Les décisions contestables de Jean-Michel Blanquer

Communiqués, Parlement européen / 8 septembre 2017 / /

Communiqué de presse de Gilles Lebreton, Député européen

Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’Education nationale nommé par Emmanuel Macron, était l’invité de Laurent Ruquier samedi soir sur France 2. La twittosphère a apprécié son intervention en lui décernant un flot de compliments inhabituels : compétence, clarté, détermination, humilité, pragmatisme, etc.

Ce bon accueil ne m’étonne pas car je connais personnellement l’homme, que j’ai rencontré quand nous étions deux jeunes professeurs de droit public, et je reconnais qu’il ne manque pas de qualités. Mais sera-t-il vraiment un bon ministre de l’Education nationale ?

Certes, il apparaît plus raisonnable que son catastrophique prédécesseur Najat Vallaud-Belkacem, ce qui n’est pas très difficile. C’est ainsi, par exemple, qu’il a décidé de rétablir les classes bilangues, comme le demandait le Front national.

Mais il a aussi pris d’autres décisions qui augurent mal de l’avenir. Son idée d’accueillir les élèves en musique pour rétablir « l’harmonie » dans les classes paraît farfelue, et n’est en tout cas pas à la hauteur de l’enjeu quand on constate par exemple l’emprise de l’islamisme radical dans beaucoup d’établissements. Quant à sa volonté de supprimer les devoirs à la maison pour les remplacer par des devoirs faits en classe, elle risque d’aboutir en pratique à la diminution de la somme d’efforts exigée des élèves et semble donc de nature à renforcer la politique de nivellement par le bas que droite et gauche ont pratiquée depuis plusieurs décennies. Son projet d’alléger le bac en le réduisant à quatre épreuves encourt d’ailleurs le même reproche car il va décrédibiliser encore davantage ce diplôme qu’il faudrait au contraire revaloriser.

Ces quelques exemples montrent en définitive à l’évidence que Jean-Michel Blanquer ne sera pas le grand ministre de l’Education nationale que le peuple cherche.