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300 mesures pour la renaissance de la France

ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.

L'UNIVERSALITÉ, LA MÉMOIRE ET LE SACRÉ

L’HISTOIRE des peuples du monde entier l’atteste : une civilisation ne peut durer sans se référer à un ordre spirituel qui dépasse les individus, ordre qu’ont à garder, en dépit des vicissitudes humaines, les institutions politiques et sociales. Ce sont elles qui donnent sa légitimité à l’autorité comme elles en bornent les pouvoirs. Elles codifient aussi les relations au sein de cette société : civilisation et citoyenneté ont la même étymologie.

Rome puisait la force de ses institutions et sa cohésion sociale dans ses dieux lares, dieux transportés de Troie vers le Latium par Enée, installés dans les limites de l’enceinte sacrée, le pomerium. Leur protection donnait aux actes officiels ou privés un caractère sacré dont la transgression faisait planer une menace sur toute la Ville. Si Tarpeia est mise à mort, c’est non seulement parce qu’elle a trahi mais, plus encore, parce que son acte est une souillure pour Rome elle-même.

Les valeurs fondatrices d’une civilisation ne sont évidemment pas figées dans le temps. Elles s’enrichissent ou se dégradent, principalement en fonction des dispositions de ses dirigeants à servir le Bien commun. Après les guerres Puniques, Scipion Nasica exhorta Rome à retremper sa jeune puissance aux idéaux fondateurs de l’Urbs, faute de quoi elle ruinerait la morale publique et privée et causerait de graves malheurs. Moins d’un siècle plus tard, la guerre civile commençait. Auguste, après y avoir mis fin, tentera de renouer avec la virtus des premiers siècles de la République.

L’UNIVERSALITÉ

Le premier devoir du Politique est donc de gouverner conformément aux valeurs fondatrices de la Cité dont il a la charge. La formule du serment prononcée lors du sacre du roi de France lui rappelait qu’il devait avant tout faire régner l’harmonie dans son royaume : “Je promets, au nom de Jésus-Christ... d’empêcher toutes rapines et iniquités de quelque nature qu’elles soient... de faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements...” (Serment du sacre du roi de France).

Cette règle est aussi ancienne que les sociétés organisées : “Les Égyptiens sont les premiers où l’on ait su les règles du gouvernement. Cette nation grave et sérieuse connût d’abord la vraie fin de la politique qui est de rendre la vie commode et les peuples heureux.” (Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, ch. XIII).

L’art politique consistera donc à choisir le stable au détriment de l’éphémère, le défini au détriment du vague, le rigoureux au détriment du séduisant : “L’État fera peu pour les plaisirs des hommes, assez pour leurs besoins, tout pour leurs vertus.” (Louis de Bonald, philosophe français, La législation primitive).

S’inscrivant, dès les origines, dans “le temps long de l’histoire” où l’évènement prend dimension de symbole – Clovis reçut en 508 de l’empereur romain d’orient Anastase les codicilles du consulat –, la France possède un système de valeurs qui embrasse le temps et l’espace.

Après avoir rassuré Charles VII sur sa légitimité (6 mars 1429), Jeanne d’Arc rappelle le caractère surnaturel de sa mission : “En nom Dieu, les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire.” (témoignage de Bertrand de Poulengy, in Procès de réhabilitation, édition de Jules Quicherat).

Des observateurs étrangers, plus perspicaces souvent que bien des Français, ont relevé la vocation naturelle de la France à donner à son action la dimension de l’exemple. Theodor Zeldin, historien anglais de la France, dans son livre Les passions françaises, relève qu’aucun affrontement où sont impliqués des Français n’échappe à une formulation universalisante. Georges Clémenceau, pour justifier la prétendue guerre du droit, déclarera le 11 novembre 1918 à la tribune de la Chambre des députés : “La France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de l’humanité, sera toujours celui de l’idéal”.

L’écrivain suisse Charles-Ferdinand Ramuz note : “Il y a des choses qui changent et des choses qui demeurent : le tout est de savoir quelle est leur juste proportion. Le tout est de savoir s’il n’y a pas des constantes dans l’histoire d’un peuple ou d’un pays... s’il n’a pas cette facilité et cette aisance bien françaises de se renouveler constamment tout en restant fidèle à lui-même.” (Relations de voyage).

