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Discours et interventions Auteur : Louis ALIOT Date : dimanche 15 mars 2009 Sujet : Discours de Louis ALIOT lors de la Convention d'Arras Avec la construction européenne, la question de la souveraineté est redevenue une question centrale de la vie politique.
Deux questions essentielles se posent : la démocratie est-elle pensable en dehors du concept de souveraineté ? La construction d'un ordre international soi-disant « pacifique » fondé sur le droit, suppose-t-elle la liquidation du concept de souveraineté ? La démocratie ne peut se penser qu'à partir du concept de souveraineté car elle est l’expression même de la souveraineté du peuple. C’est ainsi que la révolution française, bourgeoise et libérale a tout fait pour museler l’expression directe du peuple, d’où notre régime représentatif. En matière internationale, l'alternative à laquelle nous sommes confrontés n'est pas entre droit international et souveraineté mais entre souveraineté et oligarchie technocratique et financière. L’article 3 de notre constitution affirme que " le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. " Dès lors, la seule autorité légitime à laquelle nous devons obéissance, c'est à nous-mêmes ! La liberté civile suppose donc un peuple libre et la liberté des citoyens exige la souveraineté politique de la nation. Si on renonce à la souveraineté, on renonce obligatoirement à l'idée de pouvoir du peuple, c'est-à-dire à la démocratie. Les néolibéraux sont partisans de l'État de droit, mais, pour eux, l'État de droit n'inclut pas nécessairement l’expression directe. Il faut penser pour le peuple, puisque le peuple n’est pas apte à penser. Le débat actuel sur l’Europe est emblématique de cet état d’esprit. Pour les tenants du traité de Lisbonne, le progrès de la civilisation doit déboucher sur un ordre légal mondialisé, c'est-à-dire sur une sorte d'État de droit à l'échelle planétaire qui ne pourrait se construire que sur l’anéantissement des souverainetés nationales. Toute société a besoin d’un Etat pour l’organiser et pour défendre les valeurs qui lui permettent de subsister. Il ne peut y avoir de stabilité nationale ou internationale que dans le cadre d’Etats-Nations assurant pleinement leurs prérogatives régaliennes. Curieusement l’Europe est le seul continent du monde qui a entrepris la liquidation des ses Etats, alors que partout ailleurs les peuples ne font que tenter de renforcer leurs mécanismes étatiques nationaux. Il n’y a pas de honte pour une nation de rechercher et de mettre en place d’abord pour elle-même les moyens lui permettant d’assurer sa propre survie, comme la prospérité et la liberté de son peuple. La France, tout au long de sa continuité historique a inventé un modèle d’équilibre naturel auquel elle semble avoir renoncé par la bêtise et la trahison de ses gouvernements successifs. L’idée qui consiste à considérer les Etats-Nations comme des ensembles dépassés, incapables d’assurer leur stabilité politique comme leur croissance économique, est absurde parce que constamment démentie par les faits. Tout au contraire, c’est en faisant revivre les ensembles nationaux, qui constituent le cadre le plus adapté à l’exercice des droits des citoyens, que les peuples retrouveront les moyens de leur développement et de leur autonomie. La grande question de ce XXIème siècle n’est en aucune façon le moyen d’accroître ou de gérer la mondialisation, mais celui de rétablir les solidarités nationales et internationales autour de modèles différents, parce que les mieux adaptés à l’histoire des nations comme à la permanence de leurs identités spécifiques. Il n’y a ni racisme ni rejets des différences à vouloir assurer la promotion des souverainetés nationales, mais au contraire un enrichissement collectif. L’effacement des Etats-Nations dans un melting-pot mondialisé, dont les règles seraient supérieures aux leurs, est le plus sur moyen de construire un monde ingérable et aussi de mettre en place des guerres sans fin entre les peuples voulant vivre pleinement leurs spécificités. La France, du fait de son identité actuelle et de son histoire originale, qui ne se confondent pas avec celles d’aucune autre nation, doit retrouver les marges de manœuvre dont la perte explique son déclin. Pour cela, elle doit faire un effort de réforme intérieure et se protéger des évolutions qui la conduisent à n’être plus qu’un land, sans pouvoir de décision sur son avenir. Comment devant ce détournement de démocratie ne penserions-nous pas à Victor Hugo et à son poème extrait des Châtiments « A propos de la loi Faider », écrit à Jersey en décembre 1852 : « Ce qu’on appelle Charte ou Constitution, C’est un antre qu’un peuple en révolution Creuse dans le granit, abri sûr et fidèle. Joyeux, le peuple enferme en cette citadelle Ses conquêtes, ses droits, payés de tant d’efforts, Ses progrès, son honneur ; pour garder ces trésors, Il s’installe en la haute et superbe tanière La fauve liberté, secouant sa crinière. L’œuvre faite, il s’apaise, il reprend ses travaux ; Il retourne à son champ, fier de ses droits nouveaux, Et tranquille, il s’endort sur des dates célèbres, Sans songer aux larrons rôdant dans les ténèbres. Un beau matin, le peuple en s’éveillant va voir Sa constitution, temple de son pouvoir ; Hélas ! de l’antre auguste on a fait une niche. Il y mit un lion, il y trouve un caniche. » Et combien de toutous ont dirigés la France au mépris de l’intérêt supérieur de la nation et de son peuple ? Afin que le peuple français puisse, une fois pour toutes, choisir et décider lui-même de son destin dans le cadre européen ou dans le cadre national, ainsi qu’il aurait dû déjà pouvoir le faire depuis plus de cinquante ans que dure cette tragicomédie. La seule question qui vaille et qu’il faudra un jour poser au peuple français est la suivante : « Voulez-vous que la France soit intégrée à la fédération européenne ou bien qu’elle reste