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300 mesures pour la renaissance de la France

ATTENTION : Ce programme est celui de 2001 ! Il est présent ici-même en guise d’archives. Ce n’est pas celui défendu par Jean-Marie LE PEN et le Front National en 2007, que vous pouvez consulter ici.

III SANTÉ : PRÉVENIR ET GUÉRIR


Le constat du FN :


LA SANTÉ EN PÉRIL

ASSURANCES SOCIALES : BREF RAPPEL HISTORIQUE

Le système d’assurance contre la maladie et l’accident du travail est né en France dans les années qui suivirent la Révolution de 1830, sous l’influence du courant chrétien social, avec les “sociétés de secours mutuel”. Il faudra plus d’un siècle pour que l’État libéral s’intéresse à cette question : ce n’est qu’à partir de 1928-1930 qu’il commence à légiférer pour donner aux classes moyennes salariées les moyens de se soigner dans des conditions financières satisfaisantes. En effet, jusqu’en 1941, les hôpitaux publics furent réservés aux indigents ; les classes aisées, de leur côté, se faisaient soigner dans des “maisons de santé”, ancêtres des actuelles cliniques privées.

L’assurance-maladie devint obligatoire en 1946. En 1961, se met en place le régime conventionnel des actes accomplis par les praticiens libéraux. C’est un premier pas vers une gestion technocratique de la santé, le système étant généralisé en 1979 (disparition de l’AMG, Assistance Médicale Gratuite, au profit du régime général). A ce régime général, s’ajoutent 173 caisses ou régimes spéciaux. Ce système était destiné, d’une part, à éviter les cas de grande détresse et, d’autre part, à assurer la solvabilité des patients en cas d’affection longue et onéreuse.

L’assurance-maladie représente une dépense annuelle de l’ordre de 670 milliards de F. gérée par :

- le régime général lui-même, communément appelé Sécurité sociale, dont l’organisation territoriale est calquée sur les départements, avec des organismes de recouvrement des cotisations (les URSSAF) et des organismes de versement des prestations (les caisses locales d’assurance-maladie) ;
- les caisses ou régimes spéciaux prennent en charge les agents publics, les commerçants et artisans, les agriculteurs et les professions libérales.
Cet ensemble est coiffé par deux organismes. D’une part, la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie (CNAM), à composition paritaire (syndicats patronaux et syndicats de salariés), présidée par le représentant d’une centrale syndicale ouvrière ; la tutelle de l’État sur la CNAM, en réalité déterminante, est assurée par le ministère des Affaires sociales. D’autre part, l’ACOSS, Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale, chargée de la gestion des flux financiers entre organismes.

L’assurance-maladie et accidents du travail couvre les assurés aussi bien en médecine de ville que pour toute forme d’hospitalisation.

LA SOCIALISATION DE LA SANTÉ

La première dérive de notre système de santé est celle de sa socialisation. Sous l’impulsion des centrales syndicales de lutte de classes, relayées par les gouvernements successifs, l’assurance-maladie est peu à peu devenue un système parafiscal et redistributif, puisque le taux de prélèvement se fait au prorata des revenus. Ce n’est évidemment pas sa vocation. En dépit de cette redistribution, certains de nos compatriotes sont aujourd’hui obligés de restreindre leur accès aux soins tandis que le système est source de gaspillages croissants.

Cette politique résulte en réalité d’une volonté délibérée : il s’agit d’alourdir les prélèvements sur l’outil de travail et les travailleurs et de maintenir dans un état permanent de culpabilisation patients et praticiens. On ne veut pas que les Français aient la maîtrise de leur santé. Il s’agit là d’une vision bureaucratique et totalitaire de la société française : elle explique que le budget de la santé doive toujours être en déficit.

La seconde raison de la socialisation de notre système d’assurance-maladie tient à l’irresponsabilité d’un gestionnaire tout-puissant et incontrôlé. Le système conventionnel, mis en place en 1961, prévoyait que les soins des patients fussent pris en charge dans une fourchette allant de 60 à 100%, en contrepartie d’un prélèvement obligatoire à la source sur salaire, que les professionnels de santé libéraux ou les institutions hospitalières acceptaient une limitation de leurs honoraires, une gestion budgétaire précise et un contrôle de la tutelle, en contrepartie de la solvabilité des patients ; quant aux caisses d’assurance-maladie, elles devaient gérer le système “en bon père de famille”.

