Tribune libre de Gabriel Robin, du Collectif Culture Libertés et Création
La particularité historique du français est d’avoir été développé, et codifié, par des institutions d’intellectuels indépendants. La Pléiade d’abord. Ensuite, l’Académie française depuis 1635. Applicable dès la rentrée prochaine, la réforme de l’orthographe a été votée il y a 26 ans par cette même Académie française. La réforme modifiera l’orthographe de 2400 mots et ne fera malheureusement qu’appauvrir un peu plus notre langue. Les manuels de français porteront même un macaron indiquant que leur orthographe est à jour…
Je suis assez circonflexe quant à l’utilité de cette réforme, pardon circonspect. J’irais même jusqu’à dire que cette réforme va dénaturer profondément notre langue. À partir du mois de septembre prochain, écrire « nénufar » ne sera plus considéré comme une faute d’orthographe, l’ « ognon » sera privé de son « i » et les accents circonflexes sur les u et les i seront voués à l’oubli. Nous avons évité le pire, le mot « jeûne » n’est pas concerné par la réforme pour l’instant. Cela aurait pourtant pu donner lieu à des écrits cocasses comme : « Je suis en train de me faire un petit jeune pour retrouver la forme ».
L’accent circonflexe d’un mot est ce que la moustache est à l’homme. Une particularité irritante pour certains mais charmante pour d’autres. Abîme, aîné, chaîne, chaînon, cloître, dîme, dîner, flûte, fraîche, gîte, huître, maîtrise, piqûre, traîne et voûte s’écriront prochainement sans accent circonflexe. Le français prend le chemin de l’anglais. La langue se simplifie, s’abandonne à l’air du temps, s’abîme dans un abîme que l’on nomme parfois déclin. Les préfixes et suffixes en « ph » nous rappelaient nos racines grecques, l’accent circonflexe nous rappelait nos racines latines. En s’attaquant à l’orthographe, les obsédés de la réforme s’attaquent à notre identité, à notre héritage commun. Qui se souviendra demain que Philippe vient du latin Philippus, lui-même issu du grec ancien Phílippos qui se traduit en français par « celui qui aime les chevaux » ?
Maîtriser l’orthographe de notre langue est un exercice qui nécessite de la patience et du travail. L’apprentissage de la langue dure toute une vie. Une vie passée à lire et à écrire sans relâche. La connaissance de la langue nous permet d’appréhender le monde car le langage est le véhicule des idées qui ont traversé l’histoire pour parvenir jusqu’à nous. Une chauve-souris prend un trait d’union parce que les chiroptères ont d’abord été pris à tort pour des rongeurs. On écrira désormais « chauvesouris » comme si le mot était entier alors qu’il est composé de deux mots. Idem pour le « millepatte », le « tirebouchon » ou le « portemonnaie ». Supprimera-t-on demain l’usage du subjonctif, trop complexe pour les « jeunes » ?
S’engager pour la langue française n’est pas un combat d’arrière garde. L’avenir se conjugue au présent et prend racine dans le passé. « Apprendre plusieurs langues, c’est l’affaire de peu d’années ; être éloquent dans la sienne, c’est l’affaire de toute la vie. » disait Voltaire. Il semble que plus personne n’ait le courage de passer sa vie à améliorer sa maîtrise de la langue. Il faut donc la détruire méthodiquement jusqu’à n’en laisser la maîtrise qu’aux castes les plus cultivées. Les sans-grades, les modestes et les moins chanceux devront-ils se contenter d’une langue phonétique ? C’est là tout un pan de l’inconscient collectif qui leur sera arraché. Notre langue n’est pas qu’un outil, elle est une somme de sensations.
Académiciens, ressaisissez-vous. Vous, gardiens du français, amoureux des belles lettres, ne pouvez rester insensibles à ce massacre. Il y a peu, Alain Finkielkraut publiait « L’identité malheureuse », comment pourrait-il se réjouir de cet oubli de notre identité culturelle nationale ?
Communiqué de Presse de Dominique Bilde, Député français au Parlement européen
Sous pression du Parlement européen, la Commission européenne a gracieusement accepté de faire de 2018 l’année européenne du patrimoine culturel. Actuellement négociée en trilogue, cette année est présentée par la Commission et le Commissaire à l’éducation, Tibor Navracsics en ces termes lyriques : « à l’heure où des chefs-d’œuvre culturels mondiaux sont en péril ou sont détruits délibérément dans les zones de conflit, […] le patrimoine culturel mérite d’avoir son année européenne, en 2018. […] Ce sera l’occasion de sensibiliser les citoyens à l’importance socioéconomique du patrimoine culturel et de promouvoir l’excellence européenne dans ce domaine ». Des paroles, des paroles, des paroles.
Communiqué de presse d’Alain Avello, président du Collectif Racine
Une étude récente de la DEPP* met en exergue deux phénomènes tendanciels ayant connu une forte accélération au cours des derniers mois : la baisse des effectifs dans les collèges publics, de plus en plus de familles se tournant vers le privé, d’une part, et de l’autre, la baisse du taux de redoublement en seconde, laquelle s’accompagne d’une augmentation sensible du nombre d’élèves s’orientant vers la voie technologique.
Communiqué de Presse du Collectif Culture, Libertés et Création (CLIC) Dernièrement, le film « Ma vie de courgette » était…
Lire la suite →Communiqué de Presse de Florian Philippot, Vice-Président du Front National
Les résultats catastrophiques pour la France du classement international Timss, évaluant le niveau des élèves en Mathématiques et en Sciences (les Français étant respectivement derniers et avant-derniers de ce classement), traduisent l’effondrement du système éducatif français après des décennies de politiques UMPS sur lesquelles François Fillon, ancien ministre de l’Education nationale, porte à l’évidence une lourde responsabilité.
Communiqué de presse de Gaëtan Dussausaye, Directeur national du Front National de la Jeunesse et Membre du Bureau Politique du FN
Selon l’enquête internationale de la Trends in Mathematics and Science Study, le système scolaire français obtient les plus mauvais résultats d’Europe dans l’enseignement des mathématiques et des sciences. Près de 13% des élèves de CM1 ne disposeraient pas des connaissances élémentaires en mathématiques.
Une fois de plus, les gouvernements de gauche et de droite en portent la lourde responsabilité. La droite d’abord, car l’enseignement des sciences repose encore aujourd’hui sur les programmes scolaires initiés par le gouvernement de François Fillon.
Communiqué de Presse d’Alain Avello, président du Collectif Racine
C’est oscillant sans doute entre incrédulité et consternation que les téléspectateurs de France 2 ont découvert ce reportage diffusé jeudi soir dernier*, où un journaliste parvient à se faire recruter comme professeur contractuel de mathématiques, sur la base d’un diplôme manifestement faux, et suite à un entretien ayant pourtant révélé son incompétence totale dans la discipline : que peuvent donc apprendre les élèves, dans ces conditions ?