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L’identité
Au moment des élections européennes de 1999,
un débat a été déclenché par la parution
d’un article de Dominique Venner dans le Figaro tendant à dissocier
l’identité de la souveraineté, et suggérant que
la perte de la souveraineté de l’Etat ne détruisait pas
l’identité de la nation. “L’Etat a sa logique, qui
n’est pas celle de la nation vivante. Celle-ci n’a rien à
craindre des abandons de souveraineté pour cette bonne raison que la
souveraineté ne se confond pas avec l’identité”,
écrit D. Venner.
De leur côté, les mouvements “souverainistes” qui
parlent de la souveraineté beaucoup plus que de l’identité,
en adoptant des positions laxistes ou timides en matière d’immigration,
oblige à rappeler que, si l’identité et la souveraineté
sont bien deux notions distinctes, défendre la souveraineté
d’un Etat ne suffit pas à garantir le maintien de l’identité
de la nation.
Le Front National, lui, ne combat pas pour la souveraineté d’une
France multiculturelle ou multiconfessionnelle, mais pour la souveraineté
de la France française. Il est donc bon de rappeler ce qu’est
à nos yeux l’identité de la France.
I - L’EXPOSE DES FAITS
1• L’identité au sens le plus banal, pour
un individu, c’est d’être ce qu’on est, c’est-à-dire
de rester soi-même au cours de la vie et différent des autres.
Chacun sent bien instinctivement en quoi il est français ou non. Mais,
de manière générale, de quoi se compose l’identité
française ? Qu’est-ce qu’être français ?
On parle beaucoup des valeurs universelles de la France-patrie-des-droits-de-l’homme,
issues de la révolution de 1789. Mais les valeurs universelles ne font
pas une identité. Quand les Anglais ou les Esquimaux se montrent libres,
égaux et fraternels, ils n’en sont pas moins anglais ou esquimaux,
reconnaissables les uns à leur chapeau melon, les autres à leur
anorak en peau d’ours blanc. De même, pour reconnaître un
Français dans la rue, chacun fait confiance à ses yeux et à
ses oreilles (M. Chirac aurait ajouté : et à son odorat).
A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, on affirmait qu’être
allemand n’était rien d’autre que d’être soumis
à la constitution de la république fédérale. On
comprend que, dans les circonstances délicates du moment, on ait adopté
cette définition. Mais on voit bien qu’elle ne correspond à
rien puisque l’Allemagne, en pratiquant le droit du sang, n’appliquait
nullement ce principe ; de même, quand on songe à un Allemand,
on pense plutôt à un Prussien plutôt qu’à
un Turc installé à Düsseldorf.
Pourtant, la France, sans proclamer une doctrine semblable, selon laquelle
être français ne serait qu’obéir à la constitution
de la Ve république, agit comme si c’était le cas, malgré
les cocoricos qu’elle pousse et les drapeaux qu’elle brandit.
Elle applique un prétendu “droit du sol” absurde qui est
capable de faire des Français sans examen, à leur insu - et
même malgré eux. Cette démarche matérialiste ignore
l’héritage intellectuel, linguistique, culturel, spirituel de
la nation, et ne tient aucun compte de ce qu’est vraiment la personne
humaine : un être de chair et d’esprit enraciné dans une
patrie particulière dont elle est l’héritière.
2• Comme le disait le général de Gaulle, “la France est un pays de race blanche, de civilisation gréco-latine et de religion catholique”. L’identité de la France découle de son passé commun, de valeurs philosophiques et morales issues de la civilisation chrétienne qui est la nôtre, elle-même pour partie héritière de la civilisation gréco-latine qui l’a précédée. Cette identité s’exprime dans des coutumes, des mœurs, un mode de vie. A l’occasion des affaires de voiles islamiques, on a beaucoup parlé de laïcité ; mais cette notion a montré qu’elle était inefficace : pour refuser le voile islamique en classe, il suffit de rappeler qu’en France, pour être poli, on ôte son chapeau et on met des chaussures, alors qu’en Orient on met un chapeau et on retire ses chaussures. Ceux qui n’adoptent pas nos usages doivent partir, laissant ainsi “les mosquées au Sud et les églises au Nord”. Les étrangers qui veulent devenir français doivent s’y assimiler, en commençant par en connaître la langue, l’histoire, les usages, au point de pouvoir dire “nos ancêtres les Gaulois” sans provoquer l’hilarité.
3• L’identité française n’est
pas abstraite. Elle n’est pas pour autant uniquement matérielle
: entre 1870 et 1914, les Français et les Alsaciens ont prouvé
qu’ils appartenaient à une seule et même nation, alors
même qu’à certains égards les Alsaciens appartiennent
au peuple allemand, dont ils parlent la langue. A l’inverse, les Suisses,
les Belges, qui appartiennent à ce qu’on pourrait appeler l’“ethnie
française”, ne sont pas membres de la nation française,
au contraire des Bretons, des Catalans, des Corses, des Basques, qui ne sont
pas à l’origine de langue française.
Ces identités régionales contribuent à la richesse de
l’identité française. Il ne faut pas les oublier. De même
qu’il ne faut rien oublier de la mémoire française. Le
“devoir de mémoire” va au-delà de 1789 et ne concerne
pas seulement de mauvais souvenirs. La bataille de Poitiers, les croisades,
Duguesclin et Jeanne d’Arc, Richelieu et Mazarin, Rocroi et Austerlitz,
la colonisation et Verdun sont quelques-unes des épreuves communes
qui ont forgé la fierté d’être français.
