Transport d’animaux : le Parlement européen s’aplatit devant les lobbies !

Communiqués / 16 mars 2018 / /

Communiqué de presse de Dominique Bilde, Député européen

La cause animale ne saurait s’accommoder de compromissions. C’est particulièrement le cas s’agissant du transport des animaux, puisqu’en raison des lacunes du règlement de 2004, quelque 37 millions d’animaux (2009) transitent chaque année sur les routes européennes dans des conditions effroyables -trajets pouvant aller jusqu’à soixante-dix heures, marqués par le manque d’oxygène, d’espace et d’hydratation.

Malgré les maintes dénonciations des associations de protection animale et de sa propre autorité scientifique, la Commission avait, en octobre dernier, balayé du revers de la main toute révision du règlement. C’était sans compter l’activisme de quelque 223 parlementaires, dont moi-même, qui avaient exigé la constitution d’une commission d’enquête sur ces abus scandaleux. In extremis, d’ailleurs, puisque la session plénière du mois d’avril constituait la dernière échéance pour soumettre son institution au vote, en cas de feu vert de la conférence des présidents de groupes politiques, le jeudi 15 mars 2018.

Las, c’est par des conciliabules de dernière minute que les deux principaux groupes politiques, les socialistes et les républicains du PPE, ont tué dans l’œuf cette initiative de la dernière chance : la proposition de remplacer une commission d’enquête par un rapport d’initiative a été entérinée hier, au grand dam du groupe ENL que je représentais sur ce dossier, d’ELDD, des « conservateurs réformistes », des verts et de la « gauche confédérée ». En clair, il s’agira pour trois commissions parlementaires (environnement, agriculture et transports) d’accoucher après de longs mois de délibérations d’un de ces rapports verbeux dénués de véritable portée juridique et destinés à s’empoussiérer dans les archives du Parlement européen.

Outre la déception extrême que suscite cette décision absurde, je note que j’ai été, eu égard à mon appartenance au Front National et au groupe ENL, délibérément écartée de ces tractations. Faut-il rappeler que cet ostracisme politique systématique, s’il n’est pas nouveau, bafoue de façon scandaleuse l’esprit démocratique a fortiori sur des sujets aussi graves ?

Quand j’ai intégré, en début de mandat, l’intergroupe sur la protection des animaux, j’avais été assurée de sa neutralité politique et de son engagement citoyen. Force est de constater que sur des dossiers cruciaux, comme l’expérimentation animale ou le transport de bétail, la voix de quelques parlementaires compte peu face à celle des lobbies et des impératifs commerciaux.