Ces engagements n’ont pas été respectés, car les caisses ont peu à peu trahi les assurés en prélevant de plus en plus alors que parallèlement les reversements diminuaient (déremboursements, enveloppes globales autoritaires) ; sortant de leur rôle de gestionnaires, elle ont progressivement imposé aux patients des façons de se soigner comme elles contraignaient les praticiens à limiter les actes médicaux accomplis au profit des malades (blocage des honoraires, “références médicales opposables”).

Enfin, elles n’ont jamais eu la transparence financière à laquelle elles s’étaient engagées. Voilà pourquoi, à ce jour, le montant du déficit chronique de la branche-maladie de la Sécurité sociale reste incontrôlable et incontrôlé, en dépit de l’augmentation massive et ininterrompue des taux de cotisation et de l’instauration de la CSG et de la CRDS.

Paradoxalement, certains usagers du système d’assurance-maladie se retrouvent aujourd’hui dans la même situation qu’avant la création de la Sécurité sociale. Les taux de prélèvement sont devenus si élevés que de nombreux employeurs hésitent à embaucher ou maintiennent les salaires à des niveaux inférieurs pour ne pas avoir à augmenter leurs versements à l’URSSAF, sans compter l’incitation évidente au “travail au noir” qui en résulte.

Des milliers de Français n’ont pas non plus de couverture-maladie complémentaire (facultative), faute d’un salaire décent : s’il est inexact de dire que dans notre pays, il y a exclusion des soins, en revanche, beaucoup de nos compatriotes restreignent leurs soins par manque de couverture suffisante. Et cela est, en soi, totalement inadmissible. De nombreux commerçants, artisans, agriculteurs, non à jour de leurs cotisations, n’ont ni couverture-maladie de base, ni indemnités journalières : le système les a transformés en sans-droits de fait à l’assurance-maladie.

La responsabilité en revient à la gestion technocratique de la CNAM et des gouvernements de l’Établissement qui subordonnent la santé à une appréciation comptable à courte vue des dépenses de maladie. En dépit des gesticulations des dirigeants de la CNAM à l’égard de la tutelle, tous se sont toujours associés pour orienter philosophiquement et financièrement le système de santé : il s’agit d’étatiser complètement la médecine et de pérenniser sa gestion “syndicale” tout en transformant la santé en “marché solvable”, reprenable par de puissants groupes du capitalisme financier. Cette politique implique, au préalable, une diminution du nombre des praticiens et des établissements de soins.

Il n’est pas anodin que l’on envisage aujourd’hui de confier tout ou partie du régime général à de puissants groupes privés d’assurances multinationaux (AXA, par exemple). On remarquera d’ailleurs que le représentant du patronat à la CNAM est également le numéro deux du MEDEF et le président du syndicat patronal des assurances (FFSA). La répartition des rôles se ferait alors entre un régime général géré par une société privée d’assurances et des mutuelles régionalisées (FNMF) complètement contrôlées par les centrales syndicales de lutte de classes. Il se trouve que ce modèle a aussi la préférence des institutions euromondialistes.

Ce qui est visé à terme est une limitation quantitative et qualitative de l’offre de soins pour y substituer une technocratie médico-financière disposant d’un droit sur la vie des patients. C’est ce que déclarait, à Berlin le 21 mars 1998, Lamberto Dini (gouverneur de la Banque centrale d’Italie) devant la Commission trilatérale : “La sécurité sociale et la santé devront demeurer assujetties à de strictes conditions financières”.

LA “MAÎTRISE COMPTABLE” DE L’OFFRE DE SOINS

Depuis des années, les patients sont l’objet de campagnes permanentes visant à les inciter à moins consommer alors même que les déremboursements ne cessent d’augmenter. On oublie de dire que depuis 15 ans, 10% de la population consomme en moyenne 70% du budget de la santé, 5% consomment même, à eux seuls, 60% de ce dernier. Il ne devrait donc pas être aussi compliqué qu’on veut bien le dire de contrôler les dépenses.
La médecine de ville (130 000 médecins, 50 000 infirmières, 40 000 kinésithérapeutes, 25 000 dentistes, les autres paramédicaux et les pharmaciens) a fait peu à peu l’objet d’une mainmise réglementaire de plus en plus contraignante, tant sur les plans financier et intellectuel que professionnel et éthique.

