Par Gilbert Collard et Jean Goychman
Il arrive parfois dans le cours de la vie que des projets qui semblaient intéressants à priori ne donnent pas, une fois réalisés, les bénéfices escomptés. En général, ils sont abandonnés à temps par leurs promoteurs, qui peuvent y laisser néanmoins quelques plumes.
Il arrive aussi, malheureusement, que des gens nient la réalité et poussent l’obstination jusqu’à engager leur situation même, en dépit de l’évidence de l’échec de la démarche.
Certains hommes (et femmes) politiques, probablement guidés par leur passion, éprouvent visiblement des difficultés à astreindre leur volonté à un examen rationnel des faits.
Quels sont ces faits ?
Mise en circulation en 2002, conséquence de l’adoption du traité de Maastricht en 1993, la monnaie unique européenne fait partie de ces remèdes qui, loin de guérir le patient, risque d’aggraver le mal jusqu’à entraîner sa disparition.
Sujette à caution bien avant sa naissance, nombre d’économistes avaient mis en garde les dirigeants politiques concernés contre les risques que comportait cette monnaie.
Le plus important était lié à l’absence de ce qu’ils appellent « une zone monétaire optimale »
La théorie de cette zone remonte au début des années 60, et fut énoncée par l’économiste Robert Mundell.
Cette théorie est en fait un instrument de mesure destiné à évaluer la capacité qu’ont certains pays de se regrouper pour adopter la même monnaie, ou bien, dans le cas de très grands pays, le bénéfice économique qu’ils retireraient s’ils se scindaient en deux zones monétaires distinctes.
Dans le cas d’une union monétaire, l’avantage majeur réside dans la suppression des coûts dits « de transaction » mais la contrepartie est l’abandon par ces pays de leur souveraineté monétaire. Or, le contrôle de la monnaie (et du taux directeur du crédit) permet d’amortir les écarts de compétitivité qui peuvent naître de différences importantes liées à la structure des coûts de production d’un pays à l’autre. Impôts des sociétés, charges d’entreprises, protection sociale, coûts des financements, sont autant de sources de déséquilibre entre les pays.
La théorie de la « zone monétaire optimale » va donc essayer d’optimiser le compromis entre les coûts de transaction liés au changement de devise et le surcoût potentiel en termes de production d’un taux de change fixe (cas d’une monnaie unique). C’est en fait une sorte de modèle mathématique qui peut donner une indication sur l’évolution dans le temps des économies des pays de cette zone qui sont censées converger les unes vers les autres.
Pour étayer sa théorie, Mundell proposait deux exemples. Le premier concernait un pays qui avait le contrôle de sa monnaie et qui subissait une perte de compétitivité en regard d’un autre pays qui se traduit par une modification de la demande qui se tourne vers ce dernier. La conséquence sera l’augmentation du chômage dans le premier et une inflation dans le second.
Pouvant le faire, le premier pays fera une dévaluation et l’équilibre sera rétabli.
Le second exemple concerne deux pays ayant la même monnaie. Comme la dévaluation n’est pas possible, le regain de compétitivité ne peut se faire qu’en modifiant des facteurs internes à la zone monétaire. C’est donc sur les coûts de production (salaires, charges et impôts) qu’il est possible d’agir. Cela implique des changements politiques profonds et un consensus avec les autres pays de la zone pour qu’ils ne fassent pas de surenchère, faute de quoi la zone entière entrerait dans une spirale d’abaissement.
