Communiqué de Gilles Lebreton, député français au Parlement européen, professeur de libertés publiques
La loi sur le renseignement vient d’être publiée au Journal Officiel. Le Conseil constitutionnel lui a en effet donné son feu vert en la déclarant conforme à la Constitution dans sa décision n°713 du 23 juillet 2015.
Cette loi est extrêmement inquiétante pour le respect des libertés publiques et de la vie privée. Elle permet en effet au Premier ministre d’autoriser librement toutes sortes de « recueil de renseignement », autrement dit de soumettre la population à un espionnage généralisé. Elle transforme ainsi Manuel Valls en Big Brother, ce chef allégorique de la police de la pensée d’un régime totalitaire que George Orwell a mis en scène dans son célèbre roman « 1984 ».
Les motifs pour lesquels le Premier ministre pourra autoriser l’espionnage sont en effet très divers. Certains sont certes acceptables, comme la protection de « la défense nationale », la « prévention du terrorisme », ou encore la « prévention de la prolifération des armes de destruction massive ». Mais d’autres sont beaucoup trop flous, comme la « prévention de la criminalité et de la délinquance organisées », la protection des « intérêts majeurs de la politique étrangère » et des « intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France », ou encore la « prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions ». Ce dernier motif risque par exemple d’être interprété comme permettant la surveillance des membres du Front National, puisque d’après Manuel Valls il s’agit d’un parti qui menace la République. Cette pluralité de motifs vagues prouve en tout cas que l’objectif de la loi est de surveiller la population et non pas simplement de lutter contre le terrorisme.
Beaucoup d’abus sont à craindre, d’autant plus que les garanties procédurales sont largement illusoires. Tout repose pour l’essentiel sur la création d’une nouvelle commission, la « commission nationale de contrôle des techniques de renseignement » composée de quatre magistrats, de quatre parlementaires et d’une personnalité qualifiée. En principe, cette commission devra donner son avis avant toute autorisation d’espionnage; mais il ne s’agira que d’un avis consultatif, que le Premier ministre sera libre de ne pas respecter. D’autre part, cet avis ne sera plus nécessaire en cas d' »urgence absolue ». Certes, la commission pourra toujours saisir le Conseil d’Etat si elle décèle un abus; mais la haute juridiction interviendra toujours trop tard, après que l’abus ait commencé.
Le Conseil constitutionnel a censuré deux séries de dispositions qui auraient encore aggravé les choses : l’une qui aurait permis aux services de renseignement, en cas d' »urgence opérationnelle » tenant notamment à une « menace imminente », de se passer d’autorisation du Premier ministre; l’autre qui leur aurait permis, pratiquement sans garanties, d’effectuer « la surveillance des communications émises ou reçues à l’étranger ». On se demande comment un Parlement démocratique a pu démissionner à ce point.
Même amputée de ces deux dispositions liberticides, la loi reste effrayante. Elle permet notamment d’espionner les communications électroniques et téléphoniques, et même l’intérieur des véhicules et des domiciles. Les données interceptées peuvent être conservées de trente jours à six ans selon leur nature. Toutes les catégories de la population sont potentiellement concernées, même les parlementaires et les magistrats (malgré la séparation des pouvoirs), les avocats (au mépris du principe de confidentialité de leurs échanges avec leurs clients), et les journalistes (au mépris du secret de leurs sources). Tout au plus ces quatre catégories de personnes échappent-elles à la procédure d' »urgence absolue ».
Deux techniques d’espionnage de masse particulièrement liberticides sont même autorisées par la loi : la « boîte noire », c’est-à-dire l’algorithme qui permet d’espionner les communications par mots-clés; et l' »imsi-catcher », c’est-à-dire la mallette permettant d’intercepter toutes les communications dans un périmètre autour d’elle.
La réalité rejoint donc la fiction. « Big Brother vous regarde » écrivait George Orwell. Avec la publication au J.O. de la loi sur le renseignement, c’est désormais Manuel Valls qui vous regarde !
Communiqué de presse de Nicolas Bay, Secrétaire général du Front National, Député français au Parlement européen
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, Bernard Squarcini, ancien patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) révèle que Manuel Valls aurait rejeté, il y a deux ans, une offre des services syriens proposant alors de communiquer la liste des djihadistes français engagés en Syrie.
Ce refus serait profondément révélateur de l’attitude irresponsable du gouvernement socialiste, manifestement prêt à sacrifier la sécurité des Français sur l’autel de ses choix diplomatiques et géopolitiques pour le moins hasardeux.
Communiqué de presse de David Rachline, Sénateur-Maire de Fréjus, et de Stéphane Ravier, Sénateur-Maire du VIIème secteur de Marseille
Les sénateurs David Rachline et Stéphane Ravier ont voté contre le Projet de loi sur le renseignement lors du vote solennel ce jour au Sénat. Ce texte du gouvernement ne garantit en rien que la sécurité des Français sera mieux assurée et surtout il retreints une nouvelle fois les libertés des Français.
Ce vote ne marque en rien la négation des risques importants qui pèsent sur notre pays en particulier celui du terrorisme islamiste, ni celle du fait que nos services de renseignements se trouvent dépourvus devant l’immensité de la tâche.
Communiqué de presse de Marion Maréchal-Le Pen et de Gilbert Collard
Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard ont voté contre la loi sur le Renseignement en première lecture.
Au prétexte de la lutte contre le terrorisme, le projet de loi sur le renseignement légalise un système de pratiques gravement attentatoires aux libertés des Français. L’extrême largesse des domaines permettant le recours aux techniques de renseignement ouvre la brèche au renseignement généralisé et notamment politique. L’ensemble du processus décisionnel revenant au Premier ministre, l’on peut s’inquiéter des intrusions dont pourraient être victimes ses opposants politiques.
Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
L’Assemblée nationale s’apprête à voter ce jour une loi indigne de la France, la Loi dite Renseignement, qui porte gravement atteinte aux grands principes de Liberté qui fondent notre République.
Une fois encore, comme lors du Congrès de 2008 à Versailles, au cours duquel le Parlement a annulé le vote des Français sur la Constitution européenne, UMP et PS sont sur le point de trahir ensemble, main dans la main, les intérêts supérieurs du peuple et de notre Démocratie.
Edito de Gilbert Collard, Député du Gard, Secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine
Parce qu’on a tout laissé faire depuis des années sans réagir, parce que les socialistes ont continué dans la même voie sans issue du communautarisme, de l’immigrationisme militant, de la perméabilité des frontières, du clientélisme politique, du chalandage subventioniste; aujourd’hui, faute de mieux, ils s’en prennent à nos libertés, et gravement ! Autant dire que le terrorisme remporte sa première victoire sur la démocratie puisqu’il l’amoindrit par l’atteinte à nos libertés que le gouvernement commet en connaissance de cause.