Le Parisien révèle aujourd’hui à quel point la gestion de nos entreprises publiques, aussi stratégiques qu’Aéroports de Paris (ADP), est devenue absurde. En l’occurrence, le quotidien indique que « la police de l’air et des frontières [PAF], opérant dans les deux aéroports parisiens, doit acquitter 3,7 M€ de loyer et charges annuels à Aéroports de Paris. »
Notre pays vient de connaître une année 2015 tragique, dont le paroxysme fut les attentats de Paris le 13 novembre faisant 130 morts et 351 blessés ; l’État islamique ne cache pas sa volonté de frapper à nouveau la France ; le gouvernement Valls ne cesse de rappeler que nous sommes en état d’urgence ; le risque de radicalisation islamiste existe dans nos aéroports – la PAF ayant retiré près de 70 badges à des agents travaillant dans des zones sécurisées à Orly et à Roissy.
Malgré tout cela, les services de police sont contraints de payer leurs locaux à Aéroports de Paris afin d’assurer la sûreté des 265 000 passagers qu’ils accueillent quotidiennement. La logique voudrait que ce soit l’inverse : sans le travail des 1800 agents de la police de l’air et des frontières, ADP ne pourrait faire décoller aucun avion.
Je dénonce donc avec la plus grande vigueur cette situation aberrante. Il est temps de mettre fin au processus de privatisation des aéroports français, notamment des services chargés de veiller à la sécurité et à la sûreté des passagers et d’obliger Aéroports de Paris, dont l’État est actionnaire majoritaire, à prendre toutes les dispositions que la police de l’air et des frontières jugera nécessaires.
Enfin, la transparence financière doit être faite sur l’utilisation par ADP du demi-milliard d’euros que l’État lui verse chaque année pour assurer la sécurité de ses plateformes aéroportuaires.