Communiqué de presse de Leif Blanc, Délégué national à la ruralité, l’agriculture et l’environnement
Le nouveau Farm Bill (la politique agricole des Etats-Unis) pour la période 2014-2018 a été adopté hier au Congrès. Même s’il doit encore être approuvé au Sénat, il s’agit d’ores et déjà du plus gros bouleversement en la matière depuis l’Uruguay Round de 1994 qui avait abouti à la création de l’OMC, à la suppression progressive des aides directes à la production (dites aides couplées) dans une majorité de pays et à la dérégulation des marchés de matières premières agricoles censés fixer seuls les prix des différentes productions. C’est ce processus qui a amené l’Union Européenne à mettre en place des aides au revenu des agriculteurs (dites aides découplées) calculées à l’hectare en fonction d’un cahier des charges principalement constitué de mesures environnementales, mais déconnectées des différentes productions et de leurs cours.
Le nouveau dispositif américain s’appuie principalement sur des assurances couvrant à la fois les aléas climatiques et les variations de cours des matières premières agricoles. Ce dispositif, subventionné à 60% par l’Etat, n’inclut aucune limite de production (sauf, de manière marginale, pour le lait). Il revient de fait à aider directement les agriculteurs américains à produire le plus que possible, sans avoir à se soucier des cours mondiaux, et s’apparente donc, de manière certes détournée, aux fameuses « aides couplées » proscrites par l’OMC.
Dans le même temps, les Etats-Unis et l’Union Européenne négocient un traité de libre échange transatlantique (TTIP) visant, entre autre, à supprimer les barrières douanières et à aligner les normes sanitaires des deux espaces commerciaux. En l’état actuel des choses (c’est-à-dire avant la mise en place de la nouvelle PAC en Europe et du nouveau Farm Bill aux Etats-Unis), l’écart de compétitivité est déjà plus que favorable aux Etats-Unis, en particulier en matière d’élevage : il va d’environ 40% pour le porc et le bœuf, à près de 80% pour la volaille !
Un écart qui ne pourra aller qu’en s’aggravant tant les nouvelles politiques agricoles mises en place de part et d’autre de l’Atlantique vont dans un sens opposé. De son côté, l’UE a opté pour un renforcement des normes de production (forcément coûteux) et des aides déconnectées des productions (à de rares exceptions), pendant que les Etats-Unis reviennent de leur côté à une politique ultra-productiviste aux normes plus que minimalistes (recours massif aux OGM, lavage des viandes à l’acide lactique et à l’eau de javel, utilisation d’hormones etc.).
Dans un tel contexte, la loi d’avenir pour l’agriculture défendue par le ministre Stéphane Le Foll est tout simplement suicidaire, puisqu’elle consiste principalement à alourdir les contraintes pesant sur les producteurs, sans pour autant leur donner la moindre garantie de prix, ni la moindre protection face au déferlement programmé de produits à bas coûts issus, aujourd’hui, de l’UE et de ses partenaires, et, demain, des Etats-Unis.
Communiqué de Marion Maréchal-Le Pen
Marion Maréchal-Le Pen a voté en faveur de la proposition de loi tendant à la revalorisation des pensions de retraites agricoles, jeudi 2 février.
Inférieur à 10% en dessous du seuil de pauvreté, le minimum de la retraite agricole est scandaleusement bas dans la sixième puissance économique mondiale. Le minimum du SMIC à 75% voté en 2002, mais jamais appliqué par les gouvernements Chirac et Sarkozy, doit être réévalué à 85% pour pallier une grave injustice à l’égard d’un secteur qui assure la souveraineté alimentaire de la Nation.
Communiqué de presse d’Edouard Ferrand et Philippe Loiseau, Députés francais au Parlement européen et membres de la Commission Agriculture et Développement rural
La colère grandissante des agriculteurs face à d’importants retards de paiement des aides directes versées dans le cadre de la PAC est d’autant plus légitime que ces même agriculteurs doivent consacrer toujours plus de temps à la montagne de paperasse dont a accouché la PAC 2014-2020. Cette inflation délirante de normes et de formulaires opaques est d’autant plus insupportable qu’elle s’accompagne d’une baisse des paiements directs et de mesures de crise peu ou pas efficaces.
Marion Maréchal-Le Pen attire l’attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur la situation de la presse agricole et rurale.
La crise agricole, subie de plein fouet par les agriculteurs français, entraîne une diminution importante des recettes de la presse agricole et rurale. Les restrictions issues de directives européennes, notamment en matière de publicité, ne contribuent pas à épargner cette presse de proximité des effets conjoncturels liés à la crise agricole tandis que la configuration territoriale dans laquelle s’ancre la presse rurale ne lui permet pas d’accéder aux aides au portage.
Lettre ouverte à Monsieur Stéphane LE FOLL, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt
Monsieur le Ministre,
Suite à la décision du Conseil d’Etat enjoignant les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé d’abroger l’arrêté du 12 septembre 2006 qui régit les conditions de mise sur le marché et d’utilisation des produits phytosanitaires en France, permettez-moi d’attirer votre attention sur le nouveau projet de décret qui suscite une très vive inquiétude dans le monde agricole.
M. Gilbert Collard attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement sur les conséquences de l’annulation par le Conseil d’État de l’arrêté du 12 septembre 2006 concernant les zones de traitements phytosanitaires en agriculture.
Les impératifs de santé publique s’imposent certes à l’ensemble du monde agricole ; mais certaines propositions semblent aller très au delà du principe de précaution et n’ont pas manqué d’alarmer les exploitants.
Communiqué d’Edouard Ferrand, Député européen et membre de la commission de l’Agriculture et du développement rural, et Mireille d’Ornano, Député européen et membre de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire
Après avoir été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne pour la non publication des critères définissant les perturbateurs endocriniens, parmi lesquels figure le glyphosate, présent dans le Roundup, fabriqué par le géant américain Monsanto, la Commission européenne a l’occasion de se racheter.
C’est bien le moment d’invoquer les grands principes de la libre concurrence, à bon escient. Elle doit au plus vite s’opposer, au rachat de la firme américaine par l’industriel allemand Bayer. Elle bénéficie pour cela d’un délai de 25 jours après la notification de l’opération.