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Moins de cinq mois après sa prise de fonction, Raffarin a pratiquement déjà trahi toutes ses promesses !
1 - Les promesses-phares de Chirac et du
gouvernement Raffarin
C’était il y a à peine 5 mois... Chirac puis Raffarin
promettaient aux Français :
a - de rompre avec le socialisme, en diminuant les dépenses de l’Etat
pour ramener le déficit public (le plus important d’Europe) à
un niveau acceptable.
b - de s’attaquer au problème des retraites dont tous les experts
ont prévu l’impasse dès 2005...
c - de diminuer les charges des entreprises pour relancer l’économie
française.
d - de baisser la fiscalité des ménages et des particuliers
pour essayer de s’aligner sur les pays voisins.
Ces grands axes se traduisaient alors par des mesures-phares
annoncées à grand renfort médiatique :
- “non-remplacement systématique des départs à
la retraite des fonctionnaires” - Déclaration de politique générale
de Raffarin devant l’Assemblée le 3 juillet 2002.
- baisse des charges patronales de 6 milliards d’euros en 5 ans (programme
présidentiel de Chirac).
- baisse de la fiscalité des entreprises de 7 milliards d’euros
en 5 ans, dont en particulier l’impôt sur les sociétés
(IS).
- baisse de l’IRPP de 30% en 5 ans.
- baisse de la taxe d’habitation de 5 milliards d’euros en 5 ans.
- diminution immédiate du taux de TVA de 19,6 à 5,5% pour la
restauration.
2 - Le constat de 2002 et
les mesures réelles prévues en 2003
Depuis juillet 2002, on constate que toutes les
promesses ont été trahies, une à une :
- le taux de la TVA pour la restauration restera à 19,6% non seulement
en 2002 mais également en 2003. Or, il est évident que Chirac
savait que Bruxelles s’opposerait à la baisse de ce taux. Il
a menti sciemment et Raffarin avec lui.
- cet été, tous les tarifs de prestations de Service Public
ont augmenté : + 3,6% pour France Telecom, + 3% pour la SNCF, + 3,5%
pour EDF, + 3,7% pour la RATP... Pour la Poste, des augmentations sont en
cours.
De plus, la suppression du mécanisme de TIPP (Taxe sur les produits
pétroliers) “ flottante “ a déjà coûté
1,2 milliards d’euros aux Français.
Tout ceci traduit de façon scandaleuse une augmentation sensible du
train de vie de l’Etat.
- dès la rentrée, on a appris que la question cruciale des retraites
(insuffisance du système actuel de répartition) ne serait reconsidérée,
au mieux, qu’à l’automne 2003.
Par ailleurs, le projet de Budget 2003 qui vient d’être présenté
au Conseil des Ministres nous éclaire définitivement sur les
intentions du gouvernement Raffarin :
- sur les 58 000 départs en retraite de fonctionnaires prévus
en 2003, le Premier ministre ne compte supprimer que... 1 700 postes. Quel
courage ! Et quel désaveu vis-à-vis de sa vision politique et
de ses principes -maintes fois répétés- de “relance
de l’économie par le désengagement de l’Etat en
tant qu’acteur économique” !
- les dépenses de l’Etat augmenteront en 2003 de 2,7% et le déficit
ne diminuera pas par rapport à 2002. La fuite en avant se poursuit
exactement comme avec le gouvernement Jospin.
- les charges patronales baisseront officiellement de 1 milliard d’euros
en 2003 mais en fait réellement de seulement 200 millions d’euros
car 800 millions d’euros seront neutralisés par l’harmonisation
des SMIC...
- quant à l’IS (impôt sur les sociétés),
il ne bouge pas d’un pouce.
- en ce qui concerne l’IRPP, on apprend qu’il baissera de 1% en
2003. De façon évidente, le tandem Chirac-Raffarin s’écarte
ici de façon flagrante de son engagement solennel de diminuer l’impôt
sur le revenu du travail de 30% en 5 ans.
C’est dans doute la reculade la plus lamentable du gouvernement Raffarin.
- enfin, aucune baisse n’interviendra sur la taxe d’habitation.
En conclusion,
on pourra constater que Raffarin, en trahissant toutes ses promesses, aura
une fois de plus berné les électeurs.
Il est vrai que s’il a “oublié” les Français,
il ne s’est pas oublié lui-même puisqu’avec ses ministres,
il a décidé d’augmenter les indemnités ministérielles
de 70%...