Les mesures prises aussi bien avant les Ordonnances Juppé que par ce dernier (quotas, “références médicales opposables”, carnet de santé, blocage des nomenclatures...), ont provoqué un véritable rationnement des soins, incompatible avec le devoir de précaution du médecin et la confidentialité des actes médicaux.

En ce qui concerne l’hospitalisation, l’instauration des enveloppes globales plus ou moins extensibles en fin d’année a abouti à la paupérisation du monde hospitalier, qu’il soit public ou privé. La toute-puissance de l’agence régionale de l’hospitalisation a entraîné une diminution et un déplacement géographique des structures de soins qui ne tiennent absolument pas compte des besoins ou des souhaits des patients.

Quant à l’organisation et à la gestion des caisses d’assurance-maladie, outre la multiplication de structures satellites toutes plus coûteuses les unes que les autres, c’est surtout l’instauration de la carte Vitale qui va profondément bouleverser les rapports entre patients, praticiens et organismes : sous prétexte de fournir de manière aisée les informations nécessaires au remboursement de l’acte et au suivi médical de l’assuré, cette pratique renverse en réalité la démarche de soins pour en faire un acte purement comptable, sans considération pour la personne du malade.

La Couverture-maladie universelle (CMU) représente, à elle seule, un petit chef-d’œuvre d’escroquerie : outre qu’elle est une pompe aspirante de l’immigration, puisqu’accordée dès que le ressortissant met le pied sur le territoire français (la régularité du séjour n’est pas exigée pour sa délivrance), succédant à “l’assurance-maladie universelle” adoptée par le gouvernement Balladur en 1994 sur proposition de Mme Simone Veil, elle ne favorise absolument pas un meilleur accès des Français aux soins. Mme Martine Aubry a, en effet, pris soin d’en fixer le seuil d’attribution au-dessus du minimum-vieillesse et de l’allocation d’adulte handicapé, ce qui exclut de son bénéfice deux catégories particulièrement fragiles de nos compatriotes. Par ailleurs, elle ne couvre que le régime de base lequel, on le sait, voit chaque année diminuer ses prestations.

LE MÉPRIS DE LA VIE HUMAINE

Ces évolutions débouchent logiquement sur le mépris de la vie et de la mort des personnes. Les questions de santé publique tombées dans le domaine public le prouvent : sang contaminé, “vache folle”, hormone de croissance, euthanasie, clonage embryonnaire.

L’affaire du sang contaminé a trouvé un épilogue judiciaire pour le moins étrange (voir le chapitre Institutions). Car la contamination des hémophiles et des polytransfusés par le virus du Sida (3 300 victimes aujourd’hui) a bien une origine politique et même idéologique. Alors que l’on savait depuis 1983 les risques que l’on faisait courir à des milliers de personnes en utilisant des produits contaminés non chauffés, ce n’est qu’en septembre 1985 que la décision a été prise par le gouvernement d’alors (Fabius, Dufoix, Hervé) de procéder aux tests préalables.

Bien pire, la collecte de sang à haut risque infectieux dans les prisons s’est poursuivie jusqu’en 1990 ! La réalité a été exposée lors du procès devant la Cour de Justice de la République : si la collecte de sang contaminé s’est poursuivie jusqu’à cette date, c’est parce qu’il fallait “mélanger” les sangs de diverses provenances, “la traçabilité” de l’origine des produits sanguins étant réputée “fasciste” ! Telle est la responsabilité délibérée des politiciens de l’Établissement, socialistes ou non, dans cette tragédie qui a duré plus de dix ans.

L’affaire de la “vache folle” (voir le chapitre Agriculture) comme celle de l’hormone de croissance, qui constituera dans les années à venir un problème majeur de santé publique, relève des mêmes considérations : la santé a très froidement été sacrifiée aux exigences du profit et au libre-échangisme euromondialiste, au laxisme moral et à la violation consciente de la nature. Là aussi, la responsabilité des pouvoirs politiques successifs en place est totale.