Afin d’éviter cette issue fatale, plusieurs critères ont donc été définis pour ces zones optimales, parmi lesquels on trouve :
– Une diversification des productions
– Une langue commune
– Un taux d’inflation identique pour toute la zone
– Des tailles de pays comparables situés à des distances équivalentes
Le plus important étant sans conteste le premier, qui suppose en fait une spécialisation des domaines de production qui réduit ainsi la concurrence.*
Il est facile de constater que la zone euro répond très mal à ces critères. Ce que, par contre, ni Robert Mundell, ni d’autres économistes n’avaient prévu, c’est que des décideurs politiques s’entêteraient suffisamment pour maintenir avec une grande opiniâtreté une telle zone lorsque des divergences profondes ont commencé à se manifester comme ce fut le cas à partir de 2008. Certes, des pays comme la Grèce ont « trafiqué » leurs chiffres pour se mettre en conformité avec les critères dits « de convergence ». Bien sûr, il y a eu la crise des « subprimes » qui a causé une méfiance instinctive et durable envers le système financier international. Mais ces faits n’ont été que des révélateurs et non la cause des difficultés. Il est probable que ce paravent facile ait réussi à repousser un examen critique qui aurait pourtant dû être mené sans esprit partisan au bout de 5 ou 6 ans de fonctionnement de la zone.
Car au début, les choses ont plutôt bien marché. Trop bien, même devrions nous dire, car les pays du sud ont pu emprunter d’une manière inconsidérée en raison des taux très bas. Ce manque de prudence a généré une dette gigantesque dont les effets ravageurs se sont fait sentir dès la remontée des taux.
Déjà en 1993, Margaret Thatcher avait souligné le danger de l’euro pour les économies européennes les plus fragiles.
En 1996, Milton Friedman, considéré comme un des piliers de l’Ecole de Chicago (néo-libéralisme) s’était montré très critique envers la mise en place de l’euro qu’il désignait comme « un jeu de hasard » qui avait peu de chances de survie.
La remontée des taux de 2009, et surtout les écarts constatés d’un pays à l’autre aurait dû également conduire à une réflexion impartiale et constater que l’euro ne pouvait plus être considéré comme une monnaie unique, mais comme une monnaie commune.
Pour des raisons d’image et de prestige liées à leur infaillibilité autoproclamée, les dirigeants économiques ont « mis la poussière sous le tapis » et ont fait semblant de siffloter en regardant ailleurs. Cette attitude irresponsable n’a fait qu’aggraver les choses. Malgré des rapports accablants, qui mettaient en évidence le rôle néfaste de l’euro pour les économies chancelantes de la zone euro, et en particulier celles dont les déficits publics s’étaient envolés et qui n’avaient pas pu maintenir les « sacro-saints » critères de convergence, l’ « omerta » s’est imposée. Et elle continue à s’imposer. Pourtant les faits sont là. Il n’est pas de jour qui ne voit un économiste, un patron, voire un ministre du gouvernement, se plaindre de la valeur trop élevée de l’euro. La tentative de faire accepter les « euro bonds » qui auraient pu au moins apporter une mise en commun de la dette, s’et brisée lamentablement sur la digue de l’intransigeance allemande, qui n’entend pas que le peuple allemand paye les frasques des « cigales » du sud de l’Europe.
Il faut aujourd’hui tirer toutes les leçons de cet état de fait et prendre des décisions, certes courageuses, mais impératives. L’entêtement de certains responsables politiques, quel que soit leur bord, devient suicidaire. On peut toujours se dissimuler derrière les sondages et proclamer qu’une majorité de Français veut rester dans la zone euro, cela n’améliorera pas la situation. L’intérêt national commande aujourd’hui de faire un constat sans appel :
A partir du moment où les taux d’intérêts divergent d’un pays à l’autre, que l’absence de solidarité entre les états de la zone euro est manifeste, que les pouvoirs politiques n’ont pas les moyens d’imposer les mesures internes qui permettraient un retour de la compétitivité, non seulement hors de la zone euro, mais à l’intérieur de cette zone, la monnaie unique n’est plus viable.
Il ne sert à rien de prédire le cataclysme que provoquerait la sortie de l’euro alors que le maintien de notre pays dans cette zone aura des conséquences similaires. Combien de temps encore allons-nous rester dans cette situation qui génère une inquiétude permanente, peu propice à un redémarrage de notre économie ?
