Edito de Nicolas Bay (01.04.2016)
Au lendemain des terribles attentats islamistes de novembre, le président François Hollande avait annoncé qu’il soumettrait au Congrès un projet d’extension des possibilités de déchéance de la nationalité française pour les binationaux impliqués dans des entreprises djihadistes. Comme l’immense majorité des Français (de 86 à 93% selon les différentes enquêtes d’opinion), nous avions alors soutenu cette mesure. Ce qui n’était pas le cas, loin s’en faut, de tout le camp de François Hollande, ni même de tous ses ministres.
En effet, nous avons alors vu une partie de la gauche – et de l’extrême gauche bien sûr – politique et intellectuelle monter au créneau pour contester ce projet d’extension, et le principe même de déchéance ou de retrait de la nationalité française (existant pourtant déjà dans notre droit), arguant de l’introduction d’une inégalité scandaleuse entre nationaux « simples » et binationaux. L’égalité pour défendre les droits des gentils djihadistes, il fallait y penser !
Selon un certain nombre d’élus du PS, du PCF, d’EELV, il était manifestement urgent de conserver au sein de la communauté nationale, à nos côtés (puisque la déchéance s’assortit évidemment d’une expulsion du territoire sans possibilité de retour), ceux dont le projet est de détruire notre civilisation et de s’en prendre à nos compatriotes. Particulièrement éclairés, certains ont poussé leur logique jusqu’à l’absurde et ont alors proposé d’étendre la déchéance à TOUS les Français, afin de ne plus différencier les binationaux. Aussi minoritaires soient-elles dans l’opinion, ces positions ont agité la majorité gouvernementale, une majorité tellement fragile qu’elle a ainsi été forcée de moduler son projet. Et au final, le débat avançant, c’est vers une restriction – et plus du tout une extension – des possibilités de déchéance, par rapport aux dispositions existant déjà dans notre Code civil, que nous nous sommes orientés.
Le dernier acte de cette pantalonnade s’est donc joué cette semaine, avec l’abandon pur et simple de cette révision constitutionnelle. S’il s’agit sans doute finalement, sur le plan juridique concret, d’une bonne nouvelle, les mesures pouvant être actuellement utilisées par les juges ne venant pas être contrariées par cette réforme restrictive, on ne peut que souligner la terrible impuissance politique de François Hollande. Comment un président qui ne peut imposer à sa propre majorité une mesure soutenue par 90% des Français serait-il en mesure de diriger (et de protéger) la France ?
Dans ce domaine comme tant d’autres, la situation réclame de l’énergie, de la volonté, et surtout du courage. On ne fera pas face aux islamistes en restant soumis aux petits calculs partisans et en ne se préoccupant que des futures échéances électorales ! Si elle n’est pas la solution miracle, il est néanmoins évident que l’extension des possibilités de déchéance et de retrait de la nationalité française aux binationaux liés au djihadisme, assortie d’une interdiction totale d’entrée sur le territoire, permettrait de renforcer la sécurité des Français. C’est pourquoi, aussitôt arrivé aux affaires, le Front National la mettra en œuvre sans faiblesse !
Communiqué de presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
L’abandon de la réforme constitutionnelle, prévoyant notamment d’inscrire l’extension de la déchéance de nationalité dans notre texte fondamental, est un échec exceptionnellement lourd pour le président de la République.
En dépit d’événements dramatiques, d’une solennité poussée à son plus haut niveau au moment de l’annonce de cette réforme devant le parlement réuni en Congrès le 16 novembre dernier et du soutien massif de l’opinion publique sur le principe de la déchéance de nationalité, François Hollande échoue à faire respecter sa propre parole.
Communiqué des Sénateurs David Rachline, Sénateur du Var et de Stéphane Ravier, Sénateur des Bouches-du-Rhône
Nous avons voté cet après-midi au Sénat le projet de révision constitutionnelle sur la déchéance de la nationalité. Dans le débat qui agite la vie politique française sur cette question, il nous apparaît évident de voter cette mesure que le Front national réclame depuis 30 ans. Son inscription dans la Constitution aujourd’hui ne nous fait pas oublier que cette possibilité existe déjà dans nos lois.
Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont voté contre le projet de révision de la Constitution ce mercredi 10 février.
Voilà des semaines que le débat politique s’épuise autour de cette réforme médiatique pour dissimuler tant bien que mal aux Français l’incapacité du gouvernement à juguler la submersion migratoire et les menaces du terrorisme islamiste.
Le Front National est évidemment favorable à l’utilisation de la déchéance de nationalité à l’égard des terroristes qu’ils soient nés Français ou naturalisés ainsi qu’à leur expulsion. Néanmoins, la réforme constitutionnelle telle qu’elle est proposée relève du parfait enfumage.