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Publication des comptes de l’agriculture : prévisions bidons et revenus massacrés

Communiqués / 13 décembre 2013 / Étiquettes : /

Communiqué de Presse de Leif Blanc, Délégué national à la ruralité, l’agriculture et l’environnement

La Commission des Comptes de l’Agriculture de la Nation a publié ses prévisions pour l’année 2013. Le revenu moyen par exploitation s’établirait à 29 400 euros avant charges sociales et impôts, en baisse de 20% par rapport à l’année précédente. Un mauvaise nouvelle qui ne surprendra personne, les filières s’enfonçant les unes après les autres dans une crise sans fin.

Le même organisme a également rendu public les chiffres définitifs de l’année 2012, provoquant la colère justifiée des producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux : initialement annoncés à 72 800 euros par exploitation, leurs revenus ne sont finalement que de 56 700 euros, soit une « marge » d’erreur de… 28%! C’est pourtant sur le chiffre erroné que s’est appuyé le gouvernement pour justifier la baisse des aides qui leurs sont destinées. On peut, par ailleurs, se poser des questions sur les revenus de 2013 qui, selon nombre d’acteurs, seraient encore plus bas qu’annoncés hier…

Déjà dénoncé par le Front National, le soi-disant rééquilibrage des aides PAC prôné par le ministre de l’Agriculture n’est qu’un cache misère destiné à masquer la baisse inéluctable des subventions agricoles et la faillite annoncée des politiques européennes et nationales menées depuis bientôt 30 ans. Désarmés face à une concurrence internationale de plus en plus acharnée, les agriculteurs français, dont les coûts de production sont parmi les plus élevés du monde, se font peu à peu évincer de leurs marchés, à l’export comme sur notre territoire.

Faute de projet cohérent, le gouvernement préfère dresser les filières les unes contre les autres sous le prétexte que certains producteurs seraient plus riches que d’autres. Une logique imbécile qui, à moyen terme, finira par ruiner l’immense majorité des exploitations et par détruire la grande diversité des productions qui est un atout historique de notre pays. Si les aides sont indispensables pour maintenir un équilibre entre les différentes filières et améliorer les pratiques agricoles, elles ne peuvent se substituer à une politique de régulation des prix et des volumes, seule à même d’offrir aux agriculteurs des revenus à la hauteur du travail et de l’investissement fournis.