La médiatisation bienveillante d’affaires scandaleuses (l’infirmière de Mantes-la-Jolie), les déclarations de prétendus spécialistes (Schwartzenberg, Kouchner) comme une pression euromondialiste en la matière, montrent bien que l’on ne veut tenir aucun compte des barrières de la Vie.

L’offensive pour imposer une législation favorable à l’euthanasie, véritable “holocauste climatisé”, est en effet de plus en plus claire. Le mécanisme mental de ceux qui poussent à sa légalisation est dépourvu d’ambiguïté : “Dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures”. (Jacques Attali, L’avenir de la vie).

Or l’euthanasie active – faire mourir une personne, quel que soit le prétexte invoqué – est et restera toujours un meurtre. En revanche, la pratique qui consiste à privilégier les soins destinés à soulager la souffrance chez un patient pour lequel le médecin a perdu tout espoir de guérison a, de longue date, été reconnue comme légitime et s’oppose en ce cas à l’acharnement thérapeutique. Les bien-portants ne sauraient cependant disposer de la vie innocente d’autrui pour leur “confort” : “La maîtrise des symptômes douloureux et de l’angoisse est aujourd’hui la règle. Je ne peux que récuser totalement l’accusation qui est faite aux médecins de ne pas sauvegarder la dignité des mourants. Ce qui est indigne, c’est de les traiter comme s’ils étaient déjà morts, ou comme s’ils ne valaient guère mieux. L’argument de la dignité a pour seul but – inconscient, je veux bien en donner acte –, de protéger le confort des survivants”. (Professeur Israël, La vie jusqu’au bout).

L’accent mis sur l’aspect purement scientifique de la biologie entraîne une utilisation croissante de techniques d’investigation dont le but n’est pas toujours médical : cela se fait aux dépens de l’art de soigner et de l’intégrité humaine. C’est aussi une des raisons pour lesquelles on ne peut accepter la brevetabilité du génome humain, comme le veulent certaines multinationales américaines et... les milieux euromondialistes. On dépose brevet pour protéger une invention, pas pour un état de nature.
Le clonage cellulaire permet à de très nombreuses cellules de se reproduire, selon des modalités variées, lorsqu’elles sont dans un milieu ad hoc (des tissus embryonnaires, par exemple). C’est ici que peuvent se produire (et se produisent en réalité) des dérapages, en dépit des recommandations du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE). Cette méthode met en effet en cause le statut même de l’embryon, qui sert de “matériau” de base.

Comme en matière d’avortement ou d’euthanasie, la pression exercée pour cloner l’embryon est désormais très forte et se dissimule sous des prétextes “thérapeutiques” ou “humanitaires”. Les gouvernements anglais puis américain ont approuvé cette méthode. Il y a pourtant d’autres possibilités d’interventions réellement thérapeutiques qui ne nécessitent pas de clonage embryonnaire, comme l’utilisation de cellules souches prélevées sur des organismes adultes.

Devant les dérives des “techno-sciences”, le pouvoir politique en place n’est pas impuissant : il est complice. Son souci n’est pas d’empêcher les dérapages, mais d’adapter le droit... aux dérives technologiques : “Les perspectives ouvertes par les cellules souches justifient, de l’avis majoritaire, la remise en cause de l’interdiction de mener des recherches sur l’embryon qui a été inscrite dans la loi en 1994” (Les lois de la bioéthique, cinq ans après, Conseil d’État, juin 1999).

L’article L 152-8 du Code de la santé publique interdit en principe toute recherche sur l’embryon. Mais en 1997, le CCNE est revenu partiellement sur cette interdiction, d’autant plus facilement que le Code civil (article 16) n’est pas clair sur la définition du commencement de la vie humaine. La loi, sous la simple recommandation d’une “autorité consultative”, devient alors à géométrie variable, dans ce qui est le cœur de la vie ! Il s’en suit une désintégration de la notion de nature humaine que les pouvoirs publics en place ne semblent pas vouloir arrêter.

La Cour de cassation s’est engouffrée dans cette brèche, en acceptant “l’indemnisation” pour préjudice dû à la naissance d’un enfant handicapé (arrêt Perruche) et en refusant au fœtus le statut de personne humaine. La “culture de mort” est l’aboutissement de ces décisions qui ne respectent par l’ordre issu de la Création. Simone Veil ne déclarait-elle pas le 3 mars 1975 au Times : “En modifiant la loi, vous pouvez modifier fondamentalement le modèle du comportement humain”. Science sans conscience n’est pourtant que ruine de l’âme ! (Montaigne).


