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Lettre ouverte à Jean-Pierre Chevènement

Tribunes libres / 15 juin 2015 / /

De Bertrand Dutheil de La Rochère (Président de Patrie et Citoyenneté, ancien directeur de cabinet de J.-P. Chevènement)

Paris, le 15 juin 2015

Cher Jean-Pierre,

J’ai lu, avec le plus grand intérêt, l’entretien que tu as accordé, aujourd’hui, au Parisien. J’y ai noté, toutefois, une phrase qui relève de l’oxymore. En effet, tu dis : « Je suis partisan d’un dialogue sans exclusive et sans sectarisme avec tous ceux qui souhaitent une alternative républicaine, de Mélenchon à Dupont-Aignan. » En creux, donc, tu sembles exclure Marine Le Pen et le Rassemblement Bleu Marine qu’elle préside. Si tel est le cas, il s’agirait bien d’une « exclusive » et d’une preuve de « sectarisme », à moins que tu lui fasses un procès d’intention en pensant qu’elle ne pourrait participer à « une alternative républicaine ».

Cet ostracisme, imposé par la pensée dominante, serait très dommageable pour la France. Aux dernières élections, la formation politique que conduit Marine Le Pen a recueilli plus du quart des suffrages exprimés. Si j’en crois les derniers sondages, elle s’acheminerait même vers le tiers. Exclure d’emblée, une telle proportion de nos compatriotes d’une possible « alternative républicaine » apparaît irréaliste, à moins de vouloir se contenter de témoigner.

Alors, ouvrons un dialogue exploratoire, et ne préjugeons pas de sa conclusion. Mais sur la ré-industrialisation de la France pour créer des emplois productifs durables, sur l’assimilation de tous les Français dans un même peuple, sur la restauration de l’École de la République, nous aurons tôt fait de constater nos convergences. Sur tous ces points, nous avons plus d’accords que tu peux en avoir avec la gauche soixante-huitarde de Jean-Luc Mélenchon.

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si j’ai retrouvé, au sein du Rassemblement Bleu Marine, un certain nombre de militants qui t’avaient apporté leurs concours lors de ta campagne présidentielle de 2002, à commencer par Florian Philippot. Certes, tu ne t’en souviens pas, tu ne peux pas te souvenir de toutes les personnes que tu as rencontrées au cours de ta vie politique, mais je peux te certifier que nous sommes un certain nombre à poursuivre ainsi le combat pour la France et pour la République.

Ayant milité près d’un quart de siècle à tes côtés, sois assuré, cher Jean-Pierre, de ma sincère considération,

Bertrand Dutheil de La Rochère