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Autopsie d’un montage

On le sait, la communication et l’image occupent une place de plus en plus importante dans la société moderne. Pour le meilleur parfois, mais plus souvent, hélas, pour le pire. L’exemple de la couverture de “France Soir” et de l’article du “Monde” en date du 13 janvier 2004 illustrent parfaitement les techniques de manipulation de l’opinion qui peuvent être utilisées par certains médias partisans ou peu scrupuleux. Grâce aux imputations totalement mensongères, aux interprétations scandaleusement malveillantes et aux amalgames délibérément infamants, on fait ainsi passer Le Pen pour un nazi.

Ce que J.-M. Le Pen a dit


Extrait de “Rivarol” (entretien avec J.-M. Le Pen)



Ce qu'on lui fait dire

I- Les imputations totalement mensongères

Dans un titre et un sous-titre évocateurs, suivis d’un développement dans le corps de l’article, le journal “Le Monde” me prête des positions que je n’ai jamais tenues, ni à “Rivarol” ni à personne. Il s’agit donc d’une pure invention malintentionnée.

Parlant de moi, “Le Monde” indique en sous-titre de l’article :

     a)Il présente la Gestapo comme une police protectrice de la population.

Puis, quelques lignes plus bas, la même phrase est reprise et développée :

     b)Jean-Marie Le Pen explique que l’occupation allemande, en France, n’a été accompagnée que de quelques ‘bavures’. Il présente en outre la Gestapo – police politique qui fait partie des organisations jugées criminelles par le tribunal de Nuremberg – comme une police protectrice de la population.

1- La Gestapo

Jean-Marie LE PEN n’a jamais “présenté la Gestapo comme une police protectrice de la population” ! Cela n’apparaît nullement dans ses propos retranscrits par Rivarol ! Et pour cause ! Il ne l’a évidemment jamais pensé ! La Gestapo, à l’instar de l’ensemble des forces allemandes ou pro-allemandes, était une force d’occupation de notre pays. A ce titre, il les a toujours considérées comme des organisations ennemies et les juge sans complaisance. Toutefois, ayant quelques petits faits de résistance réels à son actif, il s’efforce d’être juste et de refuser le manichéisme. Il n'a donc voulu évoquer qu'une des exceptions à l’attitude généralement dominatrice et brutale des polices allemandes en France.

2- L’occupation en France

Il n’a jamais dit que “l’occupation allemande, en France, n’a été accompagnée que de quelques bavures”. Il a dit (voir texte “Rivarol”) qu’"il y avait eu des bavures". Il est toutefois évident, au dire mêm d’historiens reconnus, que l’occupation allemande en France fut bien moins féroce qu’en Hollande, en Pologne, ou en Russie soviétique. Cela s’explique par des raisons diverses, au premier rang desquelles figure l’idéologie nationale-socialiste, qui considérait les slaves comme des “sous-hommes”. Le comportement des différentes polices allemandes y fut donc particulièrement sanguinaire.

II- les interprétations scandaleusement abusives

Plus loin dans l’article, “Le Monde” interprète de façon systématiquement malveillante ou tendancieuse à la fois ce que Jean-Marie Le Pen a dit et, mieux encore, ce qu’il n’a pas dit, tandis que “France Soir” n’y va pas par quatre chemins…

Dans le corps de l’article du “Monde”, on trouve le développement suivant :

Oubliés les fusillés de Châteaubriant (Loire-Atlantique) ou les pendus de Tulle (Corrèze), pour ne citer qu’eux. à moins que M. Le Pen ne classe leur exécution parmi les ‘bavures’. A Châteaubriant, 27 prisonniers politiques internés dans un camp de la ville ont été fusillés le 22 octobre 1941, en représailles au meurtre d’un Allemand à Nantes. à Tulle, 99 habitants ont été pendus par les Allemands, le 9 juin 1944, le lendemain de la libération de la ville par le maquis de Corrèze. Oubliée aussi la déportation des juifs de France planifiée à partir de juin 1942 par la section de la Gestapo chargée des questions juives et mise en œuvre avec la complicité de l’état français de Vichy. Sur 75 000 juifs ainsi déportés, moins de 2 500 ont survécu. Evoquant le ‘drame d’Oradour-sur-Glane’, Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n’est pas celle que l’on croit et déclare qu’‘il y aurait beaucoup à dire’. Il fait ainsi écho, sans s’y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de ‘Rivarol’ : selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l’église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment. Cette thèse justifie le massacre en parlant de mesure de représailles aux activités des maquis. Ces affirmations, proférées notamment dans une cassette vidéo par Vincent Reynouard, un néonazi reconnu coupable à plusieurs reprises de négationnisme, ont valu à leur auteur d’être condamné, le 4 juin 2004, à vingt-quatre mois de prison, dont six mois ferme, par la cour d’appel de Limoges, pour ‘apologie de crimes de guerre’.

 


1- L’interprétation des propos de Le Pen sur Oradour-sur-Glane

Joint à une photo particulièrement dévalorisante, le titre de la couverture de “France-Soir” ainsi que le propos de l’article du “Monde” constituent de véritables calomnies. Je n’ai jamais justifié le massacre d’Oradour-sur-Glane ! Comme l’indique l’article de “Rivarol”, j’ai dit qu’à ce propos, “il y avait beaucoup à dire”, m’interrogeant comme le fit le 17 juin 2004 monsieur Haenel, sénateur et parlementaire UMP, dans une question adressée au garde des Sceaux (voir ci-contre). Il est en effet curieux que la justice n’ait jamais poursuivi aucun des responsables de ce massacre ! La journaliste du “Monde”, elle, écrit qu’en affirmant qu’“il y a beaucoup à dire”, Le Pen “fait ainsi écho, sans s’y référer explicitement, à une thèse révisionniste”, qu’elle développe ensuite. Mais c’est elle qui fait ce développement ! Moi, je n’ai affirmé cela nulle part !


2- L’interprétation des “non-dits” de Le Pen sur les crimes de guerre


Oubliés les fusillés de Châteaubriant… les pendus de Tulle… la déportation des juifs de France”, écrit la journaliste du “Monde”.

Elle m’accuse ainsi de minimiser ces événements, simplement parce que je n’en ai pas parlé ! C’est tout de même extraordinaire ! Je n’ai pas oublié les fusillés de Châteaubriant, ni les pendus de Tulle, ni la déportation des juifs. Concernant ces derniers, j’ai même eu l’occasion de leur rendre un hommage solennel, il y a quelques années ! Mais cela, bien sûr, “Le Monde” ne le dit pas.

III- Les amalgames délibérément infamants

La troisième technique de manipulation est plus subtile. Elle est même subliminale, c’est-à-dire qu’elle fait appel à l’inconscient collectif, pour assimiler Le Pen au nazisme, à l’antisémitisme, au révisionnisme, et j’en passe. Dans le texte intégral du “Monde”, on emploie un ensemble de termes très négativement connotés dans l’esprit du grand public : “M. Le Pen - négationniste - chambre à gaz - antisémite et négationniste - déportation des juifs de France - révisionniste - néonazi - négationnisme-apologie de crimes de guerre”.

Dans l’esprit du lecteur, un amalgame inconscient s’effectue “M. Le Pen = négationniste = chambre à gaz = antisémite et négationniste = déportation des juifs de France = révisionniste = néonazi = négationnisme = apologie de crimes de guerre”.

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