruralité en
faisant retour au Réel.
Les principes :
UNE AGRICULTURE FRANÇAISE
PROSPÈRE, NOURRICIÈRE, INDÉPENDANTE
Dans le cadre euromondialiste, l’agriculture est une machine de
mort, pour les paysans, pour les consommateurs, pour la France.
Pour sauver l’agriculture française, il faut sortir de l’Europe
de Bruxelles. Nous faisons le choix de renationaliser la politique
agricole. C’est à un triple retour au réel qu’il faut viser : une
agriculture française prospère, une agriculture française nourricière,
une agriculture française indépendante.
LA TERRE DOIT FAIRE VIVRE DÉCEMMENT
TOUS LES PAYSANS
Pour rendre confiance aux paysans et permettre le maintien d’une
population rurale active et importante, il faut permettre au paysan
de vivre du travail de sa terre, comme chaque Français vit normalement
de son travail. Une politique nationale des prix agricoles procurera
des revenus convenables au paysan. L’indexation des prix agricoles
sera rétablie et les disparités avec nos concurrents devront être
éliminées : impôt foncier, taxes diverses, droits de succession
en ligne directe. Les retraites agricoles seront mises au même niveau
que celles des autres catégories de Français et fiscalisées au titre
de la solidarité nationale. Les conditions de l’exploitation seront
libérées, en particulier par la possibilité de vendre directement
au consommateur, et la recherche de la qualité des produits sera
encouragée.
LA TERRE DOIT NOURRIR SAINEMENT
TOUS LES FRANÇAIS
Le respect de pratiques culturales éprouvées, le maintien de la
variété et de la diversité biologique, la politique des labels et
des appellations, la promotion d’authentiques produits du terroir,
la lutte contre la déprise, le refus de la friche notamment, doivent
viser à ce que les Français se nourrissent dans les meilleures conditions
de goût et de santé. Le modèle agricole français à promouvoir est
donc l’agriculture authentiquement biologique en plaine et l’agriculture
extensive en milieu sylvo-pastoral.
LA TERRE, GAGE D’INDÉPENDANCE ET
SOURCE DE CIVILISATION
Une grande Nation, comme la France, se doit d’assurer elle-même
l’alimentation de ses habitants en ne recourant qu’avec parcimonie
à des approvisionnements extérieurs. L’autosuffisance alimentaire
est un gage d’indépendance et de sécurité, essentielles dans un
monde incertain et dangereux.
Le monde paysan et la vie rurale sont aussi indispensables à l’équilibre
moral de notre pays. Les paysans et le monde rural sont porteurs
de valeurs traditionnelles indispensables à la stabilité de notre
pays. Un peuple a besoin d’être enraciné dans son sol et c’est à
travers ses paysans qu’il peut l’être. Sans eux, la France s’étiolerait
comme un arbre dont on a coupé les racines.
“Si le domaine rural se décompose en poussière atomique par la parcellisation,
perd sa vie propre par absorption ou retombe en friche et retourne
à la forêt, la décomposition du corps social tout entier a commencé.”
(René de La Tour du Pin).
Les propositions du FN :
DÉVELOPPER
LA RURALITÉ
RESTAURER UNE AGRICULTURE NATIONALE PROSPÈRE ET À TAILLE HUMAINE
1. Donner au revenu agricole son juste
niveau par une politique de prix vrais
Le paysan français doit voir récompenser ses efforts en retirant
le juste fruit de son travail. Il convient donc que le produit
soit payé à sa juste valeur et que les prix agricoles tiennent
effectivement compte de tous les coûts entrant dans leur composition.
On objecte souvent à cette proposition qu’elle va augmenter les
prix pour le consommateur : c’est marginalement vrai, mais ce
que le consommateur libre paiera, le contribuable captif (par
le biais des primes) cessera de le payer. L’opération est donc
quasiment équilibrée.
Quant au marché mondial, dont la principale référence reste le
blé, la France y est en position de force sur le plan de la production.
