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Stigmatise l’Autre en le traitant de stigmatiseur…

Tribunes libres / 29 septembre 2014 / /

Par Gilbert Collard, Député du Gard, Secrétaire Général du Rassemblement Bleu Marine

L’ÈRE DU SOUPÇON.

Le bon vieux Littré nous dit que c’est la suspicion, la défiance. La suspicion s’abat sur le suspect. Étymologiquement, « il est regardé en haut ». C’est dire la position de fait, dominante, qu’adopte inconsciemment le suspecteur chronique. Les mœurs mouchardes grouillent comme les mouches sur notre société. La délation organisée plane sur nous, comme le vol noir des corbeaux. Chaque jour offre sa détraction, ses commentaires, ses leçons de morale, et installe le pilori médiatique. Elle est alimentée par les tartufes eux-mêmes : Thévenoud, Thomas l’imposteur, qui appelle le fouet contre Cahuzac, contre les fraudeurs, alors même que folâtre, il fraude en toute tranquillité, au nom d’une phobie administrative nouvelle : la « papyrusphobie » ! A tout pécheur miséricorde, certes, mais là, les faits s’aggravent d’une hypocrisie qui surpasse Tartuffe et qui discrédite les sermonneurs !

Qui donc se cache sous la table ? L’antiraciste professionnel n’est-il pas raciste ? Un antiraciste électoraliste, d’abord ! L’ami des pauvres ne les méprise-t-il pas ? L’antifasciste n’est-il pas, comme le prophétisait Leonardo Sciascia, conscience morale de la gauche intellectuelle, un fasciste qu’il voyait venir de gauche en écrivant : « le plus bel exemplaire de fasciste qu’on peut rencontrer aujourd’hui est le prétendu antifasciste qui se dévoue à traiter de fascistes ceux qui ne le sont pas. » Le journaliste d’investigation n’est-il pas, drapé dans sa mission déontologique, un concierge à la solde des coupe-gorges médiatiques ? Allez savoir ! Qui sont ces journalistes dont parle madame Trierweiler ? A la dénonciation de quelques vérités vraies, s’ajoute l’instantanéité du ragot. La politique a atteint son plus bas niveau, le caniveau. On ouvre les chambres à coucher. On secoue les draps d’où tombent des dentiers. Chaque intervieweur se croit un procureur, un policier du soupçon. « Transparence ! » vous menace le journaliste avec la crosse de son micro ! Les mairies tenues par le RBM-FN sont des zoos où les journalistes accomplissent des safaris éthiques, à l’affût du bruit, de la rumeur, de la haine dont tous les cocus, les jaloux, les évincés sont porteurs ; et ils colportent crânement les cancans des cloportes. Les zoologues médiatiques ont quadrillé leur réserve de chasse politique armés du fusil à plume, à pompe, visant tout un électorat de braves gens dont le vote mérite d’être respecté. Le privilège du soupçon est le seul privilège que nous ayons ! L’œil est là, gros comme un judas de prison, qui espionne, épie, surveille. La médiatencière remplace la pénitentiaire ! Ce harcèlement s’appesantit sur les élus du Front et s’étend maintenant à tout le monde politique ; le prétexte suffit ! L’accroche, comme on dit dans le jargon. Le populisme de la lapidation médiatique mis en place par le gauche et relié par la droite, en fonction de l’adversaire à abattre, entretient la haine. Dire du mal devient un but, une denrée médiatique pour la mangeoire des commentateurs répétitifs. On ne débat plus, on se bat, à coup de coups bas. Comment est-on devenue aussi con ? s’interroge Bentolila dans un livre instructif. Et pendant ce temps là, la France agonise sous la violence des vrais problèmes dont on ne parle pas. Mais, tout va très bien madame la marquise, Nicolas revient dans le Beyrouth politique de L’UMPS, pour semer la division, comme le dit Mariton tontaine, s’installer à la tête d’un mouvement où trop de têtes dépassent pour que la guillotine ne fonctionne pas, où le passé tient lieu d’avenir, où les morts ressuscitent, où la morale se lit dans Bygmalion, où la soumission à l’Europe est le dogme, où l’immigrationisme triomphe, où l’impôt plastronne. De nouveau la suspicion a sa pâture. Dans toutes ces fanfaronnades d’ambitions personnelles que devient la France ? Hollande retrouve son meilleur ennemi avec lequel il peut jouer à détestation, à détérioration égale de la fonction présidentielle. Avec l’un le changement c’est maintenant, avec l’autre c’était hier. Au-dessus de la mêlée, au-dessus des querelles, des tumeurs du nombril, des ragots de la presse en ligne payante, des vieilles vengeances, grandissons la France ; elle, elle est insoupçonnable avec « ses sales Français » !