Proposition de loi créant une présomption de légitime défense dans le cas d’un déploiement légitime de la force armée.
Présentée par M. Gilbert COLLARD, député.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Les fonctionnaires assurant notre sécurité intérieure, sont de plus en plus fréquemment confrontés à de nouvelles formes de délinquance qui mettent en danger leur vie ou à tout au moins leur intégrité physique.
Ces fonctionnaires subissent désormais des agressions potentiellement létales commises par des individus solitaires qui n’hésitent plus à agir dans la violence préméditée ou par surprise, avec des armes de plus en plus vulnérantes ou des véhicules utilisés comme bélier; soit pour perpétrer un acte terroriste, soit pour assurer leur fuite, et ce sans aucune prise en compte de la vie humaine.
Il convient donc d’autoriser et d’encadrer l’usage de la force armée par la police; tout comme il l’est pour la gendarmerie lorsque cette dernière doit agir dans des circonstances similaires.
Tel est l’objet de l’Article 1er de la présente proposition de loi.
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L’Article 2 est le corollaire direct de l’Art 1er.
Après avoir défini les hypothèses limitatives dans lesquelles les forces de sécurité intérieure sont autorisées à faire usage de moyens adaptés à des situations périlleuses, il est possible d’en déduire que les dites forces sont alors présumées agir en état de légitime défense.
Cette présomption n’est pas irréfragable; et les moyens utilisés doivent l’être évidement à la mesure des risques encourus.
Article 1er
Le code de la sécurité intérieure est complété par un article L 315 – 3 ainsi rédigé :
« Art. 315 -3 – Les fonctionnaires des services actifs de la police nationale ou de tout service français de sécurité intérieure ne peuvent, en l’absence de l’autorité judiciaire ou administrative, déployer la force armée que dans les cas suivants :
« 1° Lorsque des violences ou des voies de fait sont exercées contre eux ou lorsqu’ils sont menacés par des individus armés ou susceptibles de participer à une entreprise terroriste ;
« 2° Lorsqu’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent, les postes ou les personnes qui leur sont confiés ou, enfin, si la résistance est telle qu’elle ne puisse être vaincue que par la force des armes ;
« 3° Lorsque les personnes invitées à s’arrêter par des appels répétés faits à haute voix cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et ne peuvent être contraintes de s’arrêter que par l’usage des armes ;
« 4° Lorsqu’ils ne peuvent immobiliser autrement les véhicules, embarcations ou autres moyens de transport dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt.
« Ils sont également autorisés à faire usage de tous engins ou moyens appropriés tels que herses, hérissons, câbles, pour immobiliser les moyens de transport quand les conducteurs ne s’arrêtent pas à leurs sommations. »
Article 2
Le code pénal est complété par un article 122-6-1 ainsi rédigé :
« Est présumé agir en état de légitime défense le gendarme qui accomplit un acte prévu à l’article L. 2338-3 du code de la défense ou le fonctionnaire des services actifs de la police nationale qui accomplit un acte prévu par l’article L 315 – 3 du code de la sécurité intérieure. »
Le Conseil des ministres examine ce mercredi 21 décembre 2016 un projet de loi visant à instaurer un régime commun aux policiers et aux gendarmes en matière de légitime défense.
Cette annonce fait suite aux revendications des policiers « en colère » qui manifestaient ces derniers mois en réponse – notamment – à la tentative d’assassinat de quatre agents à Viry-Châtillon mais aussi aux préconisations émanant d’un rapport de l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice (INHESJ).
Communiqué de Presse du Front National
Le texte présenté aujourd’hui en Conseil des ministres sur l’évolution des règles d’emploi des armes constitue une timide et tardive avancée pour les policiers mais ne répond pas à leurs attentes et aux nécessités de la sécurité publique.
En effet, ce texte ne prévoit pas la présomption de légitime défense que nous réclamons pour l’ensemble des forces de l’ordre, qui leur permettrait d’exercer leurs fonctions de manière plus sereine et à moindres risques.
Communiqué de presse de Gilbert Collard, Député du Gard, secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré ce mercredi 23 novembre qu’un projet de loi serait examiné avant la fin de l’année en Conseil des ministres en vue de réformer les règles d’ouverture du feu pour les policiers. Il devrait être présenté aux parlementaires au cours du premier trimestre 2017. Cette annonce fait suite à une étude de l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice (INHESJ) préconisant un régime commun aux policiers et aux gendarmes en matière de légitime défense.
Communiqué de Presse de Stéphane Ravier, Sénateur-Maire du 7ème secteur de Marseille
Ce jeudi 3 novembre doit être inaugurée à Marseille une place en l’honneur du brigadier Franck Brinsolaro, tué lors de l’attentat de Charlie Hebdo il y a maintenant presque deux ans, et ancien policier de notre ville.
On a peine à y croire, mais la famille du policier n’a pas été conviée à la cérémonie, à laquelle participera pourtant Bernard Cazeneuve.
Communiqué de presse de Gilbert Collard, Député du Gard, secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine
J’apporte sans restriction mon soutien aux revendications légitimes des Policiers, victimes de leur Devoir, méprisés par leurs hiérarchies qui les regardent comme des « consommables » sans considération aucune ni le moindre respect pour ces femmes et ces hommes dévoués au bien public, qui mettent au quotidien leur vie en péril pour défendre la nôtre. Oui, il faut rénover les textes sur la légitime défense.
Edito de Nicolas Bay (21.10.2016)
Si le travail de nos forces de l’ordre est rendu plus périlleux et complexe depuis de nombreuses années, ces dernières semaines ont été le théâtre d’actes d’une rare violence envers les policiers. Des actes qui ne sont pas le fait de « sauvageons » comme l’a exprimé Bernard Cazeneuve, mais bien l’œuvre de véritables criminels. Des actes qui traduisent l’ensauvagement de notre société que Marine Le Pen avait déjà dénoncé voici 5 ans.