Les principes :


L’ART MEDICAL AU SERVICE DE LA SANTÉ DANS LE RESPECT DE LA VIE HUMAINE

LE RESPECT INTÉGRAL DE LA VIE DE SON DÉBUT À SA FIN


La médecine est au service de la vie et de la santé de l’homme. L’embryon doit se voir reconnaître la qualité juridique de la personne. La propriété de chacun sur son corps sera réaffirmée : aucune pratique scientifique ou médicale ne peut être tentée sur une personne avant que n’ait été recueilli, au préalable, son consentement formel.

LA SANTÉ PUBLIQUE, PARTIE DU BIEN COMMUN NATIONAL

La santé n’est pas un bien de consommation courante, ce qui ne dispense évidemment pas de l’obligation de gérer, sans gabegie ni gaspillages, les fonds de l’assurance-maladie. Tous les Français doivent avoir accès à une couverture d’assurance de leurs risques maladie et accidents du travail.

Si le caractère obligatoire de l’assurance-maladie n’est pas discutable, les Français doivent, en revanche, avoir le libre-choix de l’organisme qui le propose, car les coûts de la santé vont continuer à croître en raison du progrès des traitements médicaux et de l’allongement de la durée de la vie.

L’accès de tous les Français aux soins passe soit par l’assurance, avec des engagements contractuels précis et non modifiables unilatéralement, soit par la solidarité nationale mise en œuvre par l’État, pour les personnes en état de détresse. La santé fait clairement partie du Bien commun national : le Politique ne peut se désintéresser du respect de la vie dû à chacun, du maintien de la santé du plus grand nombre, de la qualité de la formation et de l’éthique des praticiens.

L’EXIGENCE DE QUALITÉ ET D’UNIVERSALITÉ DES SOINS

En ce qui concerne la médecine de ville, la liberté d’installation des praticiens de santé doit demeurer la règle, les patients ayant, pour leur part, libre accès au praticien de leur choix. Ce dernier les reçoit dans un cadre contractuel clair, non contraint par des considérations extra-médicales, les fait bénéficier de soins éclairés par la science médicale, le patient acceptant le paiement direct de l’acte, marque de responsabilité et de confiance entre les deux parties. Le praticien doit à son patient le secret professionnel le plus complet et la prescription adéquate qui suppose sa liberté.

En ce qui concerne l’hospitalisation publique ou privée, nous réaffirmons la nécessité de l’hospitalisation de proximité, y compris pour des maternités ou des services d’urgence de petite taille : la notion de carte sanitaire, technocratique et malthusienne, n’est pas admissible quand il s’agit de la vie et de la santé des Français.

L’humanisation des hôpitaux ne doit pas rester un vain mot : personnels administratifs et personnels soignants ne doivent en rien confondre leurs rôles respectifs. Les organisations syndicales hospitalières doivent défendre leurs mandants sans pour autant interférer dans la délivrance des soins. Enfin, la règle de la préférence nationale doit être appliquée à l’hôpital, comme partout ailleurs en France.



Les propositions du FN :


PRÉVENIR ET GUÉRIR

RENDRE AUX FRANÇAIS LEUR ASSURANCE-MALADIE

1. Refonder la gestion de l’assurance-maladie sur des bases contractuelles


Préalablement à la réorganisation de l’assurance-maladie, les Ordonnances Juppé, symbole de la gestion socialiste de la santé française, seront abrogées. La branche maladie-accidents du travail sera définitivement séparée des branches chômage et vieillesse afin d’isoler clairement les comptes de l’assurance-maladie. Le régime général et les autres régimes ou caisses particuliers seront fusionnés. L’obligation juridique d’assurance-maladie est conservée, mais le libre-choix de l’organisme d’assurance est instauré pour les risques les moins graves.

La gestion des prestations (670 milliards de F.) sera répartie de la manière suivante. Un organisme, sous tutelle de l’État, sera chargé de prendre en charge le “gros risque”, déjà parfaitement cerné pour les affections dites “sur liste” et les affections de longue durée hors liste. Un fonds de garantie sera créé pour couvrir les besoins des personnes en grande détresse.