L’universalisme – dont le cosmopolitisme est la contrefaçon – est une constante de la pensée française. Simone Weil pourra légitimement écrire : “Le génie de la France ne réside que dans ce qui est pur. On a absolument raison de dire que c’est un génie chrétien et hellénique.” Ainsi, revendique-t-elle pour la seule civilisation française l’exclusivité des deux racines communes au monde occidental.

Dans l’ordre de la nature, la Patrie, cité terrestre des hommes, est à la fois lieu d’enracinement – patria, la terre des pères – et cadre de vertus valables quels que soient le lieu ou l’époque. Elle est l’alternative à l’uniformité réductrice du mondialisme : “La disparition des nations ne nous appauvrirait pas moins que si tous les hommes devenaient semblables, avec une seule personnalité et un seul visage. Les nations sont la richesse de l’humanité, ses personnalités collectives : la plus infime d’entre elles a sa coloration particulière et porte en elle un reflet particulier de l’intention divine.” (Alexandre Soljenitsyne, Discours prévu pour la réception du prix Nobel de Littérature, 1970).

De là l’importance de la connaissance historique dans la formation de notre identité. L’homme d’État français doit assurer la continuité des valeurs collectives pour lesquelles d’innombrables Français ont peiné et se sont sacrifiés au long des siècles : “Ce n’est pas à la politique que l’Histoire doit demander des inspirations ou des confirmations ; c’est plutôt l’homme politique, s’il est sincère, qui doit se mettre à l’école de l’historien.” (Albert Mathiez, historien du début du 20e siècle et militant socialiste).

LA MÉMOIRE

L’erreur intrinsèque des idéologies matérialistes est en effet de considérer que l’on construit sur la négation de ce qui préexiste. La science ne pourrait se développer si elle appliquait à ses travaux de telles méthodes. Le chimiste Marcellin Berthelot, figure emblématique de la “libre-pensée” et du radicalisme du début du XXe siècle, en a tiré une observation dépourvue d’ambiguïté : “Les faits anciens, les lois anciennes, subsistent dans l’ordre et la mesure où ils sont démontrés. La science ne renverse pas à mesure ses édifices ; mais elle y ajoute sans cesse de nouveaux étages et, à mesure qu’elle s’élève davantage, elle aperçoit des horizons plus élargis.” (Science et libre-pensée).

En matière scientifique, les découvertes reposent sur le principe de causalité. En histoire, c’est en observant les principes qui les fondent que se perpétuent les sociétés humaines. La société n’est pas le produit du contrat, mais le fruit d’un Ordre. Rien ne se fait sans soumission à cette loi : “Ce n’est pas seulement à cause de nous que nous l’aimons mais aussi à cause de nos ancêtres, parce que le nom de la patrie se confond avec leurs noms, parce que la patrie, c’est la terre où ils sont nés, où ils ont vécu, où ils ont souffert comme nous, qu’ils ont arrosés de leur sueur, défendue au prix de leur sang et dans le sein de laquelle reposent leurs cendres. Héritiers de leurs idées, de leurs traditions, de leurs mœurs, de leurs lois, nous le sommes aussi des biens qu’ils nous ont légués, de la puissance matérielle qu’ils ont créée de leur labeur continuel.” (Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation ? leçon donnée au Collège de France).

Sous l’universel changement qui nous abuse ou nous enivre, se cache une grande et profonde loi d’immobilité ou, tout au moins, d’équivalence compensatrice dans l’oscillation des divers changements. L’organisation humaine n’est donc pas, comme le prétendait Saint-Simon, un “laboratoire” où s’élaborent les fameux “lendemains qui chantent”, mais le moyen prédéterminé qui permet à l’homme de répondre à sa nature, c’est-à-dire à son origine transcendantale et à sa fin d’animal social

