Expériences scientifiques sur les singes : les chiffres de la honte !

Communiqués / 6 avril 2018 / /

Communiqué de presse de Dominique Bilde, Député européen

3 508 : c’est le nombre de singes exploités en 2016 par la recherche scientifique française selon le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ce constat inflige à lui seul un démenti cinglant à l’engagement européen de disparition progressive de ces pratiques, pris au titre de la directive 2010/63/UE et popularisé sous l’acronyme des 3 R : « remplacement, réduction et raffinement ».

Pourtant, les souffrances provoquées par ces expériences, dont l’utilité scientifique est d’ailleurs controversée, sont largement documentées : cages trop étroites, manque de lumière et d’animations, stress et procédures douloureuses, les singes qui les subissent seraient 90 %, selon l’association PETA, à présenter des troubles comportementaux.

C’est sans compter l’impact considérable sur la faune de ce commerce de la honte qui, en dépit de l’élimination graduelle des captures d’animaux sauvages, contribue à la raréfaction de certaines espèces.

Engagée de longue date en faveur de la cause animale, je m’étais insurgée en novembre dernier contre le refus de la Commission d’interdire définitivement cette pratique et je m’étais mobilisée à Niederhausbergen contre le centre de primatologie de l’Université de Strasbourg.

L’explosion des cas répertoriés par le Ministère, en plus de l’inaction européenne dans d’autres dossiers cruciaux comme celui du transport de bétail, confirme l’indifférence des pouvoirs publics nationaux et européens sur la question de la maltraitance animale, qui est pourtant à mon sens symptomatique du degré de civilisation d’une société humaine.