Marion Maréchal-Le Pen interroge M. le ministre des Affaires étrangères et du développement international sur les conditions des travailleurs étrangers au Qatar.
Ces derniers mois, de nombreux rapports et articles de presse font état d’un taux très élevé de mortalité chez les étrangers travaillant au Qatar. Depuis 2010, ce ne sont pas moins de 1 200 travailleurs immigrés Indiens et Népalais qui ont trouvé la mort sur le sol de la pétromonarchie du Golfe. La grande majorité des travailleurs arrivent d’Asie de l’Est, principalement des deux pays suscités, dont certains par l’intermédiaire de filières mafieuses.
La confédération syndicale internationale (CSI), qui a qualifié le Qatar d’Etat « esclavagiste », estime que 4 000 ouvriers pourraient décéder d’ici la Coupe du monde 2022. De nombreuses ONG abondent dans le sens de la CSI et tirent la sonnette d’alarme sur les épouvantables conditions d’accueil de la main d’œuvre étrangère. Les ouvriers participant à la construction des infrastructures pour la coupe du monde sont entassés dans des habitations vétustes sous une chaleur torride à l’origine de maladies et de cas de déshydratation. Aux conditions propres aux chantiers de la compétition internationale de football s’ajoute la kafala qui régit la vie des 1.2 millions travailleurs étrangers. Ce système octroie tout pouvoir aux employeurs qui peuvent aisément réduire l’étranger en otage économique. Ce dernier n’a pas de salaire minimum garanti, ne peut pas louer de logement, ni ouvrir un compte en banque, ni changer d’emploi ou repartir dans son pays sans l’autorisation de son patron.
Compte tenu de l’attachement de notre pays à la dignité des individus, elle voudrait savoir si le gouvernement entend faire connaitre au Qatar sa désapprobation officielle face à une situation qui s’apparente à de l’esclavage moderne. Elle demande également si l’Etat français entend remettre en question la participation de notre sélection nationale de football en cas de qualification à la coupe du monde 2022.