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est un souci majeur pour tout cadre, militant ou sympathisant du Front
National. Pour ce faire, nous vous invitons à lire et étudier
nos argumentaires. Nous vous invitons de plus vivement à diffuser nos argumentaires sur les forums en ligne de nos adversaires, de la presse écrite et audiovisuelle afin d'éclairer nos concitoyens sur quelques réalités politiques. Nous vous remercions par avance de vos efforts, la conquête des esprits est la clef de nos futures victoires électorales et politiques. |
Actualité de la décentralisation Raffarin
A. RAPPEL DES FAITS
- 28 mars 2003 : modification de la Constitution qui fait
de la France une République décentralisée.
- 1er août 2003 : deux lois organiques précisent les modalités
de l’exercice du droit à l’expérimentation par les
collectivités locales (loi 2003-704) et l’organisation de référendums
locaux (loi 2003-705).
Le droit à l’expérimentation permet aux
collectivités locales
- de disposer d’un pouvoir réglementaire ;
- de déroger, selon des modalités et une durée (5 ans
maximum renouvelable pour 3 ans au plus) définies dans une loi particulière,
“aux dispositions législatives et réglementaires qui régissent
l’ensemble de leurs compétences”.
En fonction du résultat, l’expérimentation est soit abandonnée,
soit généralisée à l’ensemble du territoire.
Pendant toute sa durée, elle est soumise à un contrôle
de légalité renforcé du Préfet.
Le référendum local
permet aux collectivités de consulter les électeurs sur un projet
d’acte ou de délibération.
- Il ne peut être proposé que par l’exécutif local
et décidé que par l’assemblée délibérante
de la collectivité locale.
- Il ne peut être organisé dans les six mois précédant
le renouvellement de l’assemblée délibérante de
cette collectivité, ni pendant les campagnes électorales précédant
les élections générales ou des référendums
nationaux.
- La participation à la campagne électorale sera réservée
aux partis politiques ayant obtenu plus de 5 % des suffrages ou auxquels se
rattachent plus de 5 % des élus de la collectivité organisatrice.
B. ANALYSE DES FAITS
Sur l’expérimentation
- Même entourée de pseudo “précautions” (contrôle
renforcé par les Préfets des actes des collectivités,
encadrement des modalités par la loi), l’expérimentation
constitue un éclatement législatif de la France. Ce n’est
pas un hasard si elle est une revendication ancienne des indépendantistes
corses.
- Cet éclatement pourra devenir permanent. Qui peut croire qu’une
compétence qui n’est pas généralisable sera retirée
à la collectivité qui l’aura expérimentée
pendant huit années (durée maximale prévue par la loi)
?
- Elle permet de contourner les difficultés d’un débat
national sur des sujets sensibles : on peut imaginer la généralisation
d’une expérimentation “réussie” du droit de
vote des étrangers au niveau local.
- Dans beaucoup de domaines, notamment économiques, elle est une tromperie
puisque c’est à Bruxelles, dont le droit prime sur notre Constitution,
que se prennent bon nombre de décisions.
- Enfin, la loi est totalement muette sur la manière dont cette expérimentation
sera financée : sur les budgets existants des collectivités
? par un transfert supplémentaire de ressources ? par une fiscalité
spécifique ? Selon les appétits de pouvoir des exécutifs
locaux, l’expérimentation pourrait se révéler ruineuse
pour le contribuable local, qui n’aura pas été consulté,
mais qui continuera de payer des impôts nationaux inchangés !
Sur le référendum
local
Si le référendum est une bonne chose en lui-même, la loi
en restreint sensiblement la portée, preuve de l’hypocrisie du
gouvernement.
- Le référendum d’initiative populaire, proposition ancienne
et originale du FN, ne figure plus dans les textes. La consultation des électeurs
dépendra du seul bon vouloir de la majorité locale. Et elle
n’aura certainement pas lieu au sujet de la fiscalité locale,
désormais fixée librement par les collectivités.
- Pour éviter une consultation populaire sur un sujet sensible, il
suffira de prendre discrètement une décision lors d’une
des nombreuses périodes pendant lesquelles l’organisation d’un
référendum est interdite.
- Ces référendums seront faussés, puisque tous les partis
politiques ne pourront participer à la campagne électorale,
comme en Corse où le Front National, malgré le score réalisé
par Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle
(plus de 17 % en Corse du Sud, plus de 14 % en Haute-Corse), a été
évincé faute d’élus locaux.
C. GRANDES LIGNES DU PROJET FN
- Aucune vraie décentralisation n’est possible
sans la réaffirmation de la place de l’Etat, de ses prérogatives
régaliennes, de ses missions de régulation et de son rôle
de garant de l’unité nationale.
- Elle nécessite également de définir clairement l’étendue
et les domaines de l’intervention publique en général,
celle-ci n’ayant pas vocation, contrairement à aujourd’hui,
à régir l’intégralité de la vie des Français.
- La loi qui fixe les règles fondamentales de notre droit, doit rester
une et s’appliquer de la même manière à tous. Elle
doit être définie au niveau national, même si elle peut
prendre en compte certaines spécificités locales.
- Il est absolument nécessaire de définir une répartition
et une séparation claires des compétences de chaque collectivité
territoriale, sans empiétements ni sur l’autorité de l’Etat
ni sur les libertés des autres collectivités locales, afin que
les citoyens puissent identifier facilement les responsables.
Afin de limiter la pression fiscale, cette spécialisation doit s’accompagner
d’une réforme de la fiscalité locale : à chaque
niveau d’administration locale, un impôt spécifique.