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Croissance ? Vous avez bien dit croissance ?

Tribunes libres / 6 janvier 2014 / /

Article de Gilbert Collard et Jean Goychman

En ce tout début d’année ou le moral est un peu en berne, nos gouvernants sont à la manœuvre, relayés par les porte-voix que sont devenus les médias de la « bien-pensance ».

La croissance, ce maître-mot de l’« Europe mondialisée » va être de retour. Finis les atermoiements sur la crise, le bout du tunnel est en vue, un avenir radieux nous tend les bras.

Voilà pour le discours officiel.

La réalité est, hélas, quelque peu différente. Tout d’abord, comment la croissance se mesure-t-elle ? Les économistes parlent du Produit Intérieur Brut (PIB) d’un pays ou d’une zone. Ce PIB représente la totalité des richesses produites par ce pays durant un laps de temps donné (généralement un an). Ce résultat est ensuite comparé à celui obtenu l’année d’avant et ce rapport représente la croissance annuelle exprimée en pourcentage. Vous remarquerez que c’est un montant globalisé, qui ne prend pas en compte tel ou tel secteur de l’économie.

Ce qui nous intéresse, nous les quidams, les obscurs, les « sans-grade», bref les gens « normaux », c’est surtout de savoir si nous allons garder nos emplois ou si nous allons être « virés ». Alors on nous raconte que c’est la croissance qui créée les emplois. C’est un peu court. Posons-nous en premier abord la question de savoir pourquoi nos emplois sont partis.

Sur ce sujet, la réponse varie dans le temps. Le début de ce qu’on a appelé la désindustrialisation, ou l’ère post-industrielle (ça fait plus chic) qui commence dans les années 70, a vu les transferts industriels se faire des pays riches vers certains pays pauvres afin de profiter des bas niveaux de salaire de ces pays.

Devant l’inquiétude manifestée par quelques pessimistes chroniques qui se demandaient jusqu’où cela pourrait aller, la réponse fut immédiate et limpide :

« Nous changeons de modèle économique, et nos emplois industriels de fabrication et de production vont se transformer en emplois de services. »

Le résultat, nous le constatons aujourd’hui dans notre pays : après plus de 30 ans de délocalisations, de transferts technologiques et de « financiarisation » de notre économie, notre pays n’est plus capable d’assurer les emplois indispensables à la vie de nos concitoyens.

Les quelques rares bastions industriels qui avaient réussi à survivre sont en train de céder et n’ont d’autre solution que de délocaliser à leur tour leur production.

Un simple constat : même dans les entreprises industrielles les plus performantes et les plus dynamiques, les résultats sont, dans le meilleur des cas, des bénéfices de l’ordre de 3 à 4 % du chiffre d’affaire. Dans le secteur financier, ces bénéfices sont multipliés par 5, voir 10, avec beaucoup moins d’ennuis et de risques. Les banques se sont progressivement transformées en courtiers des marchés boursiers. Pensez-donc : elles ne prennent aucun risque, ce n’est pas leur argent. Elles se contentent de prélever une commission, à l’achat comme à la vente des actions et cela leur assure suffisamment de bénéfices pour qu’elles n’aient pas besoin d’aller prendre des risques en finançant les entreprises en général et les industriels en particulier.

Nous arrivons là au cœur du problème. Pour faire redémarrer la croissance, il faut que les entreprises aient des commandes. Dans les temps jadis, on en profitait pour lancer une politique « de grands travaux » financés par l’augmentation (raisonnable) de la masse monétaire. Cela permettait de relancer la machine industrielle. On construisait des biens d’équipements (autoroutes, ports, voies ferrées, logements, etc.) et tout cela créait du travail pour les entreprises des secteurs concernés qui embauchaient les salariés dont elles avaient besoin. Assurés d’avoir un emploi pour une certaine durée, ces salariés pouvaient investir à leur tour et démultiplier la création d’emplois. La machine se remettant en route, des entreprises nouvelles voyaient le jour, financées par des banques « citoyennes ».

Hélas, ce principe de relance économique théorisée par un économiste anglais, John Maynard Keynes, est considéré aujourd’hui par les tenants du libéralisme comme abominable.

Pensez-donc, il remet en selle l’Etat ! Rien que d’y penser, certains deviennent hystériques !

Evidemment, pour cela, il faut un Etat qui puisse décider, c’est-à-dire un Etat souverain.

Souveraineté, encore un vilain mot, surtout si elle s’exerce sur le plan monétaire et par les élus du peuple..

Dans notre situation actuelle, réduits au suivisme « bruxellois » et cantonnés dans le dogme de l’austérité, nous ne pouvons que patienter et espérer pour les plus optimistes. Les formules telles que ; « après la pluie viendra le beau temps » ne sont que des promesses dignes de C Pasqua. Elles n’engagent que ceux qui veulent y croire.

Alors, la croissance dans tout ça ?

Disparue de nos écrans radar depuis bientôt dix ans, elle ne renaîtra pas par l’opération du Saint Esprit. Avant que le ciel nous aide, nous devrions commencer par le début. Et le début, c’est : « Aide-toi »

Et pour commencer, reprenons le contrôle de notre monnaie. Sans cette étape préalable, nous subirons notre avenir avec les mains liées dans le dos, à la merci des marchés financiers privés trop contents de devoir nous prêter, avec un intérêt fixé par eux seuls, des sommes de plus en plus importantes qui nous permettront juste à l’immense majorité d’entre nous de vivre de moins en moins bien.

Le temps est venu de nous rappeler cette phrase de Charles Lindbergh senior, prononcée lors de la mise en place du système de Réserve Fédérale Américaine :

« Cette loi établit le trust le plus gigantesque sur la Terre. Quand le Président signera ce projet de loi, un gouvernement invisible, le pouvoir invisible de la puissance financière sera légalisé. Les gens peuvent ne pas s’en apercevoir immédiatement, mais le jour des comptes n’est éloigné que de quelques années. Les trusts se rendront bientôt compte qu’ils sont allés trop loin, même pour leur propre bien. Les gens devront faire une déclaration d’indépendance afin de se délivrer du Pouvoir Monétaire. »