Elle pourra aussi, par le biais de traités de commerce bilatéraux
vis-à-vis de ses voisins européens ou d’autres pays, mener une
politique d’exportation qui respecte les intérêts des deux parties.
Elle se protégera, quoi qu’il arrive, de toute importation excessive
et, a fortiori, détaxée.
2. Développer la moyenne exploitation
familiale et son autonomie économique
L’agriculture française est pluraliste et doit le rester. Il existe
des exploitations de grande capacité qui produisent des quantités
importantes. Il existe aussi des exploitations de caractère plus
familial nécessitant davantage de main-d’œuvre. Ces exploitations
sont généralement de taille plus faible et réalisent des productions
à valeur ajoutée supérieure. Ce sont celles-là que les pouvoirs
publics doivent encourager en priorité. Elles feront le choix
d’une agriculture naturelle et d’une politique de produits d’appellation
ou labellisés. Comme prévu dans la loi agricole de 1960, toute
liberté sera rendue aux paysans pour se lancer à la conquête de
leur propre marché, notamment en conférant de la valeur ajoutée
à leurs productions.
Cette politique vise clairement à instaurer un lien direct entre
producteurs et consommateurs et à diminuer le poids des groupes
agro-industriels ou de la distribution, c’est-à-dire de faire
le choix de la concurrence saine. Les lois de 1984 (“maîtrise
foncière”) et celle de juillet 1999 (Contrats territoriaux d’exploitation,
CDOA...) seront abrogées.
3. Favoriser l’installation de jeunes
agriculteurs
Les contraintes financières qui empêchent la pérennité des exploitations
seront levées. Les taux des prêts bonifiés seront abaissés et
les charges sociales supprimées les cinq premières années d’exploitation.
La dotation aux jeunes agriculteurs sera considérablement revalorisée.
4. Instituer un moratoire des dettes
Il sera mis en place un moratoire des dettes agricoles afin de
remédier à ces situations en proposant des solutions qui assurent
la pérennité des fermes en exploitation.
5. Créer un statut du pluriactif agricole
Beaucoup d’exploitations modestes peuvent rester viables si l’agriculteur
peut exercer, par ailleurs, une autre activité. Ce mode de fonctionnement
sera encouragé par la création d’un statut de pluriactif, réglant
de façon avantageuse pour le paysan les questions d’assurance-maladie,
de retraite et de fiscalité. Le régime-maternité des femmes d’agriculteur
sera aligné sur le régime de droit commun.
6. Supprimer les taxations indues qui
frappent l’activité agricole
L’impôt sur le foncier non-bâti sera supprimé et remplacé, pour
les communes rurales, par une dotation globale versée par l’État.
En outre, l’ensemble des nombreuses taxes parafiscales qui frappent
l’agriculture sera réformé afin d’alléger le poids qu’elles imposent
aux agriculteurs. Les cotisations-maladie et maternité seront
alignées sur le régime général et calculées sur le revenu effectif.
7. Mettre les retraites agricoles au
même niveau que celles des autres Français
Le régime des retraites agricoles sera revu pour le mettre à parité
avec les autres catégories socio-professionnelles, par son rattachement
au sein du régime général et sa fiscalisation, en raison du déséquilibre
structurel du régime.
DÉVELOPPER UNE AGRICULTURE RESPECTUEUSE
DE LA VIE
8. Limiter l’usage des engrais et des produits phytosanitaires
Le choix de l’agriculture naturelle permettra d’éliminer progressivement
ce type de pollution. Il sera également procédé à l’interdiction
de l’usage des herbicides les plus polluants (dinoterbe, alachlore,
atrazine). L’épandage et l’utilisation des boues d’épuration urbaine
à des fins agricoles sera prohibée.
