Le coup de grâce porté à notre service public ferroviaire

Communiqués / 28 avril 2016 / Étiquettes : , /

Communiqué de Presse de Marie-Christine Arnautu, Vice-présidente du Front National, Député français au Parlement européen

Le Parlement européen a adopté ce matin adopté le pilier technique du 4e paquet ferroviaire.

En matière de rail, l’Union a commencé par libéraliser le fret. Résultat, il ne cesse de s’effondrer. En France, -30% depuis 10 ans. Le fret ferroviaire meurt des réformes européennes, et l’UE étend ses règles au transport de passagers !

Cet effondrement est aussi dû à la concurrence du fret routier lui-même libéralisé par l’Union européenne qui permet l’exploitation de dizaines de milliers de chauffeurs d’Europe de l’Est rémunérés souvent moins de 300 euros par mois.

Quelques petites concessions accordées aux socialistes sur le volet politique leur ont permis de voter à 2 mains aujourd’hui cette réforme avant qu’ils ne fassent mine demain de pleurer sur les conséquences : dumping salarial, conséquences sociales du low-cost, et inégalités territoriales.

Tout comme dans le domaine des transports routiers, la multiplication des opérateurs qui résultera de la réforme facilitera le dumping social, notamment dans l’entretien des matériels qui sera principalement effectué par des sous-traitants de pays à bas coût salarial de l’est européen, donc au détriment des salariés Français.

L’État souverain dans ses choix, voilà l’ennemi. Une agence ferroviaire de fonctionnaires européens dictant leurs décisions aux États, voilà la panacée: désormais les États ne pourront demander plus de sécurité que ne l’exige l’Agence européenne ferroviaire sous peine de voir leur décision retoquée pour cause de protectionnisme déguisé.

Les entreprises qui voudront être présentes sur un marché national ou qui répondront aux appels d’offres devenus obligatoires (y compris pour les TER!) appliqueront la technique de la casse des prix pour mettre à genoux les opérateurs historiques avant de remonter leurs prix une fois cette concurrence éliminée. Les ententes prendront un intérêt qui n’avait pas lieu d’être jusqu’alors.

Cette réforme desservira aussi bien les salariés du ferroviaire qu’à moyen terme, les usagers des régions déjà délaissées.

Les Républicains comme les Socialistes viennent donc de voter au Parlement européen la mort de notre service public ferroviaire.
Déjà sclérosée par les directions syndicales qui ne lui ont apporté que la défiance des Français, la SNCF n’y survivra pas.