| Militer efficacement
est un souci majeur pour tout cadre, militant ou sympathisant du Front
National. Pour ce faire, nous vous invitons à lire et étudier
nos argumentaires. Nous vous invitons de plus vivement à diffuser nos argumentaires sur les forums en ligne de nos adversaires, de la presse écrite et audiovisuelle afin d'éclairer nos concitoyens sur quelques réalités politiques. Nous vous remercions par avance de vos efforts, la conquête des esprits est la clef de nos futures victoires électorales et politiques. |
Les limites de la Réforme Fillon sur les Retraites
I – Exposé des faits : les grands axes du Projet Fillon
1 – D’ici à 2008, il y aura équivalence
des durées de cotisation pour le privé et le public, à
savoir 40 ans, comme c’est déjà le cas dans le privé.
2 – Une augmentation progressive de la durée d’assurance-vieillesse
est prévue jusqu’à 2020 : 41 ans en 2012 puis, 42 ans
en 2020.
3 – Une incitation à l’allongement de la durée d’activité
est mise en place par une mobilisation en faveur du travail des salariés
de plus de 55 ans : suppression des PRP (pré-retraites progressives)
et du volet des CATS (cessations d’activité de certains travailleurs
salariés) non lié à la pénibilité ; assouplissement
des règles du cumul emploi/retraite.
4 – A partir du 1er janvier 2004, le projet prévoit de créer
une «surcôte» de 3% par année effectuée au-delà
de 60 ans (et de la durée d’assurance requise pour « liquider
à taux plein») et le report à 65 ans de la possibilité
de mise à la retraite d’office à l’initiative de
l’employeur.
5 – Par ailleurs, une « décôte » est instituée
: 5% par année manquante pour tous les salariés à compter
de 2015. Dans le privé, la décôte passera de 10% aujourd’hui
à 6% en 2009 et 5% en 2013. Dans la fonction publique, la décôte
ne commencera à s’appliquer que dans trois ans et sa montée
en charge sera progressive. Le taux atteindra 3% en 2011 et 5% en 2015. Mais
le mécanisme ne s’appliquera pleinement qu’à partir
de 2020. L’âge pivot à partir duquel ne s’applique
pas la décôte passera progressivement en effet de 61 ans en 2003
à 65 ans en 2020.
6 – Dans le public comme dans le privé, les pensions seront indexées
sur les prix et non sur les salaires (il s’agit donc d’un alignement
du public sur le privé).
7 – Le salaire de référence reste celui des six derniers
mois dans la fonction publique alors que dans le privé l’extension
progressive aux 25 meilleures années prévue par la réforme
Balladur pour 2008 est maintenue.
8 – Les salariés ayant commencé à travailler très
jeunes pourront prendre leur retraite à partir de 56 ans (premier emploi
à 14 ans) ou à 57 ans (premier emploi à 15 ans), etc…
II – Analyse des faits : les limites de la réforme
1 – Nous venons de voir que les principales mesures
de la réforme vont dans le sens de l’équité public/privé
(excepté le point 7 du I) et du réalisme nécessaire face
à une situation catastrophique du régime général
par répartition. En revanche, il faut noter que dans le projet Fillon,
le taux de remplacement (rapport entre la première pension et le dernier
revenu d’activité) va nettement chuter : d’ici à
2020, il passerait en moyenne à 66% alors qu’il est aujourd’hui
de 84% en moyenne dans le privé et de 77% chez les fonctionnaires !…
2 – Bien que l’esprit de la réforme implique de ne pas
toucher aux taux de cotisation, Fillon évoque malgré tout une
hausse de 3 points des cotisations du privé après 2008…
3 – Alors que les régimes spéciaux représentent
plus de 40% des dépenses « vieillesse », le gouvernement
n’a pas osé s’y attaquer…
III – Notre position
sur la réforme :
la grande impasse du financement
1 – Sur les 15 milliards d’euros de besoin de
financement du régime général d’ici 2020, les mesures
d’économie apportées par la réforme ne représentent
que 5 milliards d’euros (au mieux)… Pour le solde, Fillon compte
sur un transfert des cotisations UNEDIC vers les cotisations-retraite grâce
à une diminution du taux de chômage de 9% à… 5,5%
en 2010 ! Pourquoi pas rêver ?
Quant à la fonction publique, c’est encore plus grave : les 15
milliards d’euros d’économie générés
par la réforme seront complétés par 13 milliards prélevés
sur le budget de l’Etat pour couvrir des besoins de 28 milliards d’ici
à 2020…
2 – D’autre part, sur le fond, la réforme n’ose pas
regarder en face le phénomène de société nouveau
qu’est l’augmentation importante de l’espérance de
vie. Les autres pays d’Europe ont en général pris en compte
cette réalité. Ainsi l’Allemagne va adopter comme âge
de référence de passage à la retraite, 65 ans. Mais la
France s’entête à garder la référence de
60 ans.
3 – Enfin, l’actualité des grèves et des blocages
opérés par les Syndicats de l’Etablissement prouve à
quel point la France est bien le pays des archaïsmes stigmatisé
par tous les observateurs économiques mondiaux. La vérité,
c’est qu’un authentique dialogue social n’existe pas en
France (il faut, par exception, rendre hommage au responsable de la CFDT qui
a su faire passer le bien commun des Français avant une logique révolutionnaire).
Aucune réforme sociale et économique de fond ne pourra être
menée sérieusement tant que le monde du travail sera représenté
par des Syndicats non représentatifs, minoritaires et adeptes de la
lutte des classes (MEDEF compris). Le gouvernement doit supprimer le honteux
monopole syndical et favoriser l’émergence d’organisations
professionnelles réellement représentatives et paritaires.