9. Développer l’élevage naturel des animaux
de boucherie
L’élevage naturel extensif est seul de nature à garantir, contrairement
à la stabulation ou au “hors sol”, le respect de l’environnement
comme la qualité du produit fini. La céréaliculture sera encouragée
pour la nourriture des animaux de boucherie. Les ateliers industriels
hors-sol seront taxés à proportion des nuisances à l’environnement
qu’ils entraînent, en attendant leur démantèlement. Toute installation
nouvelle sera interdite. La vaccination systématique des animaux
susceptibles d’être atteints de fièvre aphteuse sera de nouveau
pratiquée.
10. Viser à une qualité croissante des
produits agricoles et alimentaires
Le consommateur recherche aujourd’hui des denrées de qualité.
Cette orientation augmentera la valeur ajoutée sur les produits
et donc le revenu des agriculteurs. La politique des labels (AOC
et IGP) sera très fortement intensifiée. La commission nationale
des labels et certifications (qui ne comprendra que des exploitants)
sera renforcée et veillera à une stricte application des critères
d’éligibilité, pour éviter détournements de procédures et assouplissements
des normes.
11. Mettre en place un moratoire pour
les organismes génétiquement modifiés (OGM)
Compte tenu des questions non résolues qu’ils posent à ce jour,
les OGM seront interdits à l’utilisation, à la commercialisation
et à l’importation. Un moratoire de dix ans leur sera appliqué,
permettant à la recherche nationale, tant la démonstration de
leur innocuité sanitaire et environnementale, que l’expérimentation
permettant de disposer d’un outil national en la matière pour
des raisons d’indépendance bien compréhensibles.
12. Supprimer les SAFER et mettre fin
au remembrement agricole
Ces sociétés de droit public seront dissoutes. En plus de la suppression
des droits de succession en ligne directe, des modifications seront
apportées à la loi civile pour éviter le morcellement agricole.
La directive européenne Natura 2000 ne sera pas appliquée.
DONNER AU PAYS SON INDÉPENDANCE AGRICOLE
13. Parvenir à l’auto-suffisance nationale
agricole et alimentaire
Confortée par le rétablissement des frontières, l’agriculture
française devra s’efforcer de couvrir au maximum les productions
actuellement importées. L’État encouragera le développement de
cultures susceptibles d’être utilisées comme matières premières
industrielles.
14. Rendre aux paysans leurs libertés
professionnelles et la maîtrise de l’enseignement agricole
Il convient d’encourager le pluralisme syndical et de diversifier
le mode de représentation des agriculteurs. Le mode de scrutin
proportionnel sera instauré pour les élections aux chambres d’agriculture.
L’insémination animale cessera d’être le monopole des centres
techniques.
L’enseignement agricole doit garder sa spécificité et rester le
lieu de la formation de paysans professionnellement compétents
et respectueux du capital de civilisation que représente la terre
française. Toutes les mesures nécessaires seront prises dans ce
sens, notamment en confiant l’enseignement agricole à la profession.
Le chèque scolaire lui est naturellement applicable.
15. Préserver les communes rurales et
leur donner les moyens de se développer
Ainsi qu’il est précisé au chapitre Institutions, la personnalité
et l’existence de toutes les communes françaises, dont 90% sont
rurales, seront préservées.
De plus en plus de citadins veulent échapper aux contraintes des
grandes agglomérations en s’installant à la campagne. Il faut
amplifier ce mouvement de réenracinement territorial. Les mesures
suivantes seront adoptées :
- la création de zones de reconversion rurale, bénéficiant de
privilèges comparables aux pôles de reconversion industrielle
;
- la suppression pendant cinq ans des charges sociales pour toute
création d’emploi en milieu rural ;
- la mise en place de bonifications d’intérêts pour les investissements
de qualité.
16. Limiter la propriété foncière étrangère
Des dispositions légales restreindront l’appropriation de la terre
par des ressortissants étrangers.
17. Valoriser nos forêts
La France possède le premier massif boisé d’Europe. Le développement
des activités liées au bois permettra de réduire nos importations
et de créer des emplois nouveaux dans une activité qui connaît
un potentiel d’innovation et une croissance des qualifications
reconnus.
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