indépendante et souveraine ? » La souveraineté populaire comme la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Ni la puissance économique, ni la puissance des groupes de pression, ni des puissances étrangères ne peuvent lui imposer des mesures qu’il ne souhaite pas. C’est pour cela qu’il faut défendre la souveraineté, la liberté et l’indépendance de notre peuple et de notre nation. Dans cet esprit et face à la crise, on doit se poser légitimement la question de la représentation politique dans notre pays. A quoi servent nos dirigeants, puisqu’ils ne décident de plus rien ? Songez un peu ! La France compte 36555 communes, 460700 conseillers municipaux, 96 départements, 3856 conseillers généraux, 330 sous-préfets d’arrondissements, 100 préfets, 26 régions, 1829 conseillers régionaux, des conseils économiques et sociaux régionaux, des administrations correspondantes, 340 magistrats et 300 assistants des chambres régionales des comptes, 577 députés et leur administration (11000 personnes), 321 sénateurs et leur administration, des intercommunalités diverses et variées, 736 députés européens, 25 commissaires européens et leurs 17500 technocrates, divers services associés ou parallèles, 35 ministres, un Premier ministre et un Président de la République … ?! Nous sommes en présence d’une formidable usine à gaz qui gère un pays qui n’en est plus un et construit une utopie qui ressemble fort à une prison pour les peuples. Du fait de la passoire européenne, de la mondialisation, des difficultés économiques, des déficiences de l’école, de l’université, de la formation professionnelle, de la protection sociale, mais surtout des revendications identitaires et religieuses de ces populations marquées par des traditions et des histoires éloignées de celles du creuset français, le modèle national est remis en cause. Aucun pays ne peut survivre si ses citoyens ou ses résidents ne partagent pas les mêmes valeurs et le même projet de civilisation. « Si vous ne voulez pas de l’Algérie Française, vous aurez la France algérienne ! » disait le jeune député LE PEN à la tribune de l’Assemblée Nationale en 57. Cinquante deux ans après comment ne pas voir qu’il avait raison. Et surtout, qu’il avait raison contre celles et ceux qui prônaient l’abandon de l’empire pour ne pas avoir à subir une cœxistence avec d’autres peuples à l’image d’un De Gaulle qui ne voulait pas voir un jour l’existence de « Colombey-les-deux-mosquées ». Et bien aujourd’hui, ils ont les deux ! Le déshonneur d’avoir largué l’empire avec tous les crimes et les abandons qui s’y rattachent et celui d’avoir favorisé une immigration qui nous menace dans ce que nous sommes. Si nous n’arrivons pas au pouvoir, il ne restera plus aux Français qu’à méditer, dans les locaux vides de leurs usines et de leurs bureaux délocalisés, au milieu des friches de leurs champs et de leurs vignes abandonnés ou de leurs villes envahies par des immigrés radicalement étrangers à leur civilisation venus de toutes parts…. (Petit développement sur Jaurès) « A ceux qui n’ont plus rien, la patrie est leur seul bien » La nation est un très juste équilibre entre le trop petit régional et le trop grand mondial. L’Europe technocratique et mondialiste de Bruxelles décide déjà de plus de 70 % des textes directifs qui s’appliquent à la France. En matière de politique commerciale, fiscale ou sociale comme en matière d’immigration, de sécurité, de défense ou de diplomatie (avec l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN), d’autres décident à notre place. Les fondements de la politique européenne sont idéologiquement marqués par la dictature du politiquement correct et l’absence de références aux fondamentaux de notre civilisation chrétienne et européenne. La cible privilégiée de cette Europe, comme tous les projets totalitaires, reste l’encadrement de la jeunesse et la volonté de créer un homme européen nouveau avec sa citoyenneté, sa culture sommaire et superficielle et un corpus idéologique et politique unique. Dans cet esprit leur Europe a sa logique : encadrer juridiquement les « nouveaux européens » et faire table rase de ce que nous sommes ! Leur Europe n’est pas la nôtre. La leur est un système de tutelle où une « élite » dirigeante a confisqué le pouvoir. Pour que la France soit à nouveau respectée dans le monde et pour que chaque Français soit fier d’appartenir à une grande et belle nation, il faut à la France une autre destinée et à l’Europe une autre cohérence. Un jour viendra où nous n’aurons plus assez de larmes pour pleurer d’avoir dilapidé l’héritage que nous avons reçu d’hommes et de femmes qui ont combattu pour notre liberté. Un jour viendra où nous n’aurons plus assez de mots pour expliquer à nos enfants ce qu’a été la France, sa formidable histoire, celle de son empire, de ses valeurs chrétiennes, de son rayonnement planétaire, de sa richesse lentement accumulée par des générations de paysans, de travailleurs, d’ingénieurs, de poètes, d’artistes, de militaires ou de juristes… Le redressement national passe d’abord par notre réappropriation du pouvoir de décision, c’est-à-dire de notre souveraineté. La souveraineté est en effet à un peuple ce que la liberté est à un individu. La souveraineté, c’est la maîtrise de notre destinée, indispensable à notre épanouissement et à notre indépendance. Ce qui a été injustement livré par nos dirigeants aux institutions euro-fédérales ou mondialistes, nous le reprendrons. C’est notre devoir bien sûr, mais c’est aussi notre droit. L’article 2 de la Déclaration de 1789 consacre comme un droit la résistance à l'oppression. Si la résistance à l'oppression est légitime, juste, nécessaire alors il est un devoir de s’opposer à ce schéma d’asservissement pour rendre à notre peuple et à notre nation sa liberté et son indépendance nationale ! « Honte au Pays dans lequel on se tait ! » disait Georges Clemenceau. Alors, Français, le 7 juin, faites vous entendre…« Ouvrez vos gueules ! » |