Par Gilbert Collard et Jean Goychman
Après tout, lui ou un autre, cela ne faisait guère de différence, du moins pour nous, nourris à la blédine de l’information « officielle ».
Deux petites choses, naturellement absentes des médias « fréquentables », ont cependant attiré l’attention de ceux qui voient des complots partout.
Une brève recherche sur Internet avec comme mot-clé « crise en Ukraine » faisait apparaître une page du Huffington Post consacrée à Victoria Nuland. Le titre était plutôt accrocheur car on lisait en caractères gras « Que l’Union Européenne aille se faire foutre ! »
Devant un aussi « vaste programme », comment résister à l’envie de lire la suite ?
Et cette lecture se révèle être à la hauteur des espoirs suscités par le titre puisqu’on apprend que le contexte était une conversation téléphonique entre Mme Nuland, Vice-secrétaire du Département d’Etat Américain- en charge de l’UE- et un interlocuteur qui était probablement Geoffrey Pyatt, ambassadeur US en Ukraine. L’échange portait sur la situation en Ukraine, mais le Huffington Post ne transcrivait pas le contenu.
Cependant l’écoute de l’enregistrement disponible sur le site laissait apparaître deux noms, on du moins deux diminutifs : « Clitch » et « Yatts » ou phonétiquement approchant.
Quels peuvent bien être ces deux personnages qui semblent être au centre de la conversation.
Un survol rapide de l’actualité permet de résoudre l’énigme. Le premier est le boxeur Vitali Klitschko et le second Arseni Iatseniouk, cité un peu plus haut.
Bien que non officiellement datée et étant publiée le 06 février 2014, elle est antérieure au départ de Ianoukovitch le 22 février.
Pris isolément et au premier degré, ce fait est plutôt réjouissant. Mme Nuland ne semble pas nourrir une grande estime pour les dirigeants de l’Union Européenne, et elle le manifeste assez crûment. Après réflexion, c’est un peu plus inquiétant. Ces deux personnes objets de l’échange téléphonique se retrouvent quelques jours plus tard dans le même gouvernement ukrainien, formé « à la hâte » dans les circonstances que nous connaissons.
On peut malgré tout croire encore à une simple coïncidence, Après tout, pourquoi pas ceux-là ?
Là où l’histoire se complique un peu, c’est lorsqu’on apprend que le même A. Iatseniouk est un peu membre de la « Commission Trilatérale » et qu’à ce titre, il avait participé le 27 octobre 2013 à une réunion à Cracovie (Pologne) consacrée à « l’Ukraine et l’Union Européenne »
C’est quand même curieux, cette propension qu’a la Commission Trilatérale de recruter avant leur entrée en fonction un grand nombre de futurs premiers ministres. Vraiment, leurs « chasseurs de têtes » s’y entendent pour dénicher tous ces talents. Nous avons eu Monti, Papademos, Letta et maintenant Iatseniouk. Certes, l’Ukraine n’est pas encore dans l’Union Européenne, mais ce n’est, n’en doutons pas, qu’une simple anticipation ou, du moins, c’est ce qui était prévu.
On va encore nous dire que, là encore, nous voyons des complots partout. Car enfin, tout est normal. Le bon peuple ukrainien veut rejoindre les autres peuples européens dans cet eden florissant qu’est l’Union Européenne. Le méchant président Ianoukovich est soumis aux « diktats » du méchant Russe Poutine et ne veut pas faire plaisir à son peuple. Alors le peuple se révolte et porte au pouvoir les gentils qui vont les faire rentrer dans l’Union Européenne. Evidemment, on peut croire à cette présentation des faits. On peut aussi croire que les saucissons poussent sur des arbres appelés « saucissonniers »
Simple petite question : qu’en pensent les autres peuples européens ? Ils sont quand même un peu concernés, non ? Parce que tout ça, c’est bien mignon, mais qui qui va payer ?
Remarquez-bien, c’est pas trop difficile à deviner, non ?
Ce qui est assez cocasse, c’est que l’Union Européenne, qui est en principe souveraine quant à son périmètre, à une tendance marquée à accueillir les pays qui sont déjà dans l’OTAN. Cette organisation, dont personne ne peut nier qu’elle possède un certain « tropisme » américain, est devenue en quelque sorte l’antichambre de l’Union Européenne.
Il ne faut dès lors plus s’étonner de la défiance des peuples envers cette Union Européenne qui, voilà plusieurs décennies, à choisie d’avancer sous un « faux-nez » de moins en moins dissimulé. Les dirigeants européens sont de plus en plus arrogants et de moins en moins européens. Et parmi eux, dans cette affaire ukrainienne, nous trouvons sur le devant de la scène François Hollande et Laurent Fabius. Déjà très actifs lors de l’affaire de Syrie, ils étaient parmi ceux qui voulaient en découdre militairement avec Bachar El Assad. Là, ils prônaient l’interventionnisme militaire au nom des peuples.
