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UMP : un malade incurable frappé de schizophrénie européenne

Communiqués / 22 avril 2014 / Étiquettes : , /

Tribune de Karim Ouchikh, conseiller de Marine Le Pen à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression Président exécutif du SIEL

Fort de ses succès enregistrés aux élections municipales de mars dernier, l’UMP se fait volontiers donneur de leçons ces temps-ci, oubliant au passage de rappeler qu’elle doit ses gains électoraux relatifs moins à sa capacité politique à séduire véritablement les Français autour d’un projet cohérent et novateur qu’à l’effondrement politique inédit de la gauche socialiste.

Malgré tous ses efforts, le parti de Jean-François Copé ne saurait faire oublier en réalité le poids considérable des trois faiblesses congénitales qui handicapent durablement sa force d’attraction politique: l’absence manifeste de ligne idéologique claire; la crise persistante de « leadership » à son sommet; le défaut accablant de toute stratégie de conquête du pouvoir.

De ce point de vue, la campagne des élections européennes va donner l’occasion aux Français de vérifier la prégnance de ces lignes de fractures anciennes, qui se sont fortement ravivées ces derniers jours. Le 4 avril dernier, Henri Guaino a déclaré qu’il ne voterait pas pour Alain Lamassoure, le 25 mai prochain : pour le député des Yvelines, le candidat UMP en Ile-de-France incarne « une ligne qui est à l’opposé de ce que je pense et de ce que je crois être l’intérêt de mon pays ». Dans son ouvrage publié le 10 avril (« Europe: il faut tout changer »), Laurent Wauquiez tourne le dos à la vision européiste traditionnelle de son parti, en préconisant notamment le retour à une Europe des Six, la sortie de Schengen et l’instauration d’un protectionnisme européen. Le 13 avril dernier enfin, Xavier Bertrand n’a pas hésité à s’attaquer à l’une des vaches sacrées de la construction européenne, en taclant durement le couple franco-allemand: dans le viseur de l’ancien patron de l’UMP, l’Allemagne, accusée de mener, aux côtés de la BCE, une politique contraire à la croissance et à l’emploi…

Bref, la cacophonie s’installe désormais ouvertement au sein d’une formation politique gravement affaiblie par le fardeau des dissensions idéologiques, dans laquelle cohabitent avec peine en effet les europhiles patentés, les eurosceptiques de circonstance et les souverainistes sincères. Certes, avec son programme de campagne, l’UMP cherchera à faire illusion en proposant vainement aux Français une synthèse laborieuse des options idéologiques contradictoires qui s’expriment depuis toujours en son sein sur la question européenne: maintien intangible des traités européens et des institutions bruxelloises; harmonisation fiscale renforcée; refondation du système Schengen; opposition à l’intégration de la Bulgarie et de la Roumanie à l’espace de libre circulation; refus à tout nouvel élargissement des frontières de l’UE…

Cependant, en louvoyant en permanence entre un soutien mal assumé au processus d’intégration européenne et la promotion tardive d’initiatives protectionnistes, ce projet approximatif ne réglera en rien les puissantes contradictions qui minent perpétuellement le discours et l’action européennes de l’UMP. Pourquoi l’UMP ferait-elle demain, avec ce grand écart politique, ce qu’elle n’a pas su faire hier ? Comment l’UMP parviendrait-elle, dans les quatre semaines de campagne qui s’annoncent, à réguler comme par miracle les divisions idéologiques lancinantes qu’elle n’a jamais surmontées depuis sa création ? En bref, entre Juppé, Le Maire, Raffarin d’une part et Guaino, Wauquiez ou Myard d’autre part, quel point d’équilibre européen l’UMP peut-elle arbitrer avec intelligence ?

Ne parvenant ni à mettre de l’ordre dans ses rangs, ni à faire oublier la trahison historique du traité de Lisbonne, dont elle fut en France, avec le PS, l’un des artisans actifs, l’UMP peut difficilement prétendre rassembler à présent nos compatriotes autour d’une ambition européenne authentique. Tout comme le PS, l’UMP refuse de se présenter à visage découvert lors des élections européennes: œuvrant d’un même élan à l’édification autoritaire d’un modèle néo-libéral d’intégration européenne, compatible avec la construction d’un vaste marché transatlantique placé sous tutelle américaine, l’UMPS s’emploie imperceptiblement à abolir le rôle multiséculaires des Etats, à tirer vers le bas nos acquis sociaux et à effacer les identités culturelles des peuples européens.

Le 25 mai, les Français ne seront pas dupes de ces exercices programmés d’acrobatie politique auxquels l’UMP et le PS vont se livrer sans état d’âme. Pour faire barrage aux manœuvres d’enfumage électoral ourdies par ces fossoyeurs du modèle civilisationnel français, le vote massif pour les listes d’alternative FN/RBM s’impose à coup sûr comme la solution politique d’évidence avec, en ligne de mire, un triple bénéfice prévisible pour nos compatriotes: sanctionner d’abord le bilan économique et social calamiteux de François Hollande; libérer ensuite notre pays du carcan bruxellois actuel qui l’étouffe irrésistiblement; donner enfin aux Français une perspective européenne nouvelle, celle d’une Europe prospère qui soit respectueuse des Etats souverains et des peuples divers qui composent notre continent.