Le “petit risque” sera pris en charge et géré, sur libre-choix de l’assuré, soit par la Sécurité sociale actuelle, soit par des organismes mutualistes ou d’assurance privée, soumis à agrément préalable de l’État, conformément à un cahier des charges précis. Les risques très spécifiques (sport, voyage...) relèveront de l’assurance classique.

Une caisse d’assurance-maladie spécifique, sur le modèle de la caisse des Français expatriés, sera créée pour les ressortissants étrangers.
Une clarification comptable de l’assurance-maladie (suppression de fonds divers et de leurs prélèvements) sera engagée comme seront définies les compétences sociales respectives de l’assurance-maladie et des collectivités publiques (État, hôpitaux publics, conseils généraux...).

La nomenclature des actes médicaux sera supprimée pour faire place à une facturation tenant compte du temps passé et de la compétence demandée au praticien.

2. Diversifier le financement de l’assurance-maladie

Le financement du “gros risque” se fera, comme actuellement, par un prélèvement à la source mais dont le taux sera fortement diminué, compensé par une TVA sociale, afin d’alléger la taxation de l’outil de travail. Cette TVA sociale s’applique évidemment à un prix hors taxe diminué des charges sociales.

Le reste du financement, concernant le petit risque, permettra à l’assuré social de choisir la formule qui lui convient, comme il permettra aussi une couverture “complémentaire” de qualité.

La prise en charge du gros risque s’effectuera à 100% réels. Pour les soins dentaires, d’optique et d’appareillage, le régime général appliquera la même règle qu’aux autres soins.

3. Redonner sa liberté au régime conventionnel de santé

Nous refusons toute notion de rationnement de l’offre de soins. Le régime conventionnel sera donc révisé afin de ne plus permettre aux centrales syndicales d’avoir accès sans contrôle à de très importantes masses financières qu’elles ne gèrent ni dans l’intérêt des patients, ni dans celui des praticiens. Les professionnels de santé doivent entretenir avec leurs patients un lien de nature médicale et non une relation économique de dépendance avec leurs assureurs.

La gestion de l’hospitalisation publique ou privée doit de nouveau être de la pleine et entière responsabilité de l’hôpital, sous réserve d’une obligation d’équilibre de ses comptes. La notion d’enveloppe globale sera donc supprimée ainsi que les sanctions financières, quotas et autres pénalités inventées au nom de la “maîtrise médicalisée des dépenses de santé”.

4. Renforcer la prévention médicale et sanitaire

Il faut mettre en place une vraie politique de prévention sanitaire. Des efforts tout particuliers doivent être faits dans ce domaine pour réduire sensiblement, en nombre et en gravité, les affections dues aux cancers, au Sida, à l’usage de la drogue, de l’alcool, du tabac. Il faudra également développer l’information sur les vaccinations et les facteurs de risques tels qu’hypertension, cancers du sein ou du colon, obésité, diabète, tabagisme, stress.

Une telle politique implique évidemment que soient encouragés au plus haut niveau la recherche en épidémiologie et la création de réseaux d’observation. Dans tous les cas, c’est le médecin de famille qui est le mieux placé pour faire la synthèse des informations recueillies à tous les stades de la vie du patient.

DOTER LA FRANCE D’UN SYSTÈME DE SANTÉ PERFORMANT

5. Viser à une formation de qualité de tous les personnels de santé


Les études médicales comme les formations des praticiens de santé intégreront, dès leur début, des stages cliniques obligatoires. La formation continue des professions médicales sera intensifiée et systématisée. Les bacheliers littéraires auront à nouveau accès à la filière médicale. Le numerus clausus sera supprimé : la pléthore médicale est en effet un mythe complaisamment répandu par les gouvernements et les media.

A terme de quelques années (2010), la France va en effet connaître une véritable pénurie de professionnels médicaux. Cela “justifiera” alors le recours à des praticiens étrangers sous-qualifiés. Les études et le statut professionnel des auxiliaires médicaux, infirmières, kinésithérapeutes, podologues, orthoptistes sera revalorisé. La préférence nationale sera appliquée dans l’attribution des diplômes médicaux, le recrutement hospitalier et le droit d’établissement.

