Soutenons nos pompiers

Tribunes libres / 17 avril 2018 / /

Tribune de Frédéric Boccaletti, Président du groupe FN au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur

En France, un pompier est agressé toutes les quatre heures.

Ces agressions, vous les connaissez, vous en avez entendu parler dans les médias.

Ce sont parfois des personnes en détresse psychiatrique, ou sous l’influence de psychotropes, qui n’ont plus le contrôle d’elles-mêmes. Il peut être question d’individus qui agissent sous le coup de l’émotion et de la détresse, et qui regrettent aussitôt leur geste.

Mais de plus en plus souvent, ce sont des affrontements liés à des contrôles de territoire. De plus en plus souvent, ce sont des bandes de racailles qui refusent toute entrée extérieure sur « leur » territoire, surtout de la part d’institutions représentant la France.

En France, un pompier est agressé toutes les quatre heures.

C’est, à Duingt, en Haute-Savoie, trois racailles qui veulent achever leur victime et qui ouvrent le feu sur les pompiers venus la secourir.

C’est, à Roubaix, deux frères qui frappent à coups d’extincteurs les pompiers venus les secourir.

C’est, à Nîmes, un caillassage en règle contre des pompiers venus éteindre un feu de voiture.

C’est, à Nice, une véritable embuscade organisée contre des pompiers.

C’est, dans d’innombrables cités sensibles, des pompiers qui n’interviennent plus que sous protection policière, ralentissant ainsi les délais d’intervention et mettant en danger les honnêtes gens qui y habitent.

On pourrait espérer qu’il ne s’agisse là que de quelques faits-divers mais non, les faits sont têtus : d’après l’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales, les agressions de pompiers ont augmenté de 154% entre 2008 et 2016.

Face à cette situation, des solutions existent : une revendication récurrente des pompiers est d’être équipés de caméras-piétons. Les policiers et gendarmes en sont déjà équipés, et leurs expériences ont prouvé que ces caméras permettaient de réduire la tension lors des situations difficiles, et donc de faire baisser le nombre d’agressions.

Il faut, ainsi, modifier la loi n°2016-731 du 3 juin 2016 afin d’étendre aux sapeurs-pompiers la possibilité d’être équipés de caméras-piétons. C’est un vœu qui doit transcender les clivages partisan : toute personne sincèrement soucieuse du bien commun ne peut que le soutenir.

Mais la majorité LR du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte-D’azur ayant rejeté la demande du Front National d’influer auprès du gouvernement dans ce sens, l’inquiétude que le sectarisme partisan de certains perdure est légitime.

Pourtant, les pompiers ont besoin d’être soutenus. Non, ils méritent d’être soutenus. Ce que le Front National continuera à faire avec l’ensemble de ses élus et militants.