Quand nos dirigeants vont-ils cesser leurs « effets d’annonce » auxquels plus personne ne croit et qui ne font que renforcer la confusion.
L’Europe fédérale ne se fera pas, du moins dans un avenir prévisible à l’échelle humaine.
L’euro n’a donc plus de raison d’être. La seule question qui vaille dorénavant est :
comment en sortir ?
• Il faut noter que le programme Airbus, qui était un programme de coopération franco-allemand (qui faisait suite au programme Transall) a évité que naissent des programmes concurrents développés dans leur pays respectif. Le programme Airbus est né à la fin des années 60, presque 40 ans avant l’euro…
Bernard Monot, Député français au Parlement européen, interpelle Mario Draghi sur l’économie de la zone euro.
Lire la suite →Bernard Monot, stratégiste économique du Front National et député français du Parlement européen (ENL), membre des commissions #ECON et #TAXE, intervient en séance plénière à Strasbourg sur l’Union économique et monétaire.
Lire la suite →Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
Les déclarations du vice-président de la BCE, Vitor Constâncio, selon lequel les menaces d’un Grexit n’ont jamais été lancées pour « de vrai », révèlent les pratiques scandaleuses des gardiens de la monnaie unique pour faire pression sur les peuples et les gouvernements, à coups de chantage et diffusion de fausses informations.
Vitor Constâncio avoue par ces déclarations que la BCE, institution supposée indépendante, n’a été qu’un jouet dans les mains de l’Allemagne afin de faire plier le gouvernement Tsipras (lequel, il est vrai, n’a pas mis longtemps à se coucher) et remporter sur lui une victoire politique après la gifle électorale du référendum.
Intervention Bernard Monot, Député français au Parlement européen et stratégiste économique du Front National, à l’Université d’Eté du Front National à Marseille
Mes chers amis… bonjour,
Tout à l’heure mes confrères en table ronde vous ont planté le décor navrant de l’Europe dans le mondialisme, j’aimerais pour ma part vous décrire un panoroma économique en 3 axes:
– le 1er, revenir sur le feuilleton de la crise grecque,
– le second, vous donner une lecture de la situation économique plus globale
– et enfin conclure sur une note d’espérance avec nos principales propositions en matière de patriotisme économique et de souveraineté, pour enfin amorcer le redressement de la France.
Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
L’euro est un échec, ainsi que l’a encore démontré l’affaire grecque, faisons donc encore plus d’euro ! Voilà le raisonnement de François Hollande qui réaffirme dans le JDD ce matin son envie d’un gouvernement de la zone euro, et même d’un parlement et d’un budget de la zone.
François Hollande comme ses complices de l’euro a-t-il si peu de considération pour la France pour être à ce point incapable de l’imaginer autrement qu’entravée, contrainte, fondue dans un espace supranational ? On peut le craindre.
Communiqué de Presse de Marine Le Pen, Présidente du Front National
Après des années de décisions absurdes sur la Grèce et l’euro, les dirigeants français sont aujourd’hui rattrapés par leur incompétence et leurs mensonges. Le ministre Michel Sapin en fait partie, lui qui tente désespérément dans le JDD du jour d’apparaître comme le protecteur des intérêts français, lui qui exhorte une nouvelle fois les Grecs à encore plus de sacrifices…
Lorsque, avec des jeunes du Front National, je jetais symboliquement en septembre 2011 de faux billets de 500 euros dans la Seine, face à l’Assemblée Nationale qui votait un nouveau plan de renflouement de la Grèce de plusieurs dizaines de milliards d’euros, je prévenais : les Français ne reverraient jamais leur argent, jeté dans l’incendie de la Grèce et de l’euro, argent destiné aux banques françaises et allemandes pour maintenir artificiellement en vie la monnaie unique, plan aussi inutile que coûteux à terme. Les années qui ont suivi 2011 nous ont donné cent fois raison.