6. Conforter la médecine de ville et développer l’hospitalisation à domicile

Pour la médecine de ville, nous faisons le choix de la libre installation des praticiens. L’exercice médical sera placé sous le contrôle éthique accru des ordres professionnels (débarrassés de leurs coteries d’influence). La liberté de prescription sera préservée comme sera sauvegardé le secret médical : on ne saurait rationner les soins pour des raisons financières. L’exercice libéral de la profession médicale sera stabilisé dans un cadre contractuel (et non “réglementaire”) avec le patient, le praticien lui devant une obligation de moyens en matière de santé. Le paiement direct à l’acte sera conservé, d’autant qu’il est aujourd’hui facile avec les moyens monétiques.

L’hospitalisation à domicile (HAD) doit être largement développée, sortie de la tutelle de l’hôpital qui en freine l’extension, avec la formation de professionnels de santé adaptés à ce type de médecine qui combine efficacité technique et médecine de proximité. Un plan de développement de l’HAD sera lancé sur toutes les villes de plus de 200 000 habitants : deux populations doivent en bénéficier particulièrement, les personnes âgées dépendantes et les handicapés.

Aucune restriction économique ne sera faite sur les soins apportés au grand âge. La prestation à l’autonomie de la personne sera fixée à un niveau suffisant pour permettre aux personnes qui en bénéficient de couvrir les dépenses qu’elles engagent pour se maintenir à domicile dans des conditions optimales de santé et de sécurité.

Les tarifs des soins des 25 000 chirurgiens-dentistes et des prothèses seront revalorisés et leur “tarif d’autorité” supprimé.

7. Réorganiser l’hôpital et les services d’urgence

L’hospitalisation publique ou privée doit répondre à ses deux missions, assurer des soins de haute qualité et pourvoir à la formation des futurs professionnels de la santé. Une plus grande autonomie de gestion sera donnée aux structures hospitalières, les incitant à mettre l’accent sur la qualité des soins et l’accueil du patient. Les intervenants hospitaliers n’accompliront d’actes médicaux que selon le diplôme pour lequel ils ont été formés.

La carte sanitaire sera supprimée ; les agences régionales de l’hospitalisation verront leur rôle ramené au seul contrôle technique des hôpitaux. Le système des urgences médico-chirurgicales sera complètement rénové : cette réforme passera notamment par la complémentarité locale des moyens hospitaliers publics et privés, une meilleure formation des médecins de ville à l’urgence ne nécessitant pas hospitalisation et une meilleure éducation du public quant aux gestes sanitaires simples.

8. Encourager la recherche sur le médicament et l’activité pharmaceutique

La recherche pharmaceutique représente un secteur très important pour la santé publique et l’indépendance nationale. Il est donc indispensable de préserver les capacités de recherche des laboratoires pharmaceutiques. Dans cette perspective, la liberté de fixation des prix des médicaments sera rétablie afin d’encourager l’investissement dans la recherche de molécules nouvelles. En contrepartie, les laboratoires qui font de la rétention sur ces dernières seront sanctionnés.

Les circuits et modalités de l’expérimentation pharmaceutique (autorisation de mise sur le marché) seront simplifés et accélérés. Le monopole de la délivrance du médicament – qui ne sera jamais un produit de consommation ordinaire – restera de la seule responsabilité du pharmacien d’officine. De même, il conviendra de renforcer dans l’industrie le rôle du pharmacien tant au niveau des fabrications qu’à celui des contrôles.

9. Maîtriser les nouvelles pandémies et rétablir le contrôle sanitaire frontalier

Le Front National est le premier à avoir dit la vérité sur le Sida. Devant la gravité de l’épidémie, un dépistage national systématique s’impose : aux frontières évidemment, à l’occasion du mariage, de la grossesse, en milieu carcéral ou de prostitution et chez tous ceux qui ont une responsabilité collective.

La détection précoce de la séro-positivité au VIH devrait permettre, avec les traitements les plus récents, de retarder le développement du Sida. Mais d’autres maladies (tuberculose, affections tropicales...) parviennent quotidiennement en France, importées par les citoyens de pays où la législation et le contrôle sanitaires sont notoirement insuffisants. L’obtention de visas pour ces ressortissants sera liée à leur examen médical systématique. La lutte contre les infections nosocomiales sera intensifiée.

