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La Charte des langues régionales : une bombe politique à retardement…

Communiqués / 29 janvier 2014 / Étiquettes : , , /

Communiqué de Karim OUCHIKH, conseiller de Marine LE PEN à la Culture, à la Francophonie et à la Liberté d’expression, Président exécutif du SIEL

Ce 28 janvier 2014, à l’Assemblée nationale, une majorité des voix de gauche s’est prononcée pour une révision de la Constitution en vue de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires adoptée en 1992 sous les auspices du Conseil de l’Europe.

Disposant déjà d’un cadre législatif favorable, largement enseignées dans les écoles de nos provinces, les langues régionales qui enrichissement tant le patrimoine culturel et linguistique de la France n’ont nul besoin en vérité de cette charte pour s’épanouir légitimement sur le territoire de la République. La majorité parlementaire, – conforté en cela par nombre députés de l’opposition -, poursuit en réalité un objectif idéologique inavoué : rendre aujourd’hui applicables des dispositions de la charte du Conseil de l’Europe qui ont été jugées hier manifestement anticonstitutionnelles.

Cette charte européenne vise en effet rien moins qu’à encourager la pratique des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique et d’en autoriser l’usage devant les autorités judiciaires ou dans les services publics. Or, en conférant « des droits spécifiques à des ‘‘groupes’’ de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de ‘‘territoires’’ dans lesquels ces langues sont pratiquées », cette charte porte atteinte, selon la décision du Conseil constitutionnel (1999), « aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français».

En s’aventurant sur ce terrain miné, le gouvernement socialiste cherche sans doute tardivement à s’attirer les bonne grâces d’une clientèle électorale locale qui lui échappe désormais largement, en Bretagne comme ailleurs, au risque cependant de réveiller les revendications régionalistes, d’attiser les séparatismes politiques et de remettre en cause que le patient travail d’unification linguistique de le France réalisé depuis l’édit de Villers-Cotterêts de 1539.

Nos apprentis sorciers devraient pourtant porter leur regard à l’étranger, en Catalogne comme en Ecosse, et faire preuve ainsi de prudence dès lors qu’il s’agit de flatter les identités politiques régionales, lesquelles entraînent tôt ou tard l’émergence de revendications territoriales. En sacrifiant l’usage et le rayonnement de la langue française à l’intérieur de nos frontières comme sur la scène internationale, les forces coalisées de l’UMPS ne cherchent-elles pas au fond à précipiter la décomposition de l’unité de la France pour mieux accélérer l’intégration de notre pays dans un ensemble européen uniforme et autoritaire, économiquement compatible avec le vaste marche transatlantique qui se prépare, qui serait placé sous la dépendance politique des Etats-Unis ?

Devant pareils défis, les Français doivent exprimer avec lucidité leur profonde hostilité à une entreprise parlementaire hasardeuse qui, sous couvert de diversité linguistique, ne vise qu’à ruiner en réalité l’héritage multiséculaire de la France en portant sournoisement atteinte à l’indivisibilité de son territoire et à l’unicité du peuple français.