Ce que l’observation des mœurs des peuples avait révélé, est confirmé par la science moderne. Tous les êtres vivants observent cette règle de fond, sans laquelle les espèces auraient disparu : “La volonté de l’homme sera toujours impuissante à modifier la structure de l’univers. Comme nos frères inférieurs, les cétacés des mers polaires ou les anthropoïdes qui errent dans les forêts tropicales, nous faisons partie de la nature. Nous sommes soumis aux mêmes lois que le reste du monde.” (Alexis Carrel, prix Nobel de médecine 1912, L’homme, cet inconnu). Nous devons en effet répondre, sur le plan spirituel comme naturel, à notre fin. Nous ne subissons pas notre condition passivement, nous sommes les sujets actifs d’une chaîne qui vient de loin et va au-delà de notre seule existence propre : “La Nation, même unanime, n’a pas le droit de disposer arbitrairement de la chose commune, de la risquer à sa fantaisie, de la subordonner à l’application d’une théorie ou à l’intérêt d’une classe, cette classe fût-elle la plus nombreuse. Car la chose commune n’est pas à elle, mais à toute la communauté passée, présente et future. Chaque génération n’est que la gérante temporaire et le dépositaire responsable d’un patrimoine précieux et glorieux qu’elle a reçu de la précédente à charge de la transmettre à la suivante.” (Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine).

Il y a, en effet, dans la continuité des civilisations et des peuples, une harmonie préétablie, reflet de la Création, que les Grecs appelaient Cosmos, qui signifie Ordre. Le vingtième siècle, siècle du matérialisme “scientifiquement” réalisé et des barbaries totalitaires, du communisme à l’avortement, n’a cessé de vouloir s’affranchir de cet Ordre. Cet “affranchissement” a débouché sur d’immenses tragédies dont nous continuons à payer le prix : “Nous avons traversé avec vous le XXe siècle, de part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait tant rêvé au XVIIIe siècle.” (Alexandre Soljenitsyne, Allocution prononcée lors de l’inauguration du monument des Lucs-sur-Boulogne, “l’Oradour vendéen”, 1993).

Tourner le dos à l’Ordre qui permet la Vie c’est choisir, ainsi que l’a rappelé le Pape Jean-Paul II, la “culture de mort”. L’abîme de contradiction entre l’homme rêvé et l’homme réel, “l’homme nouveau” et l’homme pratique, ne paraît alors comblable que par l’Utopie - l’idée sans feu ni lieu -, et son inéluctable corollaire, la fascination de Thanatos : “Le dépérissement et la mort de l’humanité ne sont pas la conséquence fortuite, extérieure, de l’incarnation de l’idéal socialiste, mais en constituent au contraire l’élément organique essentiel. La mort de l’humanité n’est pas seulement le résultat concevable du triomphe du socialisme, elle constitue le but du socialisme.” (Igor Chafarevitch, mathématicien et logicien russe dissident, Le phénomène socialiste).
La meilleure preuve en est aujourd’hui fournie par l’idéologie mondialiste. La liquidation des frontières, en dépit des apparences, renverse une des lois de la vie et de l’histoire. Une nation a besoin de frontières, comme une maison a besoin de portes et de fenêtres. Il peut être séduisant, pour exercer une emprise éphémère sur une opinion désinformée, de prétendre le contraire. Mais quand l’invasion est là, militaire (les occupants), économique (le libre-échangisme) ou démographique (l’immigration), il est trop tard : le temps des épreuves et des larmes est venu.

La constitution des sociétés politiques doit donc être ordonnée à un seul et même critère : la continuité spirituelle et physique de la communauté nationale. Toute autre considération, pour séduisante qu’elle soit, est à terme mortelle. Elle doit être combattue et rejetée sans faiblesse. Cette exigence ne diminue aucunement la liberté de chacun, bien au contraire, puisque chaque génération doit transmettre l’acquis reçu, non seulement intégral mais, mieux encore, enrichi.

Toute décision politique doit, par conséquent, trouver son inspiration dans les valeurs nationales pour y trouver, non un modèle tout fait, mais une ligne directrice ferme et claire : “Tous les peuples connus ont été heureux et puissants à mesure qu’ils ont obéi plus fidèlement à cette raison nationale qui n’est autre chose que l’anéantissement des dogmes individuels et le règne absolu et général des dogmes nationaux, c’est-à-dire des préjugés utiles.” (Joseph de Maistre, Considérations sur la France, 1797).

C’est particulièrement vrai en politique étrangère. Ainsi, lors de la “guerre du Golfe”, était-il évident que la région irako-koweitienne, de longue date sous influence anglo-saxonne (britannique puis américaine), n’avait pas à voir intervenir la France, sinon pour y préserver ses intérêts pétroliers, lesquels postulaient que nous puissions continuer à bénéficier du pétrole brut irakien qui nous était fourni en-dessous des cours du marché international. Quant au reste, la France se devait d’avoir une position tierce, de recours et d’arbitre, entre les parties belligérantes. Une analyse similaire s’applique au Kosovo.