10. Combattre la toxicomanie et refuser toute libéralisation de l’usage des drogues

La loi du 31 décembre 1970 qui régit l’usage de la drogue doit être appliquée dans son intégralité, les cures de désintoxication imposées aux drogués seront généralisées dans des établissements médicaux et sociaux adaptés. Après élimination des sources d’approvisionnement (trafic et trafiquants), l’application de cette mesure permettra de soigner à temps beaucoup d’intoxiqués et de réduire considérablement le risque de contamination par le Sida. Toute libéralisation de l’usage des stupéfiants sera refusée car elle ne servirait que les intérêts des trafiquants et feraient des États les plus grands dealers du monde : “Il leur plairait assez de ramener les énormes fonds de la drogue dans les canaux légaux, pour pouvoir les contrôler selon les lois de l’offre et de la demande” (Pr. G. Nahas, toxicologue et pharmacologue, expert auprès de l’ONU).

11. Respecter les droits du malade

Les malades ayant parfois le sentiment d’être des pions au sein du système sanitaire français, il conviendra de veiller au respect de leurs droits : respect absolu du secret médical, autorisation préalable à tout prélèvement d’organes (modification de la loi sur la bioéthique de juillet 1994), libre choix du médecin conventionné ou non (avec égalité de remboursement), libre-choix du prestataire de l’assurance-maladie (petit risque) et du niveau de protection.

METTRE LA SCIENCE MÉDICALE AU SERVICE DE LA VIE

12. Développer le soutien à la recherche médicale publique et privée


Le secteur public de la recherche médicale obtiendra les crédits qui lui sont nécessaires. Le secteur privé de la recherche médicale, qui doit encore se développer, y sera incité par de larges exemptions fiscales, un mécénat facilité et des cahiers des charges précis. Les grands projets de recherche médicale seront toujours placés sous la responsabilité de médecins pour ne pas perdre de vue leur but essentiel : le soulagement de la souffrance et l’éradication des maladies. La recherche médicale devra s’attaquer prioritairement aux quatre causes les plus importantes de morbidité et de mortalité (maladies cardio-vasculaires, cancer, grandes pathologies virales ou immunitaires).

13. Refuser toute légalisation de l’euthanasie

Alors que certains s’emploient à banaliser l’euthanasie, il est nécessaire de rappeler que nous considérons que le devoir du médecin est d’accompagner le malade qu’il sait condamné vers sa fin avec respect et humanité, sachant que la vie humaine a un terme naturel. Il ne précipitera en rien le décès du patient, mais en vertu de son devoir de tenter de guérir et de soulager la souffrance, sans attenter à la vie, le médecin prodiguera, dans le cadre de soins palliatifs ou non, les apaisements médicaux que nécessite l’état du patient.

14. Donner à l’embryon humain le statut juridique de la personne

Les progrès considérables de la recherche génétique confirment ce que la philosophie occidentale avait pressenti depuis des siècles : l’embryon est déjà une personne humaine, comme telle titulaire de droits et particulièrement du premier, le droit à la protection et à la vie. Le Code civil, dans son article 16, sera donc modifié pour reconnaître cette notion fondamentale de notre civilisation, comme l’affirme d’ailleurs l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. C’est pourquoi manipulation et clonage embryonnaires seront interdits.

15. Faire réellement servir la génomique au progrès médical

Les recherches actuelles en matière de génomique (clonage) sont souvent le fait d’équipes scientifiques ou de structures privées qui ne visent pas d’abord un but médical. Ces recherches s’effectuent sans respect de la personne humaine. Par ailleurs, la plupart des expériences visent au clonage des individus, ce qui ne peut déboucher à terme que sur une manipulation purement utilitariste du corps humain. En revanche, dans le cadre des thérapies géniques, l’accent sera mis sur la recherche et l’utilisation des cellules souches chez l’adulte.

Les multinationales engagées dans ces recherches comme la commission de Bruxelles veulent breveter le Vivant à l’occasion de la découverte du séquençage humain. Nous réaffirmons notre hostilité absolue à ce brevetage comme à toute expérience qui n’aurait pas expressément pour but une recherche médicale destinée à lutter contre les maladies ou à rechercher de nouveaux moyens de guérison. Le maître mot doit rester, en cette matière, le respect du Vivant et de son intégrité devant toutes les tentations d’un “meilleur des mondes" biologique.


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