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Loi Sarkozy sur l’immigration
1. EXPOSÉ DES FAITS
Projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration et au séjour des étrangers. Voté en octobre 2003. A rapprocher de la modification du droit d’asile (en cours d’examen au Parlement) et du contrat d’intégration de Fillon.
La loi s’articule en trois
volets
- L’accueil et l’intégration des immigrés réguliers
: statut de résident soumis au degré d’intégration
dans la société ; mesures de lutte contre les mariages forcés
des jeunes filles françaises d’origine étrangère.
- La lutte contre l’immigration clandestine : sanctions accrues contre
les transporteurs négligents et les passeurs ; contrôle des attestations
d’accueil et des conditions de ressources et d’hébergement
; création d’un fichier d’empreintes digitales des demandeurs
de visas ; augmentation de 12 à 32 jours du délai de rétention
avant expulsion ; renforcement des mesures contre les mariages ou les paternités
de complaisance.
- La modification des procédures d’expulsion : création
de catégories d’étrangers inexpulsables.
Rappels de quelques chiffres
officiels :
- Il entre légalement chaque année en France 120 à 140.000
étrangers (137.000 en 2001 selon le Haut Conseil à l’Intégration,
derniers chiffres disponibles).
- On estime officiellement entre 60 et 100.000 par an le nombre d’entrées
illégales.
- La suppression du contrôle des attestations d’accueil par Chevènement
(1997) a fait grimper de 160.000 à 735.000 les entrées légales
avec ce justificatif.
- Officiellement, plus de 50 % des immigrés en situation irrégulière
sont entrés avec un visa de tourisme.
- 20 % seulement des expulsions prononcées sont effectivement appliquées.
2. ANALYSE DES FAITS
a. Une loi qui favorise l’immigration
La loi n’a pas pour but de stabiliser, et encore moins de freiner, l’immigration
en France. Bien au contraire, elle organise l’immigration massive.
Elle ne remet pas en cause le regroupement familial, principale cause du déferlement
de l’immigration en France, ni ne supprime les pompes aspirantes de
l’immigration. Il faut d’ailleurs noter que le “ contrat
d’intégration “ de Fillon propose essentiellement d’expliquer
aux “ primo-arrivants “ comment accéder plus facilement
à l’ensemble des droits, avantages et services que leur offre
la France !
Nicolas Sarkozy l’a dit clairement : “ L’objectif, c’est moins d’immigration clandestine pour plus d’immigration régulière “ (débat au Sénat, 9 octobre 2003). A la même occasion, il a affirmé son désir de voir accorder plus de visas, surtout aux ressortissants algériens.
b. Une fermeté totalement illusoire
- L’accès au statut de résident n’est pas durci
Les conditions pour accéder au statut de résident sont une connaissance
suffisante de la langue française et la connaissance des valeurs de
la République. Pour la deuxième, il n’est pas demandé
d’y croire ni de l’appliquer, juste de la connaître. Il
n’y a aucune remise en cause de la carte de séjour de 10 ans
renouvelable automatiquement, qui constitue en fait un droit de séjour
illimité.
- Les possibilités d’expulsions sont réduites,
la double peine est abolie
Le délai de rétention avant éloignement du territoire
est allongé, mais il reste parmi les plus courts d’Europe (2
mois en Italie, 6 en Autriche, 18 en Allemagne). Il ne permettra pas l’augmentation
significative des expulsions, sanction de toute façon très peu
prononcée.
La loi prévoit même une “ expulsion avec sursis “
: l’étranger se voit accorder une seconde chance, et le droit
de travailler (la loi actuelle soumet le travail d’un étranger
à l’obtention d’une autorisation officielle ; le statut
de résident vaut autorisation).
De nombreuses catégories d’étrangers sont protégées,
partiellement ou totalement contre les expulsions, selon leur âge d’arrivée
en France, la durée de leur résidence, le fait qu’il y
ont fondé une famille.
- Les régularisations seront discrètement mais
massivement poursuivies
Jusqu’au 1er janvier 2005, les étrangers actuellement sous le
coup d’une interdiction du territoire pourront faire valoir leur appartenance
à une des catégories non expulsables.
Tous les cinq ans, les arrêtés d’expulsions seront systématiquement
réexaminés, même si l’étranger vit toujours
illégalement sur le territoire français : il pourra alors être
régularisé.
L’exposé des motifs de la loi le dit : le principe de “
régularisation au fil de l’eau “, c’est-à-dire
au cas par cas par les Préfets, n’est absolument pas remis en
cause.
- La naturalisation des criminels non expulsables
Aujourd’hui, un étranger ayant été condamné
à une peine de plus de 6 mois fermes, quel que soit le délit,
ne peut pas être naturalisé. Ceux appartenant aux catégories
non expulsables pourront désormais devenir français ! ! ! Un
comble !
c. Des “Sangatte” partout
La loi prévoit expressément la possibilité de créer
des zones d’attente (avant expulsion) en dehors des zones portuaires
ou aéroportuaires. C’est la garantie de voir fleurir partout
des petits (ou des grands) Sangatte.
d. Une politique dictée par
l’Europe
Sarkozy ne s’en cache pas, mais joue quand même les matamores
: une série de mesures figurant dans sa loi ne sont que la transposition
de textes européens en vigueur (lutte contre l’immigration clandestine),
une harmonisation des pratiques (délais de rétention) et même
parfois une anticipation sur des textes européens en préparation
(accès au statut de résident).
Rappelons que c’est désormais à Bruxelles qu’est
fixée la liste des pays dont les ressortissants doivent être
munis de visas pour entrer en France !