Le Politique se doit d’encadrer la vision historique qui est dispensée aux jeunes Français. Prohibant tout dénigrement systématique du meilleur réalisé par la France et les Français, en métropole et ailleurs, ce qui n’exclut, bien entendu, ni la lucidité, ni la réflexion, l’instruction doit transmettre, dans le respect de la chronologie et l’honnêteté des analyses, les hauts faits et gestes de la Mémoire nationale. L’enseignement public le fit jusqu’à une date récente : “D’autres peuples, à une époque privilégiée, ont eu un épanouissement magnifique, supérieur à celui de la France, mais ils ont été ensuite épuisés. La France seule a su se renouveler sans cesse. A toute époque, les arts y ont fleuri. Des milliers de monuments attestent cette gloire. Enfant, tu es l’héritier de tous ceux qui, depuis l’origine des âges, ont vécu sur le sol où tu as grandi. Quelles qu’aient été leur religion ou leurs idées, ils ont travaillé pour toi. Respecte les pierres qui rappellent leur existence, leur travail, leurs pensées. Conserve ce patrimoine précieux qui honore la France.” (Léon Rosenthal, Notre art national, abrégé de l’histoire de l’art français des origines à nos jours, manuel des écoles publiques avant 1914).

Le retour à l’histoire événementielle, injustement décriée au profit d’une histoire globalisante et sociologique est, de ce point de vue, fondamental. De même qu’on ne peut écrire sans maîtriser l’orthographe et la syntaxe, de même la formation du citoyen passe-t-elle impérativement par la compréhension et l’assimilation des faits qui forment l’histoire de France.

Tout citoyen est évidemment libre d’interpréter comme bon lui semble les faits historiques. Mais ces derniers demeurent le repère essentiel, le “vêtement commun national” à tous les Français, expression de leur unité au-delà de leurs différences de nature. C’est ce principe qui fonde l’admission d’un naturalisé au sein de la communauté nationale. Il doit assimiler pour s’assimiler : puisqu’il n’est pas Français par le sang, il doit le devenir de tout son esprit et sans retour, dans les mœurs, la langue, l’éducation qu’il donne à ses enfants.

LE SACRÉ

La conception mécaniste des rapports sociaux qui prévaut depuis trop longtemps a consacré le triomphe de l’abstraction, l’élimination de l’expérience et du multiséculaire “humus humain” (selon l’expression de Fernand Braudel, historien contemporain). Les “élites” de notre pays, publiques ou économiques, se conduisent trop souvent comme si la société n’était qu’un champ d’expérimentation sans conséquence pour ceux qui la composent : “Ils considèrent les hommes dans leurs expériences comme ils le feraient ni plus ni moins de souris dans une pompe à air ou dans un récipient de gaz.” (Edmund Burke, parlementaire libéral anglais, Considérations sur la Révolution de France, 1791). De là, leur adhésion à toutes les utopies successives, libéralisme, socialisme, marxisme, tiers-mondisme, mondialisme. L’idéologie des droits de l’homme, ultime paradigme d’une intelligence en péril de mort, en l’enfermant sur lui-même, en a fait un être “unidimensionnel” (titre du principal ouvrage du sociologue gauchiste américain des années Soixante, Herbert Marcuse).

Si l’enracinement a une dimension physique il a, plus encore, une dimension morale. Est enraciné, pourvu d’une identité, celui qui assume en pleine conscience cette transmission, c’est-à-dire une tradition continuée. Car on ne transmet que ce qui vit, on n’améliore que ce que l’on vit. Cette transmission rend non seulement l’homme responsable mais, bien plus, elle l’élève au-dessus de sa condition purement biologique : “La tradition relie le temps à l’éternel, ce qui change à ce qui ne change pas ; elle maintient quelque chose qui échappe au temps, à l’écoulement des évènements, pour nous introduire en une réalité qui ne meurt pas : la tradition est mémoire, et un homme sans mémoire n’est rien.” (Paul Scortesco, ancien ambassadeur de Roumanie et écrivain catholique, mort en exil en France).

