Le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques réforme à l’article 10 A, ajouté par voie d’amendement, les contrats entre un réseau de distribution commerciale et un commerçant de détail dans l’optique de dynamiser la mobilité inter-enseigne au sein de la grande distribution. Ainsi, le nouvel article interdit les clauses de non concurrence post contractuelle, supprime les contrats à durée indéterminée et leur tacite reconduction puis impose une résiliation liée de tous les contrats conclus pour l’exploitation d’un même point de vente. Cette mesure englobe également la distribution automobile. Or, au cours de discussions relatives au « projet Macron », les concessionnaires automobiles ont alerté le gouvernement de l’inadaptabilité de telles mesures à l’égard de leur secteur. En effet, chaque activité, de la vente de véhicules neufs à l’activité d’après-vente, fait l’objet d’un contrat séparé ; les contrats à durée indéterminée, qui sont aujourd’hui les contrats en vigueur entre le constructeur et son réseau, permettent d’amortir les importants investissements des distributeurs et de soutenir le financement des banques très attentives à la stabilité des contrats. Ainsi, ce système permet de protéger le développement du réseau de concessions automobiles, sa capacité de financement et les emplois qu’il draine.
C’est pourquoi elle demande quelles sont les mesures prévues pour protéger la distribution automobile d’une double insécurité, à la fois juridique et économique, engendrée par l’article modifiant les contrats commerciaux et leur résiliation dans le domaine de la grande distribution.
Communiqué de Presse de Jean-Lin Lacapelle, Secrétaire National aux fédérations et à l’implantation
Les grandes enseignes alimentaires, toujours promptes à se déclarer farouchement attachées à la défense du pouvoir d’achat des Français sont surtout promptes à toujours plus accroître leurs profits en dehors des règles du droit.
Par le biais d’alliances scellées ces dernières années et consciencieusement passées sous-silence pour le grand public, aujourd’hui seuls 4 grands groupes se partagent la quasi totalité de la distribution alimentaire française (Auchan allié à Super U, Intermarché allié à Casino et Monoprix, Carrefour allié à Cora et Metro, et Leclerc seul jusqu’à maintenant).
Communiqué de presse d’Edouard Ferrand et de Philippe Loiseau, Députés français au Parlement européen, Membres de la Commission agriculture et développement rural
Depuis 2008, les centrales d’achat se sont lancées dans une guerre des prix. Objectif : faire baisser les prix des producteurs pour au final faire augmenter les prix des consommateurs ! Tour à tour, les agriculteurs, des PME et des grands groupes industriels ont été pris pour cible. Aujourd’hui, les centrales d’achats de la grande distribution règnent sur 92% du marché des produits alimentaires. Encore plus diabolique, elles se sont concentrées.
Communiqué de Steeve Briois, Vice-président aux exécutifs locaux, Maire d’Hénin Beaumont et député français au Parlement européen
La direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) a assigné un groupement de distribution en raison de soupçons concernant d’éventuelles pratiques abusives dans ses relations commerciales avec des fournisseurs de l’industrie agro-alimentaire. Les soupçons portent notamment sur des demandes de garantie de marge de 3.5% sur certains produits de consommation. Cette clause impose au fournisseur en cas de baisse du prix d’un bien vendu par l’enseigne au consommateur, de compenser celle-ci sur ses prix. Par ailleurs la DGCCRF reproche au groupement incriminé, d’avoir exigé de ses fournisseurs, des baisses de tarifs sans leur offrir la moindre contrepartie.
Communiqué de Leif Blanc, délégué national à la ruralité, l’agriculture et l’environnement
Présentée par Pierre Moscovici et Benoît Hamon comme une réponse aux abus induits par la LME du précédent gouvernement (et salué comme telle par plusieurs acteurs agricoles majeurs), le projet de loi Consommation ne nous semble pas apte à rééquilibrer les relations entre l’agroalimentaire et l’agriculture d’un côté, et la grande distribution de l’autre.