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Le contrôle de la monnaie, attribut essentiel de la souveraineté

Tribunes libres / 23 décembre 2013 / Étiquettes : /

Par Gilbert Collard et Jean Goychman

On entend généralement par le « contrôle de la monnaie » le contrôle de la quantité totale d’argent qui circule à l’intérieur d’un espace donné. Historiquement parlant, la monnaie n’était qu’un intermédiaire commode pour se procurer des biens ou des marchandises et elle a progressivement supplanté le « troc » (je t’échange un litre d’huile contre un sac de farine).

Dans un article récent sur ce blog (Supervision bancaire, la grande illusion) nous rappelions brièvement comment était née la monnaie « papier » que les économistes appellent l’argent fiduciaire et comment les banques prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas, simplement en écrivant une ligne comptable et qu’on appelle « l’argent scriptural ».

La somme de ces deux sources (fiduciaire + scriptural) représente la quantité d’argent qui circule dans un espace donné (pays ou zone monétaire).

Il faut savoir que l’argent scriptural représente environ 90 à 95 % du total circulant. Et c’est là ou le bât blesse. Le contrôle de cette masse monétaire ne passe que par le bon vouloir des banques. Avec le système dit « des réserves fractionnaires » (déjà mentionné dans l’article sur la supervision bancaire) les banques ont la capacité de créer environ dix fois plus d’argent scriptural, tout en comptant l’argent que vous et moi déposons sur nos comptes comme leur appartenant.

On voit qu’il y a une différence d’échelle entre l’argent fiduciaire, imprimé par la banque centrale, et l’argent scriptural, créé par les banques elles-mêmes. On entend souvent que faire marcher la planche à billets provoque de l’inflation et que l’inflation conduit à la dévaluation.
Et bien ce n’est pas exact.

La quantité de monnaie circulant (fiduciaire + scriptural) représente en théorie l’ensemble des
Richesses produites par le pays. Si ces richesses augmentent (les économistes appellent cela la croissance) on peut créer chaque année une quantité de monnaie en théorie toujours égale à cette croissance. C’est de là que viennent nos fameux 3% de déficit.

Pendant longtemps, la croissance annuelle de notre pays (et de ses voisins européens) était de cet ordre. Lors de l’écriture du traité de Maastricht, on a donc retenu ce montant de 3% du PIB et les rédacteurs l’ont transformé en déficit « autorisé » puisque comblé par la croissance et en ont fait un critère de « convergence » pour les pays désirant rentrer dans la zone euro.
Pour vous donner une idée, le PIB de la France est de l’ordre de 2.000 milliards d’euros. Ces 3% représentent environ 60 milliards qu’il faut financer par des emprunts sur les marchés privés. C’est pour cela que le taux de l’emprunt est si important.

Pour votre information, voici le budget initial de 2013 tel qu’il a été voté par le parlement :

en millions €

BUDGET GÉNÉRAL
RESSOURCES :
Recettes fiscales brutes 394 780
A déduire : Remboursements et dégrèvements 96 164
Total des recettes fiscales nettes 298 616
Recettes non fiscales 14 208
Recettes résultant de fonds de concours 3 320
A déduire : Prélèvements au profit des collectivités territoriales
et de l’Union européenne 76 128
Total des ressources nettes du budget général (A) 240 016

CHARGES :
Dépenses relatives aux missions 395 484
Dépenses correspondant aux fonds de concours 3 320
A déduire : Remboursements et dégrèvements 96 164
Total des charges nettes du budget général (B) 302 640
SOLDE DU BUDGET GÉNÉRAL (C=A-B) – 62 624

Les montants des recettes et des dépenses sont en gras et le solde (hélas négatif) est en rouge.

On voit que le déficit prévu au moment du vote représentait plus de 62 milliards d’euros.
Ramené aux recettes, cela fait environ 20%.
On en déduit que nous avons du emprunter cette somme (augmentée des écarts constatés entre recettes et dépenses tout au long de l’année. On a donc injecté près de 80 milliards d’euros dans la circulation monétaire, or l’inflation n’est officiellement que de 1.1% (Probablement autour de 2% dans la réalité)

Si, au lieu de l’emprunter sur les marchés, la banque de France avait acheté de la dette d’état (comme le fait la Reserve Fédérale Américaine) les montants auraient été les mêmes, sauf que nous n’aurions pas eu d’intérêts à payer. Ces intérêts se cumule d’une année sur l’autre et ils représentent annuellement ce qu’on appelle le « service de la dette » et coûtent aux contribuables français la bagatelle de plus de 56 milliards d’euros.
Il convient de rapprocher ce montant des 62 milliards de déficit.

Voila un des enjeux majeurs du contrôle de notre monnaie. Vous remarquerez que nous n’avons pas parlé de l’argent scriptural, créé par les banques et qui sert essentiellement à assurer les achats « à crédit » dont le rôle sur l’inflation est différent. Nous pourrons y revenir.