La volonté de se continuer en se grandissant est la loi même de notre civilisation. Elle a donné ce type humain indépassable qu’est le Chevalier, et c’est en France que ce type s’est approché le plus près de la perfection : “Ce qu’il y a de vrai dans les résultats de la recherche ethnologique en général, est la mise en évidence d’un élément non-politique ou non-sociologique, comme fondement au moins secondaire du pouvoir politique. C’est cet élément religieux, ou plus exactement sacré, qui est dans toute société normale, le fondement du pouvoir. Celui-ci vient de la Divinité, mais sociologiquement parlant, par la médiation de la paternité. L’archétype naturel du pouvoir socio-politique est l’autorité paternelle, parce que l’archétype de la société civile, comme l’a vu Aristote, est la famille.” (Jean Hani, ethnologue français, La royauté sacrée).

Il n’est que temps de réintroduire le Sacré dans notre société. On voit bien que nos contemporains n’ont pas faim que de pain. A des degrés divers, la percée des sectes comme l’usage massif de tranquillisants par nos compatriotes, en sont les contre-preuves. La sécularisation progressive des sociétés occidentales depuis le XVIe siècle, sécularisation qu’elles ont exportée dans le reste du monde, porte une très lourde responsabilité dans le “désenchantement du monde moderne” (expression de Max Weber, économiste et sociologue allemand des années Vingt, in L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme). A contrario, si certaines sociétés asiatiques ont su préserver leur cohésion, en dépit des chocs de la révolution industrielle venue d’Europe, elles le doivent à des valeurs communautaires ou familiales transmises sans solution de continuité.

Le déclin de l’Église catholique romaine, depuis le second concile du Vatican, par la perte du modèle de “société d’ordre” qu’elle incarnait et dont le magistère était accepté même par des incroyants, a aggravé la crise intellectuelle et morale dont souffrent nos contemporains. Aucune société ne peut durablement faire l’économie du Sacré qui est, par définition, la vraie différence. Le monde a besoin, pour ne pas s’enfoncer dans des ténèbres sans retour, que soit gardée, vivante et ferme, la mémoire de l’Incarnation.

Car nous, Français, avons une chance considérable. Depuis des siècles notre patrie, la terre de nos pères, a un visage familier. Elle est pleine de commodités pour ses habitants, elle a des racines concrètes faites d’équilibres subtils, un patrimoine intellectuel et sensible encore largement présent dans les usages de notre vie quotidienne. Si elle attire autant, c’est qu’elle possède cette “différence” qu’on n’a pas chez soi ou qu’on a vainement cherché ailleurs.

C’est vers cet “héritage” que nous devons nous tourner pour retrouver ce sens des réalités qu’ont perdu les politiques contemporaines : “On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la pensée abstraite, alors qu’elle est faite d’habitudes, d’usages ; en broyant ceux-ci sous la meule de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les individus à l’état d’atomes interchangeables et anonymes.” (Claude Lévi-Strauss, ethnologue français de gauche, inventeur du “structuralisme”, dans un entretien au Figaro, 1990).

Il est de la responsabilité du chef de l’État de ne pas désacraliser la vie publique. Il est inadmissible, par exemple, que le 14 Juillet soit dissout dans une manifestation euromondialiste, lui faisant perdre sa signification : la célébration de l’unité de la Patrie dans la gloire de nos armées. Par delà les symboles, les autorités politiques de notre pays doivent donc assurer la continuité de la France et veiller à sa souveraineté. L’une ne va pas sans l’autre. Si on laisse s’effondrer notre démographie et s’y substituer une immigration de peuplement, exploser la criminalité ou “diaboliser” nos origines, autant laisser la France se dissoudre dans le melting-pot mondialiste.

Car tout se tient. Les “responsables” politiques ne le sont que dans la mesure où ils sont comptables de ce qui est et de ce qui doit être. Il n’y a pas d’autre politique possible que le rassemblement autour de la Patrie parce qu’elle est essentielle pour celui qui vient au monde. C’est par elle qu’il se trouve, dès les premières heures de sa vie, lié aux destinées de ses ancêtres et aux efforts de ses proches.

Aussi loin que porte l’intelligence, il n’y a rien qui vaille contre cette qualité d’héritiers. Nous sommes les fils et les filles des hommes et des femmes qui firent la France. Cette vérité qui explique tant d’aspects de nous-mêmes, fonde nos devoirs d’aujourd’hui et nos engagements de demain. Elle est la condition du relèvement de la Patrie.
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