Ce suivisme de principe des positions américaines s’est progressivement transformé en « précédentisme » supplantant ainsi les Britanniques dont c’était un peu la « marque de fabrique ». C’est le cas en Ukraine où leur discours, notamment au sujet du référendum que le Parlement de Crimée va organiser, au nom, comme aurait dit de Gaulle, « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » devient très radical et s’éloigne dangereusement des nuances diplomatiques qui sont habituellement de mise dans les situations semblables.
Précéder quelqu’un est beaucoup plus difficile que de le suivre, surtout lorsqu’il ne sait pas lui-même (ou qu’il ne veut pas qu’on sache) dans quelle direction il a choisi d’aller. On risque à tout moment de se retrouver seul et il faut alors procéder à une piteuse retraite.
D’autant plus que la symétrie (probablement utilisée avec habileté par Vladimir Poutine) entre le Kosovo et la Crimée inonde d’une lumière éclatante l’attitude paradoxale des Etats-Unis entre leur attitude envers la Serbie il y a quelques années et celle d’aujourd’hui sur le problème de l’Ukraine.
Comparaison n’est certes pas raison, mais souvent des comportements qui semblent incohérents indiquent une volonté de dissimuler les objectifs réels dont l’aveu ne pourrait que susciter leur rejet. On retrouve constamment cette politique des « avancées souterraines » menée depuis le début de ce qu’il est convenu d’appeler « la construction européenne ».
Citons pour l’exemple ce passage du livre d’A. Peyrefitte « C’était de Gaulle » Tome 2 P 228 à propos de la ratification du traité de 1963 :
« Les Américains essayent de vider notre traité de son contenu. Ils veulent en faire une coquille vide. Tout ça, pourquoi ? Parce que les politiciens allemands ont peur de ne pas s’aplatir suffisamment devant les anglo-saxons ! Ils se conduisent comme des cochons !
Ils mériteraient que nous dénoncions le traité et que nous fassions un renversement d’alliance en nous entendant avec les Russes ! »
Il suffit de remplacer les « politiciens allemands » par les « politiciens français » et nous avons des propos d’une troublante actualité.
Communiqué de presse de Dominique Bilde, Députée française au Parlement européen
En Utopie européenne, quand les choix en matière de politique étrangère se révèlent être désastreux, il n’est pas rare d’utiliser une bouée de sauvetage miracle appelée « propagande ».
Après le marasme de l’année passée ayant conduit Bruxelles à se couper de la Russie, partenaire commercial et diplomatique stratégique – notamment dans le conflit syrien – on aurait pensé que l’UE s’assagirait et éviterait de nouvelles provocations à l’égard du géant russe. C’était mal connaître la doxa de cette Europe de Bruxelles qui se résume à cette maxime « a touché le fond mais creuse encore ».
Nicolas Bay, député français au Parlement européen, est intervenu en séance Plénière au sujet de la propagande américaine et de la crise humanitaire en Ukraine.
« Depuis plusieurs années maintenant, certains medias occidentaux essaient de développer une grossière propagande contre la Russie, à base notamment de fausses rumeurs sur la santé de son président… »
Communiqué de presse du Front National
Les quatre chefs d’états français, allemand, russe et ukrainien réunis à Minsk viennent de conclure un accord de paix sur le conflit ukrainien après plus de 16 heures de négociations. Vladimir Poutine a lui-même annoncé un cessez-le-feu qui entrera en vigueur à partir du 15 février 2015 à minuit.
Les 4 dirigeants endossent le Paquet de mesure pour la mise en œuvre des accords de Minsk adopté et signé le 12 février 2015 par tous les signataires.
Intervention de Gilles Lebreton, Député français au Parlement européen.
Lire la suite →Communiqué de Presse du Front National
Le nouveau gouvernement de l’Ukraine est désormais à l’image évidente de ceux qui ont pris en main le destin de ce pays : il est étranger. Sous couvert « d’intégrer les meilleures compétences internationales » le Président Petro Porochenko a en effet confié les Finances de son pays à une Américaine, son économie à un Lituanien, sa Santé à un Géorgien.
Natalie Jaresko, une américaine d’origine ukrainienne qui a travaillé pour le département d’Etat américain et pour un fonds d’investissement ukrainien financé par le Congrès des Etats-Unis a été nommée Ministre des Finances mardi dernier. Aivaras Abramavicius un Lituanien, co-dirigeant d’un fonds d’investissement suédois, devient lui Ministre de l’Economie, quand au Géorgien Alexander Kvitachvili qui fut ministre de la Santé en Géorgie, il hérite du même portefeuille en Ukraine !
La procédure accélérée pour l’accord d’association UE – Ukraine est une grave violation du processus démocratique (Parlement européen, le 7 octobre 2014)
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