L’identité de la France n’a pas été inventée
dans les loges maçonniques, elle n’a pas été baptisée
dans le sang des victimes innocentes de la révolution de 1789. Sans
quoi il faudrait croire que saint Louis, Louis XI, Jeanne d’Arc, Richelieu
n’appartenaient pas à la nation française. Elle s’est
faite dans la défense de la patrie et dans la grandeur de la nation.
C’est pourquoi un authentique défenseur de l’identité
française veut une France grande, c’est-à-dire libre et
donc souveraine.
II - L’ANALYSE DES FAITS
1• Juridiquement, ce qui distingue un Français
d’un étranger, c’est la nationalité française.
Aussi, dès lors que la nation renonce à exiger que la nationalité
et l’identité coïncident, c’est-à-dire à
exiger que l’assimilation précède la naturalisation, elle
accepte un affaiblissement de l’identité française, elle
renonce à défendre son identité. La suppression des différences
de droit entre un national et un étranger, de même que l’attribution
de la nationalité française à des immigrés non
assimilés, dénotent une perte du sens de l’identité
nationale.
Les exemples de l’Irlande, du Québec et de l’Acadie, de
la Pologne, de la Belgique, montrent que la perte de la souveraineté
est un danger pour l’identité des peuples. Dans tous ces pays,
c’est l’Eglise qui a été en quelque sorte dépositaire
de l’identité nationale pendant les périodes de sujétion
à une puissance étrangère. Mais le désir constant
de ces peuples de redevenir souverains montre que ce désir même
est le signe de l’existence d’une identité nationale. D’autre
part, ces peuples sentaient bien que la souveraineté nationale est
le meilleur moyen de préserver son identité. Le Canada, où
la langue française est menacée, hors du Québec, par...
le chinois, montre qu’une simple autonomie au sein d’une fédération
n’est pas une protection suffisante.
2• En France l’identité est menacée
de deux manières. A l’intérieur, par la perte de croyance
de ses propres enfants. A l’extérieur, par l’immigration-invasion
de populations inassimilables, attirées par des avantages sociaux qui
tendent à établir une véritable préférence
étrangère et transformées en “Français de
papier” par des lois scélérates.
M. Pasqua se déclare “souverainiste”, mais il prend position
en faveur de la régularisation de tous les clandestins. Il défend
donc l’indépendance de la France, mais pas l’identité
française.
En réalité, cette position découle de la lâcheté
de ceux qui voudraient bien défendre leur pays, mais qui ont peur de
se faire taxer de racisme par les différents lobbies et par la presse
ou bien de se faire traiter de “nationalistes” en parlant de la
nation. Or, comme une personne, la nation aspire à être libre,
c’est-à-dire à conserver sa souveraineté, mais
aussi à rester elle-même en conservant son identité. C’est
donc bien la nation qu’il s’agit de défendre, la souveraineté
et l’identité n’étant que ses deux attributs principaux.
Et le premier moyen de défendre l’identité de la France,
c’est de défendre sa souveraineté.
III- NOTRE POSITION VIS-À-VIS DES FAITS
Nous venons de voir que la défense de l’identité et de la souveraineté sont un seul et même combat. En se prononçant contre le port du voile islamique, contre la construction de mosquées, contre l’officialisation des langues étrangères (dites “minoritaires” et abusivement confondues avec nos langues régionales), le Front National a toujours défendu l’identité française. Son combat pour l’indépendance de l’Etat français n’a de sens que parce que cet Etat est national, et seulement si cette nation a une identité bien distincte de toute autre.
1• Il faut en premier lieu défendre le peuple français, menacé d’être remplacé sur son propre sol par d’autres populations qui ne veulent ni ne peuvent s’assimiler à lui. Etre français, cela s’hérite ou cela se mérite. Il faut donc mener d’une part une politique familiale nataliste au bénéfice des familles françaises, d’autre part une lutte résolue contre l’immigration, en rétablissant le droit du sang et en accordant la nationalité à ceux qui ont fait preuve de leur dévouement envers la France, de leur parfaite assimilation et de leur renoncement définitif à toute autre allégeance.
2• Il faut défendre l’identité de la France en tant que telle. Il faut promouvoir la culture nationale, en enseignant l’histoire de France et la culture française ; ajoutons que l’Etat ne peut être indifférent à l’enseignement de la religion catholique, élément fondamental de la culture française indépendamment de la confession de chacun. Rappelons ici l’œuvre Bugeaud en Algérie qui, bien qu’agnostique, avait saisi l’importance civilisatrice de l’Eglise et des monastères sur le terrain. Il faut défendre la langue française en rendant obligatoire la traduction des titres d’œuvres et des modes d’emploi, en francisant les termes étrangers ; c’est par ces moyens que des langues menacées ont pu renaître, comme le norvégien (abâtardi par le suédois au xixe siècle), le turc sous Mustafa Kémal, le français au Québec, etc. Il faut que l’Etat favorise la conservation et la mise en valeur du patrimoine français, au lieu de subventionner la sous-culture cosmopolite et métissée à la mode : les grands établissements comme la Comédie-Française, l’Opéra, l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque nationale, etc., l’entretien de tous les monuments historiques publics et privés, doivent être le souci principal de la politique culturelle.
3• Ajoutons que l’identité française se défend aussi à travers la promotion de la francophonie, de la défense des intérêts français et des possessions françaises partout dans le monde, car ces intérêts sont un élément de rayonnement et un patrimoine légué par notre histoire. Car la grandeur de la France fait partie de l’identité française.
A lire :
- “Patrie, Nation, Etat”, Jean Ousset, Editions Dominique
Martin Morin.
- “Histoire de France”, Jacques Bainville, Editions Godefroy de
Bouillon, 1997.
- “Que reste t-il de l’Identité Française ?”,
in “Pour la France, changeons d’Europe,
documents pour la France”, Yvan Blot, 1998.